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VARIÉTÉS DES COMPLICATIONS

Les complications varient d'intensité, selon le climat où l'on observe, exemples : la fièvre bilieuse, si grave dans les pays chauds; le tétanos mortel, si commun chez les nouveau-nés; selon les lieux : ainsi l'infection purulente est plus rare à la campagne que dans les grandes villes, et, dans la ville chez les particuliers que chez les malades d'un grand hôpital; selon la saismi • ainsi les pneumonies typhoïdes sont plus fréquentes en hiver qu'en été; selon l'ftgc • amsi le délire est plus commun dans les maladies de l'enfance que dans les •maladies de l'adulte; l'asphyxie est plus à craindre dans les inflammations du larynx, chez un enfant que chez une grande personne, etc. : selon le sexe le tempérament, les professions, etc., la nature môme des maladies, et l'état des forces chez un individu. ti^wiuts

j.^f- rAinoi.oniF, cf.NtnALE.

I eur clévoloppcuKMit csl facililô : 1" ivir la proximilc dos orgai.es, exemples : les hydatides du foie qui s'ouvrent dans le poumon, la phleginasie de l'utérus qui "a-rnc le péritoine ; 2" par l'idenlilô de composition des tissus, exemples : les maladies de la peau sont souvent compliquées de maladies d'inlestm ; le rhumatisme articulaire se complique d'un rhmïiatisme du cœur, etc. ; 3° les rapports sympatliiques des organes, exemple : les névroses qui compliquent l'existence -

d'un tœnia, etc. ; , i

II y a des complications nerveuses, des complications humorales et des

complications organiques.

Les complications nerveuses sont celles qui sont caractérisées par des troubles morbides réllexes, locaux ou généraux. Elles comprennent tous les accidents morbides dus à la sympathie. Ordinairement, elles ne laissent pas anrès elles de traces de leur passage, ce sont : Vadynamie, Vataxie et la raalianité des fièvres graves; les vomissements incoercibles de la grossesse; .a douleur la contracture essentielle ou sympathique des fièvres; h folie l'état puerpéral; les convulsions initiales dans la variole; Vamaurose du tœma ; les paralysies hystériques, les parotides des ûèvres graves; Vorchite après les oreillons ; la dyspepsie chez les dartreux, etc.

Les cmplications humorales sont le résultat d'impressions morbifiques qui nioutent une altération des humeurs à la maladie préexistante. On voit, de temps Ta tr deux fièvres éruptives se développer sur le même individu, la rougeole m^ J variole, la variole et la vaccine, etc. L'éruption variohque est souven m l fi^, car el e subit un temps d'arrêt dans son développement; le nombre e r Le des pustules est souvent moins considérable, et il leur arrive de se less L très-iLmptement. La diphthérite et le croup se montrent souvent a h nédode ultime de maladies de l'enfance. Une fièvre typhoïde peut se deveppe L le cours d'une affection quelconque. Il en est de même de l anémie Ealadies chroniques, de la pyohémie consécutive aux ongues suppurations e au opérations chirurgicales; de l'altération spéciale du sang dans les c^cheTes p ludéeunes, saturnines et alcooliques; de l'empoisonnement plus o moTn ca ctérisé du sang dans les maladies virulentes, la syphilis, la morve, le

"^t: Zplications organiques résultent de l'action ^^-te des maladi^^^ rieurement établies. Elles sont inflammatoires, exemples . la péritonite d une S^IdomLle, d'une hernie étranglée ou d'une affection des visc^n. 'abdomen; l'hydrothorax après les maladies du poumon; la colite ulce euse ~;prèl la fièvre typhoïde; le carreau après une longue - ^e; . s Pèle de la face ou des membres qui succède à une plaie de l^^^éiieu des adne des oreilles, ou d'une partie quelconque de la surface -tané ; H^n^ ' r::rictère dans la pneumonie du côté droit; l'adéni. --P;^^-- ^ la phlegmas>e des vaisseaux lymphatiques, etc. ; mécaniques, ^'^^"^P ^ ' f leS viscérales des fièvres graves, des maladies septiques et vu-nlen e fhv rme pulmonaire après la bronchite; la dilatation du cœur liée a un ob ta S 0 Xes, etc. ; kén^rrhagi<iues, exemples : la rupture d'un vaisseau dans une

nr.S COMPLIf^ATIONS. — VARlftTÊS. ^Ji'

plaie- l'apoplexie pulnioiiaire des uuiladies du cœur; la sécréiion de sérosité .rlânle dans la péricarditc; gangreneuses, exemples : les anthrax, la gan-

saii

grène pulmonaire des nèvrcs graves, le ramollissement du cerveau par oblitération des artères de l'encéphale, etc.; hydropiques, exemples : l'anasarque, l'ascitcdes maladies du cœur, du foie, etc.; emboliqnes, lorsqu'un caillot artériel mobilise vient se fixer dans les capillaires, arrêter la circulation et produire la gangrène, ou bien lorsqu'un caillot veineux remonte au cœur, obstrue l'artère pulmonaire et suspend la vie à l'instant, ou enlin lorsque la résorption de parcelles purulentes, cancéreuses ou diphihéritiques produit par métastase des abcès inétastatiques ou des tumeurs cancéreuses.

En général, quand on connaît la pathologie, et que chez un malade le diagnostic a été bien rigoureusement établi, l'observation ultérieure permet aisément de découvrir les complications à mesure qu'elles se présentent. Tout phénomène insolite est recueilli avec soin pour être rapporté à sa cause véritable, et traité comme il convient de le faire. Malheureusement, il en est des complications comme des maladies, il y en a de latentes et d'apparentes. Quelquefois ce n'est qu'à la nécropsie qu'on découvre des complications inaperçues pendant la vie. Combien de phlegmasies séreuses, de désorganisations chroniques, cancéreuses, tuberculeuses ou autres des principaux viscères, dont aucun phénomène morbide n'avait signalé la présence, et qui ont été trouvées sur le cadavre!

En général, les complications ont pour effet d'entraver la marche de la nature dans la guérison spontanée des maladies. Leur influence sur la maladie antérieure est une chose fort importante à déterminer. Ordinairement cette influence est mauvaise, mais elle peut avoir son avantage. En voici la preuve. J'ai vu un érysipèle aigu enlever un eczéma chronique de la peau qui avait résisté à tous les remèdes ; une pleurésie aiguë favoriser la guérison d'une maladie chronique des voies digestives. Une phlegmasie aiguë suspend, temporairement au moins, la coqueluche, la chorée, qui reviennent un peu plus tard.

Hermann raconte qu'une fièvre putride termina heureusement une paraplégie, et Boeriiaave a publié l'observation d'un homme de cinquante ans, afl'ecté d'hémiplégie, chez lequel une fièvre tierce ayant rétabli l'usage des mouvements, la paralysie revint après la guérison de la lièvre. L'^ée de l'avantage offert par certaines complications déterminées a été si loin, qu'on a pu dire que certaines maladies virulentes avaient la propriété d'en neutrahser d'autres. C'est sur ce principe que repose le précepte d'inoculer, par de nombreuses piqûres de vaccin, les individus qui offrent les premiers symptômes do la variole. Je l'ai vu faire. Ordinairement il ne paraît pas de vaccine, et, lorsqu'elle se développe, c'est d'une manière incomplète, et quelquefois il semble, en effet, que l'éruption de variole soit avantageusement modifiée. Le même fait a encore d'autres applications. On a dit, mais sans démonstration péremptoire, que ce qui se passai! dans le corps humain s'accomplissait aussi dans l'air lorsque deux principes contagieux s'y trouvent en présence. S'il faut en croire Ozanam, lorsque la

pesle règne dans un pays, et que la variole s'y déclare, la pesie cesse spontanément. C'est là un fait îi démontrer.

Ordinairement les complications sont des accidents fâcheux et redoutables, qui ajoutent h la gravité du pronostic de la maladie première.

Leur gravité est proportionnelle à leur nombre, ii leur nature, et aussi à l'iniportance des organes affectés. Il n'est pas rare de trouver trois ou quatre complications sur le mCme individu. Leur nature nerveuse ou névropathique, humorale ou organique, leur donne une importance relative différente, et celles qui occupent la peau ou le tissu cellulaire, et qui n'ont qu'une médiocre étendue, sont infmimenl moins graves que celles qui occupent le cerveau, les poumons, ou quelque viscère principal.

Ou les complications aggravent la maladie première, ce qui est habituel, ou elles subissent son influence, et sont elles-mêmes plus graves qu'elles ne le seraient dans toute autre drconstance. Ainsi l'érysipèle qui arrive dans le cours d'une fièvre typhoïde compromet la vie des malades, et il paraît être lui-même très-grave, à cause de sa tendance à la gangrène. Les pneumonies du typhus et de la rougeole sont plus graves que la pneumonie ordinaire, et elles s'ajoutent d'une façon très-désavantageuse à la maladie principale.

Outre le danger inhérent à la complication ou aux complications, s il y en a plusieurs chez le môme individu, elles ont aussi l'inconvénient de jeter quelquefois au travers de la thérapeutique des embarras considérables. En effet, si la médecine des cas les plus simples est difficile, que doit-il en être lorsque le mal est compliqué? Les complications sont souvent des contre-indications thérapeutiques fort sérieuses. Est-ce qu'une pneumonie typhoïde, chez un sujet «dynamique, pourra être traitée comme chez un autre individu? est-ce que l'entérite permet de traiter une pneumonie par le tartre stibié, ou le croup par le sulfate de cuivre, comme s'il n'existait pas de phlegmasie intestina e ? Il suffit d'indiquer ces différentes circonstances pour faire toucher du doigt la difficulté que les complications apportent dans la thérapeutique.

Dans cette condition particulière, il faut apprécier de quel coté vient le danger, pour savoir s'il appartient à la maladie principale ou h la complication. Il n'y a pas à changer la thérapeutique tant que les accidents nouveaux n y obligent pas, en raison de leur nature, ou par l'effet qu'ils pourraient subir du traitement mis en usage. Siiles complications grandissent et 1 emportent sur a maladie principale, c'est alors sur elles qu'il faut porter 1 attention pour combattre par des moyens appropriés, susceptibles de provoquer au dedans une réaction thérapeutique favorable.

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