‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 136 sur 212 · SUR LES MUQUEUSES · texte numérisé non relu

SUR LES MUQUEUSES

Cryptococcus cerevisise, — Kutzing.

Cryptococcus guttatiis, — Ch. Robin (lapin).

Merismopedia ventriculi, — Cii. Robin.

Leptothrix biiccahs. — Ch. Robin.

Oscillaire? de Tintesthi, — Favre.

Leptomitus urophilus, — Mont (vessie).

Leptomitus? de Lannover, — Ch. Robix (pharynx et œsophage).

Leptomitus? de l'épiderme.

Leptomitus? de rutériis.

Leptomitus? du mucus utérin.

Leptomitus? de ToeiL

Oidium albicans, — Cii. Robin (muguet).

Chanipignon du poumon, — Ben^ett.

Champignon dans Técoulement de la morve.

Des cpiphytcs de l'homme.

Les végétaux parasites qui croissent à la surface du corps ont une prédilection marquée pour les parties velues ou le voisinage des poils. Ce sont : les champignons de la véritable teigne, ou fcwiis; les algues qui provoquent plus particulièrement la calvitie, celles de la pliquo polonaise, celles de la mentagre, et celles enfin du pityriasis versicolor.

V Des cryptogames de la teigne. — Le cryptogame de la teigne, achorion Schœinleinii , a été découvert par le professeur Schœinlein de Berlin, en 1842, et décrit plus tard par MM . Lebert, Gruby, Bennett, Hazin, etc. Ces cryptogames se réunissent en forme de petits godets jaunâtres ou fuvus. D'après M. Lebert, « ils sont enchâssés dans la superficie de la peau, mais sans faire corps avec elle, recouverts au commencement par répiderme et faisant disparaître le derme sousjacent par compression et absorption consécutive. Sur une tète nettoyée, les favus apparaissent sous forme de petits corps, du volume d'une tète d'épingle, peu saillants, arrondis, jaune terne, couleur de soufre. On peut les énuclécr facilement, et on voit à la place de potils creux lisses qui ne tardent pas à se combler et à disparaître. Ces corps gi'andissent rapidement et peuvent atteindre un volume qui va juscpi'à

* Anatornje pdlliolofjifjne générale et spéciale, t. I, p. 583.

douze et quinze millimètres de largeur sur deux à quatre millimètres de profondeur. La peau devient le siège d'un travail phlegmasique et exsudatif, en môme temps qu'une forte hypersécrétion d'épiderme a lieu tout autour, et c'est ainsi que naissent ces croûtes pyo-épidermiques qui finissent par masquer les favus primitifs.

(( Les grands favus ont une disposition concentrique ; leur intérieur est grumeleux, d'un blanc mat, leur surface lisse et arrondie dans la partie enchâssée dans la peau. Ils présentent dans leur milieu une surface déprimée en godet qui ne fait place à l'aspect irrégulièrement annulaire que lorsque les dimensions du champignon se sont beaucoup accrues. On les voit souvent traversés par des poils dont le bulbe est bien souvent visible au-dessous du favus. Les lamelles d'épiderme peuvent être séparées aisément du favus. Les sporules et les filaments peuvent aussi se développer dans l'intérieur du follicule pileux à la surface du bulbe et altérer directement le poil dans sa nutrition.

« Les sporules qui occupent la plus grande partie de l'intérieur des réceptacles ont une forme ronde ou ovale, les bords marqués et un intérieur légèrement opalisant. Les plus jeunes ont 0'",005 de diamètre; les plus développées ont sur cette même largeur de 0'",005 à 0",i25 de longueur.

« Ces sporules sont souvent groupées ensemble {fig. 58). Quelquesunes sont étranglées au milieu, d'autres ont une forme triangulaire à angles arrondis; d'autres encore, très-allongées, ont plusieurs étranglements. Enfin on voit des

'tf„;Xetct;TS r;r:'1pïù£^tr; «Is qui paraissent composés bout à bout. (lîAziN.) de sporules confluentes. Ces

fils sont simples ou ramifiés et entourés de sporules rudimentaires. Quelques-unes, bien formées, paraissent avoir une double membrane d'enveloppe et l'apparence d'un noyau.

« Le siège le plus habituel du favus est le cuir chevelu : cependant on l'observe aussi sur la peau du front, sur le tronc, sur les membres, et même sur le gland du pénis.

« Ladémangenison, rinHammation de la peau, les éruptions secondaires, les croûtes épaisses et la mauvaise odeur, la disposition aux poux et l'altération des cheveux, sont les principaux piiénomèncs morbides provoqués par la teigne. La crue des cheveux s'affaiblit, et ceux qui restent sont minces, décolorés, secs et cassants.

DES >'OSORGANIES. 679

« La contagion s'explique par le nombre considérable des sporules qui se transmettent facilement d'un individu à un autre et se développent si le terrain est favorable.

« On a quelquefois rencontré dans la teigne le puccinia favi, autre cryptogame brun-rouge de forme allongée, découvert par M. Ardsten dans les petites squames blanches des grandes croûtes. Il peut se trouver aussi dans les favus.

« 2^ Champignon de la calvitie provoquée par l herpès tonsurans. — Ce champignon, découvert par M. Gruby, est caractérisé par des sporules rondes ou ovales, transparentes, incolores, à surface lisse; intérieur homogène variant entre 0'",002 et O'",008. Ces spores naissent dans l'intérieur de la racine des cheveux, sous forme d'un groupe de sporules rondes (fig. 39). Celles-ci donnent naissance à des

Fig. 39. Poussière blanche de l'herpès tonsurans; «, sporules isolées; /», sporules réunies; c, tubes vides; d, tube sporulaire. (Bazin.)

filaments articulés qui, en se développant, rampent dans l'intérieur du cheveu en suivant son axe. Il a reçu le nom de trichophyton io?isur ans, ^IdÀmsien.

« A mesure que le cryptogame se développe, le cheveu devient gris, perd son élasticité, sa cohésion, se ramollit et se brise. La cassure est filamenteuse et se fait à 2 ou o millimètres de la peau, les fragments de cheveux sont pleins de cryptogames et sont encore couverts de leurs écailles. Quelquefois le cheveu se casse avant de sortir; alors la matière sébacée remplit l'extrémité du conduit pilifère, se durcit et est repoussée par le cheveu, qui la soulève. Celle-ci forme ainsi une saillie opaline demi-transparente, qui a été prise pour du pus desséché ou pour une petite pustule, mais est formée de matière sébacée et de cellules épithéliales desséchées, et renferme de un à trois poils pleins de sporules. Les élévations jointes au gonllement des cheveux par les sporules donnent au cuir chevelu l'aspect de chair de poule signalé dans cette affection. Cette maladie se transmet de l'homme à l'homme et môme des animaux à l'homme. Elle complique quelquefois l'herpès circinné. » (Lebert, 1. 1", p. 585, Ô8G.)

(l80 DES MALADIES EN GÉNÉRAL.

Ce champignon est, à peu de chose près, semblable à celui de la phque polonaise. Il s'en produit aussi un tout particulier dans les ulcères de la peau et dans le porrigo decalvans; le premier s'appelle trichophijton idcerum, et l'autre microsporon Audouini.

D'après MM. Gruby et Bazin, dans la mentagre, toute la partie des poils qui est plongée dans le derme est entourée de cryptogames qui forment une couche entre la paroi du folhcule et le poil, de sorte que celui-ci est entouré d'une gaîne végétale. Cette gaine ne dépasse jamais la surface de la peau. Les spores, qui sont innombrables, naissent

Fiff. -40. l'iaqiio de muguet au li-oisioine jour, avec lamelles épilliéliales rccouverics de spores; a, a, elles forment ries groupes ayant, b, b-, la forme de lamelles épilliéliales; c, c, c, des tubes commencent à se déveloi)per. (Koi;i.\.l

Fi[/. -41. Fragments de muguet au troisième jour à 5G0 diamètres entremêles de cellules d'épithélium imbriquées, couvertes de spores rondes ou ovales et de tubes du cliampignon oidium albicans; r/, cellules d'épitliélium; Z»,//, spores isolées ou réunies bout à bout. Elles ont de 0™,()04 à O'",00o de diamètre; d, lilaments cylindriques tubuleux, cloisonnés avec granules moléculaires intérieurs. Us ont de 0"',005 à 0"',0()4 do large, sur 0"',OoO à 0"',()70 de long; e, leur extrémité renflée; //, renflements ovoïdes; /j, spores ajustées boul à bout; /, C(!ilule ovoide terminale. (HoitiN.)

dans la matrice du poil et s'étendent peu à peu en remontant jusqu'à son orifice. Elles sont rondes et très-petites.

Cette maladie cède rapidement à l'épilation et aux lotions parasiticides, ou philùt, dans ce cas, sporicides.

Dos cnlopliylc.^.

\" Champhjnnn du muguet (oïdium albicans]

Le muguet est une

DES .^OSORGA.MES. G81

maladie de la muqueuse buccale qui chanoe la nature des sécrétions de la bouche et les rend acides au lieu de les laisser neutres ou alcalines. Cet état acide, indiqué par m\. Andral, Guider, etc..

accompagne presque toujours l'état cachectique, constitue une des conditions essentielles de sa formation, et il résulte d'une inflammation superlicielle de la muqueuse, qui devient lisse, rouge, sèche et douloureuse. Il amène le développement de petites plaques d'un blanc laiteux particulier déposées à la surface de la muqueuse. Ces plaques sont formées par un mélange d'épitliélium en voie de desquamation , de mucus altéré et de productions végétales.

On trouve le muguet dans la bouche, le pliarynx, l'estomac et l'intestin grêle. Il se transmet du nourrisson à la nourrice, à la surtlice du mamelon, et on l'observe également dans la bouche à la dernière période des maladies graves de l'adulte et du vieillard, aux approches de la mort.

« Le végétal est constitué par

Fiff. 42. Filaments lubulcux du mugiiot l)ien développés, cylindriques llexueux,de 0,100 à 0,G00 de long; fl, a, cloisonnement des tubes; c, c, quelques cellules ovoïdes des tubes; d, cl, ramifications des tubes; e, ramilicatioas qui commencent à poindre par une seule cellule. iRouix.)

des filaments tuberculeux de 0'",0l}3à0'",00r), cloisonnés, étranglés et ramitiés plusieurs fois. La cavité renferme des granules et des cellules pales, ovoïdes. Ils naissent d'une spore d'une forme constaiile et se terminent par une cellule courte et renflée, de 0'",0()r) à (V",007 , parfois précédée de cellules en chapelets. » [Fuj. 40, 41 et 42.)

t2' Sarc'me de l'estomac ( merismopœdin vcntrinih). Ch. lîob'ii. —

Vig. 4.">. Sarcine de l'estomac en plaques, de 1/100' à 1/120' de ligne de diamètre; 1/8' de ligne d'épaisseur. (liOUI.N.i

On trouve quelquefois ce champignon dans l'estomac atteint des maladies les plus diverses, dans le poumon affecté de gangrène, dans la vessie et dans les fèces. Il est caractérisé par de petites plaques aplaties, quadrangulaires, un peu oblongues, divisées en quatre cellules {fig. 45) ou compartiments par des lignes transparentes. Les cellules renferment des noyaux sphériques ou cubiques à angles arrondis.

5° Algue de la bouche et des inlestins. — M. Lebert a signalé comme une chose constante l'existence sur la partie postérieure de la langue d'une algue granuleuse, hérissée de petits filaments longs très-fins, grenus dans l'intérieur, ayant à peine J/GOO*" demiUimètre de largeur. Elle se rencontre aussi dans les matières rendues par les selles.

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