CONSTITUTION DE LA MALADIE
d'autres éléments morbides, dans les cas de lésions de structure du corps.
La douleur est un élément morbide qui est souvent symptomatique de lésions organiques intéressant les nerfs, mais, en d'autres cas, elle se développe sans qu'il soit possible d'en découvrir la cause anatomique. Elle est alors idiopathiquc, et forme l'élément spécial de la maladie. Un grand nombre de névralgies, le tic douloureux, la gastrodynie, le clou hystérique, les élancements aigus et les mille douleurs des hypocondriaques, la migraine, etc. , sont dans ce cas, et ne résultent pas toujours d'altération matérielle des nerfs. Dans les cas mêmes où ces organes et d'autres sont malades, quand le tissu nerveux est désorganisé, quand une pierre distend les calices du rein, quand le périoste est malade, pourquoi les douleurs sont-elles intermittentes, viennent-elles seulement toutes les nuits, ou tous les mois, et aux intervalles les plus variés? C'est que la douleur n'est pas nécessairement produite par ces altérations, et qu'il y a d'autres conditions nécessaires à son développement. Elle disparait sous une influence morale, comme l'odontalgieen présence du dentiste; sous une impression douloureuse plus forte, comme la sciatique, par la cautérisation du lobule de l'oreille par le fer rouge, par le traitement narcotique des opiacés, de la jusquiamc, de la belladone, etc.
Le spasme est un élément qui constitue à lui seul plusieurs états morbides, suivant le tissu où il se montre, et qui accompagne, en assez grand nombre, d'autres maladies de nature différente. Caractérisé parle tiraillement et la contraction Monique et clonique des tissus, depuis le simple mouvement fibrillaire jusqu'à la convulsion la plus évidente, il existe à l'état d'élément morbide essentiel dans l'épilepsie, l'hystérie, la catalepsie, le tétanos, le trismus, l'éclampsie, la chorée, le tic non douloureux, l'asthme, la coquehiche, le faux croup, les palpitations, la toux nerveuse, le choléra, etc., et comme élément surajouté à d'autres maladies du systénu^. nerveux dans la névrite, la méningite, l'innannnation du cerveau, de la mo(»lle, etc. Il cesse souvent par l'action des toniques, des feiiiigineux, des opiacés, des antispasmodi(pies, des révulsifs, etc.
\j élément catarrhal est un élément assez conninm, qui se montre surtout chez les enfants et les vi(*illards, au printenqis et à l'automncî, conçu rrenuneid avec les iullanmiatious, dont il modifie le caractère, la forme, la durée et le trait(;ment. Aussi, ])our désigner la présence de cet élém(Mil, dit-on : les inllannuatious cataiThales, quand il s'agit de l'état aigu ; et le catarrhe à roccasion des llux chroniques des muqueuses. On l'ohserve aussi dans le coui's du rhumatisme, de certaines
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fièvres éruptives, et, en particulier, de la scarlatine et de la rougeole. 11 est caractérisé par la présence d'un état inflammatoire dormant lieu à des lésions anatomiques sans plasticité, fournissant un pus mal formé, plutôt du mucus que du pus. Il y a des ophthalmies, des pneumonies, des entérites catarrhales. Toutes les plilegmasies peuvent offrir ce caractère, et, chose remarquable, les émissions sanguines ne réussissent pas, ou réussissent moins bien contre elles que les vomitifs, les purgatifs et les révulsifs cutanés.
L'élément inflammatoire, caractérisé par la chaleur de la peau, la rougeur du visage, la turgescence des tissus, la force, la fréquence et la plénitude du pouls, accompagne ordinairement les inflammations viscérales et membraneuses; mais sa présence est si variable, qu'on est quelquefois fort longtemps avant de l'observer. 11 se développe surtout dans le cours des maladies des sujets jeunes et pléthoriques. Il réclame l'emploi des boissons acidulées, de la diète et de la saignée.
L'élément fluxionnaire, admis par Barthez et par les disciples de l'École de Montpellier, est assez difficile à caractériser. Ce n'est pas l'élément inflammatoire ni l'inflammation, c'est un trouble moindre, qui rappelle un peu ce que nous entendons d'ailleurs par congestion active. Ainsi, pour Barthez \ la fluxion est un mouvement qui porte le sang ou une autre humeur vers un organe particulier avec plus de force, suivant un autre ordre que dans l'état naturel. Elle peut être locale ou générale, et se développer directement ou par sympathie. En ce cas, la partie qui détermine la fluxion sur un lieu plus ou moins éloigné, comme dans l'utérus malade qui entraîne la fluxion de la mamelle, est appelée le pars mandons^ et celle sur laquelle s'opère la fluxion, le pars recipiens. La fluxion est ordinairement sanguine, et s'effectue sur les principaux viscères; mais elle peut être, dit-on, séreuse, purulente, et former les flux de l'intestin, des bronches, etc. Ce sont là des observations à vérifier.
L'élément faiblesse^ adynamique^ accompagne un grand nombre de maladies, et surtout les fièvres graves. Caractérisé dans quelques cas par le manque d'énergie de toutes les fonctions, la lenteur des mouvements, l'imperfection de l'hématose, la fatigue musculaire et l'affaiblissement intellectuel, il se présente ailleurs avec un ensemble de phénomènes bien autrement graves : stupeur, abattement, hébétude, résolution des membres, lalentissement de la circulation capillaire et des mouvements respiratoires, faiblesse du pouls, délire, pétéchies, hémorrhagies nasales et intestinales; voilà les principaux phénomènes de la véritable adynamic.
* Des fluxions, 1810, p. 3.
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La malignité est un élément morbide qui s'ajoute à un Irès-grand nombre de maladies d'une marche régulière, pour en modifier les caractères, les périodes et le pronostic, qui devient tout à coup excessivement grave. 11 se rencontre surtout dans les maladies des membranes muqueuses, et dans les fièvres de toute espèce, éruptives ou autres.
L'ataxie est un élément morbide caractérisé par le désordre aigu de l'intelligence en délire et des mouvements musculaires mal régularisés, tels que le tremblement des mâchoires, des mains, de la langue, les soubresauts des tendons, etc. Il se rapproche et se confond souvent avec l'élément adynamique, sous le nom d'ataxo-adynainie.
\j élément périodique surajouté aux maladies produit, dans ses phénomènes, une intermittence régulière ou irrégulière des plus curieuses. Les maladies paiaissent alors sous forme de paroxysmes séparés par des intervalles plus ou moins longs de bien-être complet^ ou elles présentent des paroxysmes violents au milieu de symptômes modérés. Ces paroxysmes reviennent, suivant les maladies, tous les jours, tous les deux, trois, quatre ou cinq jours, plusieurs fois par jour, tous les mois, et ainsi de suite. Toutes les fois que l'analyse fait découvrir cet élément, et on l'observe dans les névroses, les névralgies, les hémorrhagies, les rhumatismes, certaines fièvres et les inflammations, il faut le combattre par les amers, les toniques et les préparations de quinquina, qui en font généralement prompte justice. 11 n'y a pas jusqu'à la pneumonie qui, dans les pays de fièvres, ne se présente quelquefois sous forme intermittente et ne guérisse par l'action salutaire du sulfate de quinine.
Les éléments spécifiques sont trop variés dans leur nature et en trop grand nombre pour être de nouveau signalés, dans cet endroit, à l'attention du lecteur. Qu'il s'agisse des spécifiques virulents, miasmatiques, purulents, venimeux, effluviques, toxiques, leur importance est la même, et je renvoie, pour leur étude, à ce que j'ai dit précédemment de la spécificité et des maladies spécifiques. Je rappellerai seulement que, dans certaines maladies fébriles, dans certaines névroses, dans quehpies inflammations, etc., (jui ont une manifestation extérieure semblable, la présence d'un élément spéciti(pie joue un très-grand nMe et encliang(î complètement la marche, le pronostic et le traitement. Ainsi je suppose une inflammation des amygdales ; sans élément spécifique elle guérira rapidement, par les moyens les plus simples ; avec une spécificité morveuse ou syphilitique, elle ne guérira pas, ou ne guérira que sous l'influence d'un seul remède, le mercure.