‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 158 sur 212 · TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ. — DE LA CÉPHALALGIE · texte numérisé non relu

TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ. — DE LA CÉPHALALGIE

vent changer de siège, comme toutes les névralgies des autres parties du corps. Elles peuvent être continues, avec des exacerbations à certains moments du jour ou de la nuit; intermittentes et revenant par accès, régulièrement périodiques. Cette intermittence affecte les divers types quotidien, tierce, quarte, double quotidien, double tierce, etc. Il peut même y avoir plus de deux accès en un jour, les intervalles qui les séparent étant plus courts. C'est ce qu'on n'observe pas dans les fièvres intermittentes légitimes : dans ces fièvres, la périodicité est toujours plus longue.

La névralgie ne reste pas toujours bornée au cuir chevelu, elle s'étend à la face, à Torbite : de là des douleurs très-vives au niveau des yeux et des oreilles; l'œil est parfois horriblement douloureux ; de là du larmoiement, des troubles delà vue, duchgnotement, des soubresauts des paupières, des convulsions partielles et douloureuses des muscles du visage; ailleurs, douleur très-vive dans le pavillon de l'oreille, dans le conduit auditif externe, et cependant nulle trace d'inflammation de l'oreille, pas d'écoulement. D'autres fois enfin, la douleur s'étend davantage et elle gagne le plexus cervical superficiel , elle peut encore gagner de proche en proche et venir affecter les rameaux thoraciques et scapulaires du plexus brachial.

Les causes les plus ordinaires des douleurs de tête névralgiques sont l'insolation, le froid, les blessures des nerfs, la chlorose, et surtout la syphilis. Ces névralgies, dans la syphilis, constituent un des phénomènes les plus intéressants à étudier de la troisième période de la maladie, quelquefois de la seconde.

2"" Il y a douleur de tête dans le rhumatisme du cuir chevelu. Cette maladie, développée sous l'impression du froid, est assez fréquente. Le muscle occipito-frontal et ses annexes fibreuses sont ici affectés. Cette douleur a les caractères suivants : elle s'est développée après un refroidissement subit ou progressif de la tête, elle est superficielle, générale, occupe les deux côtés, et est souvent plus forte en arrière ou en avant qu'en d'autres points. La pression sur la tête l'augmente; la contraction des muscles des mâchoires produit le même résultat. Les coiffures chaudes la font sensiblement diminuer. — Souvent, on observe en d'autres parties du corps des douleurs rhumatismales. La douleur de tête rhumatismale diffère de la douleur de tête névralgique, en ce que celle-ci revient par accès, tandis que la première est continue et n'est pas accompagnée de fièvre. La douleur de tête névralgique est presque toujours compliquée, du moins au moment de l'accès, d'une sorte de fièvre locale ou d'un mouvement fébrile très-prononcé.

o" Dans la migraine. Chez quelques malades, la douleur de tête ne peut être rapportée à aucune lésion matérielle du cerveau. C'est ce qu'on appelle la céphalahjie nerveuse ou la migraine,

La migraine est très-commune chez les individus d'un tempérament nerveux et chez les femmes. La moindre émotion morale, la plus légère contrariété, tout ce qui peut gêner accidentellement et très-momentanément l'ouïe, la vue ou l'odorat, sont les occasions de son développement.

C'est une douleur vive, souvent sus-orbitaire, sans mouvement fébrile, mais accompagnée de chaleur et de pesanteur de tête, avec étourdissements, éblouissements. Elle dure de quelques heures à un jour ou deux ; elle s'accompagne fréquemment de perte de l'appétit et de vomissements. Aucun autre trouble organique ne vient la compliquer. — Cette douleur de tête, essentielle en quelque sorte, n'est pas grave par elle-même, elle n'est que très-pénible par ses retours fréquents. Cependant elle fmit, au bout d'un certain temps, par déterminer de la faiblesse intellectuelle et une sorte d'hébétude. — Quelquefois, les femmes sujettes à la migraine ont des points d'hypéresthésie très-prononcés sur différents points du corps.

4" Dans Vépilepsie il y a douleur de tête, mais dans les accès seulement, à moins, bien entendu, que la névrose ne soit symptomatique d'un produit morbide développé dans la substance cérébrale. Certains individus, ressentant une douleur vive de tête, sont ainsi avertis de l'imminence d'une attaque. C'est donc ici un symptôme prodromique. Tantôt elle est générale, tantôt, et c'est ce qui se montre le plus communément quand le mal de tête précède de très-près une attaque convulsive, elle est circonscrite et localisée en un seul point de la tête.

Après les attaques, il y a toujours de la douleur de tête. Celle-ci est lourde, pesante, et ces troubles fonctionnels durent plus ou moins longtemps, de quelques heures à plusieurs jours.

r>° Dans VJiyslérie^ la douleur de tête existe presque toujours avant les accès et dans leur intervalle. C'est un symptôme utile à rechercher pour établir le diagnostic quand il n'y a pas encore eu d'altacjues de nerfs chez une femme que l'on présume hystérique. Ici la céphalalgie peut être générale et ne présenter aucun caractère spécial: c'est, ailleurs, une névralgie, une simple pesanteur, la céphalalgie des congestions cérébrales, tantôt entin une douleur très-vive, limitée à un point circonscrit de la tête et formant ce qu'on appelle le clou hystérique.

La cé[)halalgie est, dans cette maladie, un signe si précieux, qu'on peut (lire d'une manière générale qu'une femme nerveuse, sujette

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