TROUBLES DU MOUVEMENT. — DES CONVULSIONS
très-apparente, dans la tête, sur le tronc et dans les membres, tandis que chez quelques malades la convulsion est douteuse, intérieure et caractérisée par une simple roideur de la tête et une fixité singulière du regard, avec demi-perte de connaissance. C'est ce que l'on a désigné sous le nom de convulsions externes et de convulsions internes. Bien que cette dernière division ne soit pas très-justifiée ni bien nécessaire au diagnostic, elle peut être utile, et il faut la conserver.
D'après leur étendue, les convulsions offrent de grandes dissemblances. Elles sont partielles^ ou, au contraire, (jénérales. On trouve dans le tétanos l'exemple d'une convulsion tonique générale, et dans le trismus celui d'une convulsion tonique partielle; l'épilepsie, l'hystérie, la chorée, au contraire, fournissent des exemples de convulsions cloniques générales, tandis que le tic non douloureux montre ce que peut être une convulsion clonique partielle.
Les convulsions sont permanentes ou continues, exemples : la chorée, le tic non douloureux, etc.; ailleurs elles sont intermittentes irrégulières, comme l'hystérie, l'épilepsie, ou intermittentes récjulièrement périodiques, ce qu'on observe dans la fièvre pernicieuse convulsive.
11 est évident que les convulsions sont le résultat d'un trouble du système nerveux, et on sait aujourd'hui, sans en douter, que ce trouble peut se produire avec ou sans lésion matérielle appréciable. Elles ne sont distinctes que par leur cause. Rien, dans l'état convulsif, ne peut les faire reconnaître les unes des autres, et, si l'on ne tenait compte des phénomènes concomitants fébriles, de leur marche et de leur durée, leur diagnostic serait impossible.
Les convulsions essentielles et sympathiques se développent à tout âge, principalement dans l'enfance, puis chez l'adulte et plus rarement chez les vieillards. Elles se montrent chez les personnes qui offrent une prédominance marquée du système nerveux, dont l'intelligence est vive, ce qui se traduit au dehors par le jeu et la mobihté de la physionomie. Elles sont héréditaires, et, s'il me fallait appuyer cette assertion de Baumes et de tous les auteurs, je pourrais fournir un trèsgrand nombre d'exemples dont quelques-uns ont été publiés. Elles résultent des impressions morales vives et de l'habitude.
11 est cependant possible que les phénomènes nerveux qu'on croit devoir rapporter à cette inlluence soient le résultat de la môme disposition générale qui a provoqué les premiers accidents. La seconde convulsion est, comme la première, la conséquence d'une excitation encéphalique, qui n'a d'effet qu'en vertu d'une constitution spéciale des individus.
Les convulsions s'observent à la fois chez les individus pléthoriques
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comme chez ceux qui sont dans l'anémie la plus complète. Ces deux causes concourent au même résultat.
Toutes les fortes sensations, la frayeur à la suite d'un grand bruit, Féblouissement au milieu d'une lumière très-\ive, la contrariété, la colère, les violents chagrins, les impressions faibles causées par le chatouillement, la douleur produite par des névralgies ou par une blessure de la peau., celle qui est occasionnée par la dentition ou par une lésion organique quelconque, toutes ces sensations sont de nature à produire les convulsions. La chaleur et la viciation de l'air dans un lieu de réunion déterminent souvent les mêmes résultats. Cela se voit très-fréquemment dans une chambre fortement échauffée, dans une salle de spectacle et dans les églises où se trouvent réunies un grand nombre de personnes.
On observe fort souvent des convulsions à la suite des troubles et des embarras des fonctions du tube digestif. La rétention du méconium, la présence dans l'intestin de substances indigestes qui ne peuvent être assimilées et qui oblitèrent son calibre, la présence de vers intestinaux, des matières fécales endurcies, etc., sont autant de causes qui provoquent leur apparition. D'une autre part, et par un contraste singulier, elles se développent quelquefois dans le cours d'un flux intestinal intense, naturel ou provoqué par l'administration d'un purgatif. Ce sont des phénomènes sympathiques.
On a souvent contesté l'influence fâcheuse des vers renfermés dans le tube digestif. C'est un tort. Les convulsions sympatliiques des vers intestinaux, ascarides ou tcenias, sont rares sans doute, mais elles existent, et, si ce n'est à Paris, c'est du moins dans les localités où les vers de cette espèce sont endémiques. Il est très-probable que ceux de nos confrères qui ont accordé une si grande part aux accidents produits par l'affection vermineuse ont observé dans ces localités. Sous ce rapport, le tœnia mérite d'être signalé. Ce sont surtout ces helminthes qui produisent des accidents d'hémorrhagie, d'éclampsie, d'épilepsie. etc. J'ai vu plusieurs de ces exemples chez des enfants et chez des adultes; i\L Legendre en a rapporté un très-grand nombre dans un JMémoire récemment publié.
Les convulsions sympathiques essentielles s'observent enfin au début et dans le cours de certaines maladies inflammatoires, telles que la pneumonie, les fièvres éruptives, et sans qu'il y ait eu de lésion dans l'axe cérébro-spinal. Les accidents sont alors d'un heureux augure et peuvent, d'après Sydenham, faire présager la terminaison favorable de ces maladies. Elles aj)paraissent enfin dans le cours des maladies de l'appareil respiratoire, pendant la coqueluche, la pneumonie, etc.
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J'ai vu un enfant qui les avait conservées pendant dix-huit jours au moment de la période d'état de la coqueluche. Celles qui surviennent à la fin des maladies aiguës sont toujours d'un fâcheux augure et indiquent presque constamment une mort prochaine, car elles soni presque toujours liées à une altération du cerveau.
Des convulsions de même nature s'observent quelquefois chez les femmes dont la menstruation est difficile, au moment des règles; chez d'autres, dans les premiers jours qui suivent la conception, et enfin chez quelques-unes aux approches de l'accouchement et après la délivrance. Ces dernières ont reçu le nom d'éclampsie^ et elles dépendent presque toujours d'une profonde altération du sang, par le fait d'albuminurie prolongée.
Les altérations du sang de la chlorose, de la pléthore et des fièvres, les intoxications de toute espèce, par les strychnées, par le mercure, par le plomb, etc., peuvent également les produire. On connaitles crampes de la période algide du choléra, et les contractures qui se montrent quelquefois pendant la convalescence; le hoquet des lièvres graves, lorsqu'elles doivent se terminer par la mort; les convulsions du virus rabique et des venins de serpent ; le tétanos produit par la strychnine et la brucine ; l'épilepsie déterminée par l'absorption du plomb, l'ergotisme convulsif, etc.
Restent, enfin, les altérations du cerveau, de la moelle et de ses enveloppes, qui, au milieu de phénomènes morbides variés, amènent l'état convulsif. Ce sont des convulsions symptomatiques. A l'état aigu et à l'état chronique, leur influence est, à peu de chose près, la même; mais, dans ce dernier cas, le diagnostic est infiniment plus difficile. En général, les convulsions symptomatiques ne sont jamais primitives, et elles sont précédées d'un certain nombre de symptômes qui révèlent Jeur véritable nature. Les convulsions de la méningite sont accompagnées de fièvre et n'arrivent qu'après des vomissements, de la constipation et un état de maladie antérieur bien caractérisé. Celles de l'hémorrhagie méningée et de rhémoriiiagie cérébrale succèdent à la paralysie, et dans les maladies chroniques du cerveau, telles que le ramollissement, les tumeurs de la dure-mère, les tubercules cérébraux, les hydatides, etc., il y a toujours des phénomènes de céphalalgie, de vertiges, de fourmillements, etc., qui annoncent connue probable l'existence d'une lésion cérébrale matérielle.
Des couvulsions essentielles et sympallùques. — Les convulsions essentielles et sympathiques sont caractérisées par des mouvements involontaires désordonnés, plus ou moins violents, des nmscles, de la vie de relation, exemples : la choréc, l'épilepsie. L'intelligence n'est
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qu'incomplètement abolie, toute manifestation extérieure est impossible, mais Texereice de la pensée reste quelquefois intact; c'est ce qui se voit dans la chorée, et c'est ce qui résulte des révélations de malades ayant pu rendre compte de leurs sensations.
Nous ne considérons pas comme de véritables convulsions les petits accidents qui s'observent de temps à autre chez les enfants, et qui sont caractérisés par des soubresauts dans les membres, avec roideur du corps, fixité momentanée des yeux, qui fuient sous la paupière supérieure. C'est ce qui caractérise les convulsions internes.
Les convulsions sont ordinairement intermittentes, apyrétiques, et paraissent sous forme d'attaques dont le nombre et la durée sont excessivement variables, exemples : l'éclampsie, l'hystérie, l'èpilepsie, etc. Le début des attaques est ordinairement brusque et inattendu. Chez quelques malades, il est annoncé par quelques prodro- , mes, des malaises, un fourmillement partiel courant dans un membre, et comparé à un aura ou vapeur allant de la périphérie au centre, et produisant l'état convulsif, exemple : l'épilepsie.
Ces attaques paraissent subitement et sans qu'aucune influence vienne rendre compte de leur apparition; ailleurs, c'est à la suite des influences morales , telles que la frayeur, un violent chagrin, dans le cours de l'évolution dentaire ou au moment d'une affection aiguë fort sérieuse, qu'on les observe. Les malades paraissent surpris par une impression étrange, le regard devient fixe et parait comme illuminé, le corps s'allonge, les membres s'étendent et se redressent, la tête se renverse en arrière, le visage se boursoufle et se couvre d'une rougeur subite; puis, après un instant d'incertitude, d'angoisse, on voit que la tête s'incline à droite ou à gauche, que les mâchoires se serrent, que les membres, fortement tendus, sont sourdement agités par des efforts alternatifs de tlexion et d'extension, et que la respiration est comme suspendue. Aussitôt un effort intérieur semble se produire, la face bleuit, les veines superficielles du cou deviennent saillantes et se dessinent sous la peau; à cet instant, les mouvements convulsifs apparaissent. Le regard est complètement égaré, les yeux sont perdus, très-mobiles : chacun d'eux s'agite pour son compte, l'un prend une direction que l'autre ne suit pas, il tourne sur lui-môme pendant que l'autre est immobile; et puis ils vont se cacher sous la paupière supérieure, de manière à ne laisser apercevoir qu'une surface blanche, celle de la sclérotique, dont l'aspect est si étrange. Les traits sont déformés, et quelquefois rendus effrayants, par suile des contractions bizarres des muscles de la face. Les lèvres sont tirées dans tous les sens; leur contraction rapide communique au visage les expressions