‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 207 sur 212 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DEil §ilG%E§i FOUR]Vll§» PAR I.E§( FOIVCTIOMS GÉ]1ÉRATR1€E}§I.

l'^Chez l'homme, les organes génitaux sont le siège de lésions organiques et de troubles fonctionnels dont la connaissance sert de base au diagnostic des maladies de ces organes ou de quelques autres appareils organiques.

Les ulcérations de la verge, les écoulements de l'urètre, ses vices de conformation, les tumeurs des bourses, telles que le cancer, l'hy-

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drocèle, les tumeurs du cordon, etc., caractérisent des maladies locales, et leur diagnostic est généralement facile. Il n'en est pas de même de certains troubles fonctionnels dont la signification se rapporte à un mauvais état général de santé ou à une maladie organique. Le satyriasis, l'impuissance, les pertes séminales, sont de ce nombre.

Les pertes séminales sont des écoulements involontaires de semence en debors de toute excitation vénérienne. Il y en a de différentes espèces M^es unes ont lieu après les garde-robes chez les individus constipés ou d'une grande continence; elles sont provoquées parle passage des matières fécales qui pressent sur les vésicules séminales. Elles se produisent également, mais en moindre quantité, au moment et à la fm de l'émission des urines par une sorte de regorgement après une longue continence. Fort peu abondantes, et formées par une goutte de sperme ou de liquide opalin, elles indiquent une atonie des canaux spermatiques, et n'offrent aucun danger. On observe également des pertes séminales nocturnes ou pollutions, venant au milieu du sommeil ou de rêves erotiques accompagnés de roideur de la verge et caractérisés par une abondante émission de semence. La continence y prédispose, et elles résultent, comme les premières, d'une sorte de faiblesse de tissu dans les réservoirs de la semence. Elles sont également sans danger. Il n'en est pas de même des pertes séminales involontaires abondantes, produites pendant le jour, sans érection, par le moindre attouchement de la verge, à la simple pensée d'une femme, et pendant l'émission des urines ou la défécation. Cellesci annoncent la paralysie de l'orifice et des conduits de la semence; elles entraînent une grande faiblesse et avec elle l'anémie, l'hypocondrie, l'impuissance et quelquefois la folie trôs-caractérisée.

Il ne faut pas confondre ces pertes séminales réelles avec les fausses pertes séminales qui arrivent lorsque après érection suivie d'éjaculation le sperme entre dans la vessie et sort plus tard mélangé à l'urine. Ce ne sont pas de véritables pertes séminales. C'est un accident qui résulte d'un rétrécissement de l'urètre consécutif à une blennorrhagie. Il entraîne la stérilité.

L'impuissance^ ou impossibilité de consommer l'acte vénérien, résulte, soit des vices de conformation du membre viril, soit d'une impossibilité d'érection. Celle-ci, qui est l'impuissance proprement dite, est un phénomène morbide assez commun. C'est le symptôme des pertes séminales anciennes, d'une maladie de la moelle quand il est lié à la paraplégie, du diabète, de l'hypocondrie, etc.

* Voyez Lallemand, Des perles séminales involontaires.

Le satyriasis, ou érection continuelle presque permanente accompagnée de désirs vénériens, est une maladie essentielle ou un symptôme. C'est le signe de la monomanie erotique et le symptôme de l'empoisonnement par les cantharides.

2"" Chez la femme, les maladies des organes de la génération sont constituées, comme chez l'homme, par des altérations matérielles d'un diagnostic local ou par des troubles fonctionnels dus à une lésion organique éloignée ou à une maladie constitutionnelle et ayant une grande importance pour la séméiologie. Parmi ces dernières, se trouvent la leucorrhée, la métrorrhagie, l'aménorrhée, etc.

La leucorrhée est un llux caractérisé par la sécrétion d'une quantité considérable de mucus et de muco-pus blanchâtre, jaune ou vert, par le vagin et le col de l'utérus. 11 est également connu sous le nom de fleurs blanches . Tdinioi sijmptomatique, c'est-à-dire produit par l'inflammation du vagin et de l'urètre sous l'influence de la blennorrhagie, de la syphilis et des causes irritantes qui peuvent exercer une action sur les parties génitales; tantôt, au contraire, sous la dépendance d'une constitution faible et lymphatique, il est essentiel ou idiopathiquè . La première espèce est infiniment plus rare que la seconde; et, de toutes les leucorrhées qu'on observe, la plupart dépendent d'un mauvais état général de santé et trahissent un lymphatisme plus ou moins fortement prononcé.

Comme on le voit dans tous les flux, le liquide sécrété irrite les parties avec lesquelles il se trouve en contact, et à l'extérieur des parties génitales, au canal de l'urètre, au col de l'utérus, on voit des rougeurs et des érosions superficielles qui sont le résultat, et non la cause de l'écoulement muqueux. Sur le col de l'utérus en particulier, la plupart des érosions, dites ulcérations de la matrice, et traitées si abusivement par les caustiques, sont le résultat du contact permanent des mucosités glaireuses utérines à sa surface, et elles guérissent, ainsi que les souffrances qu'elles entraînent, autant ou mieux par les moyens toniques généraux que par la cautérisation.

La métrorrhagie est une hémorrhagie utérine abondante provoquée par l'apparition régulière des règles, ou en dehors de cette époque par une maladie de l'utérus ou de la constitution en général.

Les règles très-abondantes sont des métrorrhagies dangereuses qui épuisent les femmes, qui appauvrissent le sang et déterminent l'anémie avec tout son cortège d'accidents nerveux. Le sang est pale, séreux, et tache le linge en rouge avec une large auréole jaunâtre. Cette espèce de métrorrhagie est le signe d'une faible constitution et d'un état chlorotique grave souvent suivi de tuberculisation pulmonaire. Ici,

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comme on le voit, la cause première, qui est la chlorose, s'aggrave à chaque époque menstruelle par Teffet morbide dont le résultat est d'appauvrir encore le sang.

La métrorrhagie s'observe en dehors des règles dans les fièvres graves, et dans le scorbut comme le signe d'un vice constitutionnel caractérisé par le changement de qualité ou de proportion du sang. 11 existe de même à l'époque de la ménopause et de l'âge critique, où l'on voit si souvent paraître des hémorrhagies utérines qui peuvent momentanément faire croire à une maladie organique.

Viennent enfin les métrorrhagies liées aux troubles matériels de l'utérus et de la circulation utérine. On les observe dans la grossesse, les tumeurs fibreuses et les polypes de l'utérus, le cancer utérin, etc. Ainsi une hémorrhagie chez une jeune femme, après une suppression momentanée des règles, est l'indice probable d'une grossesse terminée par l'avortement. Des hémorrhagies reproduites à de courts intervalles et assez abondantes pour déterminer l'anémie annoncent au contraire l'existence d'une maladie organique des parois ou de la cavité utérine. ^v.-va:

\J aménorrhée consiste dans la suppression des règles à l'âge où elles doivent exister. On donne le nom de dysménorrhée k la menstruation tardive, difficile et douloureuse. Ces deux phénomènes se lient intimement l'un à l'autre et s'observent dans les mêmes circonstances et sous l'influence des mêmes causes.

L'aménorrhée est quelquefois un signe de faiblesse organique, de lymphatisme, de chlorose et d'anémie ; ailleurs elle résulte d'une impression nerveuse physique ou morale ; chez d'autres enfin elle dépend d'une maladie de l'utérus, d'un obstacle au cours du sang et d'une altération matérielle des organes génitaux. De là, trois espèces d'aménorrhée: 1^ aménorrhée constitutionnelle; 2*^ aménorrhée idiopathique; o" aménorrhée symptomalique.

h' aménorrhée symptomatique dépend de l'absence ou de l'atrophie de l'utérus; de l'oblitération du museau de tanche; des vices de conformation du vagin, de l'imperforation de l'hymen; de cicatrices vicieuses à la suite de brûlures, de blessures et de l'accouchement. Souvent bornée à un défaut d'excrétion, il lui arrive quelquefois d'être formée par une simple rétention; alors on observe dans le vagin ou dans l'utérus une dilatation énorme due à l'accumulation du sang menstruel.

\J aménorrhée constitutionnelle s'observe chez les jeunes filles d'une constitution délicate et qui se forment tard, chez celles dont le tempérament est lympfiatique et dans la chlorose. On la rencontre aussi dans

les maladies chroniques avec cachexie, et principalement dans le cours de la tuberculisation pulmonaire. Elle est primitive en ce sens que les règles ne s'établissent point, ou secondaire lorsque après leur apparition régulière elles viennent à disparaître accidentellement. C'est dans cette espèce d'aménorrhée, surtout chez les chlorotiques et chez les femmes nerveuses, qu'on trouve la suppression des règles alternant avec la dysménorrhée. 11 n'en est pas de même dans les cachexies et lorsque l'aménorrhée dépend d'un affaiblissement général par les maladies chroniques.

V aménorrhée idiopathique est la plus rare de toutes. On l'observe chez les femmes qui ont éprouvé une impression morale vive au moment de la menstruation et chez celles dont le corps et les pieds ont été soumis à l'action du froid et de l'eau froide. Un état nerveux spasmodique de l'utérus arrête l'écoulement sanguin, qui peut ne plus revenir de longtemps, et de cette suppression naissent un certain nombre d'accidents morbides.

Comme on le voit, l'aménorrhée peut servir au diagnostic d'un grand nombre de maladies différentes; mais il faut tenir compte en même temps des autres phénomènes morbides offerts par les malades, car seule elle n'indique rien de précis. 11 en est de même pour le pronostic. Les lumières qu'elle lui apporte n'ont rien de spécial, et dépendent tout à fait de la cause qui a produit l'aménorrhée.

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