DES ÉLÉMENTS M01U51DES
Coiiiiaitie la spécificité d'une maladie, savoir qu'elle est causée par tel virus, tel miasme ou tel venin, c'est avoir trouvé sa nature, résultat immense, qui décide la pratique du médecin, et, comme dans beaucoup de maladies il y a un élément spécifique caché, il faut toujours s'appliquer à le découvrir.
Les éléments dicithésiques se rapprochent et se confondent, en certains points, avec les éléments spécifiques. Ils sont très-nombreux, comme on pourra le voir en consultant le chapitre consacré aux diathèses, et ils ont une part très-considérable dans le développement, la marche et le traitement des maladies qu'ils accompagnent. Les éléments scrofuleux, herpétique, cancéreux, rhumatismal, goutteux, et tous les autres éléments diathésiques, donnent aux maladies une physionomie spéciale, que l'analyse et l'observation permettent de reconnaître assez facilement. J'ai déjà indiqué tous ces faits, et il me paraît inutile d'y revenir.
V habitude est une intluence morbifique dont j'ai fait connaître l'importance à propos de l'étiologie, et qui peut, d'après Fr. Bérard, jouer le rôle d'élément morbide. C'est quelquefois vrai. Ainsi une maladie, dont la cause bien connue est détruite, se prolonge indéfiniment par cela seul qu'elle a duré très-longtemps. Exemples : les névralgies, une migraine provoquée par l'asphyxie, etc. L'économie a une grande tendance à reproduire les actes dynamiques qu'elle s'est habituée à accomplir. Tout le monde connaît l'histoire de M. Brachet (de Lyon), qui, s'étant baigné huit jours de suite à minuit dans la Saône, pour se donner un accès de fièvre artificiel, eut, le neuvième jour, sans bain nocturne, un môme accès de fièvre avec sueur abondante. Que de gastralgiques souffrent par habitude, et, parmi ceux qui ne peuvent avaler que de l'eau de gonmie, combien digèrent quelquefois très bien, lorsqu'on les y force pour les guérir, plusieurs côtelettes grillées ! L'habitude de ne pas aller à la garde-robe quand cela est nécessaire rend souvent malade et pi'ovoque une colite chronique dont on guérit en prenant l'habitude opposée. Quelque contestable et limitée que soit l'action de l'élément habitude dans la forme des maladies, il y a cependant là quelque chose de réel dont l'analyse clhiique oblige à tenir compte.
Les éléments morbides organiques sont laissés dans l'ombre et complètement méconnus par les médecins de l'école de Montpellier; sauf F. Bérard, qui, dans le Dictionnaire des sciences médicales, a justement considéré les corps étrangers naturellement développés dans les tissus ou venus du dehors, et les solutions de continuité, comme des éléments constitutifs de la maladie, la plupart s'en tiennent à la con-
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sidération pure et simple des éléments morbides formant ce qu'ils appellent une affection essentielle, l'état dynamique par exemple. Dans leurs derniers ouvrages, MM. Alquié et Quissac ne parlent, pas plus des éléments organiques que s'ils n'existaient pas, de sorte qu'il V a, pour ces médecins et tous ceux qui partagent leurs opinions, deux sortes de maladies, les unes avec éléments et les autres sans éléments morbides. Je n'accepte pas cette manière d'établir la constitution de la maladie, et, par cela môme qu'on entre dans la voie féconde de l'analyse clinique, il faut que tous les faits et toutes les maladies décomposées par elle donnent et fournissent leurs éléments constitutifs à la masse commune. Comme M. Forget, je repousse cette délinition de l'élément qui en fait une affection essentielle et abstraite, et, à mon point de vue, j'appelle élément la partie ou les parties qui composent le tout. Or il y a dans les maladies des éléments dynamiques ; je les ai signalés, mais il y a aussi des éléments organiques qui jouent un très-grand rôle dans la production d'accidents dynamiques et mécaniques; ces éléments sont quelquefois des effets, je le veux bien, mais, devenus cause à leur tour, ils sont l'élément principal d'accidents nouveaux qu'on ne peut guérir qu'après avoir tenu de leur cause, le compte nécessaire. Si la doctrine des éléments morbides est bonne, comme je le crois, c'est à la condition de s'appliquer à tout, et non à moitié de la pathologie. Or n'accepter pour éléments morbides que des affections essentielles, c'est la détourner de son but et ne pas l'emplover à établir la constitution de la[maladie. En effet, si, prenant pour exemple une malad ie caractérisée par l'anxiété, la petitesse du pouls, les vomissements stercoraux, l'absence de garde-robe, et produite, je suppose, par une bride péritonéale, suite d'une ancienne phlegmasie du péritoine, ou par un rein mobile, ou par un iléus, ou par un paquet d'ascarides, ou par un entérolitbc, ou par une petite hernie dans le trou obturateur, je cherche en vain un élément morbide dynamique, ou une affection essentielle, je n'y vois qu'un obstacle mécanique au cours des matières, et je dis que c'est là l'élément morbide principal, si important, qu'il fera périr l'individu, si on ne le peut faire disparaître. Or, à faire l'analyse des éléments de cette maladie d'après la doctrine de M. Quissac, il n'y aurait pas là d'élément morbide appréciable, puisque les éléments organiques n'y ont aucime part. Cette manière de voir est insoutenable et ne résiste pas à l'analyse clinique. La malathe que j'ai prise pour exemple a ses éléments morbides connne toutes les autres, et, entre eux, le corps étranger, ou l'obstacle, doit occuper une place de premier ordre.
Les éléments organiques ne sont 1res- souvent que les effets du