‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 169 sur 212 · l'ATHO: . GKS · texte numérisé non relu

l'ATHO: . GKS

:S34 DE LA SÉMÉIOLOGIE.

coma ou de contracture permanente d'un muscle, ce qui peut donner lieu à une difformité. Chez d'autres, au contraire, ils disparaissent sans laisser de traces.

Les convulsions se prolongent plus ou moins longtemps, suivant leur nature. Celles que l'on désigne sous le nom d'essentielles durent de quelques minutes à plusieurs heures et plusieurs jours. Alors les phénomènes convulsifs ne sont pas continus, ils se présentent sous forme d'accès plus ou moins longs, qui se répètent à des intervalles très-rapprochés, dans lesquels l'enfant reste sans connaissance et en proie à une sourde agitation. J'ai vu un enfant atteint de coqueluche, et chez lequel les convulsions ont duré dix-huit jours de suite; il y avait trois ou quatre paroxysmes par jour. Les convulsions essentielles continues sont très-rares, et la chorée est le seul exemple de cette espèce. Lorsque l'accès convulsif est près de disparaître, on observe un mouvement général de détente, la face pâlit, les paupières s'abaissent et les traits expriment rabattement le plus profond; les mouvements musculaires se calment et ne reviennent qu'à des époques plus éloignées; la roideur des membres se dissipe; la respiration reprend son cours. Le malade tombe dans l'immobilité la plus complète, et le sommeil arrive pour mettre un terme à tous ces accidents. Quelquefois les convulsions se terminent par une syncope; je vois souvent un petit garçon, une fois atteint de convulsions suivies de syncope, à un an, au jardin des Tuileries; il était avec sa nourrice; celle-ci, le voyant tomber, immobile et flasque, après la convulsion, le crut mort et le rapportait chez ses parents dans son tablier. En arrivant chez lui, l'enfant reprit sa connaissance, se mit à jouer et dîna comme tout le monde. Ce fut la seule attaque convulsive qu'il eut à subir.

11 n'en est cependant pas toujours ainsi : loin de s'amoindrir, l'excitation nerveuse semble quelquefois augmenter, et les convulsions essentielles peuvent se terminer par la mort. « Elle survient de deux manières : ou bien elle commence par l'encéphale; cet organe, trop vivement surexcité, cesse d'agir sur les autres organes; la respiration s'arrête, l'hématose n'a plus heu, et la mort est certaine; ou bien elle commence par les poumons : la respiration, gênée par les contractions irrégulières des muscles respirateurs, ne s'exécute qu'imparfaitement, les poumons s'engorgent, le sang ne les traverse qu'en partie; bientôt la suffocation devient imminente, et cela a lieu si des mouvements l)lus réguliers ne viennent rétablir et la respiration et la circulation'. » Les convulsions souvent ne laissent pas de trace de leur passage.

* Brachct, Des convulsions dans V enfance. Paris, 1857.

TROUBLES DU MOUVE.MEM. DES COîsVULSIONS. 8o5

Ouelques sujets recouvrent, aussitôt après l'attaque, leur sérénité naturelle et ne paraissent pas avoir été malades. Les autres conservent un léger mouvement fébrile qui cesse rapidement; ils ont assez souvent des douleurs dans les membres convulsés, avec des ecchvmoses à la surface de la peau, et un petit nombre deviennent difformes. C'est aux convulsions des muscles qu'il faut rapporter l'origine de certaines contractions permanentes qui entraînent la déviation de la tête ou de ses parties, la rétraction des membres, la paralysie, etc.

J'ai vu plusieurs enfants dont le torticolis n'avait pas d'autre cause. L'abaissement de la paupière supérieure, le strabisme, la déviation de la bouche, quelques contractures des membres, se rattachent souvent à cette cause. Ces accidents succèdent aux convulsions essentielles comme aux convulsions symptomatiques ; ils ne sont pas plus en rapport avec les altérations de l'encéphale que certaines paralysies faciales et certaines paralysies nerveuses observées chez les hystériques. L'autopsie n'en révèle pas mieux la cause que celle des phénomènes convulsifs eux-mêmes.

Les convulsions essentielles ou sympathiques s'observent dans la chorée, dans l'hystérie, dans l'épilepsie, dans le tétanos, dans l'éclampsie des femmes et des enfants, dans les nosohémies, par diminution de l'urée, des globules, ou par intoxication ; dans l'es maladies des voies digestives, inflammatoires ou vermineuses, au début de quelques fièvres éruptives et des phlegmasies, etc. Dans chacune de ces conditions morbides, elles offrent des caractères particuliers, unmarche et une durée toutes spéciales.

Dans la chorée, ce sont des convulsions cloniques permanentes, occupant les muscles de la vie de relation dans tout le corps ou dans l'une de ses moitiés, et caractérisées par des mouvements saccadés de la tête et des membres comparables à ceux d'une danse sauvage. L'intelligence reste libre, et elles ne sont jamais accompagnées de lièvre.

Dans l'hystérie, les convulsions sont intermittentes, apvrétiques, et reviennent sous forme d'accès caractérisés par des mouvements toniques et cloniques de tous les muscles, enfin, par une demi-perte d'intelligence et de sentiment.

Dans l'épilepsie, les convulsions apyrétiques et intermittentes son! générales, toniques et cloniques, reviennent par accès et s'accompagnent toujours d'une perte entière de l'intelligence et du sentiment.

Dans le tétanos, les convulsions sont toniques, continues, sans diminution de l'intelligence, et caractérisées par une roidcur conviilsive des mâchoires, du tronc et des membres, intenompiic par des secousses musculaires excessivement douloureuses. Le coips se llérhil

8Ô6 DE LA SÉMÉIOLOGIE.

en arc de cercle, formant une concavité postérieure ou oinslothonosy une concavité antérieure ou emprostothonos, enlin, une concavité latérale ou pleurostothonos. La roideur tétanique et convulsive des mâchoires porte le nom de trismus.

Dans réclampsie chez les femmes et chez les enfants, les convulsions sont générales ou partielles, apyrétiques ou fébriles, toniques ou cloniques, internes ou externes, et elles reviennent par accès plus ou moins rapprochés, donnant lieu en même temps à une perte entière ou incomplète de Fintelligence et de la sensibilité.

Les convulsions des nosohémies ou altération du sang, par la diminution de ses principes constitutifs, ressemblent beaucoup à celles de réclampsie. Ce sont des attaques convulsives plus ou moins fortes, caractérisées par des convulsions toniques ou cloniques, générales ou partielles, avec demi-perte de rintelhgence et du sentiment. Il en est de même des convulsions produites par une douleur vive, une impression morale accablante, une joie extrême, ou par différents troubles organiques tels que l'indigestion, les vers de l'intestin ou l'invasion des phlegmasies et des fièvres éruptives chez quelques enfants nerveux et chez des femmes impressionnables. Dans ce cas cependant, réclampsie est accompagnée de fièvre, c'est le phénomène initial de l'état morbide, et ce début particulier doit faire pressentir la nature sympathique de la convulsion. Il est très-rare qu'elles se montrent dans le cours des maladies aiguës sans complication du côté des méninges ou du cerveau, quand ce ne serait qu'une simple congestion; mais alors ce sont des accidents symptomatiques.

Les convulsions produites par les poisons, les virus et les venins, sont en rapport avec la nature et l'activité de l'agent toxique. Elles sont toniques et cloniques, générales, permanentes, autant que l'influence du poison, dans les intoxications par le curare, par les venins, par le virus labique, etc.; elles sont, au contraire, générales et toniques dans l'intoxication par la strychnine, la brucine, et elles rappellent entièrement les convulsions du tétanos.

Des convulsions symptomatiques. — Les convulsions produites par une inflammation aiguë des méninges et du cerveau ou de la moelle, par les maladies chroniques, tumeurs, hydatides de ces organes ou des nerfs, ressemblent beaucoup, dans la forme, aux convulsions dites essentielles ou sympathiques. Kvidennnent placées sous la dépendance d'une altération nialéiiello appréciable de la substance nerveuse, on les observe avec ou sans fièvre, dans une partie ou dans la totalité du corps, et sous forme de mouvements musculaires, toniques ou cloni- (pies. (le sont des phénomènes secondaires dont la nature ne peut

Page 1