‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 12 sur 212 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

de:§» €au§>i:is ue maladie.

Toutes les impressions qui aident et contribuent de près ou de loin, directement ou indirectement, au troul)le des forces et des parties constituantes du corps, doivent être considérées comme des causes morbifiques, dont l'étude constitue ce qu'on appelle l'étiologie. Impression et réaction, voilà la clef de la pathogénie tout entière. En effet, les maladies ne sont que des impressions transformées, c'est l'action réflexe de la sensibilité organique qui les engendre. On supprime tout en écartant cet intermédiaire, qui est en même temps celui de la vie.

Nulle partie de la médecine n'offre autant d'incertitude et ne fournit autant de résultats illusoires que l'étiologie, lors même que, dans la prétention de réformer le passé, on fait table rase de l'étiologie traditionnelle, pour commencer avec une sévérité digne d'un meilleur succès les observations qui doivent éclairer l'avenir. 11 n'en est malheureusement pas de même en médecine que dans les sciences physiques,où l'on observe un rapport constant entre les causes elles effets. Dans la science médicale, ce rapport n'existe point, et on ne peut toujours conclure rigouieusement de l'existence d'une cause à un effet déterminé, parce que le corps humain, étant partie active dans la production du phénomène, peut résister àlinlluencede l'impression morbilique de manière à empêcher les modifications qu'elle a coutume d'amener. Entre l'impression d'un agent physique aussi l'acile à constater que le froid, le chaud, ou Ihumide, et la maladie qui peut en être la conséquence, il y a un intermédiaire ; c'est l'homme vivant avec son impressibilité, sa force de résistance et de réaction particu-

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lière, interiiiêtliaire loiit-puissant qui ajoute un Iroisiènie tenue au rapport philosophique des causes et des effets, leniodiiie et reud douteux et contestable par sa variabilité un phénomène dont l'existence est cependant ninnifeste. En médecine, les mêmes causes n'engendrent pas constamment les effets semblables, à cause de cet intermédiaire vivant dont roj)porlunité de réaction n'est pas toujours la même. Or rien n'est plus difficile à pénétrer que cette opportunité, ou cette prédisposition de Ihomme à subir les intluonces morbides, et il en résulte une impossibilité presque absolue d'établir mathématiquement l'existence d'une cause morbiiique même la plus incontestable. On trouvera qu'il y a toujours contre elle, quand on le voudra, des exceptions en assez grand nombre pour permettre à la contradiction de nier ou d'amoindrir son inlluence.

L'expérience qui n'est pas éclairée par la raison ne peut conduire à aucun lésidtat. Faute d'avoir tenu un compte sui'dsant de la nature du support dans leijuel se débattent les inlluences contraires de la uiahidie et de la <anlé. les actions morbiliques et leurs résultats variables suivant l'âge, le sexe et la généalogie des individus, les médecins sont airivés, an sujet des causes m(ubili(pies. à un scepticisme qu'il sera difficile de déti-nire. Presque partout l'étude des causes est considérée connue nue chose banale, dont le vague et l'incertitude justifient 1 état d'indifVérence où elle est tombée, et c'est au j)oint que. (I:ins les nosographies modei'ues. elle estreléguée à Im lin de l'histoire des maladies, alors qu'en bomu» méthode elle devrait figurer au début.

Ln (;iil |ii iii(ij>e domine l'étiologie médicale, c est la variabilité du rnppoil d(;s causes et de rim])ressibilité de l'homme. On voit, en elVcl. des causes identicjues. au milieu des circonstances (^xtéiieurenieiit les mêmes, doinier lieu à des maladies totalemeni (lilïériMdc.s, on tantôt pindiiiie des états morbides li'ês-graves. et ailleurs ne pas même Iroiibler l:i smilé. Olle vaiiabilité du rapport enire les causes el I iiiipressibililé liiiinaiiie nt! 1 inlirnie pas, ((ninne tendent à le cn>iie les sceplicpies de profession; il prouve que l(»s causes n'agissent pas nécessaiicinent et inéviiMbleineiil siii- riioinine, (pTelles n'onl d'el'lél (pie pin leiii- iielion sur la lacnlle inqn'essible. el cpie si elles l'inllnenceiit. c'est pai* I inleiinédiaire d'nne iinpicssioii. l iie cansj' de iiialadii' se dévelojipe el enlonre de son alMiosphêre invisible un eertain nondn'e d'indi\idns : 1rs nii^ \i\eiit an niilien d'elle sans en êlre iidlneneés, les autres en reeoiveiil I iiiqtressicni. el \oilà (pi'ils tondieiit malades. Dira-t-on *pie le IVoiil. la elialeiir. on l'infection par encondireinenl ne ^onl pis d(^s «'anses moibifi«pi(»s certaines,

DES CAUSES DE MALADIE . i 1

parce que cette infection, cette chaleur ou ce froid, n'ont pas agi de même en occasionnant une même maladie chez tous les êtres soumis au même moment à leur influence? Non, sans doute: mais on dit qu'il y avait prédisposition des uns sur les autres à subir l'influence morbifique. Qu'est-ce donc que la prédisposition, sinon cette faculté exceptionnelle et transitoire d'être impressionné par une cause de maladie, ou, si l'on veut, d'en subir l'impression? L'impression morbide est donc le point de départ absolu de toute maladie. Sans elle, l'homme échappe à toutes les causes de destruction reconnues par les nosographes. L'impression morbide est le premier terme abstrait vers lequel on puisse remonter par la pensée quand on part d'un eïïei morbide pour en découvrir la cause. Elle existe à l'origine de tous les troubles organiques, de sorte qu'en prenant le mal à son début, on saisit une impression morbilique suivie de sa réaction fonctionnelle et organique, locale ou générale, constituant la maladie, de sorte qu'en définitive celle-ci peut être considérée assez justement comme une impression transformée. C'est là le second fait principe de l'étiologie médicale et dont je tirerai de nombreuses applications. En effet, si l'on accepte cette vue de l'esprit justifiée par l'expérience que les maladies sont des impressions transformées, on voit aussitôt la médecine changer de face par la réhabilitation du rôle accordé au principe sensitif des corps vivants, et l'anatomie pathologique galvanisée marcher en quelque sorte d'elle-même à la suite des causes de la maladie, sans être sa cause à elle-même, comme on l'a dit, et sans produire autre chose que des effets secondaires, ternaires et quaternaires déterminés par la nature de la lésion. C'est ce qui arrive lorsqu'une impression a causé une altération matérielle susceptible d'engendrer une seconde altération, celle-ci une troisième, une quatrième, etc., en vertu de ce principe qu'une cause produit des effets multiples qui se surajoutent les uns aux autres en s aggravant. Les causes ne sont donc que des impressions morbifîques. Impression et réaction, voilà d'une manière aussi générale que possible la formule de l'étiologie, de la pathologie et de la thérapeutique. — En effet, si les maladies sont des impressions morbides transformées, les thérapies sont le résultat de la transformation des impressions contraires, provoquées par le médecin à l'aide des agents de la thérapeutique.

Les causes de maladies, ou impressions morbifiques, sont aussi nombreuses que variées. 11 y en a infiniment plus que d'essences morbides; car, si nombreuses que soient ces dernières, comme chacune d'elles peut être la conséquence de l'action complexe d'une foule d'autres circonstances différentes qui sont du domaine de l'étiologie, le

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