‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 106 sur 212 · MÉTHODE ÉTIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

MÉTHODE ÉTIOLOGIQUE

lème sécréloire; 5^ du système absorbant; 4° des viscères et des membranes; 5" des

sens.

2* ordre. Irritation avec diminution d'action : 1° du système sanguin; 2° du système

sécrétoire ; 5° du système absorbant ; 4° des viscères et des membranes ; 5° des

sens.

5* ordre. Irritation avec mouvements rétrogrades : 1° dans le canal alimentaire; 2° dans

le système absorbant; 5° dans le système sanguin.

Deuxième classe. — Maladies de sensation (5 ordres, 12 genres).

1" ordre. Augmentation de sensation ; 1° avec accroissement d'action musculaire ; 2" avec fièvre et formation de vaisseaux pour les membranes internes ou les glandes; 5° idem par les membranes exteines ou les glandes; 4" idem, mais sans fièvre, par les membranes internes; 5° idem, par les membranes externes ; 6° avec fièvre consécutive à la formation des vaisseaux ou de fluides ; 7° avec augmentation de Faction des sens.

2* ordre. Diminution de sensation : 1° avec diminution d'action de tout le système; 2° avec diminution d'action de quelque organe seulement.

5* ordre. Rétroversion des mouvements sensitifs : 1° du système artériel; 2° du système absorbant ; 3° des canaux excréteurs.

Troisième classe. — Maladies de volition (2 ordres, 4 genres).

1'' ordre. Volition augmentée : 1° avec accroissement d'action musculaire; 2" avec accroissement de l'action des sens.

2*" ordre. Volition diminuée : 1° avec diminution de l'action musculaire; 2° avec diminution de l'action des sens.

Quatrième classe. — Maladies d'association (5 ordres, 12 genres).

V' ordre. Augmentation des mouvements d'association qui existe: 1° avec les mouvements d'irritation; 2° avec les mouvements sensitifs; 5° avec les mouvements volontaires; 4" avec les influences externes.

2* ordre. Diminution des mouvements d'association qui existe : 1° avec les mouvements d'irritation; 2° avec les mouvements sensitifs; 5° avec les mouvements volontaires; A° avec les influences externes.

5" ordre. Perversion ou rétroversion des mouvements d'association qui existe : 1° avec les mouvements d'irritation ; 2" avec les mouvements sensitifs ; 3" avec les mouvements volontaires ; 4° avec les influences externes.

Ces exemples suffisent pour faire comprendre comment on a employé la méthode étiologique dans la nosologie. Son principe est juste, et elle n'en restera pas moins d'une application très-diflicile et presque impossible. En effet, nous ignorons et nous ignorerons encore longtemps la plupart des causes des maladies ; leur action est souvent très-problématique, et il n'y en a qu'un petit nombre dont l'influence soit réellement acceptée de tous les médecins. — Comment dés lors utiliser de tels éléments pour en faire la base unique et absolue d'une classilication? En supposant la tentative facile pour qucbpies groupes

442 DE LA classificatio:n des maladies.

morbides, tels que les maladies virulentes^ les empoisojinements, les maladies vermineuses, etc., elle sera complètement impossible pour les autres classes de maladies, à moins que, laissant là l'observation des faits pour recourir à l'hypothèse, on ne veuille parcourir le domaine de la fantaisie scientifique, et créer de toutes pièces des classes morbides, d'après l'influence conjecturale de causes imaginaires.

A cette occasion, je citerai les efforts théoriques et malheureux de Baumes, dont la classification étiologique des maladies est restée comme un triste exemple des dangers de l'hypothèse.

Baumes^ divise les maladies d'après leurs causes, et subsidiairement d'après leurs symptômes. Dans cette classification, l'auteur rapporte à l'action en excès ou en défaut, de cinq substances primitives ou agissant comme telles, et qui sont le calorique, Voxytjène, V hydrogène, Y azote et le phosphore ou les substances phosphatées, toutes les maladies spontanées qui frappent la machine humaine. Ce sont : V les calorinèses et les sous-divisions en surcalorinèses et en descalorinèses; ^'^ les oxygenèses, sous- divisées en suroxy genèses et en désoxy genèses; Tf" les hydrogénèses; 4° les azoténèses ; S*' les phosphore'nèses, sous-divisées en surphosphorénèses et desphosphorénèses, selon que la substance phosphatée manque ou prédomine dans les corps vivants.

Mais comme toutes les maladies ne pouvaient pas rentrer dans cette classification, Baumes, voulant être complet, imagina de faire un appendice ou classe supplémentaire pour placer les différents états morbides « qui n'avaient pu entrer dans les cinq classes fondamentales de sa nosologie. » On le voit, il est impossible de mieux s'arranger avec les difficultés inliérentes aux classifications médicales. Au reste, il serait peu généreux de critiquer vivement un système mort-né dont on ne parle plus aujourd'hui qu'en souriant; et la chimie, sur laquelle il s'appuie, n'oserait certainement pas de nos jours, malgré ses progrès, autoriser une tentative semblable à celle de Baumes.

Méthode symptomatique. — La méthode symptomatique, essayée au seizième siècle par Félix Plaler, professeur à Bàle, plus tard dignement inaugurée par Sauvages et Linné, s'appuie sur ce fait que, les maladies se traduisant au dehors par un certain nombre de symptômes, on doit pouvoir remonter de ces symptômes au nom des maladies. C'est là une idée clinique très-exacte; mais, si juste que soit le principe, dans l'application il a conduit Sauvages à une nosographie impossible.

Lu effet, il n'est pas suffisant de considérer un symptôme impor-

' Fondements de la science méthodique des maladies. Montpellier, 1801, i vol. in-8.

MÉTHODK SVMPTOIATIQUE, 443

tant, et de l'isoler en le dégageant de toute autre considération de cause et de nature, pour caractériser nettement une classe de maladies. La plupart des symptômes que Sauvages a pris pour base de ses divisions sont communes à des affections de nature très-différente, ce qui entraîne des rapprochements malheureux que repousse une bonne observation. Cette nosologie est composée de dix classes renfermant quarante-quatre ordres, trois cent quinze genres et plus de deux mille espèces. Les dix classes sont : V les vices ou affections superficielles; 2*^ les fleures; o'^ les phlegmasies; 4^ les spasmes; 5^ les essoufflements; 6Mes débilités; T les douleurs; 8Mes folies; 9"" les flux; 10° les cachexies. On trouve dans la classe des vices le leucoma près de l'ecchymose et de l'acné; l'érysipèle auprès du squirrhe, de la parotide, du cancer et du charbon; les anévrismes à côté des loupes et du staphylôme de la cornée; la chute de la luette à côté des luxations, etc. Je n'é- ■ tendrai pas plus loin cette critique, qui, sauf les classes des lièvres, des phlegmasies et des spasmes, très-bien établies, pourrait s'appliquer à chacune des classes créées par Sauvages en raison de l'existence d'un seul symptôme comme caractère nosologique.

Yingt-cinq ans plus tard, Linné donnait à Upsal une classification nosologique à peu près semblable à celle de Sauvages : elle se compose de onze classes comprenant trente-sept ordres et trois cent vingtcinq genres. Les classes établies par Linné sont : 1° les maladies exanthématiques; 2° les maladies critiques; ù'' les maladies phlogistiques; 4" les maladies douloureuses; 5° les maladies mentales; 6° les maladies quiétales; T les maladies motoires; 8° les maladies suppressoires; 9* les maladies évacuatoires; W les difformes, et 11"" les vices.

La classification nosologique de Vogel, professeur de Gœttingue, promulguée en 1764, a la môme base que la précédente. Elle est composée de onze classes renfermant cinq cent soixante genres. Ces classes sont : 1** les fièvres; T les flux; 3° les épichèses; ^ les douleurs; 5^ les spasmes; 6° les adynamies; T les hypereslhésies; 8*" les cachexies; D'îles paronoies ou aberrations de l'esprit; 10° lesi'ic^^, et 1 Tles difformités.

Sagar, médecin à ïglavv, en Moravie, dont le nom est assez peu connu aujourd'hui, a voulu rectifier le travail de Sauvages, et, sans changer de méthode, il a réuni dans une classification nouvelle toutes les maladies de l'homme sous treize classes, qui ne sont autres que <:elles déjà indiquées par Sauvages, plus les deux suivantes : les plaies et les suppressions. Ces treize classes sont : V les vices; 2° les cachexies; 3" les douleurs; 4" les flux; 5" les spasmes: 6** les essoufflements; '" les débilités; 8" les exanthèmes; 9" les phlegmasies; \(f les fièvres; 1 r les folies; 12** les plaies^ et 13** les suppressioiis.

Cullen, en 1775, dans son Synopsis nosologix methocUcx, fut plus heureux que Vogel dans les modifications qu'il fit subir à la classification de Sauvages. Sans dénaturer son principe pliilosopliique, il opéra une réduction considérable dans le nombre des classes, et les réduisit à quatre seulement : 1" les pyrexies; 2" les névroses; 3'^ les cachexies, et 4'' les maladies locales.

Ces quatre classes contiennent dix-neuf ordres el cent trente-trois

genres.

Vitet, en 1770, dans son Tableau des classes, des genres et des espèces de maladies^ s'est appuyé sur le même principe que les précédents auteurs pour ('tablir sa classification nosographique. Les maladies s'y trouvent divisées en neuf classes : 1** les fièvres; 2*^ les inflammations; S"* les douleurs ; 4° les convulsions ; 5^* les maladies de l'esprit ; 6° les débilités; T les évacuations; 8° les maladies par déplacement des parties organiques; 9° les maladies par rétention des matières fluides ou solides.

On peut adresser à tous ces essais de classification nosologique, reposant sur le principe de la considération d'un seul ordre de caractères choisi parmi les symptômes importants, le même reproche que j'ai adressé à la nosographie de Sauvages. C'est une manière systématique, artificielle et tout à fait erronée de grouper les maladies, car elle rapproche ou éloigne des affections de nature différente, selon le hasard de la présence ou de l'absence d'un symptôme. Ainsi, d'après cette méthode, un vice organique évident non douloureux sera classé parmi les affections superficielles ou organiques; que ce vice soit caché, mais le siège des douleurs lancinantes très-vives, et il faudra le ranger dans la classe des douleurs : c'est là ce qui arrive dans certains cas de cancers. Il en est de môme d'une foule d'autres états morbides^ La méthode symptomatique, destinée à l'édification d'un système exclusif de nosographie, n'est pas d'une apphcation aussi heureuse qu'elle semble devoir l'être au premier abord; elle sert à caractériser certains groupes, mais elle ne saurait, sans efforts et sans rapprochements forcés, les comprendre tous dans ses divisions.

Méthode anatomique. — La méthode anatomo- topographique, qui préside au classement des maladies en prenant pour bases les organeî> affectés, région par région, ne mérite pas le nom de méthode. C'est un ordre de classement qui ne saurait prétendre à la considération du système que la raison et l'expérience ont mûri. Autant vaudrait })rcsque l'ordre alphabéti(|ue. Qu'est-ce, en ei'fet, que cette réunion desina-

^ Maliêix' mcdicdlc réfornice. Lyon, 1770, iii-8.

j MÉTHODE ANATOMIQUE. 445

i adies de la tête, du cou, delà poitrine, du ventre, des membres, etc., hù les affections les plus dissemblables par leurs causes, leur nature, I eurs symptômes, se trouvent rapprochées, et où des maladies de même i lature sont dispersées par le hasard de la situation aux deux extrénités du corps? Ainsi procéda Fernel, qui divisait les maladies en : iffe étions générales [morhi inœrtx sedis) et affections spéciales siéleant : 1"* dans une partie située au-dessus du diaphragme; 2" dans me partie située au-dessous de cette cloison; o" dans les parties exernes et formant les maladies chirurgicales. C'est aussi l'ordre que jeutaud a suivi dans son traité de médecine, et que propose Sauva- I res dans sa classification anatomique, ainsi constituée : V maladies \ îutanées universelles; 2*^ maladies cutanées partielles; o° maladies des : nembres ; 4" maladies des sexes ; 5° maladies des sens ; 6*" maladies ie la tête; 7^ maladies de poitrine; 8"^ maladies de l'abdomen; 9** maladies des âges. Cette méthode est enfin la base de la classification de W. J.Tourdes.

Au reste, les médecins qui ont adopté ce mode de nosographie : n'ont pu l'appliquer rigoureusement à toute l'étendue de la médecine, I il presque tous ils se sont vus forcés de modifier souvent l'ordre de leurs descriptions, en faisant intervenir, par exemple, la considération de la nature anatomique des tissus affectés, ou même en quelques cas la nature présumée des maladies. C'est là ce qu'a fait Joseph Franck, qui, après avoir décrit les fièvres, s'occupe des autres affections morbides en les suivant de la tête aux pieds. C'est ce que Boyer j a fait également dans son excellent Traité des maladies chirurgicales, : où, après avoir débuté par les inflammations, la brûlure, les tumeurs, les maladies des os, etc., il arrive à décrire les affections chirurgica- \ les proprement dites, en commençant par celles de la tête pour arri- , \erà celles du ventre, après avoir suivi tout simplement l'ordre topoi graphique.

I C'est l'ordre que j'ai adopté moi-même dans mon Traité des maladies des enfants nouveau-nés, par cette raison que, ne visant pas aux honneurs de la nosographie générale, et voulant faire un ouvrage de pratique, j'ai suivi le mode de classement qui me paraissait le plus commode, sinon le plus rationnel, pour exposer le résultat de mes observations. Mais, à l'exemple des auteurs que je viens de citer, je . me suis bientôt vu dans l'impossibilité d'achever la classification des maladies de fenfance d'après l'ordre topographique simple ; il m'a fallu l'abandonner un instant pour traiter du rachitisme, des fièvres, <Ie la syphilis, etc., affections générales que ne saurait comprendre I une division anatomique.

La considération tirée du siège des organes et de la région affectée par les maladies ne peut donc servir de base à leur classification méthodique. Ce n'est là qu'une circonstance presque insignifiante dans le fait des maladies, dont il est peut-être bon de savoir tenir compte, car elle peut quelquefois modifier les symptômes, mais on ne saurait en faire un principe de division nosographique.

Méthode anatomo-physiologiqiie. — La méthode anatomo-physiologique, qui sert de base à la classification des maladies, mérite bien plus le nom de système que celui de méthode. Elle a pour principe de rapprocher les maladies qui se développent dans cerains appareils fonctionnels et dans les tissus de même nature. Or, comme les maladies d'un appareil physiologique entraînent nécessairement des troubles fonctionnels analogues, quelquefois semblables ou même communs, il en résulte qu'on a l'avantage de rassembler naturellement des maladies ayant le môme siège dans un appareil organique, souvent la même cause, et peut-être aussi les mômes symptômes. Dans les affections de l'appareil respiratoire, que de caractères pour former une classe complète et bien définie, depuis la gêne de la respiration, la toux, l'expectoration, les modifications du bruit respiratoire, jusqu'aux mômes influences pathogéniques à l'origine desquelles on peut souvent remonter! Dans l'appareil digestif, certains phénomènes toujours les mêmes, au nombre et à l'intensité près, trahissent le trouble de la nutrition et les altérations du tube intestinal. Dans l'appareil hépatique urinaire, n'en est-il pas de même? J'en dirai tout autant de l'appareil cérébro-spinal, où les affections les plus diverses par leur nature amènent cependant des troubles fonctionnels à peu près semblables, aussi nombreux que variés, et très-suffisants pour caractériser une classe nosographique. Les appareils des sens, troublés par les affections les plus différentes, réagissent d'abord en cessant de fonctionner ou en n'agissant plus que d'une façon incomplète et irrégulière, ce qui donne encore ici un certain nombre de caractères communs à (hfférentes maladies, uniquement à cause du siège aiiatomique, qui entraîne nécessairement avec lui la modification de fonction.

C'est la méthode que suivait jadis JVJ. le professeur Andral, et qu'à son exemple je mets depuis plusieurs années en pratique dans mes cours de médecine, (."est celle que propose M. Dubois, d'Amiens*. Elle est très-utile pour l'enseignement oral, parce qu'elle permet, à j)ro[)OS de certains phénomènes organiques ou dynamicpuîs, tels que les inflammations, les hémorrhagies, les lésions de nutrition, d'inner-

' Traite' (Ir palhologie générale.

, MÉTHODE ORGANO-PATHIQL'E. 447

vation, de revenir souvent sur les mêmes objets en traitant des maladies de chaque appareil. Elle fournit ainsi l'occasion de parler à plusieurs reprises, et à des distances assez grandes, dans la durée d'un cours, des liémorrhagies et des inflammations, par exemple, tantôt avec les maladies du poumon, tantôt avec celles de l'estomac, du cerveau, du rectum, etc. Sous ce rapport, elle est donc très-utile, car

' c'est un service à rendre à de jeunes auditeurs que de ramener souvent leur attention sur le même sujet et sur les mêmes idées. Elle est

j moins bonne à suivre dans un ouvrage dogmatique de médecine, où

! il vaut mieux condenser les faits et les rapprocher d'après leur nature et leur analogie.

Quoique cette division des maladies d'après leur siège dans chaque appareil ne soit pas très-philosophique, le caractère essentiel se trouvant pris en dehors de la chose à classer, elle présente néanmoins quelque avantage, et elle conduit à des résultats satisfaisants pour la pratique. 31alheureusement, de même que toutes les autres méthodes

f nosographiques et systématiques, elle ne comprend pas dans ses divers groupes tous les états morbides observés chez l'homme, et elle laisse en dehors des classes fort imposantes, telles que les fièvres, les asphyxies, les empoisonnements, etc., qu'on ne peut localiser dans aucun appareil. 11 en résulte qu'après avoir établi avec plus ou moins de peine la plus grande partie de l'édifice nosologique d'après un principe* exclusif et absolu, il faut le terminer sur un plan différent et d'après des principes qui appartiennent à une autre école et à d'autres méthodes. La nosographie anatomo-physiologique est donc, quant à présent, une chose absolument impossible.

MétJiode organo-pathiqiie. — Dans l'impossibihté où l'on se trouve de faire delà maladie, telle qu'elle est constituée par les nosographes, une individualité simple, comparable de tous points à d'autres individualités de même nature, pour en faire une espèce bien définie, analogue à une plante, la tige de blé, par exemple, que l'on compare à sa voisine, un auteur éminent, M. Piorry, a ramené le problème nosograpliique à son élément le plus simple. Déclarant impossible la nosographie systématique, il rejette tous les systèmes antérieurs, conserve pour la pathologie générale, comme chose utile à consulter, quelques groupes de symptômes bien définis, tels que les flux, les névroses, les liémorrhagies, les hydropisies, etc., etn'admetplusenfincommebase de nosographie que les états pathologiques matériels simples ou composés des organes, c'est-à-dire les états organo-patlii(piesetles synorgano pathies. .l'ai dit que c'était ramener le problème nosographique à son élément le plus simple; en effet, ce système fait table rase des phéno-

mènes ordinairement pris en considération pour les édifices de nosologie et les réduit à un seul, qui est l'état organo-pathique. Cette méthode a cela de remarquable, qu'elle remplace par une base solide le terrain mouvant des classifications médicales antérieures et actuelles. Cependant, par cela même qu'elle rejette certains éléments de la maladie pour ne tenir compte que d'un seul, elle rentre dans la classe des méthodes artificielles et ne constitue plus qu'un système trèshabilement défendu et plus ardemment attaqué; car tel est le sort de tous les systèmes : ils sont incessamment ballottés par le flot des passions envieuses ou ennemies.

Pour M. Piorry, point de nosographie ou de classification des maladies ; il ne peut y avoir que des descriptions ou classifications de souffrances dont les organes forment les bases.

Peu lui importe qu'on les étudie en commençant par un appareil fonctionnel ou par un autre. Il faut seulement débuter par les souffrances de l'appareil le plus important, et, dans son esprit, ce sont les troubles de la circulation et du sang qui occupent la première place. La circulation est indispensable à la vie; elle existe dans presque toutes les parties des mammifères; elle est troublée dans presque toutes les maladies; enfin les organes, d'abord liquides avant d'être solides, se nourrissent par des matériaux liquides ou tenus en suspension dans les liquides. En conséquence, M. Piorry débute par l'étude des altérations du sang. Vient ensuite l'étude des états organo-pathiques du cœur, des artères, des veines, des lymphatiques et des capillaires; celle des affections des organes respiratoires et digestifs ; celle des glandes annexées au tube alimentaire ; celle des organes génito-urinaires; celles du péritoine; celles enfin qui ont trait aux affections des organes des sens, du cerveau, de la moelle et des nerfs, des os, des articulations et des mucles.

Dans ce système, d'après M. Piorry, les maladies générales ne sont autre chose, si tant est qu'elles existent, qu'une collection nombreuse d'états organo-palhologiques qui se développent sous l'influence d'une cause unique. Elles ne peuvent guère consister primitivement que dans deux sortes d'altérations ou de troubles, c'est-à-dire dans des changements morbides survenus dans le sang, ou dans des modifications pathologiques dont le système nerveux aura été généralement le siège.

J'ai cité complètement les détails de cette méthode nosographique, qui remplace entièrement les classifications modernes, et que je range sous le nom de méthode oKjanïque^ en raison du principe qui lui sert de base. M. Piorry lui donne avec raison le nom de méthode des or- (jcmo-pathographies.

MÉTHODE MIXTE ET SV.NCr.ÉTIQlE. 44^

Il est difficile de trouver une base plus solide pour étayer une doctrine médicale, et il serait à désirer que, dans l'application, elle fût aussi sûre qu'en théorie. La méthode organique de nosographie appartient , dit son auteur, à la sphère des saines doctrines ; car elle comprend dans ses développements l'immense quantité des maladies dont les lésions ont été éclairées par les progrès récents de l'anatomie patliologique ; et elle s'applique merveilleusemeftt à tout ce qui est du diagnostic local. Malheureusement ce n'est pas là toute la médecine. En dehors des changements de forme, de volume, de situation des organes, des lésions organiques et des productions accidentelles de nos tissus, il va des états morbides incontestables et non contestés, dans lesquels les recherches les plus minutieuses et les plus précises n'ont pas fait découvrir de lésion anatomique constante et caractéristique, sur lesquels le tranchant du scalpel et l'œil de l'anatomiste n'ont encore rien découvert, et qui échappent par conséquent aux chaînes de la pathographie organique. Telles sont les névroses. Sans doute il n'en sera pas toujours ainsi, et, dociles à la voix du maître, elles viendront peut-être quelque jour se ranger sous les principes de l'organopathie, si quelque savant micrologue vient leur imposer la loi générale et féconde qui explique chaque trouble dynamique par une altération matérielle des organes ou des tissus.

Tous les états morbides observés chez l'homme ne peuvent donc aujourd'hui, dans l'état imparfait de notre science , se rapporter à une lésion organique appréciable. J'en viens de citer un grand nombre, et j'en pourrais indiquer bien d'autres. Cependant ce sont là des exceptions qui deviennent chaque jour moins nombreuses, et qui finiront, je n'en doute pas, par disparaître entièrement. Jusque-là toute généralisation absolue de la nosographie organique sera impossible et me semblera dépasser les bornes de l'observation exacte pour s'élancer dans le terrain des hypothèses. Le jour où, de l'aveu de tous les observateurs, chaque phénomène morbide aura son explication assise sur la présence d'une lésion matéiielle appréciable, ce jour-là, « beau rêve d'une réalisation impossible, » ditHequin, la nosographie organique sera pour jamais fondée, et je m'en déclarerai moi-même le plus ardent défenseur. Si tard qu'on vienne au foyer de la vérité, l'on y trouve toujours sa place, quand on s'y présente avec les intentions d'un esprit droit et sincère.

Méthode mixte ou syncrétique. — Les systèmes exclusifs de nosographie sont tous incomplets et ne peuvent mener qu'à l'crreui'. 11 est impossible, quant à présent, de faire une nosologie exclusivement

IJ. — PVTUOL. CÉM. 29

étiologique, ou entièrement symptomatique, ou entièrement organique. La nosographie doit, au contraire, revêtir ce triple aspect; elle doit s'appuyer sur une méthode mixte ou syncrélique^ qui permette de prendre pour base les principaux phénomènes de la maladie, choisis d'une manière convenable et destinés à établir les grandes coupes de la classification. C'est vraiment la fusion des systèmes, ou, pour mieux dire, c'est la méthode naturelle appliquée à la classification des maladies, si toutefois il peut y avoir une méthode de ce nom pour classer des choses aussi peu naturelles que les maladies , c'est-à-dire des monstruosités ou des anomalies de la nature.

La méthode syncré tique, qui ordonne, choisit, sépare et rassemble toutes les maladies en divers groupes établis chacun d'après leur caractère essentiel, devait être le refuge de tous les nosologistes mécontents des classifications produites par les méthodes artificielles; seulement, comme il ne saurait y avoir rien de fixe en ce genre, chaque nosographe restant libre de choisir et de multiplier les éléments morbides qu'il veut employer pour en faire la base d'une classification, et comme ces éléments sont de nature très-différente, il en résulte nécessairement une sorte d'arbitraire dans l'application du principe nosographique. Tel veut utiliser la considération des causes, de la nature, de la lésion, des symptômes, du siège, de la marche des maladies; tel autre la considération de l'âge et du sexe des individus; tel autre quelquesuns de CCS phénomènes seulement; nulle règle précise ne peut être formulée d'avance d'une manière absolue : la méthode mixte a cela d'avantageux qu'elle permet au nosographe de prendre là où il les découvre les éléments d'une bonne classification. Il paraît que ces éléments sont très-difficiles à rencontrer, car, jusqu'à ce jour, aucun nosographe n'a encore pu les découvrir.

Parmi les essais de classification tentés d'après cette méthode inixte^ il en est quelques-uns que je vais citer, autant pour montrer les difficultés de l'entreprise que pour rendre justice à plusieurs travaux dignes de l'attention des médecins.

3lacbride, en 1772 ^ a pris le point de départ de sa classification dans l'âge des sujets ou l'étendue du corps affecté par le mal, et il a divisé ces maladies en 4 classes : les maladies universelles, les maladies locales, \cs maladies sexuelles et les maladies infantiles. Cet auteur n'a donnédedéveloppement qu'à sa première classe, sous-divisée, d'après les symptômes principaux, en 9 ordres : les fièvres, les infl amma lions ^

^ Introduction à la théorie cl à la pratique de la médecine, trad. par Petit Rade Taris. H. 1787, i2 vul. iii-S".

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