‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 30 sur 212 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

»E§i €OMSTlTlJTIOilî§( IllÉDlCAE.E§i.

Les impressions morbifîques résultant de la chaleur, du froid, lie riiumidité, de la sécheresse, du régime, de l'électricité, des effluves, des miasmes, etc., etc., qui ont, chacune isolément, leur part d'influence dans la manifestation de certaines maladies déterminées, ont, par leur réunion en masse, une influence sur la nature des maladies, sur leur apparence extérieure, sur leur durée et sur leur terminaison, sur leur malignité, sur leur mortalité et sur leur traitement. On donne à ces phénomènes le nom de constitution médicale. Avec M. Dubois, d'Amiens,^ je la définis : un ensemble des modifications générales imprimées à toutes les individualités morbides d'une époque et dans un lieu déterminé. La constitution médicale ou pathogéniqueest le fait déduit de l'observation générale d'un grand nombre de maladies; il diffère entièrement de la constitution atmosphérique, fait plus restreint, lequel indique seulement l'action des influences atmosphériques. La constitution médicale est la résultante de toutes les influences hygiéniques ayant action dans le même moment et dans le même lieu, tandis que la constitution atmosphérique est la conséquence de l'action pure et simple de l'air. La constitution médicale et la constitution atmosphérique ne sont donc pas une seule et même chose, et, en outre des preuves que je viens de donner, j'ajouterai que les constitutions atmosphériques semblables ne sont pas inévitablement suivies de maladies ayant une nature et des comphcations semblables. D'où il suit qu'à la constitution atmosphérique, envisagée comme une cause morbifique, il f;mt ajouter quelque chose de plus, la constitution médicale, autre cause dont Fessence nous est inconnue et ne se révèle que par ses effets morbili(pies.

Existe-t-il une constitution médicale et des maladies de même nom ou de même nature, ayant une apparence, une durée, des complications et une tin comparables entre elles au môme moment, dans le même lieu? Beaucoup d'anatomistes, de physiciens, de chirurgiens et de inicrologues nient leur existence, comme celle de tous les faits d'induction, parce qu'ils ne sont pas du domaine des sens. C'est un tort. Jlippocrate* aie premier admis les constitutions médicales, (;t il dési-

' Pntholodie (jénérale, t I, p. 85.

- OEuvres il'Ilippocrati;, trad. par Liltrc, liv. I et III, fd's Éindcmid^.

B. — l'ATIlOL. GÉN. 10

Page 1