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DILATATION DE L’ESTOMAC

dyspepsies, de saisir leur mécanisme. L’avenir apportera sans doute des cclaircissemenls et des modifications à nos classifications d’aujourd’hui ; toutefois, il semble qu’en l’état de nos connaissances, et après étude rigoureuse des faits recueillis, on puisse diviser en trois grandes catégories les conditions étiologiques de cette maladie. En effet, ily a : 1“ les dilatations mécaniques proprement dites, ou par obstruction pylorique ; 2° les dilatations par altération des parois du ventricule qui ne peuvent plus résister à la distension; 3" enfin, les dilatations par parésie primitive ou purement fonctionnelle de l’élément contractile.

Dans la première catégorie, nous rangeons les dilatations consécutives au rétrécissement de l’orifice pylorique : rétrécissement cancéreux, fibreux (Cruveilbier), cicatriciel (Dujardin-Beaumetz), par compression ou par corps étrangers (noyaux de cerise, bydatides (Jodon), rein flottant, rétrécissement spasmodique du sphincter pylorique, conséquence possible d’ulcérations superficielles de la muqueuse, ainsi que Küssmaul en a rapporté des exemples). La dilatation des gros mangeurs, ou par surcharge de l’estomac, rentre aussi dans cette catégorie de faits ; ainsi que l’ectasie par adhérence périphérique du viscère (Mauchart).

Les dilatations par altération primitive des parois stomacales comprennent surtout les cas d’ectasie survenus dans le cours d’une dyspepsie ou d’un catarrhe muqueux de l’estomac (Oppolzer, Hirsch, Leven); que ce catarrhe soit primitif, comme chez les alcooliques, (Leven) ou qu’il soit consécutif à une affection cardiaque (cas de Bernheim). Cette catégorie de faits comprend la plupart des observations décrites autrefois par Chomel sous le nom de dyspepsie des liquides. A elle aussi se rapportent les dilatations qui succèdent à une inflammation traumatique propagée de la séreuse péritonéale à la tunique musculaire sous-jacente (faits aigus de Gross et de Kœberlé).

Peut-être même faut-il attribuer aune cause identique les dilatations stomacales si fréquentes pour certains auteurs (Louis, Bernheim), au début ou dans le cours de la tuberculose pulmonaire. Quant à l’influence de la goutte et du rhumatisme, bien qu’elle ne puisse être révoquée en doute, son mécanisme n’est point encore saisissable.

Enfin, la troisième série de faits comprend les cas de parésie primitive observés chez certains névropathes ou hystériques, et surtout chez les vieux hypochondriaques, et les dilatations d’ordre probable-

MALADIES DE L’ESTOMAC

ment réflexe qui sont susceptibles de se développer à la suite d’une altération d’un organe voisin (foie, intestin, etc.) (1).

La dilatation de l’estomac est plus fréquente chez l’homme que chez la femme, dans la proportion de 14 à 5 (Hirsch), et, de l’avis de tous les auteurs, plus commune surtout de trente à quarante ans.

Anatomie pathologique. — Les lésions anatomiques qui accompagnent et caractérisent la dilatation de l’estomac, varient avec les causes qui lui ont donné naissance ; mais si l’on fait abstraction de ces altérations connexes, pour considérer seulement les altérations appartenant en propre à l’ectasie ventriculaire, il ressort des rares faits bien étudiés, et dont on a pu faire l’autopsie, que les altérations spéciales à la maladie portent : 1“ sur la tunique musculaire ; 2° sur la membrane muqueuse.

Les lésions de la couche musculaire sont représentées quelquefois par un amincissement considérable de la couche contractile (forme atrophique de Cruveilhier et de Naumann), plus souvent par un épaississement marqué de cette couche. D’après H. Thiébaut, cet épaississement tient à une hypertrophie quantitative des fibres musculaires dont l’intégrité intrinsèque a d’ailleurs été plusieurs fois constatée. Ces différences résulteraient uniquement, d’après Mitterbacher, de la brusquerie ou delà lenteur avec laquelle la dilatation se serait produite. L’hypertrophie est parfois assez marquée au niveau du sphincter pylorique pour être nettement perçue par la palpation à travers les parois abdominales.

La muqueuse, de son côté, a subi un certain nombre de modifications importantes : l’épithélium est généralement détruit ; il peut avoir disparu sur toute la surface du viscère. Quant aux glandes, lorsqu’elles n’ont pas disparu, elles sont le siège d’une augmentation de volume, et d’une altération particulière des cellules à pepsine, dont le noyau s’offre très apparent à la vue, au milieu d’une masse protoplasmique à bords irréguliers et en voie de fragmentation (niolécularisation cellulaire de Mathias Duval). Le tissu cellulaire sous- muqueux est hyperplasié et tes vaisseaux qui le sillonnent, loin d’être sclérosés, comme on l’avait soutenu d’abord, sont généralement dilatés.

Quant à la dilatation elle-même, elle porte habituellement sur la

(Ij On arrivera prochainement sans doute à faire, pour les dilatations réflexes de l’estomac, ce qui a été fait pour les dilatations réflexes du cœur. Les récentes recherches physiologiques qui touchent à l’innervation du ventricule favoriseront considérablement ce résultat.

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