DES ?;0S0I5GAMES
Le cancer est uiio maladie essentiellement chronique, dont la durée varie selon le degré de résistance des maladies et selon le siège de l'organe attaqué. Au début, la maladie semble locale et limitée, quoique déjà il existe dans l'économie un état diatliésiquc latent fort grave. Mais bientôt elle s'étend sur place, s'accroît et se vascularise; elle produit des accidents de douleur, de compression, ou engendre des troubles fonctionnels intérieurs; elle amoindrit les forces et détruit la santé; elle infecte Forganisme, et la diatlièse cancéreuse éclate en caractères impossibles à méconnaître. Ce résultat arrive chez les uns en deux ou trois mois de maladie, et chez d'autres il faut quinze à vingt mois et plusieurs années, comme j'en ai \u des exemples. Presque toujours la mort en est la conséquence; mais, par exception, il y a des guérisons naturelles dues à l'atrophie des tumeurs, à la gangrène ou à l'extirpation par le chirurgien.
On a quelquefois vanté certains remèdes comme ayant une action fondante, résolutive des cancers; mais ce sont là des méprises qui reposent sur des erreurs de diagnostic. Jamais aucune substance administrée à l'intérieur ou à l'extérieur n'a fait disparaître de production cancéreuse, et toutes les tentatives faites sur des cas bien évidents ont échoué.
Quand le cancer encore récent est accessible à la main, la compression et l'extirpation sont les seuls moyens auxquels il faille recourir. La compression a produit de bons résultats entre les mains de Récamier, mais ehe n'est applicable que dans les cas de cancers trèssuperficiels, comme ceux de la peau et de la mamelle.
L'extirpation s'accompht par les caustiques ou parle bistouri, et, sans entrer dans les détails qui peuvent faire choisir l'un ou l'autre de ces deux modes opératoires, nous dirons que si la tumeur n'est pas très-volumineuse il est préférable de l'enlever par le caustique en faisant une assez grande perte de substance.
La cautérisation ou l'extirpation réussissent d'autant mieux que la tumeur est plus petite, plus superficielle et moins vasculaire. Elle a plus de chances d'amener un bon résultat dans le squirrhe que dans les autres formes anatomiques de cancer; mais malheureusement c'est là un traitement palliatif. Presque toujours la maladie récidive sur place au bout de quelques mois, ou de plusieurs années seulement si la tumeur est peu \asculaire, et il faut opérer de nouveau, en attendant peut-être une nouvelle récidive. On fait ainsi très-souvent plusieurs opérations à la même personne; mais, de récidive en récidive, la maladie s'étend, et gagne les ganglions lymphatiques voisins; bientôt elle se généraHseet se dissémine dans les viscères en produisant
672 DES MALADIES ES OtSÏAWL.
une diathèse et une cachexie cancéreuse mortelles. Dès que le cancer s'est étendu de son siège primitif aux glandes voisines, il n'y faut pas toucher, car les opérations ne font que hâter la mort des malades.