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DES SIGÏS'ES FOURMS PAU LES PÉTÉCHIES

culièrement sur l'a])domen, sur le thorax, sur les épaules, sur la partie supérieure de-^ cuisses, aux aisselles et aux parties latérales et inférieures du cou.

Quelquefois les sudamina se développent sur des points où la peau est érythémateuse. D'autres fois, les vésicules ont une apparence blanchâtre, à cause du liquide lactescent qu'elles renferment, (^ette demiopacité du liquide des vésicules dépend d'une légère quantité de pus qui s'y trouve mêlé. On sait aujourd'hui d'une manière précise que les sudamina se lient à la présence de sueurs abondantes et prolongées; aussi n'ont-ils proprement rien de spécial, comme autrefois on a voulu le voir dans la fièvre typhoïde. Les sudamina se rencontrent dans la scarlatine, dans la variole, dans la pneumonie, dans la fièvre puerpérale, dans le rhumatisme articulaire aigu, dans la phthisie pulmonaire, dans la morve, dans la résorption purulente, etc.

Du reste, que cette éruption soit dans toutes les circonstances liée aux sueurs, ou qu'elle soit indépendante de celles-ci, question encore controversée, ce qu'il nous importe davantage de constater, c'est qu'en définitive elle ne saurait constituer un bon signe diagnostique, même dans la fièvre typhoïde, car elle s'y montre à une période déjà éloignée du début, du douzième au vingtième jour. De piUS, elle se développe à peu près indistinctement dans la forme grave et dans la forme légère de la maladie.

Art. XX. — Des signes fournis par les pétéchies.

Les pétéchies ne sont autre chose que de petites hémorrhagies qui se font dans l'épaisseur de la peau, sous forme de points miliaires arrondis, d'une teinte variant du rouge au violet. Ces taches, qui sont au niveau de la peau, ne font aucune saillie à la surface, et ne s'effacent pas sous la pression du doigt. Elles ont des dimensions variables : ici, très-petites et semblables à des piqûres de puce; aiUeurs, larges; rares chez les uns, conflu entes chez les autres.

Elles résultent d'une profonde altération du sang, soit la diminution absolue du chiffre de la fibrine, soit la dissolution et la diminution de la plasticité de cet élément du sang.

Il faut ranger parmi les pétéchies cette éruption de taches bleuâtres, taches ombrées, minutieusement décrites par M. Tiedagnel; seulement elles diffèrent des pétéchies proprement dites par leur forme : en effet, elles sont ovalaires, allongées, larges comme une lentille; mais elles s'en rapprochent par leur nature anatomique. (^omme les pétéchies, ce sont des points ecchymotiques à peine appréciables. Ces deux foiines d'éruption hémorrhagique se montrent sur l'ab-

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domen, à la base du thorax, sur tout le tronc, sur les membres, mais jamais à la face.

Ces taches ombrées, infiniment plus rares que les pétéchies, ne sauraient être confondues avec aucune autre espèce d'éruption. Quant aux pétéchies, on ne pourrait les confondre qu'avec les taches rosées lenticulaires et avec les taches de purpura; mais les taches rosées sont superficielles, d'un rose tendre, et disparaissent sous la pression du doigt, tandis que la pétéchie ne bouge pas.

Quant à différencier l'éruption pétéchiale du purpura, cela est plus difficile, souvent impossible : c'est une même lésion anatomique, produite par des causes différentes.

Les pétéchies se montrent principalement dans les maladies graves, et en particulier dans quelques cas de fièvre typhoïde, dans le typhus, dans la peste, dans la fièvre jaune. On ne les observe dans la fièvre typhoïde que dans les formes les plus graves, adynamiques, et presque toujours à une époque éloignée du début. Cette éruption peut même survenir en pleine convalescence; elle constitue alors un signe prognostique assez grave. Dans ces circonstances, en effet, l'état de dissolution du sang est si considérable, que le travail d'assimilation est insuffisant à le contre-balancer, bien plus à en triompher. Souvent alors il y a des hémorrhagies par d'autres voies : ainsi des épistaxis, des hémorrhagies intestinales, des apoplexies pulmonaires, des infdtrations sanguines dans les tuniques de l'intestin, de la vessie, etc.

Là où les pétéchies sont confluentes, l'on voit çà et là de véritables ecchymoses, résultant de leur juxtaposition, et Littré dit même avoir vu des escharres se former sur ces points.

Il est rare de voir, dans la fièvre typhoïde, les taches pétéchiales mêlées aux taches rosées lenticulaires; car l'époque de leur développement n'est pas la même. Cependant, dans les cas graves, là où la dissolution du sang se fait très-rapidement, on peut observer des pétéchies à l'époque où se montrent habituellement les taches rosées lenticulaires. Quand on voit ainsi des pétéchies survenir, soit à la fm du premier septénaire, soit dans les premiers jours du second, on doit craindre le développement d'une forme adynamique très-prononcée de la maladie. La mort est ici la terminaison habituelle.

11 est plus commun de rencontrer concurremment des sudamina et des pétéchies.

Dans le typhus, l'éruption pétéchiale constitue l'un des premiers caractères de la maladie; elle se montre du deuxième au cinquième jour, rarement plus taid (cependant on l'a attendue jusqu'au quatorzième), et elle disparaît vers le vingtième jour.

En général, dans le typhus, les pétéchies sont nombreuses, et couvrent une grande partie de la surface du corps. Il est à peu près aussi rare de les voir manquer complètement que de les trouver isolées. Cependant elles ne constituent pas un signe absolument constant de cette maladie.

Dans la peste, les pétéchies se forment à une époque avancée de la maladie lorsqu'elle est déjà parfaitement reconnaissoble à d'autres signes. Elles se montrent fréquemment sur les muqueuses, aux paupières, aux gencives, à la langue, dans l'intestin, à la surface interne de la vessie, des grosses bronches, etc.

Il en est de même dans la fièvre jaune, où les pétéchies en très-grand nombre se répandent sur toute la surface du corps, môme au visage. Ces pétéchies sont tantôt pâles et tantôt d'un rouge violet. Elles se développent ordinairement pendant la deuxième période de la maladie.

Art. XXI. — Des signes fournis par la rétraction du ventre.

La rétraction du ventre n'a pas une grande importance diagnostique; c'est un phénomène morbide accessoire qui, sans être caractéristique d'aucune maladie, se rencontre encore assez fréquemment pour qu'il soit utile de l'étudier.

On l'observe surtout :

l"" Dans la colique de plomb ^ quand les douleurs sont très-vives. Le ventre aplati est refoulé sur la colonne vertébrale, caractère assez constant pour être pris en considération dans le diagnostic.

2° Dans la méningite aiguë, à la troisième période. Les muscles du ventre sont contractés; ils sont roides sous la main et tellement durs, qu'on ne peut explorer les organes contenus dans l'abdomen. On a voulu trouver dans cette rétraction des parois du ventre un signe différenciel entre la méningite et la fièvre typhoïde. Mais c'est une erreur, car, s'il est certain qu'on ne trouve pas cette rétraction dans la fièvre typhoïde, elle n'est pas assez constante dans la méningite pour servir de base à un diagnostic précis, et Pringle cite des cas où elle ne s'est pas montrée.

5° Dans la colique néphrétique et dans la colique hépatique, il y a rétraction du ventre par contraction des muscles, au moment des accès.

A" Dans V amaigrissement porté à un haut degré, il y a une grande i minution du volume du ventre; les parois abdominales sont appliquées contre la colonne vertébrale, et l'on sent de chaque côté un paquet formé par les intestins. Cela se voit surtout dans le cancer de l'estomac, si la lésion siège au pylore et si la maladie dure depuis longtemps. L'intestin se rétrécit peuàpeu, et, sous les pai'ois reliactéesdu

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ventre, on trouve la masse intestinale, surmontée, vers la partie supérieure de l'abdomen, d'une partie sonore formée par l'estomac rempli de gaz.

Art. XXII. — Des signes fourims par la température du ventre.

Il ne s'agit point ici de la température du ventre dans les maladies avec fièvre prononcée devant durer un certain nombre de jours, comme cela a lieu dans les fièvres continues, dans les phlegmasies, dans les fièvres éruptives. La température de la peau est plus élevée partout, sur le ventre comme ailleurs. Aussi n'y a-t-il dans ces cas aucun signe à chercher dans la température de l'abdomen, qui n'offre rien de particulier. Toutefois, au début de quelques maladies du ventre, et pendant leur cours, la température s'élève de plusieurs degrés au niveau du point affecté, alors que la peau des parties voisines est d'une température notablement inférieure.

On peut dire presque à coup sûr que l'élévation de la température du ventre est en rapport direct avec un état phlegmasique bien déterminé, subaigu ou chronique, du péritoine ou de l'intestin. Les maladies douloureuses dans lesquelles la peau du ventre demeure à la température ordinaire ne sont pas des inllammations; ce sont des névroses, des névralgies. Ainsi la chaleur de la peau de l'abdomen n'est point augmentée dans les douleurs gastriques et intestinales des femmes hystériques, dans la colique de plomb, si douloureuse qu'elle soit, dans les coliques hépatiques, néphrétiques; elle est, au contraire, notablement augmentée dans les phlegmasies suivantes, V entérite, la dysenterie aiguë ou chronique^ la péritonite chronique, la fièvre typJioide, les phlegmons de la fosse iliaque, la métrite, la métro -péritonite, etc.

Cette élévation de la température de l'abdomen appréciée au thermètre constitue, pour ces maladies, un fort bon signe diagnostique. Du reste, cette chaleur anomale n'est pas seulement perçue par le médecin; le malade se rend parfaitement compte de la différence qui existe entre la température du ventre, dans les maladies que je viens de citer, et la température des parties voisines.

Art. XXIII. — Des signes fournis par la dyspepsie.

On donne le nom de dyspepsie à la difficulté et à la lenteur des digestions; mais ce dernier phénomène est plus spécialement désigné par le mot de bradypepsie. C'est un symptôme très-commun dans l'état morl)ide. On le rencontre comme phénomène sympathique ou direct dans un grand nombre des maladies aiguës ou chroniques des viscères, dans les maladies organiques ou nerveuses de l'estomac, dans

les maladies du cerveau et dans les névroses. Il est si fréquent et sa présence se rattache à un nombre de maladies si considérable, qu'on a souvent les plus grandes difficultés pour l'assignera sa véritable cause.

C'est quelquefois une maladie nerveuse essentielle ou idiopathique, quand elle existe seule, comme cela se rencontre assez souvent, et qu'on ne peut raisonnablement pas la rapporter à une maladie antérieure ou primitive.

A ce titre, la dyspepsie a été l'objet d'un nombre considérable de recherches cliniques: quelques médecins, comme Barras, n'ont voulu y voir qu'une maladie nerveuse, tandis que d'autres, au contraire, à l'exemple de CuUen, l'envisagent à la fois comme maladie primitive et comme symptôme d'un état morbide antérieur. C'est ainsi qu'il faut l'envisager. On doit admettre trois variétés de dyspepsie : !« la dyspepsie idiopathiqiie, 2° la dyspepsie sympathique, et S"" la dyspepsie symptomatique.

La dyspepsie icUopathique ou essentielle se rencontre comme trouble primitif de la digestion, indépendamment de toute maladie appréciable de l'estomac ou des viscères, chez un assez grand nombre de personnes. L'appétit est perdu, et ce qu'on mange n'a pas de goût; les ahments pèsent à l'estomac, déterminent un malaise de quelques heures, quelquefois accompagné de pneuinatose gastrointestinale et de céphalalgie ; ils provoquent souvent des douleurs épigastriques, de la constipation ou des alternatives de constipation et de diarrhée; les sujets maigrissent, deviennent jaunes, perdent leur vivacité, leur force musculaire et leur aptitude au travail. Cet état dure plus ou moins longtemps, disparait par moments, pour revenir un peu plus tard jusqu'à sa guérison définitive ou jusqu'à ce que les troubles de la nutrition aient été assez considérables pour entraîner des maladies secondaires du foie, des poumons ou du cerveau. En effet, sous l'inlluence de la chloro-anémie produite par la dyspepsie essentielle, on observe secondairement des palpitations, des névralgies et des désordres chlorotiques de l'intelligence et du système nerveux ; la tubercidisation pulmonaire chez ceux qui y sont prédisposés; les maladies du foie ou de la vésicule biliaire par suite de l'inactivité de ces organes; certaines maladies de l'estomac et de l'intestin, etc.

Non-seulement, comme on le voit, la dyspepsie est un tioublc de la digestion, mais c'est encore un trouble des fonctions de tous les autres appareils organiques. La nutrition modifiée entraîne avec elle l'altération chlorotique du sang, l'imperfection de l'hématose, les troubles de la sécrétion biliaire, le dérangement des fonctions ner-

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veuses et de la pensée, l' amaigrissement général, etc. A ce dernier phénomène se rattache naturellement un caractère de la dyspepsie étudié par M. Beau, et qui mérite d'être pris en considération; c'est' le sillon transversal des ongles. Sa présence indique les degrés de la dyspepsie. En effet, les ongles perdent leur épaisseur sous l'influence de cet état morbide, et ils la reprennent lorsqu'une amélioration se produit. De cette différence d'épaisseur au moment de la sortie des ongles résultent à leur surface, principalement sur le pouce, des sillons dans le sens transversal qui indiquent le commencement et la fin de l'état dyspeptique.

La dyspepsie essentielle ou idiopathique reconnaît pour causes : les impressions morales, telles que les chagrins violents, la jalousie continuelle, l'ambition déçue, l'excitation cérébrale déterminée par un abandon absolu à la composition littéraire et scientifique, les revers de fortune, etc.; les sécrétions trop abondantes, telles que la polyurie, le ptyalisme, la galactorrhée, les fleurs blanches, les pertes séminales ou les abus vénériens, les écarts ou les intempérances de régime; l'atonie de l'estomac et la diminution ou l'altération du suc gastrique, etc.

La dyspepsie sympathique est caractérisée par les mêmes phénomènes que la précédente.

Elle dépend de certaines modifications physiologiques ou morbides subies par des organes autres que l'estomac. C'est ainsi qu'on l'observe au début de la grossesse, à la suite des maladies chroniques des poumons, du cerveau et du foie, dans les hernies, dans les névroses, telles que l'hystérie dans la chlorose et certaines maladies du sang, etc. Quant à ce qu'on a cru devoir appeler dyspepsie sympathique des maladies aiguës, il est inutile d'en parler, car les phénomènes de dégoût et d'inappétence observés dans l'état fébrile ne sont pas de la dyspepsie. Ils caractérisent ce qu'on appelle Y anorexie.

La dyspepsie symptomatique est le résultat des maladies aiguës ou chroniques de l'estomac, et particuHèrement de la gastro-entérite chronique, de l'ulcère chronique de l'estomac, du cancer cardiaque ou pyloriquc, des hernies de l'estomac, de la gastralgie et de toutes les maladies ayant leur siège dans les voies digestives.

D'une manière absolue et par elle-même, la dyspepsie n'a pas une grande importance pour la détermination d'un diagnostic précis. Ce n'est jamais un signe pathognomonique, et elle n'a de signification que par ses rapports avec les autres phénomènes morbides observés chez les malades.

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