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II

MALADIES DES REINS

symptômes généraux qui font ressembler la maladie à la fièvre typhoïde ou à la septicémie. Il est fréquent aussi de voir le distome coïncider avec la lymphorrhagie cutanée et les différentes localisations de l’éléphantiasis ; d’après les travaux ies plus récents, ces accidents reconnaîtraient la même cause, c’est-à-dire la présence dans le sang des distomes et de leurs embryons. Cette opinion, émise primitivement par Lewis qui considérait l’hématurie et la chylurie comme ne constituant qu’un symptôme de l’altération du sang, est admise actuellement par Sonsino, P. Manson, Bourel- Roncière, Hatch, etc.

Il est probable (|ue ces parasites sont absorbés sous forme d’œufs ou peut être de larves avec l’eau servant à la boisson ; il est donc prudent de ne boire que de l’eau filtrée dans les pays où la Bilharzia et l’hématofilaire sont endémiques. Comme traitement curatif on a conseillé les anthelminthiques ordinaires : la térébenthine dont l’élimination se fait par les reins a été spécialement recommandée, mais il est difficile d’en faire absorber des quantités suffisantes pour tuer les parasites. Harley s’est bien trouvé de l’emploi du chloroforme. Pour prévenir la formation des graviers uriques ou oxaliques, on aura soin de prescrire les eaux alcalines.

Strongle géant. — ■ Le strongle géant {Eustrongylus gigas) est un grand nématoïde qu’on trouve assez fréquemment chez les animaux, et surtout les carnivores, mais qui est fort rare chez l’homme.

D’après Davaine, on ne doit accepter comme authentiques que sept observations, et Rosenstein même n’admet qu’un seul fait certain se rapportant au spécimen du Collège royal des chirurgiens de Londres. On n’a jamais décrit que les strongles des animaux. Ce sont des vers rouges, cylindriques, amincis à leurs deux extrémités, striés dans le sens longitudinal. Le mâle peut atteindre jusqu’à 40 centimètres de long sur 4 et 6 millimètres de large, et la femelle, beaucoup plus longue, mesure jusqu’à 1 mètre avec une largeur de 5 à 12 millimètres. L’œuf est ovoïde et brunâtre, à enveloppe épaisse, semée de petits trous circulaires. Les symptômes que le strongle détermine par sa présence dans le bassinet où on le rencontre généralement, sont ceux des corps étrangers du rein. Il provoque de la pyélite, parfois aussi de la néphrite et donne lieu dans quelques cas à une tumeur volumineuse, appréciable à la région lombaire. En même temps on observe des douleurs de rein, de l’hématurie avec mélange de pus, de la dysurie, parfois même de

la rétemioii d’urine. Le rein non affecté subit eu général une hypertrophie compensatrice. On a confondu plusieurs fois le strongle avec des caillots sanguins ou avec des lombrics introduits accidenteliement dans les voies urinaires.

Hémoglobinurie intermittente. — A côté de riiématurie intermittente nous devons mentionner l’/tmoÿfoiîîrrfr*e intermittente qui est une fausse hématurie et qui, dans ces dernières années a particulièrement attiré l’attention des pathologistes. ’

Cette singulière maladie, connue encore sous le nom d’Iiénioo-lobinune périodique (Liclithcini) on à frigore (Mesnet etMurri) s°observe particulièrement en Angleterre et semble avoir avec l’action dii froid des rapports extrémemeiil étroits. Subitement et sans qu une cause autre qu’un refroidissement marqué semble intervenir, le malade est pris rapidement de phénomènes généraux • fievre, courbature, angoisse précordiale et épigastrique, pâleur et refioidissement des extrémités; puis les urines rendues pendant l’accès présentent une coloration rouge vin de Bordeaux, qui passe bientôt au brun (couleur de porto ou de porter) pour disparaître avec les phenomenes fébriles dès que le repos au lit et les boissons chaudes ont ramené le calme. Les accidents reparaissent ensuite dans le même ordre, pour peu que le malade ait subi de nouveau et d’une façon inopinée, l’action du froid. ’

L’état des urines, qui constitue le syndrome dominant de l’affection

a été! objet de recherches multipliées; tout le monde est aujourd hui d accord pour reconnaître que la coloration rouge ou brunâtre est due a la présence de l’hémoglobine dissoute (l’examen spectroscopique le prouve). On ne trouve dans le liquide urinaire ni globules rouges, ni débris d’hématies; le dépôt sédimenteux est représente par des cylindres et des granulations d’héinatine- on

trouve enfin une quantité d’albumine proportionnelle à celle du pigment.

On n’est point encore fixé sur la nature des altérations sanguines qui prédisposent à une semblable affection, bien que Mttrri ait admis une alteration spéciale des globules du sang, encore moins sur le mécanisme qui préside à cette hémoglobinurie, bien qu’elle ait évidemment un point de départ hématique, c’est-à-dire une liemato globinhémie (Lichtheim et Murri). Ce dernier fait suffit à distinguer 1 hémoglobinurie paroxystique de l’hémoglobinurie qui vient compliquer parfois certaines affections chroniques du rein ou

MALADIES DbS REINS.

quelques pyrexies, et qui provient quant à elle de la fonte de quelques globules sanguins parvenus par diapédèse dans la capsule de Bowinan, ou les tubuli contorii.

L’hémoglobinurie paroxystique résiste en général aux principales actions médicamenteuses : seuls le sulfate de quinine ou les mercuriaux (Murri) auraient donné quelques succès; ce qui semblerait confirmer l’influence pathogénique accordée à l’impaludisme par Corre, et à la syphilis par Murri.

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