MÉTHODE MIXTE OU SY>CHÉT1QUE
les fliix, les douleurs, les spasmes, les adijuamies^ les essouflementsAGS affections mentales et les cachexies.
Vachicr et AVebster ont aussi promulgué des nosologies engendrées ])ar la fusion des classes établies sur quelques phénomènes morbides importants, mais ces classitications ont toutes été renversées et jetées dans l'oubli par celle de Pinel, publiée en 1798. C'est une des plus importantes, et le retentissement du bruit qu'elle a fait dans le monde est arrivé presque jusqu'à nous.
Dans cette nosographie philosophique, on admet 6 classes, 21 ordres et 76 genres. Elle ne s'applique malheureusement qu'aux maladies dites internes, et laisse en oubli les maladies externes. C'est un défaut capital, commun d'ailleurs à beaucoup d'autres systèmes de nosographie.
La division des classes ne repose pas sur le même caractère essentiel. Elles sont établies d'après la nature, d'après les symptômes et d'après la lésion organique. Il y en a même une dernière qui ne repose sur rien. Ainsi : l'*" classe, les fièvres; 2*^, les phlegmasies; 5^ les hémorrhagies ; 4% les névroses ; 5"", les lésions organiques ; 6^ classe, non déterminée.
Chaque classe renferme des ordres plus ou moins nombreux, dont la distribution ne repose pas davantage sur un phénomène ou caractère constant. Ainsi, tandis que les ordres de la V classe sont distribués d'après la nature présumée du mal, les ordres des autres classes le sont, au contraire, d'après le siège de l'affection morbide.
I.a r" CLASSE comprend 6 ordres : 1° les fièvres inflammatoires, 2° les fièvres bilieuses, 0" les fièvres muqueuses, 4° les fièvres adynamiques, 5° les fièvres ataxiques. G" les fièvres adéno-nerveuses ou pestilentielles. Les genres et les espèces y sont très- mal établis.
La 2* CLASSE comprend 5 ordres : \° les jjhlegmasies cutanées, 2° les phlegmasies des membranes muqueuses, 5* les phlegmasies des membranes séreuses, 4" les phlegmasies du tissu cellulaire, 5" les phlegmasies du tissu fibreux, et les genres se confondent avec les espèces.
La 3* CLASSE comprend 4 ordres établis sur le mênie principe du siège de Taltération : hémorrbagies du système muqueux, séreux, cellulaire et cutané. Ici encore les espèces ne reposent sur rien de précis et devraient plutôt former des variétés.
La 4* CLASSE est partagée en 5 ordres, divisés eux-mêmes en sous-ordres comprenant un grand nombre de genres et d'espèces.
\" ordre. Névroses des sens. — 1" sous-ordre. Névroses de Fouie. 2" sous-ordrf.
Névroses de la vue, etc.
2* ordre. Névroses des fonctions cérébrales. — 1"" sous-ordre. Comata. 2^ sous-ordre,
Vésanies
5^ ordre. Névroses de la locomotion et de la voix. — 1*' sous-ordre. Névroses de la locomotion. 2* sous-ordre. Névroses de la voix.
A" ordre. Névroses des fonctions nutritives. — 1" sous-ordre. Névroses de la digestion. 2* sous-ordre. Névroses de la respiration. 5^ sous-ordre. Névroses de la circulation.
5° ordre. Névroses de la génération. — \" sous-ordre. Névroses génitales de Thomme. 2" sous-ordre. Névroses génitales de la femme.
5^ CLASSE. — Lésions organiques. — l^"" ordre. Lésions organiques générales. — l^"" sous-ordre. Lésions organiques affectant en même temps la plupart des tissus. 2^ sous-ordre. Lésions organiques affectant indifféremment tel ou tel tissu.
'2^ ordre. Lésions organiques particulières. — 1" sous-ordre. Lésions organiques du cœur et des vaisseaux. 2'' sous-ordre. Lésions organiques du système lymphatique, ouhydropisies. 5" sous-ordre. Lésions organiques du tissu cellulaire. Absous-ordre. Lésions organiques du système pileux. 5^ sous-ordre. Lésions organiques du cerveau. 6** sous-ordre. Lésions organiques du poumon. 7* sous-ordre. Lésions organiques du foie. 8^ sous-ordre. Lésions organiques de la rate. 9^ sous-ordre. Lésions organiques des voies urinaires. 10" sous-ordre. Lésions organiques du canal alimentaire.
Cette nosographie est certainement une des plus remarquables qui aient été publiées. Son succès a été immense. Cependant que de défauts n'ofire-t-elle pas, et combien de maladies sont passées sous silence et laissées en dehors, même de la 6^ classe, consacrée aux maladies indéterminées! Elle renferme des groupes bien formés, encore inattaquables aujourd'hui ; mais elle renferme aussi cette malheureuse classe des fièvres fort mal établie, et dont le naufrage a fait sombrer tout le reste. La division des ordres de la 2®, S*" et 4^ classe, d'après la nature des tissus affectés, hémorrhagies et inllaminations du tissu muquenx, séreux, cellulaire, fibreux ou cutané, me paraît fort digne d'attention, car elle montre dansPinel le précurseur de Bichat, dans le médecin le guide du physiologiste, chose rare et d'autant plus remarquable qu'on observe plus ordinairement le contraire. Il est en effet curieux de voir un médecin fonder, par la pratique, une division de nosographie sur la considération de la nature des tissus affectés^ lorsque la physiologie expérimentale n'a pas encore nettement fait connaître ces mêmes tissus par leurs propriétés différentes. A une époque plus rapprochée de nous, et de la part des contemporains, un certain nombre de classifications nosographiques, appuyées sur les principes de fusion des classes qui constituent la méthode mixte ou syncrélïqne, ont été publiées par MM. Cendrin, ]{equin. Grisolle, Hardy et Behier, Bouillaud, Tardieu, etc. Celle de M. Gendrin olfre pour base la considération des appareils fonctionnels, et secondairement la nature, les symptômes et les alteinations des maladies. 11 y a, pour cet auteur, deux divisions fondamentales à introduire dans
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l'étude des maladies : les maladies consistant en une altération des fonctions de la vie organique, et les maladies consistant dans une altération des fonctions de la vie de relation. Ces deux divisions comprennent ensemble 9 classes : l'"^ les hémorrhagies ; 2^ les diacrises, ou altération de sécrétion ; 5^ les phlegmasies ; 4^ les fièvres, ou pyrexies ; 5^, les anomalotrophies, ou vices de nutrition ; G*", les hétérosarcoses, ou production de tissus accidentels; 7^, les cachexies; 8", les névroses; etU^ lesvésauies.
Une autre classification, établie d'après le même principe, est celle que Requin a suivie dans ses Eléments de patlioloijie médicale. Elle repose sur la triple considération des causes, des lésions organiques et des symptômes. Mais le mode de distribution des groupes est ici tout différent de ce qu'il est habituellement dans les classifications médicales. La fusion des classes n'est pas complète, et sous la même couverture, au lieu d'une nosographie divisée par classes, se trouvent trois nosograplîies distinctes, dont voici l'énumération :
1° yiosographie organique ^ comprenant les maladies groupées à cause de l'existence d'un vice matériel, par lequel s'explique toute la phénoménalité morbide ;
î' Nosographie éiiologique, comprenant quelques maladies rapprochées par la nature de leurs causes ;
Z° Nosographie symptomaliqne, comprenant les maladies caractérisées par un symptôme important, et ne pouvant être comprises dans les catégories précédentes ;
4° Affections superficielles, où la chirurgie n'a rien à voir, et qui n'ont affaire qu'à la pathologie médicale proprement dite ;
La nosographie organique est divisée en 15 chapitres : V les vices de proportion du sang ; 2"* les hypérémies ; ô"" les hémorrhagies ; 4"^ les inilammations ; 5" les hypertrophies ; 6" les atrophies ; 7^ les gangrènes; 8" les tubercuUsations; 9''les cancers; lO"" les hydropisies; 11° les llux ; i'I" les pneumatoses; 15" les vices organiques divers (qui sont la cause de véritables maladies dans toute la rigueur de ce dernier mot, et ne rentrent dans aucune des douze catégories précédentes).
La nosographie éiiologique comprend 1 1 chapitres : T les empoisonnements proprement dits; 2** les maladies calculeuses; 5" les maladies cutanées par présence d'êtres parasites; A° les maladies vermineuses ; 'V les anéantissements de la vie par causes négatives ; 6** les maladies par inoculation d'un venin; 7" les maladies d'intoxication paludéenne; X" les maladies virulentes; 9° les mah'uhes puerpérales; 10" les endémies singulières; 11° les épidémies particulièrement mémorables.
La nosographie symptomatique comprend : la fièvre iiillammatoire, l'embarras gastrique, l'hystérie, rhy[)ocondrie, la manie, etc.
Les affections superficielles comi^renneni: les taches de rousseur, lej* verrues, l'alopécie, la canitie, etc.
La môme pensée de fusion entre les principes des méthodes anciennes de nosographie, a inspiré M. Grisolle dans le choix qu'il avait à faire ^ « Pour ne pas tronquer la science et l'aventurer dans les hypothèses les plus aventureuses, » il a pris les principes de la méthode mixte ou syncrétique, et il a divisé les maladies en 10 classes, ce sont : r les fièvres; S"* les vices de proportion du sang ; 'ù" les inflammations ; 4" les hémorrhagies ; 5^ les sécrétions morbides; G° les empoisonnements; T les lésions de nutrition; 8" les transformations organiques et les produits accidentels; 9" les névroses; 10° les maladies propres à certains organes ou à certains tissus.
C'est la méthode mixte qui est aussi la base de la classification nosographique adoptée par M. Tardieu". Les maladies, rapprochées d'après leurs caractères les plus apparents, c'est-à-dire d'après l'ensemble de leurs phénomènes communs, d'après leurs causes, leur marche, le siège qu'elles occupent et les altérations qui les accompagnent, y sont divisées en dix classes séparées en divers ordres plus ou moins nombreux, comprenant les genres et les espèces. Ce sont :
1" Les FIÈVRES, maladies caractérisées essentiellement par un mouvement fébrile qui commence et cesse avec la maladie, et accompagnées, pour la plupart, de lésions anatomiques spéciales qui, lors môme qu'elles sont constantes, n'ont qu'une importance secondaire, eu égard à la marche et aux caractères généraux de la maladie.
2° Les MALADIES TESTiLENTiELLES, maladies en général propres à certains climats, le plus souvent épidémiques, caractérisées par un ensemble de symptômes généraux très-graves, sans lésions anatomiques constantes, et qui, par leur terminaison, ordinairement funeste, sont les fléaux des populations.
5" Les piiLEGMAsiES, maladies ordinairement fébriles, aiguës ou chroniques, que caractérise, connue lésion, l'inflammation d'un organe ou d'un tissu, et dans lesquelles les symptômes dominants ont pour siège l'organe ou le tissu lésé.
4° Les HÊMORRiiAGUis, essentiellement caractérisées par l'écoulement du sang hors des vaisseaux qui le contiennent.
5° Les FLUX, caractérisés par l'accroissement morbide et l'écoulement immodéré des liquides }tioduits par l'une des sécrétions natuielles, sans lésion apparente de l'organe sécréteur, ni altération notable du liquide sécrété.
6° Les iiYDROPisiES, caractérisées par l'exhalation morbide et Paccumulation d'un liquide d'apparence acpieuse, épanché dans une ou plusieurs des cavités séreuses naturelles, ou infiltré dans le tissu cellulaire en l'absence de tout travail inflammatoire.
7" Les NÉVROSES, maladies apyrétiques ordinairement intermittentes, ayant leur siège dans quelque point du système nerveux, et s'étendant facilement, à la fois ou successivement, à plusieurs de ses parties; caractérisées essentiellement par le trouble de l'une
* Traité de jmlJtolodie interne, 7° é«lition.
• Manuel de pathologie et de clinique inédicales, 2" édition, Paris, 1857.
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OU de plusieurs des fonctions de ce système, et pouvant exister sans lésion appréciable des solides ou des liquides.
8" Les MALADIES CONSTITUTIONNELLES, afTcctions presque toujours de longue durée et non essentiellement fébriles, liées à un état particulier souvent originel ou héréditaire de l'organisme, et caractérisées le plus ordinairement par des troubles complexes des principales fonctions de la vie organique et des lésions multiples, soit des solides, soit des liquides de l'économie.
9° Les MALADIES ORGANIQUES, affcctions de siège et de nature très-divers, qui sont essentiellement constituées par une lésion dans la forme, le volume, les dimensions ou la consistance d'un organe isolé et dont les caractères symptomatiques sont subordonnés aux effets locaux de la lésion organique particulière et au trouble des fonctions de la partie lésée.
10" Les MALADIES ACCIDENTELLES, affcctious accidentellement produites par l'influence directe de certains agents extérieurs, dont le mode d'action invariable est, sauf quelques exceptions, complètement indépendant de l'état de l'organisme.
Toutes ces classifications ont le défaut d'être exclusivement médicales, et, à part quelques objections de fond qu'on pourrait leur adresser, et dont les auteurs eux-mêmes ne dissimulent pas l'importance, elles ont le tort, à mes yeux, de ne pas comprendre dans leur ensemble ce qu'on appelle les affections chirurgicales. Pourquoi cette exclusion? Est-ce qu'une bonne philosophie médicale consacre la séparation de la médecine et de la chirurgie introduite par la pratique? Est-ce que la nosologie peut être divisée en deux fragments parle fait de l'intervention d'un coup de scalpel dans la thérapeutique? Assurément non, et je crois qu'il serait avantageux, ne fût-ce que pour rendre hommage aux principes et faire honneur à notre philosophie, de ne jamais faire que des classifications complètes, où les médecins et les chirurgiens puissent trouver la place et la dénomination de toutes les maladies.
Sous ce rapport, la classification de la nosographie médicale de M. Bouillaud mérite d'être indiquée. Entièrement faite d'après les principes de la méthode mixte ou syncrétique, elle comprend toutes les affections dites médicales et chirurgicales, divisées en 12 classes :
1° Les fièvres et inflammations, ou pyrexies;
T Les affections consistant en un défaut d'excitation, d'action vitale ;
3" Ataxies des centres nerveux;
4° Maladies miasmatiques et virulentes ;
5° Ilétérotrophies, bétérociinies et hétérogénies d'origine non inflammatoire ;
6" Epancbements en général et épanchements de sang, ou béiiiorrbagies en particulier;
7° Solutions de continuité et communications anomales:
8' Cliangements de position et de direction, ou déplacements et déviations;
9" Adhésions, connexions et infections anomales ;
iO" Changements d'étendue, de volume et de capacité;
H' Corps étrangers et rétenta;
12° Changements relatifs à la configuration, au noin])re et à Texistence même des organes et de leurs parties constituantes.
La classification qui me sert dans renseignement est construite sur cette base, et les maladies s'y trouvent rangées par ce qui les rapproche le plus dans leurs causes, dans leur nature et dans les altérations qu'elles amènent à leur suite. En voici l'énoncé :
1° Les fièvres.
2° Les fluxions.
5° Les phlegmasies.
A° Les hétérotrophies.
5° Les gangrènes.
6" Les flux.
7° Les pneumatoses.
8° Les nosohémies.
9" Les hydropisies.
10" Les héniorrhagies.
scrofuleuse ou tuberculeuse.
cancéreuse.
épithéliale.
fibro-plastique.
11° Les nosorganies ( cliondroïde.
adipeuse.
vasculaire.
mélanique.
osseuse.
12° Les litbiasies.
1 3° les zooçénies.
14° Les phytorganies.
15° Les névroses.
16° Les toxémies.
17° Les ectopies.
18° Les traumaties.
Dans cette classification, qui représente la pathologie entière, les différentes classes comprennent tous les produits morbides et tous les phénomènes dynamiques nés sous l'influence des différentes impressions morbifiques. Instituées d'après la connaissance des causes, exemple: les toxémies^ les traumaties; de leur nature : les névroses ou les phlefjmasies ; de leur siège : les nosohémies ; de leur produit anatomique : les hétérotrophies , les pneumatoses , les flux, les nosorganies, etc.; elles sont conformément établies d'après les principes de la méthode que j'ai adoptée. C'est, quant à présent, la seule manière raisonnable d'envisager les objets de la science médicale.
En résumé : la multiplicité des faits et des détails entraîne, pour la médecine, la nécessité d une distril)ution régulière, systématique, d'à-