DES SIGNES FOURNIS PAR LES TACHES ROSÉES LENTICULAIRES
compagne souvent d'ictère, de vomissements et de rétraction de l'abdomen.
Dans les névralgies des parois de l'abdomen observées dans la chlorose et Vhijstérie, la douleur abdominale occupe différents points de l'épaisseur des parois, et, comme l'a établi M. le docteur Bezançon, ces douleurs se distinguent en ce que la pression sur un point circonscrit de la peau leur donne une excessive acuité. Ces douleurs ont un siège fixe; elles sont quelquefois continues, mais elles se présentent plutôt sous forme d'élancements sur le trajet des nerfs. C'est ainsi que cela se passe dans la névralgie iléo-lombaire, dans la névralgie iléo-scrotale, dans la névralgie iléo-vulvaire. Dans ces névralgies, il y a toujours un ou plusieurs points douloureux, en arrière, au niveau des trous de conjugaison, en avant, au niveau de la crête iliaque et du pubis.
Art. XVHI. — Des signes fournis par les taches rosées lenticulaires.
On désigne encore généralement ces taches sous les noms de taches typhoïdes, pétéchies, papules typhoïdes. Elles constituent en effet une éruption à peu près constante dans la fièvre typhoïde, par conséquent un signe presque pathognomonique dans cette maladie. Au dire de divers auteurs, ce ne serait pas la seule maladie dans laquelle on rencontrerait ces taches; ainsi elles ont été signalées dans l'entérite des enfants, par MM. Rilliet et Barthez; dans la pneumonie; dans la forme typhoïde des fièvres puerpérales, par M. Voillemier; dans la morve, par M. Becquerel, etc.
Dans ces dernières maladies, les taches rosées lenticulaires sont accidentelles; dans la lièvre typhoïde, elles sont si constantes, qu'elles constituent pour cette fièvre un signe diagnostique d'une grande importance. Elles se montrent du septième au dixième jour, au commencement du second septénaire, et elles durent de six à huit jours. Leur siège le plus habituel est la paroi abdominale antérieure; puis, par ordre de fréquence, on les retrouve sur la partie supérieure et antérieure des cuisses, au sacrum, sur la région lombaire, sur la poitrine ; elles sont fort rares et ne se montrent que très-exceptionnellement sur le cou et sur les membres supérieurs. Quelquefois, mais ce fait n'est pas commun, elles apparaissent au milieu du premier septénaire de la maladie.
On a remarqué que ces taches, très-fréquentes dans diverses épidémies de fièvre typhoïde, manquaient dans d'autres épidémies. C'est un fait qu'on ne saurait expliquer, qui tient sans doute au génie particulier de chaque épidémie.
1022 I>E LA SÉMÉIOLOGIE.
Les taches rosées lenticulaires ont habituellement de deux à quatre millimètres de diamètre: elles sont arrondies, papuleuses, plates, sans saillies de la peau, disparaissant sous la pression du doigt, pour se reproduire aussitôt après. Elles sont en petit nombre, de trois à vingt environ. D'autres fois, on en trouve davantage; quelquefois même cette éruption est comme confluente, au point de simuler une varioloïde.
On ne pourrait guère confondre ces taches qu'avec les piqûres de puces, les pétéchies, ou avec l'acné.
Voici des signes distinctifs qu'il faut avoir bien présents à l'esprit.
Les piqûres de puces offrent des papules roses et larges, assez semblables à celles de l'urticaire, moins saillantes cependant. Ces papules s'effacent et laissent après elles un point noir qui ne disparaît point à la pression. Ce point noir est une ecchymose Dans l'acné, l'on observe au sommet une petite suppuration qui, une fois terminée, laisse une petite cicatrice déprimée. De plus, l'acné se montre de préférence dans les points où les taches lenticulaires sont le moins fréquentes.
Quant aux pétéchies, elles sont constituées par une extravasation sanguine, ne disparaissant pas sous la pression du doigt. D'un autre côté, elles ne sont pas communes dans la fièvre typhoïde, et, quand elles s'y manifestent, ce n'est qu'à une période déjà éloignée du début de la maladie.
\rt. XIX. — Des sig.nes fournis par les sudamina.
Les sudamhia forment une éruption caractérisée par de petites vésicules régulières, hémisphériques, très-petites, depuis un grain de millet jusqu'à une tête d'épingle, transparentes, faciles à déchirer, incolores, renfermant un liquide séreux et acide. Ces vésicules sont formées aux dépens delépiderme soulevé. Elles se développent promptement, en quelques heures. Elles sont souvent assez nombreuses pour que le toucher puisse les constater assez aisément; la peau est alors comme chagrinée; mais, quand les vésicules sont extrêmement petites et plus rares, on ne peut les découvrir de cette façon; c'est en regardant la peau obliquement qu'on peut constater leur présence. Du reste, on ne les trouve jamais isolées; elles sont ordinairement confluentes, au point de voir plusieurs vésicules juxtaposées, formant une ou plusieurs larges vésicules, comme dans l'herpès. Cette éruption est très-éphémère, mais elle se reproduit très-vite ; aussi dure-t-elle ainsi plusieurs jours parla reproduction successive de nouvelles vésicules. Celles-ci, trèsminces, avons-nous dit, se déchirent et laissent après elles une légère desquamation, car elles ne suppurent presque jamais.
On les trouve souvent sur plusieurs points à la fois, mais parti-