‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 206 sur 212 · Partie C · texte numérisé non relu

Partie C

Débris d'épiderme.

Lactates alcalins. .

Sudorates alcalins.

Urée

Matières grasses.

Eau.

22,305 2,457 0,115 Traces.

Traces.

Traces.

De cette analyse résulte :

l** Que les matériaux de la sueur sont, à l'exception de faibles traces, entièrement solubles dans l'eau pure;

2*^ Que la matière minérale prédominante est le sel marin;

5** Que la proportion des sulfates et phosphates alcalins est presque nulle;

4*" Que la sueur renferme de l'acide lactique à l'état de lactates alcalins;

Archives de médecine, 1853.

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5° Que la sueur renferme un acide spécial azoté, acide sudorique, à l'état de sudorates alcalins;

&" Que l'urée existe dans la sueur;

7*" Qu'il y a peu de matières grasses et de matière albumineuse et d'albuminates;

8° Que la proportion de potasse, par rapport à la soude, est relativement plus élevée dans les sels à acides organiques que dans les sels minéraux contenus dans la sueur;

9** Que la sueur du même sujet, recueillie à différentes époques, présente sensiblement la même composition, à la condition de provoquer l'expulsion de volumes à peu près égaux;

10° Que dans le fractionnement de la sueur d'une transpiration en plusieurs parties, correspondant à deux ou trois périodes égales, à partir du commencement de l'expérience, on trouve des différences dans les proportions relatives de sels minéraux et de sels à acides organiques, les premiers étant plus abondants pendant les dernières périodes;

ir Que le rapport de l'eau à la somme des matériaux solides ne change pas sensiblement aux différents moments où la sueur est recueillie durant la transpiration forcée.

La sueur peut être générale ou partielle, et elle se montre dans l'état physiologique sous l'influence de l'exercice, de la chaleur naturelle ou artificielle, des boissons excitantes et des impressions morales. Quelques personnes ont habituellement, dans l'état physiologique, de la sueur à la tête et aux pieds. C'est une idiosyncrasie dont on ne connaît point la cause, pas plus que celle des autres dispositions de ce genre, et ce sont choses à respecter, dans la crainte de produire des accidents morbides à la suite de leur répercussion, comme l'a démontré de nouveau le docteur Mondière dans un mémoire spécial.

Dans l'état pathologique, il y a également des sueurs générales et partielles au front, dans les mains et sur le ventre. La sueur, ordinairement liquide, aqueuse, est quelquefois gluante, visqueuse, dans l'agonie et dans le choléra. Elle est chaude dans l'état fébrile ordinaire, froide chez les moribonds et les cholériques à la première période. Habituellement incolore, elle tache le linge en jaune dans l'ictère, et dans quelques cas on a observé, dit-on, des sueurs rougeâtres, dites sueurs de sang par Voigtel, des sueurs bleues dont la cause n'a pu être expliquée. Elle a une odeur aigrelette de petit-lait, probablement due à l'acide lactique et sudorique qu'elle renferme; mais rien n'est variable comme ce phénomène, suivant les maladies,et, chez le même individu, suivant les différentes régions du corps. D'après Simon, elle sent le moisi chez les

DES SIGNES FOURNIS PAR l'eXAMEN DE LA SUEUR. 1045

personnes atteintes de gale, l'acide chez les rhumatisants et chez les goutteux, le fade dans la lièvre typhoïde et le scorbut, etc., etc. Sa quantité générale augmente dans les maladies aiguës à leur apogée, et, lorsque la marche en est régulière, dans la période sudorale des lièvres intermittentes, dans la fièvre pernicieuse diaphorétique, dans la suette mihaire, qui est un choiera de la peau, tout comme le choléra est une suette de l'intestin. Alors son abondance est extrême, et il arrive quelquefois qu'elle traverse tous les matelas d'un lit, au point de couler sur le sol. Elle diminue, au contraire, dans certains cas de diabètes, de polyurieet d'hydropisie, ce qui rend la peau sèche d'une façon incommode pour les malades.

La sueur, toujours acide, devient neutre quand, par son abondance, elle renferme une grande proportion d'eau; mais elle n'est jamais alcahne. Il faut prendre garde de se tromper à cet égard et ne pas confondre l'alcalinité de la matière sébacée de la peau avec une prétendue alcalinité de la sueur, qui n'existe pas. Pour cela, on doit avoir la précaution de choisir une surface de la peau dépourvue de glandes sébacées, afm d'y appliquer le papier de tournesol.

La sueur devient plus acide, d'après Simon et Prout, dans le rhumatisme articulaire aigu et dans la goutte, par suite d'un accroissement de proportions de lactique et par la présence de l'acide acétique. 11 en est de même, d'après Starck, dans les scrofules, dans le rachitisme et quelques affections cutanées.

Elle renferme plus d'ammoniaque dans la goutte, d'après Anselmino, dans la fièvre typhoïde, le typhus fever et quelques maladies nerveuses.

La sueur renferme quelquefois de l'albumine. Cela est très-rare; mais Anselmino et Starck disent l'avoir observé, l'un dans le rhumatisme articulaire aigu et l'autre dans la fièvre typhoïde, dans la fièvre hectique et dans l'agonie.

On y a trouvé du sang. Voigtel dit avoir vu le bras d'un jeune homme couvert de sueur sanguine, après un violent exercice musculaire. Des sueurs analogues auraient été observées, dit-on, dans le scorbut, dans le typhus; mais cela est très-rare. Il est probable qu'on aura confondu des hémorrhagies delà peau ou pétéchies avecdes sueurs de sang.

La bile, ou plutôt la matière colorante de ce liquide, existe dans la sueur. Cela est incontestable. C'est un des signes de l'ictère.

Les sueurs renferment enfin un certain nombre de substances administrées dans un but thérapeutique, et, d'après Starck, on y a retrouvé le .sulfate de quinine, l'iode, l'iodure de potassium, le mer-

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cure, le soufre, l'ail, le safran, le cuivre, la rhubarbe, l'indigo, etc. Comme on le voit, les altérations chimiques de la sueur ne fournissent pas beaucoup de signes importants au diagnostic ni au pronostic. C'est une partie de la science dans laquelle il y a encore tout à faire.

La séméiologie de la sueur repose tout entière sur sa quantité, sur ^on siège, sur sa température et sur sa fréquence.

Des sueurs abondantes excessives sont un signe de la suette. On les rencontre, à un degré moindre, vers la tin des maladies aiguës, telles que la pneumonie, le rhumatisme articulaire, la fièvre typhoïde, à la troisième période d'un accès de lièvre intermittente, etc. S'il y a en même temps une amélioration réelle dans l'état du malade, elle peut 'être considérée comme critique. Dans ces différents cas, la sueur est toujours générale.

Leur abondance et leur permanence dans les maladies chroniques ^ont une cause de faiblesse et d'épuisement qui fait rapidement dépérir les malades. Ce sont les sueurs colliquatives. On les observe principalement dans la phthisie tuberculeuse pulmonaire. Alors elles reviennent la nuit ou dès que le malade ferme les yeux pour s'endormir. A ce titre, les sueurs quotidiennes abondantes, nocturnes, longtemps prolongées, avec amaigrissement des malades, doivent faire craindre une mort prochaine.

Il y a des sueurs très-abondantes et intermittentes qui reviennent plusieurs jours de suite, tous les six mois, tous les ans, chez quelques individus d'ailleurs bien portants, et qui n'ont d'autre phénomène morbide que ce flux sudoral. C'est un état morbide dont la nature inconnue caractérise Yéphidrose.

Leur diminution avec sécheresse de la peau est un des symptômes ■du diabète et de l'hydropisie.

Des sueurs froides et visqueuses annoncent toujours un très-grand ■danger. On les observe dans la période algide du choléra, dans la iièvre pernicieuse algide et dans l'agonie.

La sueur intermittente, régulière et périodique, caractérise la lièvre larvée, paludéenne, ou la fièvre symptomatique rémittente de la phthisie et des maladies cachectiques.

Outre leur action spoliative, débilitante, les sueurs ont une action particulière quelquefois irritante de la peau. Elles décollent l'épiderme, qu'elles soulèvent dans une très-petite étendue, de manière à former une vésicule à peine appréciable, du volume d'une très-petite tête d'épingle et remplie de liquide. Ce sont les sudamina incolores. Ils se rencontrent dans une foule de maladies de nature opposée, et leur présence n'a aucune importance séméiotique. Au contraire, dans

quelques cas, il se fait une vésicule miliaire, opaline, entourée d'une petite auréole inflammatoire formant une éruption sudorale. Ce sont des sudamina ronges. Ils résultent de l'irritation cutanée autour de l'orifice des glandes sudoripares, par l'acide sudorique, le chlorure de sodium et les autres sels contenus dans la sueur. Cette éruption indique une sueur abondante déjà déterminée; elle s'observe même chez des individus bien portants qui transpirent beaucoup dans l'été, elle est très-commune chez les petits enfants dans les grandes chaleurs sur le côté du corps et du visage où ils ont dormi, et, lorsqu'on la rencontre dans l'état morbide, elle n'a aucune importance pour le diagnostic.

Art. m. — Des signes fournis par la sécrétion des larmes.

Les larmes, incessamment sécrétées dans l'état habituel, servent à faciliter le glissement des paupières sur l'œil, et elles coulent dans les fosses nasales par les points lacrymaux, sans mouiller la joue.

Leur sécrétion augmente quelquefois dans l'état de maladie et donne lieu à un écoulement continuel sur la joue, ce qui constitue Vépiphora. Ce phénomène s'observe dans les névralgies de la branche ophthalmique de la cinquième paire, à la fin d'un accès d'hystérie, dans quelques cas de folie, et dans la période d'invasion de la rougeole. La fièvre avec rougeur des conjonctives et larmoiement est le signe presque certain du développement de cette maladie. On observe également l'épiphora dans les obstacles au cours des larmes par les points lacrymaux, soit par le fait d'une oblitération de ces orifices, soit comme conséquence d'une obstruction du canal nasal. Alors les larmes coulent sur la joue, irritent la peau et l'ulcèrent par leur continuelle présence.

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