CATARRHE DES VOIES BILIAIRES. — ICTÈRE CATARRHAL
l/inflammatiou des voies biliaires a reçu le nom à'angéiocholite ou angiocholite ; son symptôme prédominant est l'ictère.
L'inflammation des voies biliaires est primitive ou secondaire. L'angiocholite primitive est assez rare et ne s'observe guère que sous l'influence du refroidissement, au printemps et à l'automne {ictère vemaly ictère automnal]» 1^ forme secondaire est beaucoup plus fréquente et généralement elle coïncide avec le catarrhe gastrtMiuodénal : on l'observe également dans les indigestions , l'abus des liqueurs alcooliques et des purgatifs, l'obstruction des canaux biliaires par un calcul ou un corps étranger, etc.
Les lésions sont celles que présente toute muqueuse enflammée : c'est d'abord une rougeur érythémateuse avec injection et turgescence de la paroi des canaux biliaires ; bientôt il se fait une abondante hypersécrétion d'un mucus transparent ou puriforme qui tapisse la muqueuse ou forme une sorte de bouchon obstruant plus ou moins complètement le passage de la bile. L'altération atteint généralement la totalité des canaux biliaires, mais cependant elle peut être limitée aux portions intra-hépatiques ou extra-hépatiques ; lorsqu'elle est consécutive à un catarrhe de l'estomac et du duodénum, l'inflammation calarrhale peut rester localisée à l'embou-
chure du canal cholédoque. La présence du pas est assez fréquente dans les canaux hépatiques; ce pus peut même se collecter en -quelques points et constituer de petits abcès que Ton a pris parfois pour des abcès du foie (angiocholiie sxippurée). Lorsque les abcès sont sous-muqueux, fait qui s'observe surtout dans la yésicule, ils peuvent se rompre dans l'intérieur des voies biliaires et donner lien à de petites ulcérations. Enfui, les parois des canaux biliaires peuvent être le siège d'un épaississement ou d'un ramollissement, d'un rétrécissement, d'une transformation graisseuse ou calcaire, etc. Toutes ces lésions amènent de la stase biliaire dans les canalicules et dans le tissu hépatique lui-même, et il n'est pas rare de trouver la vésicule très distendue {hyd^opisie de la vésicule biliaire] par un mucus provenant de sa propre sécrétion (1).
Dans la forme primitive, les sympiômes débutent assez brusquement par des douleurs dans Thypochondre droit et un léger mouvement fébrile : l'ictère apparaît au bout de trois h cinq jours. Lorsque le catarrhe est lié à de la gastro-duodénite, l'ictère est plus tardif et son apparition est précédée, pendant plusieurs jours, d*un état saburral des premières voies, de perte de l'appétit, de sensibilité à l'épigastre et de constipation. EnAn, l'iclère est parfois le symptôme presque unique du catarrhe des voies biliaires, principalement lorsque ce catarrhe est la suite d'excès de table ou d'abus alcooliques.
Quel que soit le début de la maladie, l'ictère est constant et il donne lieu à tous les phénomènes que nous avons signalés plus haut et sur lesquels nous croyons inutile d'insister de nouveau : imprégnation des muqueuses et du tégument externe par le pigment biliaire, coloration acajou de l'urine et réaction caractéristique de l'acide nitrique, décoloration des matières fécales, ralentissement du pouls, hyperesthésie cutanée, etc. Le foie est en général un peu augmenté de volume.
L'ictère reste ordinairement stationnaire pendant quelques jours; puis les selles se colorent de nouveau, le pigment disparaît de Turiae, le foie diminue de volume; seule la coloration de la peau |)ersiste plus longtemps, jusqu'au renouvellement de l'épiderme. La darée
(1) La dilatation des canaux biliaires est parfois considérable. Dans un cas récemment rapporté par MM. Raynaud et Sabourin (Arch, de physiol.f 1879), la dilatation des canaux au niveau du hile était véritablement énorme; ces canaux contenaient plus d'un litre de liquide biliaire ; le canal cystiqoe et la vésicule étaient indemnes.
moyenne de la maladie est de douze à quinze jours, la gtiérison est la règle; le passage à l'état chronique est rare, mais il est assez fréquent d'observer des récidives.
Lorsque l'ictère est lié à un état catarrbal des voies digestives, il faut prescrire un purgatif salin, un émiHo-catbartique ou le caloroel, auquel on attribue généralement des propriétés cbolalogues ; si Tanorexie persiste, les amers sont indiqués; si enfin l'ictère présente une tendance à la cbronicité, il faut avoir recours aux eaux alcalines : Vichy, Vais, Royat.
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