‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 109 sur 212 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Lorsque, sous l'influence des différentes impressions morbifiques, un trouble dynamique ou matériel se produit, il en résulte des maladies aussi variées dans leur siège que par leurs symptômes, mais qu'on peut réunir, d'après leur nature probable ou leur caractère principal, en un certain nombre de classes distinctes les unes des autres. Chacune de ces classes renferme un très-grand nombre de groupes secondaires formant des ordres, des genres ou des espèces. C'est une division des maladies en familles naturelles, dont les parties variables et diverses, par suite des circonstances spéciales, peuvent être réunies par un lien commun, très-général, supérieur aux phénomènes de détail, qui en établit la consanguinité. Ainsi, à part le siège et la forme anatomique du mal sur la peau et dans l'intestin, dans le typhus, la variole, la scarlatine, la fièvre typhoïde, la rougeole, la peste, etc., etc., qui sont des maladies en apparence bien distinctes, il y a un fait supérieur qui les rapproche, c'est la fièvre continue et la putridité du sang, la diffluence de la fibrine et sa tendance à la diminution quantitative : on en a fait avec raison une famille morbide naturelle désignée sous le nom de fièvres ou de pyrexies. D'autres maladies, caractérisées par des symptômes très-différents, selon l'organe affecté, offrent cependant, comme fait supérieur, général, une grande chaleur, une infiltration locale de llbrine dans les tissus malades et une augmentation de llbrine dans le sang : ce sont les inflammations ou plile(jmasies. Ailleurs, le fait principal est une mortilication des tissus, ou (jamjrène, une hémorrhagie extérieure ou profonde qui, selon son abondance et la structure des tissus affectés, présente des phénomènes différents : ce sont les hémorrhagies. Chez d'autres, sous l'influence des causes les plus opposées, la sérosité du sang s'échappe des capillaires et infiltre le tissu cellulaire, ou se rassemble dans les cavités séreuses de manière à former des hydropisies ; ou bien le sang tout entier s'altère dans sa composition par le changement des pro-

portions et de la nature de ses éléments : ce sont les nosoliémies. La sécrétion anomale des gaz, quels qu'en soient la cause et le siège, constitue des maladies formant une famille particulière, celle àespneumatoses. Souvent des sécrétions séreuses excessives se font à la surface de la peau et du tissu muqueux, et la sérosité s'écoule en assez grande abondance : ce sont les jhix. Des altérations chroniques, plus ou moins profondes et permanentes, se font dans les tissus, entravent l'exercice des fonctions et produisent des accidents de forme différente et variée, suivant l'importance des parties malades : c'est ce que l'on appelle des maladies organiques ou des nosorganies. Les unes sont caractérisées par un simple trouble de la nutrition laissant la texture organique élémentaire intacte, semblable à ce qu'elle est dans l'état normal; exemples : l'atrophie, l'hypertrophie, l'épithélioma, etc. : ce sont les hétérotrophies on nosorganies homœomorphes. Les autres, au contraire, déterminent la formation de productions accidentelles ou éléments organiques de forme nouvelle, s' a joutant aux éléments normaux des tissus, de manière à les transformer en un tissu presque nouveau; ce sont les nosorganies hétéromorphes, comprenant les tubercules, le cancer, la mélanose, etc. On connaît aussi des litkiasies ou formation de pierres, de calculs et d'ostéophytes ; des zoogénies dans lesquelles il y a production d'entozoaires ou d'épizoaires; des phytorganies^ caractérisées parla génération d'épiphytes; des toxémies ou empoisonnements, des ectopies ou difformités, et des traumaties ou maladies traumatiques. H y a enfm des maladies de forme et de cause très-différentes, caractérisées essentiellement par des troubles dynamiques du système nerveux, sans altération matérielle appréciable, troubles de sensibilité, d'intelligence et de mouvement, qui constituent la famille des névroses.

La division des maladies en familles ou classes distinctes a pour la nosographie l'immense avantage de permettre au médecin d'indiquer d'une manière générale les principaux caractères de chaque espèce morbide, indépendamment des phénomènes secondaires produits par le siège anatomique du mal, par l'influence des âges, du climat, des idiosyncrasies, etc. C'est la seule manière de commencer les études médicales d'une manière fructueuse, et la pathologie générale serait incomplète si elle ne renfermait pas l'exposé général des connaissances les plus importantes sur ces différentes classes de maladies.

Celles dont je vais m'occuper d'une manière générale sont : 1" la fièvre Mas fièvres ; 'i" \ch inflammations; Ty" les gangrènes; A^leshémorrhagies; .Vies hydropisies ; Ô" les flux; T \es pneumatoses ; 8" les nosorganies homœomorphes et hétéromorphes ; 9' les zoogénies; W les lithia-

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lies; iV les yhylorcjanïes ; \T les névroses; auxquelles il faudrait joindre les vices de conformation et les difformités, les maladies traumatiques, telles que plaies, fractures, luxations, etc., ce que je me propose de faire un peu plus tard.

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