OEDÈME DE LA GLOTTE
L’œdème de la glotte est relativement rare chez les enfants (dixsept cas seulement sur les deux cent quinze observations de Sestier).
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — La Configuration anatomique du larynx nous rend compte de la distribution de 1 œdème ; la giande laxité des replis glosso- et ary-épiglolliques les prédispose à Finfiltra ■ lion ; Sestier a montré par des injections pratiquées sur le cadavre que les replis infiltrés peuvent augmenter jusqu’à quinze fois de volume. Au contraire, la grande adhérence de la muqueuse des cordes vocales avec les parties profondes s’oppose à la propagation de l’œdème, d’où sa rareté à ce niveau ; dans quelques cas exceptionnels pourtant, cette région peut être envahie (on compte en effet dans la science une vingtaine d’observations de véritable œdème glottique); l’infiltration sous-glottique est encore plus rare.
Au point de vue de son siège, l’œdème de la glotte présente donc trois types distincts qui sont : 1“ 1 œdème sus-glottique } 2° l’œdème glottique proprement dit ; 3° l’œdème sous-glottique, variété exceptionnelle. On voit par cela même tout ce qu a de défectueux l’expression d’œdème de la glotte, consacrée pourtant pai l’usage, puisqu’elle représente une erreur anatomique (1).
Le liquide infiltré dans les mailles de tissu cellulaire varie de nature selon que la maladie a un origine inflammatoire ou qu elle dépend d’une dyscrasie hydropigène. Dans le premier cas, on y observe de grandes cellules granuleuses, et surtout des globules sanguins et purulents ; dans les œdèmes consécutifs aux altérations profondes du larynx (la périchondrite par exemple), les globules blancs sont tellement abondants que le liquide a un aspect purulent. Dans le second cas, le liquide est transparent (comme la sérosité de
(1) Il est facile, par contre, chez les animaux, de reproduire artificiellement l’œdème glottiqua proprement dit (François-tranck, Gouguenheim). Gouguenheim a repris avec beaucoup de soin les expériences de Sestier, et il est arrivé à établir très neltemenl les règles de l’infiltration laryngée : la marche de l’œdème, sa distribution, le temps nécessaire à sa généralisation dans tout l’organe. Ainsi : 1° une injection poussée dans un repli^ aryténoépig. gagne successivement le ligament glosso-épiglottique du même côté, et celui du côté opposé en deux heures; au bout de ce temps l’épiglotte se gonfle; plus tard survient la tuméfaction des cordes vocales : l’infiltration n’est complète qu’au bout de douze heures ; 2° au contraire, une injection poussée dans le tissu cellulaire sous-glottique se généralise avec une rapidité surprenante. Donc tout le larynx peut s’œdématier contrairement a ce qu’avait pensé Sestier.
MALADIES DU LARYNX
Tœdèmc en général), et coniient parfois un réticulum fibrineux; il est emprisonné au milieu des faisceaux du tisMi connectif distendu, aussi s'échappe-t-il avec peine par une incision ; il est nécessaire de recourir à la pression pour en provoquer l’écoulement (Sestier). Ce fait anatomique a une certaine valeur au point de vue thérapeutique ; il démonire le peu de profit qu’on doit espérer du procédé dit des scarifications.
Pour Doléris et Gouguenheim, le gonflement des replis aryépiglotiiques chez les tuberculeux tiendrait à renvahissement de la région par une infiltration de matière tuberculeuse ; cette variété anatomique doit être distinguée avec soin de l’œdème proprement dit, car elle imprime à la maladie des allures cliniques qui s’éloignent notablement du tableau classiijue derinfiliration laryngée œdémateuse. Des recherches toutes récentes de Balzer et Gouguenheim ont entièremimt confirmé ces données primitives.
Deschiption. — Ce qui domine dans la symptomatologie de l’œdème de la glotte, c’est la dyspnée : celle-ci peut se déclarer brusquement sous forme d’un violent accès qui va mettre du premier coup les jours du malade en danger ; ainsi se passent les choses dans les œdèmes aigus ou qui sont d’origine inflammatoire. D'autres fois la dyspnée s’établit progressivement, ne provoquant tout d’abord qu’un sentiment de constriction ou de gène au niveau du larynx : le malade a la sensation d’un corps étranger qui obstrue l’orifice supérieur des voies aériennes ; il cherche à s’en débarrasser par des mouvements de déglutition répétés qui lui occasionnent de vives douleurs, ou bien encore par des accès de toux qui l’épuisent. De temps à autre cette dyspnée, lente, mais continue, est interrompue par de violents paroxysme s de suffocation, sortes de spasmes réflexes qui entraînent l’obstruction de la glotte et augmentent au suprême degré l’angoisse du malade. «Le malade a quelque chose d’effrayant, la face livide, la bouche ouverte, les narines béantes, l’œil humide et saillant, la peau ruisselante de sueur » (Trousseau). Cependant les allures de la maladie ne sont point toujours aussi dramatiques. Suivant Peter et Krishaber, les crises de suffocation ne se produisent que dans les trois cinquièmes des cas ; elles manquent surtout dans les œdèmes à marche presque chronique, comme le sont souvent ceux de la maladie de Bright ou des laryngites ulcéreuses.
On a dit que cette dyspnée était caractéristique, dans ce sens que, occasionnée par l’accolemcnt des replis œdématiés iremblo-