TROUBLES DE LA SEINSIBILITÉ. DE LA CÉPHALALGIE
5" Dans Y encéphalite, la céphalalgie ne se fait sentir que dans le cas où la couche la plus superficielle du cerveau est affectée, et dans lequel il y a toujours une méningite partielle; il en est de même dans la plupart des cas de ramollissement cérébral. La douleur est alors permanente, limitée au point malade; c'est aussi ce qu'on observe dans l'encéphalite chronique des aliénés, cas dans lesquels il y a toujours des traces de méningite.
6*" Lliémorrhcujie du cerveau ne détermine pas de céphalalgie par elle-même. Quand il y a douleur de tète, c'est dans les cas seulement où Thémorrhagie cérébrale est précédée, accompagnée ou suivie de congestion sanguine ou de ramollissement inflammatoire. Dans le premier cas, on observe la douleur sourde, gravative, qui caractérise la congestion cérébrale. Dans le second cas, la doideur est partielle, permanente, obtuse avec hypéresthésie. Ces distinctions sont trèsimportantes : outre que le diagnostic y gagne en précision, il faut bien reconnaître combien il est indispensable d'avoir ces notions pour baser le pronostic et pour étabhr le traitement.
T Dans Y apoplexie séreuse, dans Y hydrocéphalie chronique, qui suivent quelquefois des maladies sérieuses ou qui viennent compliquer leur con valescence, comme dans les fièvres graves, la scarlatine, la maladie de Briglit, la phthisie, il se forme, dans les méninges ou dans la cavité des ventricules, des épanchements séreux non accompagnés de traces sensibles d'inflammation. Ces épanchements, qui ramollissent, compriment, distendent la pulpe cérébrale, sont annoncés par des douleurs de tète que les malades manifestent en portant la main à cette [)artie, en se plaignant doucement, mais continuellement, en poussant ces cris prolongés que M. Coindet a appelés cris hxjdr encéphaliques. La douleur de tète qui se manifeste par ces cris est un excellent siune diagnostique des épanchements séreux de l'intérieur du cerveau.
8" Dans Y hypertrophie du cerveau, la céphalalgie est un phénomène d'une grande valeur. Elle est très-vive, continue, paroxystique, et elle se traduit par des cris inarticulés et continuels. On sait combien il est difficile de distinguer ce cas de i'hydrocéphahe. Outre les phénomènes de compression, semblables à ceux qu'on observe dans l'Iiydrocéplialie, il faut noter dans l'hypertrophie cérébrale les attaques convulsives épilepliformcs, où elles sont à peu près constantes, comme l'ont remarqué MM. Cahueil et Grisolle. D'un autre côté, il faut rechercher si l'individu affecté a eu à souffrir des émanations de sels de plondj. Dans l'ahirmative, toutes les présomptions sont en faveur de Tliypertrophie du cerveau.
l)M)aus les ^jro(/za'//o??s non ïnllammatoires de la masse cérébrale,
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telles que les tubercules, le cancer, les hydatides, les tumeurs fibreuses, il n'y a de douleur que dans les cas où le produit morbide est voisin de la périphérie du cerveau, parce qu'alors ils entraînent de la congestion, de l' inflammation de la substance cérébrale et surtout de ses enveloppes.
10° Après les grandes pertes de sang, l'intelligence n'est pas nette, il y a une véritable anémie du cerveau. Cet état morbide est toujours accompagné d'une douleur de tête qui ressemble quelquefois beaucoup à la douleur lourde, gravative de la congestion cérébrale, et que l'on reconnaît en ayant recours aux commémoratifs.
La céphalalgie essentielle ou sympathique, qui ne dépend d'aucune altération matérielle du cerveau et de ses enveloppes, résulte de la sympathie exercée sur le cerveau par les altérations du sang, par les empoisonnements et par les troubles des différents appareils organiques. Elle se rencontre :
4** Dans les névralgies du cuir chevelu. Les névralgies de la tête sont assez communes : les nerfs affectés sont les branches frontales et auriculaires de la cinquième paire, et le nerf sous-occipital. — Dans ces circonstances, la douleur a tout à fait le caractère des névralgies ; elle revient par accès, elle est bornée à un côté delà tète, en un mot, elle dépend de la distribution du nerf affecté.
Comme dans toutes les névralgies, la douleur de tête est ici superficielle : elle présente des points fixes douloureux, soit sur le trajet des nerfs, soit plutôt aux points d'émergence des principaux filets nerveux, au niveau du tronc sus-orbitaire, au-devant de l'oreille, au-dessus de la nuque. — Quant aux caractères de cette douleur de tête, ce sont ceux qu'on rencontre dans la plupart des douleurs névralgiques, des élancements sur le trajet du nerf malade. Ceux-ci se répètent plus ou moins fréquemment. Quelquefois ils paraissent s'étendre et sont remplacés par de l'engourdissement. Quand ces élancements sont très-aigus et répétés, l'on observe des phénomènes particuliers d'excitation locale ; la peau rougit et devient chaude, la circulation est sensiblement plus active du côté affecté que du côté sain, la peau est sudorale, les muscles voisins ou sous-jacents deviennent le siège de contractions involontaires : le front est plissé, les paupières se ferment, et il y a en même temps des troubles de la vue et de l'ouïe.
Chez des sujets irritables, à mesure que la douleur augmente, surviennent d'autres phénomènes d'excitation nerveuse, des vomissements, des convulsions, le délire, etc.
Ces douleurs névralgiques de la tête se déplacent aisément et peu-