DES RECHUTES ET DES RÉCIDIVES
La convalescence est quelquefois interrompue par des accidents morbides semblables à ceux qui avaient cessé. Cette réapparition d'une maladie incomplètement terminée constitue ce qu'on appelle une rechute. Ce n'est pas un retow du mal, comme on l'a dit improprement, car le retour suppose le départ, et ici il n'y a qu'une manifestation nouvelle d'accidents morbides à leur déclin.
La récidive est, au contraire, le retour de la même maladie chez un sujet en parfaite santé.
On a l'idée d'une rechute dans les maladies internes, par ce qu'on observe à ciel ouvert dans les maladies externes. Que de fois, au déclin d'une conjonctivite ou d'un érysipèle, ne voit-on pas le mal prendre une activité nouvelle, et causer la mort ou la perte d'un œil? Il en est de même dans les maladies intérieures, que j'ai appelées de cause interne ou réflexes. Elles allaient s'éteindre ; il ne restait plus à combattre que la chloro-anémie de la convalescence, lorsque' ranimées par une influence extérieure, leur présence est le point de départ des accidents les plus graves.
Dans la récidive, une maladie reparaît sur le même sujet au bout d'un temps plus ou moins long. La pneumonie, l'entérite, le rhumatisme, l'héinorrha4e cérébrale, etc. , sont des maladies sujettes à récidives. *
Les rechutes sont déterminées par l'impression du froid et de la grande cha leur, par les mipressions morales vives; par l'exercice musculaire exagéré oar le iravad intellectuel, par les écarts de régime, par un traitement incomplet ou
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mal dirigé, et enliii par tout ce qui peut produire une action directe ou réflexe sur des organes altérés, siège d'une altération récente en voie de résolution.
Il y a peu de maladies qui ne puissent olTrir, à leur déclin, dans la convalescence, sous l'iniluence des causes précédentes, la réapparition des principaux accidents morbides antérieurs. Les fièvres intermittentes et les maladies endémiques; les fièvres continues localisées dans l'intestin, telles que la fièvre typhoïde; les phlegmasies cutanées, telles que l'érysipèle; les phlegmasies des nmqueuses, l'oplithalmie, la leucorrhée, le catarrhe des bronches, la gastroenlérile, la dysenterie, etc. ; les phlegmasies parenchymaleuses, la pneumonie, etc. ; les hémorrhagies, les hydropisies, les névroses, telles que la folie, l'hystérie, l'épilepsie, etc. ; les maladies dialhésiques, le scrofulismc, l'herpélisme, le podagrisme, etc.; les maladies virulentes, le farcin, la syphilis, etc., présentent toutes la possibilité de rechutes plus ou moins graves.
Généralement la rechute d'une maladie trouve le terrain moins bien préparé qu'à son début. Elle arrive, chez un convalescent plus ou moins délabré, par l'abstinence et le traitement antérieur, et si elle peut se terminer d'une manière heureuse, souvent aussi elle amène l'état chronique et la mort.
Il n'en est plus de même des rechutes dans les maladies qui n'ont pas de convalescence, comme les maladies extérieures, l'ophthalmie, l'érysipèle, etc. xUors la rechute n'a guère d'autre résultat, outre la gravité ordinaire, que de prolonger les accidents au delà du terme ordinaire.
Pour éviter les rechutes, il faut diriger la convalescence et la marche des maladies, à leur déclin, avec une circonspection qui tient compte de toutes les influences morbides connues. Ce n'est pas tout d'opposer aux lésions locales des moyens convenables; si l'on ne s'occupe de l'état général qui engendre les maladies on n'a rien fait. Toutes les maladies sont plus ou moins diathésiques, et elles réclament dans leur cours et à leur déclin l usage de moyens spéciaux, quelquefois spécifiques, qui empêchent les rechutes et les récidives. Les maladies pléthoriques, effluviques, diathésiques, virulentes, ont besoin d'être traitées de cette manière, sans cela elles récidivent et se prolongent indéfinimeut.
Les récidives s'observent dans toutes les maladies aiguës et chromques, mais plus particulièrement dans la classe des phlegmasies. La pneumonie, l'angine tonsillaire, la bronchite aiguë, le rhumatisme, l'érysipèle, récidivent trois, quatre six et dix fois chez le même individu en quelques années. On les rencontre dans les ulcères des membres, dans la pourriture d'hôpital, dans les luxations, dans les fractures très-faciles chez certains individus, dans les calculs urinaires, dans les anévrysmes, dans le cancer simple, épithél.al, fibro-plas-
Elles^lont le résultat évident, soit d'une prédisposition particulière et d'une dialhèse plus ou moins bien caractérisée, soit d'une disposition organique spéciale soit enfin d'une impression morbifique semblable à celle qui a déjà e é subie par le malade. Toutes ces circonstances doivent être recherchées avec le plus grand soin pour éviter l'apparition de ces récidives.
nOMPLICATIOAS.