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DES PALPITATIONS

On peut définir les palpitations : un tronble dans V action du cœur, caractérisé principalement par une modification dans la fréquence, l’intensité ou le rythme de ses battements.

Les palpitations ne constiluent point à elles seules une entité pathologique; elles ne peuvent être considérées indépendamment du sujet qui en souffre; et comme elles ne sont jamais que l’expression d’une altération organique du cœur ou de l’aorte, d’un vice constitutionnel, ou d’une irritabilité tonte spéciale du système nerveux, il s’ensuit qu’on doit les envisager seulement comme un symptôme dont il devient alors nécessaire de rechercher l’origine ; mais, par son importance, ce symptôme mérite d’attirer l’attention.

Étiologie. Pathogénie. — Les notions précises que nous possédons aujourd’hui sur l’innervation du cœur et sur la mécanique circulatoire, nous permettent assurément de nous rendre un compte assez exact des conditions pathogéniqnes entraînant la palpitation; mais bien des points restent encore obscurs et rendent impossible une classification purement physiologique. .Force est donc de nous en tenir ît peu près à la grande division dichotomique et clinique de Laennec, qui décrivait deux sortes de palpitations : les ipalpitations avec lésion du cœur (palpitations de cause organique ou mécanique), et les palpitations sans lésion du cœur (palpitations nerveuses).

A. Toutes les affections cardiac|ues peuvent s’accompagner de palpitations. L'endocardite aiguë, en irritant l’élément contractile et les extrémités nerveuses (jui s’y distribuent, trouble le rythme des pulsations du cœur et en accélère les battements; {'endocardite chronique à laquelle se rattache toute la série des lésions valvulaires, crée à la circulation intra-cardiaque des entraves permanentes contre lesquelles le cœur se révolte parfois. Ces palpitations sont donc bien d’ordre mécanique : le cœur se débat contre l'obstacle qui s'oppose à sa déplétion naturelle.

Pour (|ue cet accident se produise, il n’est pas nécessaire que l’obstacle siège dans le cœur lui-même ; l’estomac distendu par des gaz, la compression du thorax dans le décubitus latéral gauche, en gênant l’action du cœur, provoquent aussi des palpitations. Il en est

MALADIES DU CŒUR

de même pour un obstacle situé dans le champ de la circulation pulmonaire, une pneumonie par exemple.

Non seulement le coeur palpite quand il a de la peine à se vider, mais aussi quand il se vide trop facilement, Et ici, nous trouvons l’application de cette loi physiologi(|ue si importante établie par Marey, à savoir, que le cœur précipite ses contractions à mesure que la pression baisse dans le système vasculaire périphérique. Telle est la raison des palpitations consécutives aux grandes hémorrhagies, aux exercices musculaires violents, à l’action prolongée d’une haute température, qui, en dilatant le réseau capillaire périphérique, y favorise l’afflux sanguin et par conséquent diminue la tension dans les gros vaisseaux.

Il est probable que les palpitations engendrées par les émotions violentes, et celles de l’anémie ou de la chlorose reconnaissent en partie pour cause un mécanisme analogue : l’abaissement de la pression dans les vaisseaux de la périphérie. Mais il existe ici un nouvel élément dont il faut tenir compte : c’est l’intervention du système nerveux; aussi est-il fort difficile de faire le départ de ce qui est simplement d’ordre mécanique, et de ce qui est exclusivement nerveux. Car s’il est vrai de dire que, dans les émotions brusques, la paralysie des vaisseaux à la périphérie est un élément mécanique important dans la production de la palpitation, on peut soutenir aussi que l’élément nerveux joue dans l’espèce un rôle de premier ordre, puisque la dilatation des vaisseaux est immédiatement subordonnée à l’influence du grand sympathique, système qui a une action directe sur la locomotion du cœur. De même enfin pour les palpitations des anémiques, puisque si l’aglobulie, d’une part, favorise la diminution de la tension intra-vasculaire, l’action d’un sang mal oxygéné sur la protubérance ou les centres médullaires peut, d’un autre côté, modifier l’innervation du cœur.

On peut donc dire qu’entre les deux grandes catégories que nous avons établies il existe des formes mixtes qu’on est embarrassé pour ranger d’un côté plutôt que de l’autre, et qui constituent comme un trait d’union reliant d’une façon presque insensible deux séries de phénomènes qui, au point de vue physiologique et surtout clinique, ont une importance aussi tranchée.

B. Les conditions étiologiques provoquant les palpitations nerveuses proprement dites sont de deux ordres : 1“ les unes modifient directement l’innervation cardiaque : ainsi agissent l’hystérie, le goitre oxophthalniique, la névrite du plexus cardiaque, les impres-

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