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ŒDÈME DE LA GLOTTE

Synonymie : Laryngite sous-muqueuse (Bouillaud, Cruveilhier). Angine laryngée œdémateuse {Sestier,1lroi]sseav). Infiltration laryngée (.Taccoud).

L’œdème de la glotte, observé pour la première fois par Bayle en 1808, et décrit par lui comme une complication des laryngites, n’est point une entité morbide; c’est un accident, un épiphénomène de plusieurs affeciions, soit locales, soit générales, qui provoquent tantôt l’inflammation du larynx, tantôt simplement son infiltration séreuse. Cette considération clinique explique la diversité des d nominations qui ont servi tour à tour à désigner la maladie. L’expression iV angine laryngée œdémateuse, acceptée par Sestier et Trousseau,

(1) L’histoire de l’œdème de la glotte traverse actuellement, une période de transition ; l’ancienne conception de Sestier tend, grâce à une analyse plus délicate des faits et aux progrès de la laryngologie, à céder le pas à des descriptions moins vagues et surt >ut moins théoriques. Nous ne pouvons cependant rompre complètement encore avec la tradition; nous aurons donc en vue surtout, dans ce chapitre, les faits considérés jusqu’ici comme classiques, quitte à faire une large place aux idées nouvelles que nous exposerons chemin faisant.

MALADIES DU LARYNX

nous semble préférable, en ce sens qu’elle fait la part égale à l’inflammation et a Tœdème clans la palhogénie des phénomènes, ce qui est conforme à l’observation.

Étiologie. Pathogénie. — On peut diviser en trois catégories les altérations morbides qui prédisposent à l’œtlème de la glotte :

1° Lésions franchement inflammatoires, ainsi que cela peut s’observer dans quekjues cas de laryngite intense, que celle-ci ait été déterminée par une brûlure, ainsique cela se voit souvent en Angleterre, en Russie ou dans l’Américjue du Nord, chez les jeunes enfants qui ont aspiré imprudemment le liquide bouillant de la théière laissée devant le foyer, ou qu’elle provienne d’un refroidissement brusque, comme chez cet ivrogne dont Trousseau a raconté rhistoire, et qui contracta une angine laryngée œdémateuse pour s’être endormi la nuit sur un pont. L’amygdalite simple peut se compliquer d’œdème glottique ; nous avons observé un fait de ce genre dans le service de Rigal, et l’un de nous en a rapporté une observation.

L’infdtration laryngée consécutive à l’érysipèle du pharynx, à la lai yngiie de la variole, à un phlegmon de la base de la langue (Demarcjuay), aux abcès rétro-pharyngiens, rentre dans cette première catégorie.

2° L’œdème glottique apparaît dans le cours d’une laryngite chronicjue ulcéreuse (cancer, syphilis ou phthisie laryngée), ou d’une altération profonde de l’organe (la périchondrite principalement).

Pour expliquer l’œdème dans ce cas, on a recours en général à la théorie de Vœdèine collatéral, imaginée par Virchow, qui attribue rinfiltration séreuse à la gêne circulatoire qu’entraînent, autour des parties ulcérées ou altérées, les oblitérations vasculaires partielles résultant du travail inflammatoire qui s’accomplit sur leurs confins.

3^ Enfin l’œdème peut tenir h l’existence préalable d’une maladie hydropigène (mal de Bright, scarlatine). Il existe même quelques observations où l’infiltration laryngée a été la première manifestation de la dyscrasie (Jat coud, Fauvel); elle est au contraire exceptionnelle dans l’anasarque d’origine cardio-pulmonaire (1).

(1) Gouguenlieim a observé récemment un cas d’œdème de la glotte chez un cardiaque: ce qui dominait, c’était une dyspnée continue, sans sifflement et sans bruits laryngiens spéciaux; au bout de quelques jours de repos les accidents s’amendèrent.

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