‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 200 sur 212 · DES SIGNES FOURNIS PAR LE VOMISSEMENT · texte numérisé non relu

DES SIGNES FOURNIS PAR LE VOMISSEMENT

riels ou veineux. Quelquefois on a vu des malades vomir du sang qu'ils buvaient par supercherie, pour faire croire à une maladie.

Si le vomissement de sang est produit par exhalation, sans lésion appréciable, il y a presque toujours des phénomènes précurseurs. Tantôt Thématémèse est supplémentaire, d'autres fois elle est sous la dépendance d'un état nerveux très-prononcé. Dalmas raconte avoir vu, en 1829, à la Charité, une jeune fille d'un tempérament nerveux exagéré, qui, effrayée, au moment de ses règles, fut prise subitement de vomissements de sang; ces vomissements se répétaient sous l'influence de la moindre émotion, d'un reproche, d'un retard a obtenir ce qu'elle demandait. D'autres fois encore, il y a hématémèse dans le cours de maladies aiguës ou chroniques, dans la fièvre jaune, dans le scorbut. Dans ces deux derniers cas, on peut ranger l'hématémèse dans la classe des hémorrhagies asthéniques ou passives.

Lorsque le vomissement a lieu sans phénomènes précurseurs, il est presque toujours le résultat d'une rupture des vaisseaux artériels ou veineux. Dans ce cas, l'hématémèse peut se reproduire avec la plus grande facilité; elle dure pendant quelques heures, pendant quelques jours et même pendant quelques mois. M. Bricheteau a observé à Necker, en 1854, un cas assez curieux d'hématémèse répétée, causée par l'ouverture des veines de l'estomac. L'autopsie du sujet, âgé de quarante et un ans, démontra que « les parois du viscère n'étaient le siège d'aucune altération de nature cancéreuse, mais que dans l'épaisseur de ces parois rampaient des veines variqueuses, plus volumineuses sur la face postérieure. Sur cette partie, on observait plusieurs cicatrices d'ulcérations anciennes, paraissant avoir intéressé la muqueuse seulement : l'une d'elles, de date toute récente, conduisait dans la cavité d'une veine volumineuse située sur la partie médiane de la face postérieure de ce viscère. »

Le diagnostic est plus obscur quand le malade vomit des mucosités tilantes. Y a-t-il gastrorrhée? y a-t-il gastrite chronique? ulcère de la muqueuse? Il est difficile de se prononcer d'une manière formelle; cependant les antécédents du malade, son genre de vie habituel, pourront faciliter le diagnostic.

On se rappellera que, dans la gastrorrliée, le flux muqueiix plus ou moins abondant (de 50 à 1 ,000 gr.) a lieu le plus souvent le matin à jeun, quelquefois immédiatement après le repas, sans matières alimentaires; que généralement les digestions sont bonnes, tandis que, dans la gastrite chronique, il y a eu souvent une gastrite aiguë pour point de départ; que les digestions sont pénibles, que l'épigastre est souvent douloureux, et qu'après un certain temps la constitution du

malade se détériore, que la peau devient souvent terne, pâle, mollasse, etc.

Les vomissements sont plus oumoins graves, selon la nature de leur cause. Quelquefois cependant ils persistent avec une opiniâtreté désespérante, et peuvent, comme je l'ai dit, se terminer par la mort, sans qu'une lésion grave, en apparence, ait pu faire pressentir cette issue funeste.

Selon que les vomissements compliquent une maladie, annoncent ou constituent la maladie elle-même, ils réclament un traitement spécial.

Si le phénomène ne tient point à une affection inflammatoire, on emploiera avec succès les opiacés, les narcotiques, les antispasmodiques. Les opiacés seront administrés à doses répétées, assez fortes et longtemps continuées; à l'extérieur les mouches d'opium, la morphine par la méthode endermique, les emplâtres dethériaque, etc. Ces médicaments calment l'éréthisme nerveux et facihtent la tolérance des mucosités gastriques.

Les antispasmodiques sont aussi administrés avec avantage dans ce <lernier cas; mais leur action, plus prompte, est aussi plus fugace. On prescrit l'éther sulfurique, la liqueur d'Hoffmann, les perles d'éther, le Colombo, etc.

D'autres fois, il faut relever les forces de l'organe affaibli; on aura recours aux toniques, aux spiritueux, au quinquina, aux vins d'Espagne, aux infusions amères et aromatiques, à la quassia amara, à la menthe, à la gentiane; s'il y a chlorose, aux ferrugineux, aux préparations ferro-manganiques, etc. Les boissons froides réussissent souvent, le bouillon gras froid et dégraissé, les gelées de viandes, la gelée de lichen au quinquina, rendent parfois de grands services. Dans les vomissements cholériques, on conseille la glace pilée, les préparations gazeuses, Teau de Seltz, la potion de Rivière. On applique quelquefois heureusement à l'épigastre la glace pilée et conservée dans une vessie.

S'il y a acidité des voies digestives, on prescrira l'eau de chaux coupée avec le lait, l'eau de Vichy, l'eau de Seltz, la poudre d'yeux d'écrevisses, la magnésie anglaise pure ou associée au sous-nitrate de bismuth.

Le sulfate, le valérianate de quinine, sont heureusement employés dans certains vomissements intermittents.

Aux vomissements opiniâtres qui se développent pendant la grossesse on opposera l'extrait de belladone appliquée sur le col de l utérus. On a cité quelques succès par l'usage du lait clair à petites doses : ce moyen bien simple a réussi plusieurs fois entre les mains

de M. le docteur Jolly de (Château-Thierry). Dans des cas semblables, M. Ameuille dit avoir employé avantageusement les boulettes de viande crue et hachée ^

D'autres fois le vomissement est provoqué dans un but thérapeutique, he vomissement guérit le vomissement (vomitus vomitii curatur). Il peut arriver qu'il y ait altération dans la sécrétion des sucs gastriques ; quelques doses légères d'émétique peuvent rétablir les sécrétions. Barras a vu un capitaine de la garde royale atteint de vomissements fréquents, revenant par accès, avec nausées continuelles , il se mettait les doigts dans la bouche pour se soulager. Les antiphlogistiques, les révulsifs, les opiacés, les antispasmodiques, avaient été employés inutilement. Le tartre stibié fit disparaître les accès. J'ai vu plusieurs cas de ce genre.

Rien n'est si bizarre que le traitement du vomissement nerveux. Si les vomissements disparaissent souvent avec la cause qui les a produits, le vomissement nerveux résiste quelquefois avec une rare opiniâtreté au traitement rationnel. L'ouvrage de Barras en est remph d'exemples. Ici, c'est un moxa à l'épigastre qui amène la guérison, là c'est le repos pris dans un bain prolongé (de 7 à 8 heures); ce sont les bains de vapeur aqueuse, le suc d'ahments grossiers, lorsque les aliments les plus légers n'étaient pas tolérés.

Si le vomissement est le résultat d'un vice humoral, on tâchera de neutraliser ou de combattre par des remèdes spécifiques le principe morbide fixé sur l'estomac. On prescrira un traitement antirhumatismal, antigoutteux, antisyphilitique ou antidartreux : les révulsifs, les vésicatoires, etc., et tout ce qu'on emploie généralement contre ces diathèses, dont les manifestations très-mobiles sont si dangereuses.

Art. XL — De la diarrhée.

La diarrhée est un symptôme commun à beaucoup de maladies. Elle est caractérisée par la fluidité des matières alvines.

Ce phénomène est dû à une augmentation de quantité dans les sécrétions de la muqueuse et des glandes de l'intestin. On l'a appelé tlux, hypercrinie, diacrise. Il y en a trois espèces :

l"" Diarrhée idiopathique ou essentielle, à laquelle appartiennent les diarrhées nerveuse, catarrhale, spasmodique;

2" Diarrhée sympathique ; c'est le flux de ventre proprement dit.

3** Diarrhée symptomatique, résultant d'une inflammation, ou d'une lésion organique du tube intestinal.

* Union médicale, novembre 1854.

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Quelques auteurs, se plaçant à un point de vue moins élevé, ont admis, d'après des considérations secondaires, des diarrhées éphémères, chroniques, colliquatives, cholériformes, critiques, crapuleuses. Ces diarrhées existent, il est vrai ; mais ce sont des variétés que Ton peut et doit faire rentrer dans le cadre précédent. Nous considérerons la diarrhée comme un symptôme se rattachant à des causes principales ou secondaires. Elle résulte d'un trouble fonctionnel isolé de la sécrétion intestinale, ou de ce même trouble associé à un désordre matériel organique appréciable, d'où la nécessité d'admettre deux espèces de diarrhée :

1^ La diarrhée nerveuse, catarrhale ou spasmodique, le flux;

'2*^ La diarrhée symptomatique des maladies aiguës ou chroniques de l'intestin, ou des organes placés dans le'voisinage.

Nous allons d'abord passer en revue les différentes causes de la diarrhée spasmodique, de cette espèce de diarrhée indépendante des phlegmasies de l'intestin.

On l'observe chez les enfants pendant le travail de dentition, quelquefois chez les adultes et chez les vieillards ; chez les sujets à constitution faible, à tempérament lympathique prononcé, où elle alterne souvent avec la constipation.

D'autres fois elle tient à une prédisposition héréditaire, à certaines conditions atmosphériques, telles que le froid humide et un courant d'air froid sur le corps échauffé ou sur l'abdomen. Cette cause est parfaitement appréciée des Orientaux, qui portent toujours de la laine sur les parois abdominales.

L'alimentation et la quantité ou la qualité des aliments ont une grande influence sur l'état solide ou liquide des matières. Il y a une diarrhée qui résulte de la trop grande masse d'aliments, c'est la diarrhée crapuleuse. Cerimnes idiosyncrasies favorisent son apparition, car on rencontre des personnes chez lesquelles telle ou telle espèce de viande provoque de la diarrhée. Nous connaissons une dame qui n'a jamais mangé une fraise sans éprouver un effet purgatif bien marqué. Le café au lait agit souvent de la même manière. Nous savons tous que beaucoup d'étrangers sont pris de diarrhée en arrivant à Paris, lorsqu'ils ne sont pas encore habitués à l'usage des eaux de la capitale. Beaucoup de personnes croient que l'usage des fruits amène la diarrhée. C'est ime opinion erronée que n'admettent ni PringlC; ni Tissot, lequel, au contraire, dans l'Avis au peuple, recommande leur usage dans le but de prévenir la dysenterie.

Nous avons souvent observé, comme médecin de l'hôpital des Enfants et comme médecin de la direction des nourrices, une diarrhée

opiniâtre chez les enfants, diarrhée qui ne reconnaissait d'autre cause que le lait séreux rempli decolostrum des mauvaises nourrices.

D'autres fois encore, à la suite d'une abstinence prolongée, lorsqu'on donne sans mesure à l'estomac une nourriture à laquelle il n'est plus habitué, ou bien une nourriture trop copieuse, la digestion se fait mal, et souvent les aliments indigérés passent dans le canal intestinal, qu'ils irritent à la manière d'un corps étranger, et amènent une diarrhée plus ou moins abondante.

Il y a une diarrhée produite par des substances médicamenteuses, par les purgatifs, qui agissent en irritant les follicules intestinaux et amènent ainsi le 11 ux de ventre.

On l'observe encore à la suite de fatigues excessives, de contrariétés, d'impressions morales vives, chez certains individus qui commencent à fumer. Fabrice de Hilden rapporte qu'une femme avait un flux bilieux toutes les fois qu'elle se mettait en colère. M. Caillard, médecin de l'Hôtel-Dieu de Paris, fit une chute et fut affecté d'une enterrorrhée qui dura deux mois environ. Cette diarrhée se produit quelquefois aussi chez les sujets pusillanimes qui doivent subir une grande opération, chez les jeunes soldats qui vont au feu pour la première fois. « Dites-moi, docteur, nous demande plaisamment Voltaire, quel rapport il y a entre la diarrhée et un boulet de canon. » Tout le monde connaît l'influence fâcheuse de la peur pendant les épidémies cholériques, etc.

Certaines fièvres graves sont précédées de diarrhée sans que l'intestin soit altéré. La métro-péritonite puerpérale est tantôt accompagnée de constipation, tantôt d'une diarrhée jaune qui apparaît les trois ou quatre premiers jours; quelquefois même elle précède l'apparition de la maladie. Mais cette diarrhée s'observe le plus fréquemment dans la forme typhoïde, tandis que la constipation se montre dans la forme inflammatoire. Dans le premier cas, les selles sont liquides, fétides, glaireuses, quelquefois brunes, le plus souvent jaunâtres, quelquefois sanguinolentes.

Mais, lorsque l'intestin est le siège d'une lésion organique, la diarrhée est dite symptomatique. On l'observe dans les phlegmasies aiguës ou chroniques du tube digestif, dans la gastro-entérite, dans l'entéro-colite, dans les ulcérations cancéreuses, tuberculeuses, typhoïdes, dysentériques, etc. La diarrhée colliquative, qu'on observe souvent chez les phthisiques, est due à la présence de tubercules dans l'intestin.

Quelquefois ce sont des corps étrangers, des vers intestinaux, des matières fécales durcies, qui, par leur séjour prolongé dans l'intestin,

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l'enflamment et amènent la diarrhée. C'est ainsi qu'on observe, chez •certaines personnes, des alternatives de constipation et de dévoiement.

Certaines fièvres éruptives, la rougeole, la variole surtout, sont parfois aussi compliquées de diarrhée. Sydenham nous fait remarquer que la diarrhée précède toujours la variole confluente, tandis que la variole discrète est précédée de constipation. Quelle en serait la cause? Il est difficile de le dire. Nous serions volontiers porté à croire que la diarrhée est produite par une fluxion sanguine très-intense de l'intestin.

Nous avons parlé plus haut de la diarrhée qu'on observe dans la fièvre typhoïde, et nous l'avons rangée parmi les diarrhées symptomatiques de lésions intestinales. Il nous semble qu'on a pris quelquefois la cause pour l'effet et qu'on a été un peu trop loin en considérant la lésion des glandes de Peyer comme un signe anatomique constant de cette maladie. Stoll ne serait-il pas plus dans la vérité lorsqu'il dit que c'est la sécrétion abondante de bile qui, par son acrimonie, ulcère et désorganise l'intestin, lequel, une fois altéré, devient alors lui-même une cause de diarrhée et entretient celle qui existe déjà? C'est l'histoire du pus engendrant le pus.

Nous appellerons sympathique la diarrhée qu'on observe à la période ultime des maladies, au moment de l'agonie.

Quand, sous l'influence de ces causes, la diarrhée catarrhale ou la diarrhée organique se manifeste, les matières excrémentitielles liquides se produisent avec plus ou moins d'abondance, le mouvement péristaltique augmente et l'excrétion des matières offre des particularités importantes, selon l'abondance des évacuations.

Dans la diarrhée catarrhale et spasmodique, ou flux de ventre, les selles sont plus ou moins fréquentes, plus ou moins abondantes, faciles, avec ou sans coliques, et, le plus souvent, sans fièvre. Le ventre est indolent à la pression, aplati ou ballonné, selon qu'il y a présence ou absence de gaz; il résonne peu à la pression, et le bruit qu'il fait entendre est un bruit hydro-aérique plus prononcé danslecœcum ou dans VS iliaque. Si la diarrhée est très-abondante, le pouls est petit, accéléré, inégal, ainsi qu'on l'observe dans la cholérine. L'abondance des évacuations amène une déperdition considérable de chaleur, les extrémités se refroidissent, se cyanosent; on observe une faiblesse générale; la voix se perd, le malade ne peut plus parler, ou ne parle qu'à voix basse; en môme temps la peau devient pâle, terreuse, les chairs mollasses, les yeux s'enfoncent dans les orbites et sont entourés d'un cercle bleuâtre, par suite de l'absorption du tissu cellulaire. La phy-

DES SIGNES FOURÎ^IS PAR lA DIARRHÉE. 1 OOo

sionomie a une expression caractéristique. Si la diarrhée est très-forte, si les selles sont considérables, le sang, perdant soq eau, devient plus épais, circule plus difficilement, et il en résulte un obstacle à l'hématose, qui se traduit sur le \isage par une teinte livide asphyxique. Souvent, dans ce cas, les urines sont supprimées.

Si le flux est moins abondant, les digestions peuvent rester faciles : on n'observe aucun des symptômes graves que nous venons d'énumérer. D'autres fois, les aliments sont incomplètement digérés, et alors chaque repas provoque une selle; c'est la lïenterïe.

La langue, blanche dans les flux considérables, reste naturelle dans la diarrhée peu abondante.

Si, au contraire, la diarrhée est inflammatoire, les phénomènes sont différents.

Cette diarrhée peut être aiguë ou chronique. Dans la première, il y a fièvre, langue rouge, à la pointe et sur les bords, quelquefois noire ou brune sur la ligne médiane, sale à la base. Les symptômes fébriles sont plus ou moins prononcés, selon le degré de la pyrexie, selon la période d'acuité de la maladie. Quant au flux, il doit appeler toute l'attention de l'observateur, sous le rapport de la quantité, de la fréquence, de la nature des selles, de l'époque où elles sont rendues, etc. C'est ce que nous allons examiner succinctement.

Dans la diarrhée catarrhale, les matières sont plus ou moins abondantes. Morgagui raconte qu'en 1755, voyageant en poste pour aller de Forli à Pesaro, il fut pris, à la suite des fatigues de ce voyage, d'un flux qu'il évalue à huit kilogrammes. Potier (Poterius) dit avoir donné des soins à un notaire qui en rendit vingt kilogrammes en vingt-quatre heures. Toutefois elle arrive rarement à ce degré. Dans ce cas les selles sont généralement acides, souvent sans odeur, rarement fétides. Quelquefois elles ont une odeur fade, aigrelette.

Les selles séreuses, albumineuses, se rencontrent fréquemment encore dans la diarrhée catarrhale, dans les affections goutteuses.

Dans la diarrhée inflammatoire, les selles sont jaunes, bilieuses, quelquefois pâles, quelquefois mélangées à des matières solides. D'autres fois, elles sont noirâtres, fétides, infectes, ainsi qu'on l'observe plus particuUèrement dans la fièvre typhoïde.

Elles sont graisseuses dans les maladies du pancréas, blanches dans le choléra, avec des grumeaux blanchâtres, solides, contenant quelquefois des débris d'épithélium, de l'albumine, du sucre de glycose, du carbonate de chaux.

Elles peuvent être sanguinolentes, comme dans la dysenterie, dans l'entérite simple, dans l'entérite typhoïde, lorsque les plaques de Peyer

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sont ulcérées. Quelquefois, à la période ultime de cette maladie, les selles sont presqye exclusivement composées de sang et elles constituent l'hémorrhagie intestinale ou le melxna^ maladies que l'on étudie d'un façon spéciale dans les traités de pathologie.

Les selles peuvent être purulentes ; on les trouve mélangées d'aliments indigérés. Dans la lienterie et dans la diarrhée entretenue par la présence de vers dans les intestins, n'étaient les symptômes concomitants, il serait impossible par l'examen seul des matières d'en indiquer la nature.

Certains purgatifs peuvent modifier la couleur des selles par suite d'une action chimique inconnue ; le calomel les rend verdâtres, quelquefois d'un vert noir.

Chez les enfants, la couleur des selles varie : elles sont jaunes, verdâtres, panachées, par suite delà réaction des acides du canal alimentaire surla matière colorante de la bile mélangée aux fèces. D'autres fois, on y trouve des taches blanches de caséum, dans la lienterie des enfants, par exemple. Elles exhalent souvent une odeur fade, aigrelette, indiquant leur acescence \

D'autres fois, enfin, les selles contiennent des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, des cellules d'épithélium, des globules pyoïdes, des débris de penicillum glaucum, etc.

Le point capital, dans l'étude de la diarrhée, c'est la détermination des causes qui lui ont donné naissance, de sa nature et de son diagnostic différentiel.

Chez un enfant, il faut d'abord s'enquérir de l'état de la dentition, de l'alimentation, des modifications de la température ; examiner la nature des selles, leur couleur, leur quantité ; chercher s'il n'y a pas d'organe malade; et l'examen attentif de ces différentes questions suffit en général pour révéler la nature des accidents.

Pour les adultes, on étudiera la diarrhée sous le rapport de la quantité des selles, de leur couleur, de leur nature, des phénomènes qui accompagnent leur expulsion, selon que la diarrhée est fébrile ou apyrétique, qu'elle constitue la maladie à elle seule ou qu'elle n'en est que l'accompagnement. On s'inquiétera s'il y a chez le malade un vice rhumatismal, goutteux ou dartreux, ou bien un flux habituel supprimé qui puisse être l'origine de l'hypersécrétion intestinale.

Si la fièvre manque, on cherchera s'il y a, comme nous venons de le dire, un trouble physiologique quelconque, une diathèse particulière, si le malade a éprouvé quelque émotion vive. etc.

* Bouctiut. Traité des maladies des nouveaux-nés,]) 4 2etsuiv.

Un état fébrile réclame toute l'attention possible, afin que l'on sache si la diarrhée est sympathique ou symptomatique, ou bien si elle réunit ces deux conditions. Dans ces cas, l'ensemble des symptômes, l'état des organes, leurs fonctions, seront étudiés avec soin. La diarrhée peut être simplement inflammatoire, typhoïde, toxique, tuberculeuse, fébrile on rhumatismale.

Les selles sanguinolentes nécessiteront quelquefois la pratique du toucher anal, dans le cas d'hémorrhoïdes, de fissure anale ou de cancer du rectum; celle de l'auscultation et de la percussion, au contraire, dans les maladies du cœur, des poumons, etc.

La cessation de la diarrhée dépend de la cause qui la produit. Quand la diarrhée n'est qu'un flux, elle est le plus souvent passagère, comme la cause qui l'a provoquée. La diarrhée sympathique dure généralement peu de temps; celle du début des fièvres éruptives, de quelques fièvres graves, disparaît dès que la maladie est tout à fait déclarée. Nous en excepterons toutefois la fièvre typhoïde, dans laquelle elle dure presque aussi longtemps que la maladie elle-même.

La diarrhée symptomatique des lésions intestinales persiste plus ou moins longtemps, et se prolonge autant que la cause qui lui a donné naissance.

La diarrhée inflammatoire est toujours plus longue que la diarrhée produite parles agents toxiques, dont l'action peut être grave, mais n'est que passagère.

La diarrhée qui cesse est presque toujours suivie d'un peu de constipation. Ce phénomène n'avait point échappé à Hippocrate, qui dit, en envisageant la question sous un plus grand point de vue : « A-t-on le ventre lâche dans la jeunesse, on sera constipé étant

vieux \

Quelquefois, enfin, la diarrhée se termine par la mort. Cette terminaison est rare dans la diarrhée catarrhale ou spasmodique, si ce n'est chez les enfants. M. Piorry a vu des exemples d'enterorrhée suivie de mort ; nous-même en avons observé à l'hôpital des Enfants. La mort est très-fréquente dans les cas de diarrhée symptomatique.

Chez ceux qui succombent à la suite dune diarrhée abondante, on ne trouve quelquefois aucune altération de l'intestin, ainsi que cela arrive dans certains cas d'entcrorrhée chez les enfants et chez les adultes, dans quelques affections puerpérales, et chez les vieillards de l^icêtre ou de la Salpêtrière.

* ÛEiivres d'Hippocratef par Littré; Aphorismes, t. IV, apli. Il, § 20.

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Lorsqu il y a une lésion intestinale, cette lésion peut occuper la muqueuse exclusivement, ou bien les follicules disséminés, ou bien les follicules agminés, autrement dits glandes dePeyer. La muqueuse présente une coloration variant du rose tendre au gris ardoisé, ou au brun noir, selon le degré de Tirritation; elle est sous forme de plaques irrégulières; quelquefois, chez les scorbutiques, ces plaques sont remplacées par des pétéchies. Par le fait même de l'inflammation, cette muqueuse peut être ramollie, amincie, d'autres fois infiltrée de sérosité, ainsi que Delmas dit l'avoir observé dans la première épidémie de choléra. Dans cette dernière maladie cependant, elle aprèsque toujours une épaisseur et une consistance normales.

Les follicules isolés sont augmentés de \olume, hypertrophiés à la suite des flux chroniques chez les enfants, dans le choléra, ce qui avait porté Bally et Serres à créer le mot de psorentérie (gale des intestins), pour désigner cette disposition particulière, dans la fièvre typhoïde, où l'on rencontre presque constamment le gonflement et les ulcérations des follicules isolés ai agminés, ou plaques de Peyer; dans l'entérite tuberculeuse et cancéreuse, où les ulcérations accompagnent les tuberculeuses^ le cancer^ etc.

Si la diarrhée sympathique est généralement peu dangereuse par elle-même, elle peut le devenir par suite des différentes circonstances qui l'accompagnent et que nous allons passer rapidement en revue .

Habituellement peu grave dans l'enfance, elle se manifeste trèssouvent au moment du travail de la dentition, et, dans ce cas, à moins d'une abondance excessive, elle est considérée par beaucoup de médecins comme un phénomène salutaire. Toutefois c'est à cet âge surtout qu'il faut s'opposer aux diarrhées chroniques, dont la persistance finit par détériorer la constitution, en appauvrissant le sang, et dont les matières irritent la muqueuse intestinale, au point de l'ulcérer, ce qui les rend plus tard symptomatiques de lésions très-profondes.

La diarrhée est plus ou moins grave, selon sa forme, sa marche, et sa cause organique, nerveuse ou épidémique, etc. Ainsi la diarrhée sympathique est généralement moins grave que la diarrhée symptomatique. Dans cette dernière, le pronostic dépend entièrement de la nature des lésions organiques : l'entérite typhoïde est, toutes choses égales d'ailleurs, plus redoutable que l'entérite simple; mais elle l'est moins (jue l'entérite tuberculeuse ou carcinomateuse, qui sont fatalement mortelles.

Si la diarrhée est queh|uefois dangereuse, en revanche elle est par-

DES SIGNES FOURNIS PAR LES FLATUOSITÉS ET PAR LES BORBORYGMES. 10ll7

fois aussi un phénomène salutaire : elle constitue une crise heureuse, ainsi qu'on l'observe chez quelques hydropiques, que soulage et que guérit une diarrhée séreuse abondante, etc. C'est dans ce but qu'on cherche à la provoquer pour amener une dérivation dans certaines maladies aiguës ou chroniques affectant la peau, les muqueuses nasales, oculaires, bronchiques, etc. Hippocrate avait remarqué leur bon effet dans les ophthalmies. « Pour qui a une ophthalmie, être pris de diarrhée, c'est bienV » On la provoque encore comme moyen dérivatif dans le but de prévenir certaines hémorrhagies, l'apoplexie cérébrale.

La diarrhée sanguinolente est plus souvent une maladie grave à cause des lésions intestinales qui la provoquent. Si les ulérations des plaques de Peyer peuvent facilement se cicatriser, il n'en sera pas de même si ces ulcérations coïncident avec des tubercules pulmonaires, s'il y a un cancer du rectum, ou bien des lésions organiques graves^ du cœur, un obstacle au passage du sang dans la ^eine porte, etc.

En résumé :

1" La diarrhée spasmodique, nerveuse, catarrhale, est quelquefois salutaire ;

2° Le flux diarrhéique proprement dit n'est généralement pas grave, à moins que l'abondance des matières rendues ne produise l'état asphyxique ou anémique;

5° La diarrhée symptomatique est toujours assez grave, à cause des lésions anatomiques qui lui ont donné naissance.

Art. XII. — Signes fournis par les flatuosités et par les borborygmes.

Les gaz qui se développent dans le canal alimentaire sont l'hydrogène carboné, l'acide sulfhydrique et le gaz acide carbonique. Leur présence en excès constitue la pneumatose gastro-intestinale, généralement désignée sous le nom de flatuosités.

On appelle borborygme, de Bopêopû^w, je fais un bruit sourd, les bruits sourds et spontanés que ces gaz produisent en circulant dans l'intestin.

On donne le nom d'éructation ou rot à l'éruption des gaz qui, sortant de l'estomac, s'échappent au dehors par la bouche.

On désigne plus particulièrement sous le nom de vent les gaz qui sortent, avec ou sans bruit, par le rectum.

Les borborygmes, les éructations, les vents, annoncent la présence

» Ai>h., 17 §0.

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d'un excès de gaz dans les voies digestives. Certaines circonstances morbides peuvent faire varier la quantité de ces gaz, et donner lieu àdes coliques et à des douleurs abdominales aiguës plus ou moins vives. On observe ces llatuosités chez les convalescents, lorsque les forces digestives n'ont pas repris encore toute leur activité, chez les gens valétudinaires, les enfants, les vieillards, les hommes de cabinet, à vie sédentaire, hypocondriaques, les goutteux, les femmes grosses, dans la fièvre puerpérale, dans les phlegmasies intestinales chroniques, etc.

Les borborygmes annoncent habituellement la venue prochaine d'évacuations alvines.

« Dans les maladies aiguës, dit Landré-Beauvais, c'est un signe dangereux quand, des borborygmes se faisant entendre et le ventre étant très-gonflé, il ne sort ni vents ni déjections. »

Dans l'hystérie, il se produit, souvent en fort peu de temps, une énorme quantité de flatuosités stomacales, intestinales. 11 en résulte de la douleur et une gêne très-sensible. Ces phénomènes ne cessent que par l'expulsion ou l'absorption de ces flatuosités.

Les borborygmes s'observent très-souvent chez les aliénés et en particulier chez les maniaques et les lypémaniaques. Chez ces derniers, il est fort curieux de les voir devenir l'occasion d'hallucinations étranges. Ces malheureux se croient fort malades, en danger de mort, ou bien ils s'imaginent que leur ventre renferme des ennemis, des êtres vivants, comme des serpents, des crapauds, etc.

Les borborygmes résultent fréquemment de l'ingestion de certains aliments surnommés flatulents, comme les farineux et les crucifères.

La présence des vers intestinaux a un semblable résultat.

On les rencontre, comme symptômes, dans la hernie étranglée, dans l'étranglement interne, dans la péritonite, dans les cancers de l'estomac et de l'intestin.

Les borborygmes n'ont aucune valeur diagnostique. Ils indiquent seulement qu'il se produit une grande quantité de gaz et de liquides, et que ces matières circulent difficilement dans l'intestin.

Art. XIII. — SiGNFs fouhjnis pat. le gargouillemeint.

Les borborygmes elle gargouillement sont deux signes fournis par l'audition; maiï^il existe cependant entre eux une notable différence. Les premiers s'entendent spontanément, souvent à distance, tandis que le gargouillement ne se perçoit que quand on comprime avec les mains les parois abdominales et les intestins.

11 y a deux sortes de gargouillements : le bruit de lluctuation stomacale, ou gargouillement de l'estomac, et le gargouillement intestinal.

§ ï. Du gargouillement de l'estomac.

Dans les mouvements brusques, on peut entendre une fluctuation qui ressemble assez au bruit qui est produit par l'agitation d'un liquide dans un \ase de verre à moitié plein. Pour que ce bruit de fluctuation stomacale puisse se produire, il faut donc dans l'estomac la présence d'un liquide et de gaz. Du reste, il ne se développe pas seulement par les mouvements spontanés, on le fait se développer par la succussion en divers sens. 11 est souvent assez fort pour s'entendre à une grande distance, plusieurs mètres par exemple; le plus souvent il faut, pour le percevoir, approcher l'oreille de la paroi abdominale, pendant qu'une autre personne fait la succussion.

Le gargouillement stomacal indique une dilatation de l'estomac, et s'observe assez souvent dans l'état de santé. Lorsqu'on le rencontre dans l'état morbide, avec une paralysie des membres ou des vomissements, il est toujours le symptôme, soit d'une nosorganie cérébrale, soit d'un obstacle apporté au cours des matières contenues dans l'estomac, au niveau de l'oritice pylorique.

Cet obstacle est habituellement constitué par un cancer, par un épithélioma, par des tumeurs extra-stomacales, qui compriment cette ouverture. 11 en résulte que le bruit de fluctuation stomacale devient quelquefois un signe des rétrécissements du pylore.

§ II. Du gargouillement intestinal.

Pour que le gargouillement intestinal puisse se produire, il faut dans l'intestin la présence de gaz et de matières liquides. On détermine ce gargouillement en appuyant avec une certaine force sur la paroi abdominale.

Le plus souvent, la personne qui, par la manœuvre indiquée, provoque le gargouillement, n'est pas seule à l'entendre. En effet, ce bruit est habituellement assez fort et assez prononcé pour être perçu à distance. D'autres fois, on l'entend à peine, et il faut avoir l'oreille presque appliquée sur la paroi abdominale. Dans ce cas, il convient d'exercer soi-même la pression pour percevoir sous le doigt la crépitalion des liquides et de l'air, dont le choc produit le gargouillement.

Pour déterminer le gargouillement, on doit procéder de la manière suivante : appliquer les deux mains à plat sur l'abdomen, à une petite distance l'une de l'autre, et appuyer graduellement de manière à déprimer profondément la paroi abdominale. Pendant (piunc main est

B. — PATHOL. GÉ.N. Ci

1010 DE LA SÉMÉIOLOGIE.

immobile, iixée par tous les points de sa face palmaire sur la paroi abdominale, l'autre imprime des mouvements brusques et secs; au bout d'un instant, s'il y a des gaz et des liquides dans l'intestin, le gargouillement se produit. Il faut exercer ces mouvements d'abaissement de la paroi du ventre avec beaucoup de modération, car ils peuvent déterminer de la douleur.

Le bruit de gargouillement est un phénomène passager. Après l'avoir produit, on ne le perçoit bientôt plus au même endroit, parce que les liquides et les gaz se sont déplacés.

Il est rare de trouver le gargouillement sur tous les points de la surface de l'abdomen. On l'entend habituellement sur le trajet du gros intestin, mais plus ordinairement encore au milieu du cœcuni dans la fosse iliaque droite, il existe quelquefois sans qu'on puisse l'apprécier distinctement, ce qui arrive dans les cas de volume exagéré du ventre par les altérations anatomiques de la tympanite, de l'ascite, des tumeurs du ventre, etc.

Quelquefois le gargouillement est abondant, et à bulles fines. Dans ce cas, il est souvent très-étendu et accompagne les ilatuosités; on le rencontre chez les gastralgiques, chez tous les individus dont les digestions ne sont pas normales.

Là, il est à grosses bulles et moins abondant. Souvent placé dans le gros intestin, il peut être limité à une partie de cet organe, dans le cœcum au niveau de la fosse iliaque droite. On le rencontre au début et pendant le cours même de certaines maladies de l'intestin, l'entérite, la dysenterie, la fièvre typhoïde, les obstructions du cœcum, etc.

Il est bon de noter que c'est presque toujours dans l'intestin que se produit le gargouillement, beaucoup plus rarement dans la cavité d'un abcès, plus rarement encore certainement dans la cavité du péritoine.

Art. XIV. — Des signes fournis par la constipation.

On appelle constipation la rareté, la sécheresse et la dureté des matières fécales.

La constipation s'accompagne habituellement de coliques, de tension du ventre, de chaleur, de ballonnement, d'inappétence. Chez certains sujets maigres, l'on peut reconnaître, par l'exploration du ventre, des matières dures, dites scybales, arrêtées dans le gros intestin . Ailleurs , on sent ces matières dures dans l'extrémité inférieure du rectum, d'où elles pressent et gênent la vessie, le vagin et la matrice.

La constipation alterne souvent avec la diarrhée. Les matières fécales agissent comme de véritables corps étrangers, provoquent une

DES SIGNES FOURNIS PAR l'eXAMEN DES MATIÈRES FÉCALES. 1011

sécrétion muqueuse plus ou moins abondante qui les entraîne au dehors de l'intestin.

La constipation a pour causes principales et directes la paralysie de l'intestin ou des parois de l'abdomen, à la suite des maladies du cerveau; l'atonie de l'intestin, son obstruction produite par des lésions de ses parois ou par des tumeurs du voisinage, les phlegmasies chroniques, le défaut de sécrétion des liquides qui servent aux phénomènes de la digestion, tels que la bile et le mucus, le spasme du sphincter de l'anus, etc.

La constipation est le symptôme d'un grand nombre de maladies, et son étude est très-importante dans le diagnostic. On l'observe dans la méningite, dans les maladies organiques de l'estomac, dans les maladies du cerveau, dans la colique de plomb, etc. Elle est constante dans la méningite. Les évacuations sont sèches, rares, le ventre aplati, et il y a toujours des vomissements au début. Cette constipation lui sert de signe distinctif avec la fièvre typhoïde. En effet, dans cette dernière maladie, avec la fièvre et la stupeur plus ou moins grande, existe de la diarrhée, avec un ballonnement du ventre qu'on n'observe point dans la méningite.

La constipation s'observe encore dans Y apoplexie, dans le ramollissement cérébral et dans les tumeurs du cerveau. Celle-ci et la rétention d'urine qui l'accompagne indiquent l'inertie du rectum et de la vessie, inertie qui dépend de la lésion des centres nerveux. Elle accompagne le rétrécissement du pylore, à cause du peu d'abondance des matières qui passent dans l'intestin; la colique deplomb^ par suite de la sécheresse de la muqueuse intestinale et de la paralysie des parois de l'intestin; Victère spasmodique, et il s'y joint une coloration jaune bilieuse de la peau. La constipation nous parait être ici un signe d'autant plus important à noter, que l'on ne la rencontre pas dans l'ictère fébrile, et on peut la considérer comme un signe différenciel entre ces deux espèces d'ictère. Elle s'observe enlin ddius les phlegmasies chroniques de Vintestin, par suite de la sécheresse de la muqueuse intestinale; dans la convalescence des phlegmasies, surtout chez l'adulte; dans la convalescence de la fièvre typho'ide, dans la péritonite aiguë générale^ dont elle constitue l'un des symptômes les plus importants. C'est un phénomène du début et de la période d'état de cette phlegmasie. Il ne caractérise pas seul la maladie; mais, réuni aux auties symptômes, il a une très-grande signilication.

Akt. XV. — Df.s signes fournis pai\ l'examen des matières fécales. Si les matières rendues dans la défécation étaient bien connues,

1012 DE LA SÉMÉIOLOGIE.

non-seulement dans leur apparence extérieure, mais encore dans leur composition intime, on reconnaîtrait beaucoup mieux la nature des maladies de l'estomac et des intestins . Il faudrait évidemment faire pour ce produit d'excrétion ce que l'on a fait pour les urines; mais les recherches de ce genre répugnent à beaucoup de médecins, et nous ne pouvons parler des excréments que sous le rapport de leur abondance, de leur couleur, de leur forme, et de quelques-uns des produits étrangers qui s'y trouvent mélangés.

l'' Les matières excrétées sont liquides. — Elles peuvent être aqueuses, comme dans le flux de l'intestin, dans le choléra, dans la goutte, dans la diarrhée dite catarrhale, dans les purgations par les sels neutres, etc. Souvent alors mélangées à du mucus ou à des matières en petite abondance, elles sont incolores et transparentes, ou légèrement jaunâtres, ou entin blanchâtres, opalines, mêlées de petits grumeaux blancs comme du riz; c'est ce qu'on observe dans le choléra.

Elles sont liquides, jaunâtres, bilieuses, ou formées de bile presque pure, dans la diarrhée inflammatoire et dans les diarrhées qui surviennent souvent dans la convalescence des maladies aiguës.

Elles sont graisseuses et comme remplies d'huile dans les maladies du pancréas, lorsque la graisse de l'intestin n'est plus émulsionnée par le suc pancréatique. C'est du moins ce qui résulte de quelques faits publiés par MM. Moyse et Cl. Bernard ^

Elles sont albumineuses, mêlées à des fragments d'albumine incolore comme du blanc d'œuf, dans quelques diarrhées inflammatoires aiguës.

Elles sont Uquides, lientériques , c'est-à-dire mêlées à des aliments non digérés, dans l'entérite chronique.

Elles sont sanguinolentes, dans l'entérite aiguë; sanguinolentes et muqueuses ou purulentes, unies à des pellicules membraneuses, dans la dysenterie; ensanglantées et formées de sang pur en notable proportion, dans l'hémorrhagie intestinale. Alors le sang est pur et rouge, s'il vient du rectum et du gros intestin; il est noirâtre, s'il vient de l'intestin grêle, et tout à fait noir enfm, à moitié solide, lorsqu'il a séjourné longtemps dans le ventre. L'excrétion de ces matières noires liquides ou demi-solides constitue le méléna. Cela s'observe dans la fièvre pernicieuse dysentérique, dans le cancer de l'estomac et des intestins, dans la colite ulcéreuse chronique, et dans les hémorrhagies intestinales produites par la fièvre typhoïde, la fièvre jaune ou n'importe quel état morbide local et général.

Elles sont purulentes dans la dysenterie chronique, et alors le pus est toujours mélangé à du sang et quelques matières stercorales li- ; • Ixçons de physiologie ex'pc'rimentale. Paris, 1856, l. II.

DES SIGNES FOURNIS PAR l' EXAMEN DES MATIÈRES FÉCALES. lOlo

quides. On n'y trouve du pus en nature que lorsqu'un abcès de la fosse iliaque, des ligaments larges, de la colonne vertébrale, de la prostate et du pourtour de Fanus, s'est ouvert dans l'intestin.

2" Les matières excrétées sont solides. — Dans l'état naturel ce sont des matières d'un jaune ocré, assez abondantes, moulées, et d'une odeur désagréable, caractéristique. Leur consistance est assez forte, et, sorties du rectum, elles conservent leur forme primitive.

Dans cet état solide, elles présentent une foule de modifications relatives à la couleur, à la forme, à la consistance, à l'odeur, etc. Elles sont brunes, noirâtres ou noires, chez les individus constipés, chez les mélancoliques et chez les hypocondriaques, chez ceux qui prennent du fer, du bismuth et du charbon ; verdâtres, chez ceux qui font usage de légumes herbacés ou qui ont pris du calomel à petite dose ; elles sont peu abondantes, fragmentées, dures et ovillées, c'est-à-dire semblables à des excréments de brebis, dans la gastro-entérite aiguë, dans la dyspepsie et dans l'hypocondrie. Au contraire, elles sont molles, filiformes ou aplaties dans la gastro-entérite chronique et dans les maladies chroniques des voies digestives, avec ou sans rétrécissement du calibre de l'intestin. On les rencontre à l'état pultacé^ c'est-à-dire en bouillie, dans les mêmes circonstances, lorsque la maladie est plus grave.

Elles sont jaunâtres f pâles^ quelquefois même semblables à de l'argile, dans l'entérite chronique sans diarrhée; décolorées, grisâtres, dans l'ictère, par obstacle au cours de la bile dans l'intestin; striées de sang dans la colite chronique, la fissure anale et les hémorrhoïdes fluentes.

On trouve souvent avec les matières fécales solides, à leur surface, dans une étendue assez grande, des pellicules jaunâtres, blanches, albumineuses, constituées par du mucus et formant des pseudo-memoranes que l'on a pris, soit pour des vers, soit pour des fragments de membrane muqueuse. Ces pellicules ne sont autre chose que du mucus compacte sécrété par la muqueuse intestinale; elles sont formées d'albumine concrète et de globules muqueux et pyoïdes. On les observe chez les sujets constipés, dans l'entérite chronique, chez les hypocondriaques et chez les femmes très-nerveuses. Il est rare que ceux qui souffrent un peu du ventre et des digestions, après avoir eu autrefois une forte diarrhée, ne présentent pas ces pellicules à la surface de leurs matières excrémentitielles.

Les matières fécales renferment souvent des corps étrangers, venus soit de la bouche et introduits avec les aliments, soit de l'intérieur même du corps. On y trouve des vers, tels que les oxyures, le taenia.

1014 DE LA SÉMÉIOLOGIE .

les ascarides, des calculs intestinaux, des calculs biliaires, des fragments d'intestin gangrené à la suite d'une invagination, etc.

Art. XVI. — Des signes fournis par la tympanite, ou pneumatose intestinale.

La pneumatose intestinale ou Ujmpanite est un état morbide caractérisé par l'accumulation d'une grande quantité de gaz dans le tube digestii'. On réserve le nom de météorisme à une distension moindre de r intest in.

Tantôt toute la cavité du tube digestif est distendue, et les anses intestinales se dessinent sous la peau du ventre ; tantôt la tympanite n'est que partielle, ce qui est le cas le plus fréquent, et alors les gaz occupent surtout le gros intestin,

La pneumatose mtestinale change toujours la forme du ventre, qui augmente de volume et devient globuleux. La peau est très-tendue, lisse et luisante; elle présente une résistance élastique et égale dans tous les points de sa surface. Ordinairement il n'y a pas de douleur; s'il en existe, c'est que la distension par les gaz est poussée à un degré considérable, ou bien c'est en raison d'une péritonite subaiguë ou chronique. Ordinairement la pneumatose intestinale ne dépasse pas certaines limites, et, si dans ces cas elle contribue à amener une terminaison funeste, ce n'est qu'indirectement, comme accident secondaire survenu dans une autre maladie. Au contraire, lorsque la tympanite est portée très-loin, elle détermine des symptômes sérieux d'asphyxie. Le diaphragme est refoulé en haut, jusqu'à la quatrième côte, €t les fonctions de la respiration et de la circulation, notablement gênées, ne peuvent plus s'accomplir. Dans la tympanite, la percussion donne un son très-clair, dit son tympaniqae, ayant du reste quelque chose de caractéristique, surtout dans les cas où les gaz sont accumulés en abondance.

Quand la tympanite est partielle, il est plus difficile de la constater, ou du moins le bruit que donne la percussion n'est plus aussi caractéristique. Dans ce cas, il faut comparer, pour le bien juger, le bruit que l'on entend avec le bruit normal que donne la percussion du ventre dans l'état de santé. Si le bruit est très-clair, il y a certitude qu'une plus ou moins grande quantité de gaz existe dans l'intestin, en d'autres termes qu'il y a commencement de pneumatose. Cette résonnance exagérée ne change pas avec les déplacements du malade; elle indique une énorme distension gazeuse, et quelquefois, dans les cas graves, elle s'élève jusque sous le mamelon. Alors le foie est refoulé en haut et en arrière, il a basculé de telle sorte <iue la matité donne une étendue moindre que la hauteur habituelle

de l'organe. S'il y a des liquides dans l'intestin, le son est différent; outre ces borborygmes de l'intestin qui annoncent leur présence, le bruit fourni par la percussion n'est plus aussi clair ni aussi franchement sonore; il est obscur; c'est ce qu'on appelle le bruit hyclroaévïque, bruit d'ailleurs très-caractéristique, et qu'on ne saurait confondre avec aucun autre.

Quand la pneumatose intestinale \ient compliquer l'ascite, les gaz sont situés, bien entendu, au-dessus du liquide; les anses intestinales, distendues, sonores, forment un paquet qui se trouve placé à la partie supérieure de la couche du liquide renfermé dans la cavité du péritoine. La sonorité s'entend alors au-dessus des parties où siège la matité.

11 y a des cas où le son clair de la tympanite plus ou moins appréciable est très-facile à constater, c'est quand les anses intestinales, soit par le fait d'une ancienne péritonite, soit par la présence d'une tubercuhsation en voie de développement, sont adhérentes les unes aux autres.

Il arrive très-souvent dans la tympanite, et surtout dans la tympanite stomacale, de voir des gaz rejetés par la bouche. Quelquefois pareille chose arrive dans la tympanite du gros intestin ; mais alors les gaz sont rejetés bruyamment par l'anus. Ces gaz, tant ceux qui sont rendus par la bouche que ceux qui sont expulsés parle rectum, ont habituellement une odeur fétide d'acide sulfhydrique ou d'hydrogène carboné. Le développement gazeux est quelquefois très-rapide, et souvent, après une disparition amenée par l'effet d'une médication convenable, l'on voit tout à coup le ventre se météoriser de nouveau et la distension être bientôt plus considérable qu'elle n'était primitivement. Comment la tympanite cesse-t-elle? Généralement les gaz sont rejetés au dehors. Cependant, parfois, le ventre diminue rapidement de volume, sans que les gaz soient expulsés. On admet alors que l'absorption les a fait disparaître.

La pneumatose intestinale est un phénomène éphémère qui dure de un à quelques jours; d'autres fois elle constitue une affection rebelle, permanente, qui dure plusieurs mois ou plusieurs années. Il est trèsfréquent de la voir coïncider avec l'ascite, la constipation, les vomissements spasmodiques, la diarrhée. Elle accompagne très-souvent la fièvre hectique.

Tantôt la tympanite est produite par sécrétion exagérée des gaz, comme dans l'hystérie; tantôt par absence d'excrétion des gaz, quand il y a, par exemple, un obstacle au cours des matières, soit qu'il occupe l'intestin, soit que, situé en dehors de l'intestin, il agisse sur celui-ci en le comprimant. H y a encore défaut d'exciétion des gaz

1016 DE LA SÉMÉIOLOGIE.

lorsque les contractions intestinales ne se font plus, en raison de la paralysie de la tunique musculaire.

On pourrait confondre la tympanite intestinale avec la pneumatose utérine et la pneumatose du péritoine. Dans la pneumatose utérine, le développement des gaz à l'intérieur de la matrice produit une tumeur élastique, assez semblable à une tumeur de grossesse, située profondément dans l'hypogastre, remontant quelquefois jusqu'à l'ombilic, et donnant à la pression un son clair. Le toucher démontre que l'utérus est distendu; l'on ne peut produire le ballottement, et le doigt, introduit dans le col, peut donner passage à des gaz fétides qui s'échappent avec bruit.

D'autres auteurs ont nié d'une manière absolue la pneumatose utérine, dans l'état de vacuité de l'organe, en dehors de l'accouchement. Malgré les dénégations de MM. Stoltz et Naegelé, il faut se rappeler que Laennec assure avoir rencontré la pneumatose utérine comme symptôme d'hystérie. M. le docteur Racle présume qu'on s'en est laissé imposer par cette accumulation de gaz dans le vagin, connue sous le nom de rot vaginal. Quant à la tympanite péritonéale, si elle existe, elle doit être fort difficile à distinguer de la pneumatose des voies digestives. Combalusier et Baldinger ont cité des faits de ce genre, et, plus récemment, M. Cazeaux a pensé en avoir observé un nouvel exemple que l'on trouve mentionné dans les Mémoires de la Société de biologie pour l'année 1849.

On rencontre la pneumatose intestinale dans un assez grand nombre de maladies, et principalement dans l'hystérie, dans les névroses de l'estomac, dans la fièvre typhoïde, lapéritonite, les maladies de l'intestin, etc.

1° Dans V hystérie, cette pneumatose constitue un phénomène important. Les hystériques se sentent gonflées, et il leur semble qu'une boule monte de l'estomac les serrer à la gorge ou descend dans le ventre en parcourant tout l'abdomen. Beaucoup de ces gaz sont rejetés par la bouche : ils sont inodores. Ces phénomènes de pneumatose ne sont pas accompagnés de fièvre, ni même d'aucun trouble dans les fonctions. Ils constituent l'un des symptômes de l'hystérie, et ils servent à la caractériser, en ce sens qu'ils font généralement partie de l'attaque hystérique.

2" Dans la gastralgie, la pneumatose stomacale est un phénomène assez commun, qui se produit en général immédiatement après le repas, et pendant tout le temps de la digestion, qui est longue, pénible, difficile; cette pneumatose est accompagnée d'éructations gazeuses inodores ou fétides, ayant l'odeur de l'acide sulfhydrique.

3° Dans la fièvre tgphoule, il y a toujours un certain degré de pneu-

matose intestinale, et, quand elle n'est pas très-étendue, elle porte le nom de météorisme.

Ce météorisme varie suivant l'époque de la maladie à laquelle on l'observe. Au début, il a pour siège l'intestin grêle. M. le professeur Bouillaud lui assigne pour cause la rétention des gaz arrêtés par la tuméfaction de la valvule iléo-cœcale, ce qui donne raison de son siège à la région sous-ombilicale, et non dans les flancs et à la région épigastrique. Il est certain, en effet, que la région delà valvule iléo-cœcale est le siège d'une lésion plus marquée en ce point que partout ailleurs, et cela explique bien la fréquence et le siège particulier de lapneumatose.

Le météorisme sous-ombilical est donc un signe précieux de la fièvre typhoïde à son début.

Plus tard, la pneumatose n'est plus bornée à l'intestin grêle, elle s'étend au gros intestin, et le ventre devient comme un ballon. Ici, cette pneumatose dépend sans doute de l'inertie de la tunique musculaire de l'intestin, qui tient elle-même de l'adynamie dans laquelle tombent les malades.

4° Dans la péritonite^ la pneumatose intestinale est un symptôme constant au début et dans le cours delà maladie. Elle s'observe également dans la péritonite chronique, simple ou tuberculeuse, et c'est le seul symptôme du début pouvant persister assez longtemps sans être accompagné d'aucun autre symptôme confirmatif.

ly"" DarnsV étranglement interne, la pneumatose est le résultat de l'obstacle apporté au cours des matières et des gaz. Ici, les deux principaux symptômes constants sont la constipation et la pneumatose intestinale. On peut même dire que la constipation sans pneumatose serait insuffisante à caractériser un obstacle au cours des matières. Ici, la tympanite, comme la constipation d'ailleurs, a une marche qui a quelque chose de caractéristique; elle s'établit d'une manière définitive après avoir longtemps offert des alternatives de constipation et d'abondantes évacuations de matières stercorales.

Art. XVII. — Des signes fournis par la douleur ardominale.

Des douleurs abdominales se montrent dans un grand nombre des maladies organiques et nerveuses des voies digestives et des organes renfermés dans la cavité du ventre.

La condition anatomique nécessaire à la production de cette douleur dans l'état pathologique est, dit-on, la distribution aux organes malades de filets nerveux du système cérébro-spinal, que ces organes soient d'ailleurs sensibles ou ne le soient pas dans l'état habituel. Quant à ceux qui ne reçoivent que des filets nerveux du grand sym})athique,

1018 DE LA SÉMÉIOLOGIE.

lisseraient, d'après M. Boiiillaud, complètement insensibles. D'après cet observateur, la douleur manque dans les maladies de l'intestin grêle et du péritoine viscéral, parce que ces parties ne reçoivent que des rameaux venant du grand sympathique ; tandis que les autres organes du ventie reçoivent à la fois des rameaux du grand sympathique et du système cérèbro-rachidien. Il y a douleur dans les maladies de l'estomac, du foie et de la rate, parce que, outre les filets du grand sympathique, ces organes reçoivent des filets du pneumo-gastrique. Il y a douleur dans les maladies des reins et de la matrice , parce que, outre les rameaux qui viennent du grand sympathique, ces organes sont animés par des nerfs venant des plexus lombaire et sacré. Il y a donleur dans l'inflammation du péritoine pariétal, parce que cette partie de l'enveloppe des organes abdominaux ne reçoit pas seulement des filets du grand sympathique, mais qu'elle en reçoit encore des parois abdominales. Sans doute, les tissus qui reçoivent des nerfs du système cérébro-spinal sont plus douloureux que ceux qui sont animés par le grand sympathique, mais il n'est pas exact de dire que ces tissus privés de nerfs restent indolents dans l'état morbide. On sait aujourd'hui que les tendons et les ligaments enflammés sont trèsdouloureux, et il en est de môme pour l'intestin grêle et la séreuse qui le couvre.

La douleur du ventre s'observe dans une foule de maladies inflammatoires, aiguës ou chroniques, dans les névralgies et dans les maladies organiques des viscères abdominaux. Elle n'est pas toujours identique, et elle diffère suivant une foule de circonstances, suivant son siège, suivant la nature de la maladie dans laquelle on l'observe, etc.

On peut dire qu'elle est en rapport avec l'étendue de la lésion, non pas à cause de son intensité, mais au point de vue de la surface occupée par elle. Si elle est circonscrite et bornée à l'organe malade, elle a une grande valeur diagnostique; malheureusement eUe neconservepas toujours ce précieux caractère, car elle se généralise, et s'étend aux parties voisines. Toutefois, dans le lieu primitif de la lésion, la douleur est toujours plus vive qu'ailleurs, et c'est de là qu'elle s'irradie en suivant le trajet des nerfs. Ainsi, dans la tumeur blanche de la hanche, les malades ressentent une vive douleur au genou ; dans les maladies de l'estomac, les douleurs ne se bornent point au ventricule, elles s'étendent assez loin, à la région correspondante du dos et à la paroi antérieure de la poitrine. On sait que dans les maladies du rein les douleurs sur le trajet de l'uretère sont communes; chez les enfants ayant des calculs du rein ou de la vessie, les douleurs à la verge et surtout au gland sont extrêmement fréquentes; elles constituent même

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