MALADIES ENDÉMIQUES
lluences inorbitîques spéciales dans un pays, influences qui se traduisent au dehors par la présence de maladies déterminées toujours les mêmes, tant que le génie de riiomme n'a pas fait disparaître la cause du mal.
Les maladies endémiques ont ordinairement le même caractère qu'elles présentent habituellement à l'état sporadique. Elles n'en diffèrent que par leur marche et une terminaison qui se fait plus longtemps attendre et qui est souvent malheureuse. Ainsi les fièvres intermittentes endémiques sont plus longues et plus rebelles que les autres ; dans les pays où régnent des lièvres, les accidents pernicieux sont très-communs. Le scorbut est phis grave et dure inliniment plus de temps quand il est à l'état endémique que dans sa forme sporadique. Au contraire, il y a des maladies endémiques aiguës, telles que la peste, le choléra, la fièvre jaune, etc., etc.
Toute cette classe de maladies réclame le concours actif de l'autorité gouvernementale, éclairée par les conseils de l'hygiène. On détruira la plupart des maladies endémiques quand on le voudra. Déjà la variole a disparu (hîs pays où la vaccine est universellement pratiquée. L(is fièvres intermittentes simples et pernicieuses cessent par l'assainissement d'un pays à la suite de l'épuisement des marais. Le goitre et le crétinisme cesseront d'exister quand les populations d'un pays où ce mal est endémique voudront boire des eaux de source au lieu d'eau de puits chargée de sels de magnésie. La peste va disparaître du globe à la suite des m63sures d'hygiène portées en Oi-K^it par la civilisation moderne. Le scorbut devient de plus eu plus rare en Europe. La pellagre endémique, en Loml)ardie, peut être combattue par l'usage alimentaire de céréales différentes du maïs, lequel sert de pain aux habitants de ce pays, etc., etc. J'ai doue eu raison de dire qu'on ferait à volonté disparaître la plupart des maladies endémiques du globe. Les ex(Mnples que je viens de citei* sont nombreux et inattaquables. 31alheui"(uis(3ment il n'en est pas ainsi de toutes les maladies «ndémicpies. S'il en est que la connaissance des causes permette de combatti'e avantageusemeid, il y en a encore un certain nombre dont les causes sont entièrement inconnues, telles que la fièvre jaune, l'hématurie, la plique, et pour lesquelles le concours de la science et de l'autorité sont inutiles. Plus tard, peut être, découvrira-t-on le moyen de les détruinî en annihilant les conditions d(; l(iur développement; mais aujourd'hui c'(ist encore une chose absolument impossible.
Les maladies endémiques d'un pays réclament en général un traitement identi(pie lorsque la natuie du mal est comme, et quand par hasard la théi'ajjeutique possède un spécifique à lui opposer. Ainsi les
maladies paludéennes, qui, malgré la diversité des formes et des apparences, sont d'une nature identique; les fièvres simples, les fièvres pernicieuses, les névralgies, les engorgements spléniques sans fièvre, l'anémie, certaines inflammations, même la pneumonie; les hydropisies. etc. , ne se ressemblent pas, et affectent des organes différents; mais leur essence est la même, et elles guérissent toutes indistinctement par le quinquina et par le sulfate de quinine. Quand on pratique dans une localité où règne une maladie endémique, on acquiert vite l'expérience de ce génie morbifique qui plane sur toutes les maladies de l'endroit, les dénature et les asservit à une thérapeutique uniforme. 31algTé tout ce qu'on peut tenter, le traitement des maladies endémiques est souvent infructueux. Cela se comprend, les causes morbifiques ne cessent pas d'agir sur les individus dont la maladie a pour cause l'influence de la localité. Elles guérissent une fois, mais elles récidivent promptement ; elles disparaissent pour revenir encore, et elles passent enfin à l'état chronique. 11 n'y a qu'un moyen de se guérir d'une maladie endémique rebelle, c'est le déplacement; encore faut-il n'avoir pas attendu trop longtemps avant de quitter le pays où l'on est tombé malade. Le déplacement est le seul et unique remède d'une maladie endémique. L'hématurie et la dysenterie des pays chauds guérissent par le séjour en Europe; le scorbut du nord par l'arrivée en France; les fièvres maremmatiques par l'air d'un pays de montagnes, etc., etc. Le principe général étant établi, c'est au médecin d'en appliquer les conséquences là où il en trouvera l'occasion.