‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 192 sur 212 · DES SIGNES FOURNIS PAR LA PERCUSSION' DES POUMONS · texte numérisé non relu

DES SIGNES FOURNIS PAR LA PERCUSSION' DES POUMONS

époque plus avancée, lorsque des fausses membranes tapissent les deux feuillets de la séreuse, ou enfin lorsque, après la résorption de l'épanchement, le poumon longtemps comprimé n'a plus assez d'élasticité pour reprendre son volume normal, on constate une diminution de la résonnance thoracique. Dans tous ces cas, le siège de la matité est la partie inférieure de la poitrine. Dans l'hydro-thorax simple, elle se déplace lorsque l'on fait changer de position au malade.

Dans la pneumonie à son début , dans Tengouemen t hypostatique , dans laphthisie, dans l'apoplexie et dans l'œdème du poumon, on constate encore une obscurité du son, qui alors est fixe, mais ne présente aucun caractère particulier qui puisse servir au diagnostic différentiel. Cependant on observera que dans la plupart des affections que nous venons d'indiquer, sauf la phthisie, cestà la base postérieure des poumons que F on rencontre ce phénomène, tandis que, dans la tuberculisation pulmonaire, c'est ordinairement au sommet et principalement sous les clavicules que le son a diminué de clarté et d" intensité.

A un degré plus considérable, il n'y a plus seulement obscurité, mais disparition complète de la résonnance; c'est ce que l'on nomme la matité; le bruit que l'on perçoit est alors semblable à celui que produit la percussion de la cuisse (tanqnam perciissi femoris).

La matité peut varier dans son étendue et dans son siège. Elle est le signe, soit d'une induration considérable du tissu du poumon, résultant d'une pneumonie au second ou au troisième degré, ou d'une tuberculisation avancée; soit de l'existence d'un abondant épanchement du liquide dans la plèvre, sérum, sang ou pus; soit enfin du développement de tumeurs dans les parois du thorax ou dans la plèvre. Les deux derniers cas sont les plus rares, et la palpation, comme aussi les autres procédés d'exploration, deviennent nécessaires pour assurer le diagnostic.

Quant au diagnostic de l'induration du parenchyme pulmonaire et de l'épanchement liquide dans la cavité pleurale, sans être toujours facile, il est assez souvent possible. Dans l'induration pulmonaire, la matité est fixe, quelle que soit la position du malade; elle est ordinairement moins complète, occupe rarement tout un côté de la poitrine; elle est plus marquée sur un point, tout autour duquel elle va en diminuant, à mesure que l'on s'en éloigne. Quand elle résulte d'une hépatisation pneumonique, elle est ordinairement bornée à un seul côté, ou du moins beaucoup plus prononcée d'un côté que de l'autre, plus fréquente aussi en bas ou au milieu qu'en haut. Tient-elle à la tuberculisation, elle est presque toujours bornée au sommet, et va en diminuant d'intensité à mesure que l'on se rapproche de la base, à moins

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qu'elle ne soit compliquée d'épanchement, comme il arrive dans certains cas de pleurésie tuberculeuse.

Si la matité trouve sa raison d'être dans un épanchement, elle est ordinairement plus complète et a son maximum d'intensité en bas du poumon et diminue peu à peu à mesure que Ton se rapproche du sommet, à moins que l'on n'ait affaire à un épanchement occupant toute la hauteur du thorax, ce qui n'est pas très-commun. Si l'épanchement occupe la plèvre gauche, il peut donner lieu, quand il est considérable, à un refoulement du cœur à droite, et on constate la matité dans une région beaucoup plus étendue de ce côté que dans l'état normal. De plus, dans les cas d'épanchement séreux, il est souvent possible, et ceci est pathognomonique, de faire changer la matité de place et d'étendue en faisant varier l'attitude du sujet. Le déplacement du liquide est beaucoup plus commun dansl'hydro-thorax, où nulle fausse membrane ni adhérence ne gêne les mouvements du sérum, que dans la pleurésie, qui s'accompagne ordinairement de la formation de l'une ou de l'autre de ces altérations anatomiques.

Les cas dans lesquels il y a augmentation de sonorité sont plus rares que les précédents. Là aussi on observe plusieurs nuances, ce que l'on a appelé le soji clair et le son tympanique.

Le son clair n'est autre chose que le son normal un peu exagéré, ■et conservant le caractère de la résonnance naturelle ; il peut être plus ou moins étendu ; lorsqu'il occupe toute la poitrine, en conservant les divers degrés d'intensité relative qui ont été signalés précédemment lorsque nous avons décrit les résultats de la percussion à l'état normal, il n'est en général que le signe d'un amaigrissement général ; cependant il peut être aussi déterminé par un emphysème des parois thoraciques ; mais alors il se reconnaît facilement à la tuméfaction des parties molles et à la crépitation qu'elles font entendre sous la pression du doigt. Limité au point où existe une tumeur molle, élastique, des parois tlioraciques, c'est le signe d'une hernie du poumon. Mais l'affection dont il est le plus ordinairement le symptôme est l'empliysème pulmonaire.

Dans ce cas, il peut être étendu à toute la poitrine; mais il est rare qu'il n'y ait pas quelque point où il soit plus marqué que dans d'autres, au niveau par exemple des cartilages costaux. Le plus ordinairement aussi la poitrine est modifiée dans sa forme, plus bombée; les espaces intercostaux sont saillants, et par contre les clavicules paraissent presque dé[)rimées. Si l'emphysème n'est que partiel, la sonorité <;xagérée coïncide habituellement avec une voussure plus fréquente à la partie antérieure que partout ailleurs.

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