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HÉMORRHOÏDES

flux hémorrhagique est précédé souvent, comme chez la femme, dans la période précataméniale, d’un véritable molimen, représenté par des troubles gastriques, de la pesanteur de tête, de l’accélération du pouls, de la tension dans les hypochondres et dans le ventre, du ténesme rectal ou vésical, état auquel l’écoulement hémorrhagique fait succéder un véritable bien-être.

Parfois les hémorrhoïdes internes ne sont pas procidentes, elles ne se traduisent que par des phénomènes subjectifs, et le toucher rectal seul permet d’en affirmer l’existence.

Les hémorrhoïdes s’accompagnent de troubles secondaires qu’il est bon de signaler; la constipation, qui a passé si longtemps pour être la cause de ces tumeurs hémorrhoïdaires, peut quelquefois en être la conséquence ; en rétrécissant le diamètre de l’orifice anal les dilatations veineuses impriment une forme parfois spéciale aux matières fécales; elles leur donnent l’aspect de rubans ou de lanières ; il y a en même temps de la dilatation du gros intestin, avec accumulation d’excréments et production descybales; enfin des phénomènes de dyspepsie, pseudo-dyspepsie des hémorrhoïdaires bien signalée par G. Sée et qu’un examen approfondi peut seul empêcher de confondre avec une dyspepsie essentielle.

En cas d’hémorrhoïdes très développées ou anciennes, il s’établit presque toujours une sécrétion catarrhale de l’extrémité du gros intestin, une'véritable rectorrhée pouvant revêtir l’aspect dysentérique ou celui d’un liquide diarrhéique, dans lequel nagent les matières desséchées.

Ces liquides, qui baignent et irritent l’orifice rectal, lui donnent une apparence sanieuse qui peut en imposer à un œil peu exercé pour des végétations ou des condylomes syphilitiques ; mais l’apparence lisse et la mollesse de la tumeur, sa réductibilité et, enfin, l’appariiion de l’écoulement sanguin lèvent les doutes. Mais, lorsque l’irritation chronique du tissu cellulaire ambiant a amené la production des marisques, il sera parfois fort difficile de différencier ce tissu sanieux et induré d’une dégénérescence épithéliomateuse, d’autant que la transformation fn des hémorrhoïdes ivest pas un fait très rare. Quoi qu’il en soit, ce qu’il importe le plus d’établir au point de vue du diagnostic, c’est le point de départ des hémorrhoïdes : on cherchera d’abord s’il n’existe pas de cause mécanique directe qui justifie leur présence (cirrhose du foie, tumeur intra-abdominale, grossesse); puis, cette cause éliminée, on établira les rapoorts qui les unissent à une maladie constitution-

MALADIES DE L’INTESTIN

nelle probal)le : du diagnostic pathogénique porté, dépendra la thérapeutique à instituer (1).

Complication. Pronostic. — Dans la grande majorité des cas, les hémorrhoïdes doivent être considérées comme une incommodité et non comme une affection grave il ïi’en est pas moins vrai que quelquefois elles déterminent des accidents très sérieux. Au premier rang il faut compter les hémorrhagies intenses, répétées, qui jettent le malade dans une anémie profonde, pouvant même s’accompagner d’anasarque; puis viennent les inflammations,. soit catarrhales, soit profondes de la muqueuse, les fissures, les abcès, [a phlébite, phlébite qui a pu devenir le point de départ d’hépatites suppuratives (Borie, Leudet), la procidence du rectum, l’étranglement des tumeurs hémorrhoïdales, avec ou sans phénomènes gangréneux, enfin, la dégénérescence épithéliomateuse que nous avons déjà signalée.

Traitement. — Lorsque les hémorrhoïdes se bornent à provoquer une légère douleur avec un écoulement sanguin très modéré, la thérapeutique ne doit pas intervenir; il y a là comme une décharge salutaire qui met à l’abri de congestions plus sérieuses; il est même bien parfois de stimuler un peu ce mouvement fluxionnaire, s’il venait à s’atténuer, en administrant quelques pilules laxatives, généralement à base d’aloès (grains de santé de Franck, pilules antecibum, écossaises, etc. ), en tout cas, il faut combattre la constipation (eaux amères de Pullna ou d’Hunyadi, sel de Sedlitz, magnésie effervescente, etc.); le malade mangera peu, il prendra qu(dques soins hygiéniques utiles (grands bains, lavements émolliiMils, lotions fraîches), il se servira habituellement de sièges empaillés et d’un coussin de caoutchouc dans les longs trajets en chemin de fer. En cas de douleurs pénibles, recourir à l’usage de quelques suppositoires à l’extrait de ratanhia ou de belladone. La fleur de soufre a joui pendant longtemps d’une réputation toute spéciale dans le traitement des tumeurs hémorrhoïdaires.

Les hémorrhagies, même importante.s, ne doivent être combattues qu’avec la plus extrême réserve, car les exemples sont nombreux où l’on a vu leur suppression brusque suivie d’accidents graves. Souvent il sera suffisant de leur opposer des lotions avec de l’eau

(1) On se rappellera que les hémorrhoïdes sont très rares chez les jeunes enfants, et que la plupart des faits considérés comme tels- n’étaient autres que des cas de polypes muqueux (Damaschino),

COLIQUE INTESTINALE

aliiminée on avec des infusions de millefeuille (B. Teissier), qui a pour action de modérer le flux hémorrhagique.

Ce n’est que lorsque celui-ci prendra des proportions inquiétantes, qu’il faudra songer à une intervention active et instituer un traitement chirurgical (cautérisation, écrasement ou autre), mais en songeant toujours qu’en cette matière les opérations, même d’urgence, ne sont pas innocentes, et que les interventions, en apparence les mieux justifiées, peuvent entraîner les plus fâcheux résultats : tel le fait rapporté par B. Teissier et concernant un pauvre malade chez lequel la cautérisation d’un énorme paquet hémorrhoïdaire donnant lieu à des hémorrhagies intenses fut suivie, au bout de deux mois, de vertiges répétés et, quelque temps après, des accidents de la périencéphalite.

Enfin, quand on se décide à intervenir, le traitement le plus rationnel, celui qui semble aussi avoir donné le plus de succès, c’est la dilatation forcée. Le rôle joué par le sphincter anal dans la production des hémorrhoïdes explique suffisamment les avantages de ce pi océdé.

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COLIQUE INTESTINALE

Bien que la colique intestinale ne constitue pas une maladie, mais seulement un symptôme, elle se rencontre si fréquemment dans les maladies de l’intestin, que nous avons cru devoir lui consacrer an chapitre à part, en raison de son importance sémiotique. On donne le nom de colique à une douleur particulière siégeant dans Tabdo-

men, exacerbante, constrictive ou déchirante, ayant (Te la tendance à l’irradiation et s’accompagnant toujours d’une sensation pressante d’expulsion. Ce besoin d’évacuations et le soulagement qui en résulte sont constants dans la colique, que, d’une façon générale, on a pu considérer comme la contraction lente et prolongée, et par suite douloureuse, des muscles lisses d’un organe creux cherchant à expulser son contenu (colique intestinale, hépatique, néphrétique, utérine, vésicale, etc.).

La colique intestinale, comme nous venons de le dire, est toujours symptomatique. Nous étudierons donc successivement sa symptomatologie, ses causes physiologiques, les lésions auxquelles elle se rattache.

Description. — Le début de la colique est généralement brusque ; parfois cependant elle s’établit lentement et comme par degrés. C’est d’abord une douleur modérée qui devient rapidement plus vive, exacerbante, qui s’accompagne d’une sensation de constriction, de toi’sion, de pincement, de brûlure, et revêt parfois les caractères les plus insolites.

Ces sensations douloureuses varient beaucoup d’intensité : parfois peu marquées, elles peuvent devenir atroces. Le malade s’agite dans son lit, ne sachant quelle position garder pour soulager un peu ses souffrances; d’autres fois il reste immobile, pressant son abdomen avec ses mains, ou couché sur le ventre, ou encore pelotonné sur lui-même, les cuisses énergiquement fléchies sur le bassin par un mouvement réfiexe involontaire. En même temps le visage est pâle et décomposé, le malade pousse des cris ou exprime sa souffrance par des soupirs étouffés et des gémissements. L’anxiété est extrême : des symptômes nerveux, du délire, des convulsions chez les enfants, viennent s’ajouter à ce cortège. Le pouls reste le plus souvent normal.

Le ventre est souvent ballonné par les gaz qui, en se déplaçant, produisent des gargouillements et des borborygmes; plus rarement il est rétracté et comme accolé à la colonne vertébrale. Les contractions des muscles lisses de l’intestin donnent lieu à de pressants besoins d’aller à la selle, et les évacuations amènent un soulagement notable de plus ou moins longue durée. Parfois cependant les efforts d’expulsion restent infructueux {colique sèche). Les vomissements ne sont pas très rares.

Quant au siège de la douleur, c’est généralement au pourtour de l’ombilic qu’elle est la plus marquée. De là elle s’irradie dans les

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flancs et à l’hypogaslre, si bien qu’il est paifüis impossible au malade de la localiser.

La marche et la durée sont assez variables. La colique revêt souvent une forme irrégulièrement intermittente et les accès peuvent se répéter à de très courls intervalles ou, au contraire, à plusieurs heures de distance. Pendant les périodes de rémission, le malade est calme, un peu alangui, mais il ne souffre pas, à moins d’une douleur abdominale persistante dépendant d’une lésion quelconque de l’intestin.

Physiologie pathologique. — Nous avons indiqué déjà qu’à un point de vue général la colique résultait de la contraction des muscles lisses d’un organe creux cylindrique. Ce fait est évident pour les coliques de l’utérus pendant le fonctionnement normal et physiologique des muscles lisses de cet- organe. Traube a parfaitement démontré qu’un obstacle quelconque amenait au-dessus de lui des contractions péristaltiques très énergiques et douloureuses ne cessant qu’après sa disparition, et que, par suite, les coliques étaient dues à des tensions et à des contractions musculaires. Cette théorie, admise généralernent aujourd’hui, trouve son application immédiate pour la colique intestinale, effet indirect de l’obstruction intestinale, et direct de la tension gazeuse au-dessus de l’obstacle (G. Sée).

C’est ainsi que la colique se produit dans tous les cas d’occlusion que nous avons étudiés, aussi bien que dans ceux où il n’existe qu’une contraction spasmodique ou une paralysie d’une portion du tube intestinal.

Certaines maladies, l’hystérie, l’hypochondrie, les émotions morales vives, s’accompagnent de coliques dans lesquelles l’irritation productrice semble partir directement des centres nerveux (^lorache et Zuber), et notamment dans ces formes auxquelles les anciens donnaient le nom de sympathiques (Monneret); la colique est un réflexe médullaire dont le grand sympathique est la voie centripète (Bamberger).

Étiologie. — D’une façon générale, la colique est beaucoup moins fréquente dans la vieillesse qu’à tous les autres âges de la vie ; elle est plus commune chez la femme que chez l’homme et se montre de préférence chez les individus nerveux.

Nous énumérerons rapidement les maladies dans lesquelles la colique joue le rôle de symptôme.

Un certain nombre de maladies de l’estomac s’accompagnent

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(le coliques, ce sont : les gastrites, les indigestions, les empoisonnements par les acides, la belladone, l’opium, les champignons, etc.

Lorsque l’inflammation intestinale porte sur l’intestin grêle, comme dans les entérites simple, aiguë, chronique, tuberculeuse, les coliques sont peu accusées lorsqu’elles existent et se montrent seulement au moment des évacuations; lorsque c’est au contraire le gros intestin qui est enflammé (colite, dysenterie, purgatifs drastiques), elles sont très intenses. L’hémorrhagie intestinale, les hémorrhoïdes, les entozoaires, la pneumatose intestinale, sont fréquemment accompagnés de coliques parfois très vives. iMais c’est surtout lorsqu’il existe un obstacle au cours des matières (occlusion intestinale) que le symptôme colique devient prédominant et revêt une acuité excessive {colique de miséréré).

La perforation de Tintestin, la péritonite, sont ordinairement marquées au début par des coliques excessivement intenses, qui font bientôt place à une douleur abdominale persistante.

Le rhumatisme et la goutte s’accompagnent assez souvent de coliques que l’on a considérées tantôt comme un signe de la dyspepsie concomitante, tantôt, et c’est peut-être l’explication la plus probable, comme une manifestation viscérale de la diathèse rhumatismale ou goutteuse.

L’empoisoïinement par le plomb, l’arsenic, le cuivre, donne lieu à des coliques d’une intensité remarquable et qui étaient un des types sympathiques des anciens auteurs.

La colique nerveuse, colique spasmodique de Cullen, a été décrite sous une foule de noms différents : colique sèche, des vaisseaux, végétale, du Poiiou, du Devonsbire, de Normandie, etc. C’est une affection revêtant fréquemment une forme endémique ou épidémique présentant absolument tous les symptômes de l’intoxication saturnine laquelle elle se rattache sans aucun doute (Lefèvre, Dutroulau, Fonssagrives, Le Roy de iMéricourt, Leudet, etc.), bien que dans certains cas cette explication offre encore plus d'une difficulté (A. Lavcrati).

Traitlmiînt. — Nous n’insisterons pas ici sur le traitement de la colique, qui doit être avant tout celui de la maladie dont elle est le symptôme. Cependant, pour atténuer la douleur, on aura recours à un certain nombre de moyens plus ou moins efficaces, et en particulier aux applications chaudes, à la glace sur l’abdomen, aux antispasmodiques, au chloral, à l’opium, à la belladone, etc.

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