DES CRISES ET DES JOURS CRITIQUES
f Flux d'urine.
Crises dans
1 Salivation.
les glandes.
j Parotides.
l Bubons.
Fluxions de diverses parties du corps
Crises
CharLon.
par le tissu
' Furoncle.
cellulaire.
Gangrène.
^ Dépôts purulents.
Les crises par hémorrhagie s'observent dans les fièvres inflammatoires, dans la phlegmasie ou dans la pléthore. L'épistaxis est un phénomène critique très-commun dans les maladies des jeunes gens pléthoriques et chez les personnes atteintes de maladies inflammatoires ou de fièvres graves. Il s'annonce par de la rougeur au visage, des pesanteurs de tête, de la céphalalgie, des étourdissements, des tintements d'oreilles, de l'assoupissement, des rêves, selon Galien ; un pouls fort, quelquefois dicrote, d'après Solano; dur et redoublé, d'après les recherches de Bordeu*. C'est un phénomène critique salutaire à la fin des maladies inflammatoires; partout ailleurs, c'est une crise insignifiante ou nuisible. — hliéinoptysie^ Yhématemèse et V hématurie, en tant que crises ou changements survenus dans les maladies, sont des phénomènes critiques favorables lorsqu'ils remplacent le flux menstruel supprimé, ou lorsqu'ils surviennent dans le cours de la pléthore. Ordinairement ces hèmorrhagies surviennent dans le cours de maladies graves des viscères, dans les fièvres graves, telles que la tièvre jaune, la peste, les typhus adynamique et ataxique, la petite vérole, le scorbut, etc. Ce sont alors des crises ou des changements funestes. — Le flux hémorrhoidal esi la crise des maladies du foie, des maladies chroniques, des voies digestives et de toutes les tumeurs, de quelque nature qu'elles soient, dont le volume est tel, qu'il en résulte obstacle à la circulation générale ou à la circulation de la veine porte. — Le flux menstruel est une crise qui se montre dans un certain nombre de maladies aiguës et dont l'apparition est généralement favorable. Elle est précédée de tension et de gonflement dans les parties génitales avec tuméfaction des glandes mammaires et plénitude du pouls.
Les exhalations muqueuses sont les crises de phlegmasies aiguës ou chroni(jues des meml)ranes muqueuses. Ainsi le flux muqueux é])ais, trouble, visqueux, (pii succède à l'écoulement séreux des fosses nasa-
• Iiecherchc> sur le poitls, t. I, p. 51.
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les, est la crise qui annonce la fui du coryza. Il en est de même des crachats épais sortis des bronches enflammées; et le flux muqueux^ sanguinolent, fibrineux, est une crise de la pneumonie. — Les vomissements sont la crise qui accompagne les maladies dans lesquelles existe un embarras de l'estomac. Ce sont plutôt des crises funestes que des crises salutaires. Le flux d'entraiUes se montre au milieu ou à la fin de beaucoup de maladies aiguës, et, dans quelques maladies chroniques, a été considéré comme crise; et la qualité des matières lendues, différente selon la maladie, avait une importance spéciale. Des matières abondantes, liées, homogènes, demi-liquides, jaunes ou brunes, ont été indiquées comme crises de l'embarras gastrique et intestinal, des maladies de poitrine avec embarras gastrique, etc. — Des matières muqueuses abondantes sont la crise qui annonce la fin de la dysenterie; enfin des matières aqueuses abondantes jugent quelquefois l'hydropisie, dont elles font disparaître la trace. — Ces flux sont ordinairement annoncés par des borborygmes, de la tension aux lombes, et un état particulier du pouls caractérisé par le développement et l'intermittence des pulsations.
Les sueurs s'observent dans un grand nombre de fièvres inflammatoires , typhoïdes , dans la pleurésie , la pneumonie , le rhumatisme, etc., etc., et notamment chez les sujets jeunes dont la peau est fine, et qui offrent les caractères du tempérament lymphatico-sanguin. Elles sont précédées d'une chaleur un peu plus grande de la peau et accompagnées d'un pouls fort souple, plein et développé. Quand elles sont générales, la crise est souvent salutaire, tandis qu'au contraire elle est incomplète ou môme mauvaise quand la sueur est partielle.
Dilférentes éruptions, tefles que les érythèmes, la miliaire, le pciniphygus, l'érysipèle, l'impétigo, l'herpès, qui se montrent dans lecours des maladies aiguës, ont été signalées comme étant le résultat de crises tantôt utiles et tantôt nuisibles. Le nombie de ces éruptions est trèsconsidérable. 11 y en a dans un très-grand nombre de makuhes. Tout le monde connait l'urticaire de l'intoxication parles moules, les exanthèmes (le la convalescence du choléra, l'herpès labialis de la pneumonie, qui indique constamment sa terminaison heureuse, etc., etc.
Les urines ciiangent souvent de composition dans le cours des maladies aiguës, et il est une sorte d'altération que l'on a de tout temps considérée comme le résidtat d'unecriseopéiéc dans l'économie. Ainsi, <lans les maladic^s aiguës et dans les fièvres, chez ceilahis individus nerveux, irritables, dont la peau est sèche, au moment de la convalescence elles renferment en suspension un nuage plus on moins circon-
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scrit, OU un sédiment épais, cohérent, blanc ou rosé. — Cette moditîcationest accompagnée, d'après Hippocrate^ d'une certaine pesanteur lombaire et de tension aux hypocondres. — Le pouls, selon Galien, est alors irrégulier, diminuant de force au bout de quelques pulsations, pour reprendre et diminuer encore alternativement. C'est ce que l'on a désigné sous le nom de pouls myure.
Quelquefois aussi, à la fin de certaines maladies aiguës sans lésion des reins, il y a de l'albumine dans les urines, et M. Martin-Solon, qui a découvert cette modification, l'a considérée comme une crise salutaire.
La salivation se montre dans le cours des angines et des stomatites, dans la grossesse, dans la manie, dans la petite vérole, au moment de l'éruption jusqu'au douzième ou treizième jour, etc., etc.
Les parotides des fièvres graves, typhus, fièvres typhoïdes et fièvres éruptives, caractérisées par le gonflement de la région parotidienne et de la parotide, ont toujours été considérées comme le résultat de crises fâcheuses. En effet, la mort en est presque toujours la conséquence. Elles se terminent par suppuration, et il est rare de les voir disparaître par résolution.
Les bubons, considérés comme des phénomènes critiques, ne s'observent guère que dans la peste. Ils constituent de bonnes crises, lorsque la suppuration est franche et rapide ; ce sont, au contraire, des crises défavorables lorsque l'inflammation est lente, ou lorsque, ayant commencé d'une manière assez vive, elle cesse tout à coup et amène l'affaissement subit de la tumeur.
D'autres crises salutaires ou funestes ont été indiquées par les partisans de la doctrine des crises comme ayant leur siège dans le tissu cellulaire. Ainsi le gonflement du visage, des mains et des pieds dans la suppuration de la variole; les furoncles de certaines lièvres éphémères, de la variole et de l'hypocondrie, les gangrènes des fièvres graves et des maladies charbonneuses, les abcès des viscères et de la profondeur des membres ont été considérés comme des phénomènes critiques.
Des jours critiques. — Non-seulement l'ancienne médecine crut avoir découvert dans la marche des maladies des phénomènes intercurrents, dont l'apparition était le résultat d'une crise, mais elle prétendit fixer, par l'observation, l'époque et le jour de l'apparition de ces pliénomènes. Elle compléta ainsi sa doctrine des crises parcelle des jours critiques. Ilippocrate, promoteur de ces idées, qu'il semblait
* Œuvres, t. IV. Aphor. 75, sccl. iv.
tirer de l'observation des maladies, après avoir indiqué l'existence de -certaines crises morbides, fut le premier qui fixa les jours de leur apparition, sans rien établir d'absolu à cet égard. Ce n'est que plus tard, et de la plume de Galien, que l'on vit sortir la doctrine systématique des crises et des jours critiques à peu près telle que nous la (Connaissons aujourd'hui. — Cette dernière partie de la doctrine des crises n'a vraiment plus qu'un intérêt historique, et je n'en parlerai que d'une manière très-succincte, pour faire connaître ce qui a été longtemps professé sur ce point.
Les jours critiques sont ceux dans lesquels se font les crises. On les divise en jours critiques décrétoires, en jours critiques indicateurs et en jours intercalaires.
Les jours critiques décrétoires, jours dans lesquels ont lieu le plus •ordinairement les crises, sont les septième, quatorzième, vingtième, \ingt-septieme, trente-quatrième, quarantième, soixantième, quatrevingtième, centième, cent vingtième; mais entre chacune de ces périodes de sept ou de vingt jours, la crise peut également avoir lieu ou être indiquée pour le quartenaire suivant. Ce sont les jours indicateurs on contemplatifs^ les quatrième, onzième, dix-septième, vingt-quatrième, trente et unième, etc. Un aphorisme d'Hippocrate* les signale de la manière suivante : « Le quatre est l'indicateur du sept; le huit ouvre la semaine suivante. Observez le onzième, c'est le quatrième de •cette seconde semaine. Observez encore le dix-septième, c'est le quatrième depuis le quatorzième, et le septième depuis le onzième. »
Indépendamment des jours critiques décrétoires et des jours indicateurs, il y en a d'autres, nommés intercalaires, les troisième, cinquième, sixième, neuvième, seizième, dans lesquels la crise n'a lieu •<|u'imparfaitement, d'une manière irrégulière, souvent funeste. Viennent ensuite des jours vides ou non décrétoires^ les deuxième, huitième, dixième, douzième, treizième, quinzième, ainsi nommés parce qu'ils ne sont ni indicateurs, ni décrétoires, ni intercalaires, et parce qu'il ne s'y fait presque jamais de crises, ou du moins pas de crises iavorables. Enfin, d'après Ilippocrate lui-même ^ les crises peuvent quelquefois se montrer la veille ou le lendemain du jour indiqué, ce <pii nnierit à (hre qu'elles peuvent avoir lieu à n'importe quel jour (le la durée des maladies, et en conséquence qu'il n'y a rien de précis ni d'absohi dans la doctrine des jours critiques.
(^(;t exposé montre suriisammeut l'incertitude et le vague de la doc-
' (Euures d^Uippocratc, tiad. par Liltré, t. IV. Aphor. 24, sccl. ii. ^ Épidémies, liv. I, t. II, p. OGl.