‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 199 sur 212 · DES SIGNES FOURISIS PAR LE VOMISSEMENT · texte numérisé non relu

DES SIGNES FOURISIS PAR LE VOMISSEMENT

G" Des 7natières ensanglantées^ depuis quelques filels de sang jusqu'à 300, 400 et même 1,000 grammes de sang pur; dans les hémorrhagies supplémentaires, dans le scorbut, dans la fièvre jaune, dans la rupture de vaisseaux artériels ou veineux provenant de l'estomac, du foie, de l'épiploon, etc.;

7** Des matières noires^ semblables à du marc de café, à de la terre ou de la suie délayée dans l'eau; dans certaines gastralgies, dans la fièvre jaune et dans les cancers ulcérés de l'estomac;

8° Du pus; dans la suppuration des parois de l'estomac, dans les abcès du foie, des reins ou d'un autre organe s'ouvrant à l'intérieur de l'estomac;

9" Des fausses membranes ; dans la gastrite pseudo-membraneuse, dans l'œsophagite couenneuse, dans les aphthes;

10" Des corps étrangers, provenant de l'intérieur, soit des vers, des kystes à échinocoques, des végétaux infusoires ou sarcine; provenant de l'extérieur, des balles, des fourchettes, des aiguilles, etc.

Les matières vomies sont acides, alcalines ou neutres : acides, lorsqu'il y a inflammation de l'estomac, au début de fièvres graves; alcalines dans les affections chroniques, les dégénérescences organiques, etc. ; neutres dans la gastrorrhée ou pituite, dans la dyspepsie, etc.

Un des points les plus importants de l'histoire du vomissement, c'est le diagnostic différentiel.

Pour y arriver, il faut envisager le vomissement sous le point de vue le plus général, considérer s'il existe avec ou sans fièvre : dans le premier cas, il peut être symptomatique d'une gastrite, ou se trouver sous la dépendance d'affections aiguës commençantes. Si le vomissement est sans fièvre, il faut examiner la nature et la qualité des matières vomies, le moment où se produit le phénomène; chercher s'il y a quelque lésion organique à l'épigastre ou dans le voisinage ; si les fonctions digestives, circulatoires, encéphahques, ne sont pas troublées; s'il n'y a pas d'altération dans les sécrétions; si la peau a conservé sa coloration normale ; s'il y a une métastase goutteuse rhumatismale ou darlreuse ; s'il y a des coliques hépatiques ou néphrétiques ; s'il y a affection de l'utérus ou grossesse. On s'informera encore des habitudes du malade, de son genre de vie, de sa nourriture, etc. Le résultat de ces recherches et les antécédents du malade indiqueront la cause du phénomène morbide et les moyens d'y remédier.

Dans les affections organiques du cerveau, par exemple, le vomissement est souvent le premier indice de l'altération cérébrale, et ce sont les phénomènes concomitants qui donnent infhiinient de certitude et de précision au diagnostic. Ainsi, dans l'exostose syphilitique, les an-

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técédents, les douleurs nocturnes, indiquent le traitement à prescrire. Si la tumeur est cancéreuse, les vomissements quelquefois opiniâtres dureront depuis longtemps ; on pourra observer la couleur jaunepaille, caractéristique de la peau, un changement d'humeur dans l'es-' prit du malade, quelques douleurs névralgiques, de la migraine, de la paralysie, etc.

Si, après le vomissement, la peau devient jaune, ictérique, ainsi que les conjonctives et la face inférieure de la langue; s'il y a tension et douleur à l'hypocondre droit, avec des urines ictériques, les vomissements sont un des signes de l'affection calculeuse de la vésicule biliaire.

Si le vomissement est lié à une disposition rhumatismale, on le reconnaîtra aux antécédents du malade, à l'absence de réaction fébrile, à Tépigastralgie s'exaspérant par la pression , à la nullité d'influence du régime alimentaire et à l'augmentation ou à la diminution des douleurs par suite de certaines conditions atmosphériques. S'il est de nature dartreuse, les antécédents, la disparition de dartres coïncidant avec l'apparition des vomissements, qui cesseront sous l'influence d'un régime antistrumeux, faciliteront le diagnostic.

Les symptômes nerveux concomitants, la coïncidence d'une névralgie, un trouble dans quelques sécrétions, des urines claires, citrines, abondantes, la constipation, etc., la faculté de reprendre de la nourriture peu de temps après avoir vomi, etc., tous ces symptômes sont caractéristiques des vomissements nerveux.

Quelquefois cependant les vomissements existent sans que rien puisse les expliquer. Roux vit une jeune fdle affectée de vomissements muqueux et alimentaires ; elle succomba au bout d'un mois, et à l'autopsie on ne put rien trouver pour en expliquer la cause. Pinel rapporte* un fait analogue chez une femme de trente-sept ans, qui, à la suite de chagrins domestiques, fut prise de vomissements opiniâtres, auxquels la mort seule mit un terme. A l'autopsie on trouva l'estomac sain, le pylore un peu rétréci, mais sans augmentation d'épaisseur. J'ai vu à la Pitié, dans mon service, mourir une jeune lille de vingt-deux ans, à la suite de vomissements incoercibles, et chez laquelle la nécropsie ne nous fit rien découvrir de matériel dans les tuniques de l'estomac ni dans aucun des autres organes, tels que l'ulérus, le cerveau, etc.

Si les vomissements sont sanguinolents, il faut chercher à reconnaître s'ils sont produits par une exhalation de la muqueuse stomacale sans lésion matérielle, ou bien s'il y a rupture de quelques gros vaisseaux arté-

* Nos, phiL, t. lli.

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