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encore boursouflée, d’une couleur violacée ou ardoisée, parsemée de kystes muqueux et d’ulcérations plus ou moins étendues.
Les glandes de Lieberkühn sont allongées, plus ou moins comprimées et atrophiées, ou même détruites en grande partie au niveau des ulcérations. C’est aussi sur les surfaces ulcérées que l’on voit à l’œil nu des dépressions folliculaires bien décrites et figurées par M. Gornil. Ces dépressions sphériques, tantôt uniques, tantôt à plusieurs loges, occupent la place des follicules clos qui ont été détruits, et viennent s’ouvrir à la surface de la muqueuse ulcérée par un orifice régulier assez étroit : la pression en fait facilement sourdre un mucus concret abondant que l’on a comparé à du frai de grenouille. Ces cavités folliculaires sont tapissées d’un épithélium cylindrique.
Les ulcérations occupent le côlon et très rarement la portion terminale de l’intestin grêle; elles peuvent gagner en profondeur et perforer l’intestin, notamment dans les points où les tuniques sont amincies (Gély). D’autres fois, les parois de l’intestin sont hypertrophiées. .
Lorsque la réparation a lieu, elle se fait par production de bourgeons charnus et d’un tissu cicatriciel qui peut occasionner des rétrécissements secondaires.
Le ramollissement des ganglions mésentériques, la thrombose des veines mésaraïques, les hépatites suppurées, s’observent fréquemment dans le cours ou à la suite des dysenteries aiguës et chroniques.
Dans la dysenterie aiguë et dans les poussées aiguës de la forme chronique, les selles sont d’abord composées de mucosités glaireuses ou vitreuses qui les ont fait comparer à du frai de grenouille. Lorsque les ulcérations se sont produites, les selles deviennent séreuses, elles renferment des lambeaux membraniformes de la muqueuse et sont colorées en rouge par du .sang qui leur donne l’aspect de la lavure de chair ou des crachats pneumoniques. Elles contiennent, outre les débris de la muqueuse et les globules rouges, des globules blancs et des infusoires en grand nombre ; quelquefois elles sont composées de sang presque pur. Dans la dysenterie chronique, les selles sont muqueuses; brunes, jaunâtres ou veroâtres, souvent lientériques et renferment do pbospliate ammoniaco-magnésien.
Description. — Dysenterie aiguë. — La forme légère de la dysenterie débute généralement sans prodromes, par des douleurs vbves au niveau de l’S iliaque. Celles-ci sont fixes ou s’irradient le long du côlon et du rectum; la pression les exaspère. En même
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temps les malades éprouvent des épreintes assez vives, et les évacuations alvines, peu abondantes, ne dépassant pas le nombre de dîit à douze par jour, sont suivies de ténesme. Cette forme est apyrétique et ne donne lieu qu’à un peu d’état saburral des voies diges tives supérieures. Observée à l’état sporadique dans nos contrée» elle dure environ cinq ou six jours, mais dans les pays chauds eli^^ offre une grande tendance à récidiver et à passer à l’état chronique.
^ La forme grave est, au contraire, précédée de symptômes préniftnitoires (abattement, céphalalgie, somnolence) durant de quelques heures à deux jours au plus : puis les douleurs abdominales se déclarent avec la plus grande intensité ; elles sont lormineuses très péntbies, presque incessantes, car elles accompagnent le besoin d’aller à la selle, et celui-ci peut se présenter un nombre de fois prodigieux. Zimmermann a compté deux cents selles dans l'espace de quelques heures. Ces évacuations peu abondantes s’accompagnent d’efforts très douloureux, d’une sensation de cuisson et de brûlure à l’anus, et sont suivies d’un ténesme insupportable. Le ténesme vésical s’observe aussi très souvent, et le malade, après de violents efforts de miction, ne laisse échapper que quelques gouttes d’une urine sédimenteuse on d’un mucus blanchâtre remarquable par sa pauvreté en chlorures. ^
La fièvre qui accompagne souvent ces formes graves est en rapport avec 1 âge et la constitution des sujets. La soif est vive; la peau sèche et terreuse, est froide aux extrémités, chaude au tronc Le pouls est petit, filiforme, irrégulier; le fades hippocratique l’amaigrissement et la prostration des forces sont considérables. Dans les derniers moments, les douleurs cessent et les évacuations deviennent involontaires : on peut voir aussi survenir des entérorrha^ies mortelles, des perforations de l’intestin suivies de péritonite, l’infection purulente.
La durée de la maladie est variable, et c’est assez arbitrairement qu 011 donne le nom de dysenteries aiguës à celles dont la durée ne dépassé pas vingt jours. La terminaison fatale peut survenir dès le troisième ou être retardée jusqu’au huitième ou au neuvième. La mortalité est d’ailleurs très variable suivant les épidémies, la latitude, etc.
La prédominance de certains symptômes a fait décrire séparément tm grand nombre de variétés: la dysenterie ataxique, accompagnée de dehre, de soubresauts des tendons, etc. ; la dysenterie aaynamique, caractérisée par la prostration, le météorisme, les
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fuliginosités ; la dysenterie inflammatoire^ dans laquelle la fièvre est vive ; la dysenterie cholérique, dans laquelle prédominent au contraire les symptômes de l’algidilé ; la dysenterie bilieuse avec de fréquentes envies de vomir, indice d’un catarrhe gastro-duodénal ; la dysenterie hépatique, observée surtout dans les pays chauds (ictère, abcès du foie) ; la dysenterie arthritique (Stoll, Delioux de Savigiiac, Quinquaud, Têtu) avec des déterminations rhumatoïdes du côté des jointures, etc.
Dysenterie chronique. — Elle s’observe souvent dans les pays chauds ; elle succède ordinairement à une série d’attaques aiguës. C’est vers le vingt-cinquième jour qu’on voit les douleurs cesser plus ou moins complètement et les selles se réduire à cinq ou six par jour. Les évacuations alvines sont très variables, ordinairement féculentes ou séreuses, puriformes, très fétides, rarement sanguinolentes. L’anus est en infundibulum, largement béant, ce qui explique la sortie involontaire des matières fécales. Dans les formes graves et à la dernière période de la maladie, il survient rapidement une cachexie spéciale, apyrétique, caractérisée par un amaigrissement considérable, la prostration absolue des forces, l’état sec et rugueux de la peau, la rétraction du ventre, l’extinction de la voix. En même temps on observe la perte complète de l’appétit ou au contraire de la boulimie, du pica, de la malacia ; de vastes ecchymoses violacées apparaissent et la mort arrive par épuisement. Une recrudescence aiguë, une perforation ou quelque autre complication (abcès du foie, tuberculose, pleurésie purulente, hémorrhagie, etc.), peut venir s’ajouter à la maladie et en hâter le dénouement. Il n’est point rare d’observer des paralysies de différente nature dans le cours de la convalescence. Cette dernière est souvent fort longue par suite de la déperdition albumineuse qui est le fait des évacuations alvines répétées.
La durée de la dysenterie chronique varie de deux mois à plusieurs années : elle est souvent coupée par des rémissions trompeuses, plus ou moins longues.
Traitement. — Le traitement est prophylactique et symptomatique.
Les règles de la prophylaxie sont nettement tracées. L’étranger qui arrive dans un pays où la dysenterie est endémique doit s’astreindre aux règles d’unej sévère hygiène et éviter avant tout les excès d’aliments ou de boissons, l’usage de l’eau impure non filtrée, les refroidissements. .
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Les moyens pharmaceutiques sont nombreux. Dans les cas légers, on se contentera d'un purgatif salin et de quelques lavements d’amidon laudanisés, avec la diète et le repos.
Dans les formes graves, c’est aussi aux évacuants (huile de ricin, sels neutres, manne) qu’il faut avoir recours. Le calomel à dose massive (1 à 2 grammes par jour) doit être spécialement recommandé.
L’ipécacuanha a mérité le nom de racine dysentérique ; il est surtout indiqué dans les formes graves. On le fera prendre par prises ou en infusion suivant la méthode brésilienne (4 à 6 grammes de racine d’ipéca dans 150 grammes d’ean) ; on l’a aussi associé à l’opium et au calomel (SegoncI, Delioux de Savignac). L’opium doit être proscrit, sauf sous forme d’injections hypodermiques de morphine quand les douleurs sont trop vives.
Dans la dysenterie chronique on cherchera à modifier les sécrétions intestinales et à cicatriser les ulcérations au moyeu des astringents et des caustiques : tannin, ratanhia, Colombo, lavements au sulfate de zinc, au nitrate d’argent, à la teinture d’iode (Delioux, Chappuis). On emploiera aussi le sous-azotate de bismuth, la craie préparée, associés ou non à l’opium (laudanum, diascordium).
En même temps on soutiendra les forces du malade (quinquina, cannelle, viande crue, alcool).
Le régime lacté est un des meilleurs moyens de traitement de la dysenterie chronique. Pendant la convalescence le régime devra être rigoureusement surveillé.
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— Nielly. Pathologie exotique.
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TYPHLITE ET PÉRITYPHLITE.
La Ujphlite est l’inflammation du cæcum et de son appendice vermiforme'; la pérityphlite résulte de la propagation de cette inflammation au tissu conjonctif situé entre l’intestin et le fascia iliaca. 11 est rare que la typhlite soit simple et ne s’accompagne pas de pérityphlite.
Toutes les causes capables de produire l’entérite commune l^euvent donner naissance à la typhlite ; la plus fréquente est la constipation (typhlite stercorale d’Albers et de Ménière), ou la stagnation des matières fécales durcies dans l’ampoule du cæcum et l’introduction de ces matières dans l’appendice iléo-cæcal. En général, c’est à la suite d’un excès de table ou d’une fatigue exagérée que se développe la typhlite. La pérityphlite se produit le plus souvent par perforation du cæcnm ou de son appendice, mais elle peut se développer également par extension simple de la phlegmasie intestinale. Ces perforations sont dues en général à la présence de corps étrangers (concrétions intestinales, calculs de phosphate de chaux et de magnésie (Leudet), noyaux ou pépins de fruits, épingles (Whipham), grains de plomb, etc.) dans l’intérieur de l’appendice vermiforme qui ne peut les expulser ; on les a également observées dans la fièvre typhoïde, la dysenterie (Blatin), et l’entérite tuberculeuse (Duguet).
La typhlite se rencontre à tout âge ; assez rare chez la femme, elle est encore fréquente chez les enfants (Meigset Pepper, Gerhardt, Lewis), ce qui est dû sans doute à leur habitude d’avaler toutes sortes d’objets (Chassaignac) ; mais elle semble sévir de préférence chez les adultes (Bamberger), principalement chez certains rhumatisants. Elle offre une grande tendance aux récidives.
La typhlite présente deux symptômes caractéristiques : la douleur et l’apparition d’une tumeur dans la fosse iliaque droite. La douleur apparaît soit brusquement, soit après quelques alternatives de constipation et de diarrhée : limitée au niveau du cæcum, ou s’irradiant du côté des lombes et de la cuisse^ elle est contusive et très vive ^ elle s’exaspère par la pression et les mouvements du tronc. La tumeur est assez nettement circonscrite, de forme cylindrique, mate à la percussion, elle a en général le volume d’un gros poing et est susceptible de quelques légers mouvements de latéralité. Il existe en. général peu de fièvre, rarement le thermomètre dépasse 39 degrés
TYPHLITE ET PÉRITYPHLITE.
la constipation est de règle et s’accompagne assez fréquemment de vomissements, parfois même des signes de l’étranglement interne, mais ces derniers symptômes indiquent en général la propagation de la phlegmasie au tissu rélro-cæcal.
Sans aller jusque-là, la résolution peut ne pas être complète, il reste un certain degré d’induration qui expose le malade à de nouvelles poussées qui, à force de se répéter, ont donné quelquefois naissance aux accidents de l’occlusion intestinale (Damaschino). La typhlite simple est d’assez courte durée et se termine en général par la guérison : il n’en est plus de même lorsqu’il y a inflammation de voisinage ou perforation.
La pérityphlile débute le plus souvent avec brusquerie par une douleur très intense dans la région ilio-inguinale droite, sans avoir été précédée d’aucun phénomène ayant pu faire reconnaître l’existence de la typhlite ou l’ulcération du cæcum. Cette douleur est fixe, continue, sans exacerbations, augmentant d’acuité pendant douze à vingt- quatre heures (J. Burne), s’exaspérant par le moindre contact, les mouvements, la toux, la pression des couvertures. La fièvre est constante, plus ou moins vive selon les cas, la température varie d’ordinaire de 38 à 39 degrés ou 39°, 5. En même temps le malade a des nausées et des vomissements, la palpation permet de constater une tumeur profonde qui, vers le dixième jour et même plus tard, devient superficielle et volumineuse, laisse percevoir de .a fluctuation, parfois même de la crépitation emphysémateuse. La constipation est opiniâtre.
La résolution est fort rare (Grisolle), la suppuration est la règle. Lorsque le pus est formé, ce qui s’annonce par des frissons, le redoublement de la fièvre et de la douleur; mais, ce qui arrive souvent du vingtième au trentième jour seulement, l’évacuation du pus est l’unique moyen de guérison.' Cette évacuation se produit parfois spontanément et subitement ; le malade est pris tout à coup de diarrhée et rend une plus ou moins grande quantité d’un pus généralement très fétide. L’abcès s’est vidé dans l’intestin,, le côlon ou le rectum ; la guérison est alors possible (Paulier) sans intervention chirurgicale. On a vu de même la poche purulente évacuer son contenu par la vessie, le vagin, la paroi abdominale antérieure ou postérieure, plus rarement dans la plèvre, le péricarde, la veine cave inférieure.
La pérityphlite est une maladie grave. Lorsque le pus est évacué au dehors par la paroi abdominale ou par les viscères creux qui l’entourent, la poche peut continuer à suppurer et le malade finit par
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succomber aux progrès du marasme et de la fièvre hectique, quelquefois même à la tuberculose. Dans d’autres cas, la mort survient par péritonite suraiguë on encore par pyléphlébile suppurative,
A l’autopsie on trouve souvent l’appendice vermiforme distendu et volumineux, immobilisé par une péritonite adhésiveplus ou moins limitée qui l’accole au cæcum ou le fixe à l’utérus, à la vessie, au rectum. La poche purulente contient une quantité parfois considérable d’un pus franchement phlegmoneux ou le plus souvent mal lié, grisâtre, exhalant une odeur stercorale excessivement fétide. La perforation par laquelle le pus s’est fait jour au dehors est souvent multiple.
La typhlite simple demande seulement l’emploi de purgatifs et de cataplasmes sur l’abdomen ; quelques sangsues seront appliquées dans la région du cæcum si la réaction inflammatoire est vive. C’est surtout dans la pérityphlite que les sangsues donnent de très bons résultats. An moment de la perforation, il faut recourir à la glace sur l’abdomen et à l’opium à l’intérieur. La fièvre de suppuration sera combattue par l’emploi du sulfate de quinine. Lorsque l’abcès est formé et qu’on sent nettement la fluctuation, il ne faut pas hésiter à intervenir chirurgicalement.
J. Burne. Mém. sur l’inflainmation chronique et les ulcères perforants du cæcum (Gaz. nicd. de Paris, 1838). — Grisolle. Hist. des tumeurs plilegmoneuses des fosses iliaques (Arch, gén. de méd., 1839). — Lewis. New York’s Journal, 1856. — Chas- SAIGNAC. Traité de la suppuration et du drainage chirurgical, t. II, 1859, — L. Colin. Études cliniques de mcd. militaire, 1864. — Blatin, th. de Paris, 1868. — Duguet. Note sur un cas de typhlite phlcgmoneuse, etc. (Gaz. méd. de Paris, 1870). BariÉ. Th. de Paris, 1873. — Meigs et Pepper. A praticai Trealise on the diseases of the children, 5th ed., London, 1874. — Pallier, Conlrib. à l'ét. de la typhlite et de la pérityphlite, th. de Paris, 1875. — Legrain. Thèse de Paris, 1875. — Whipham. Medical Press and Circulai’, 1878. — Damaschino, loc. cit. — Lecorché et Talamon - Eludes médicales, 1881.