‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 148 sur 439 · PATIIOL. CÉN · texte numérisé non relu

PATIIOL. CÉN

que nul moyen n'a la puissance d'arrêter. L'avulsion d'une dent, une iiiqûre de sangsue, sont quelquefois le point de départ d'une hémorrhagie mortelle.

Tous les tissus vasculaires peuvent être le siège d'hémorrhagies plus ou moins considérables, formées à leur surface ou dans leur intérieur.

Il y a des hémorrhagies de la surface intacte de la peau qui se font dans ses parties les plus vasculaires, à travers les conduits sudorifères, par la piili)e des doigts ou par une grande étendue du corps. Ces faits sont très-rares : Andral, Forget, Gendrin, en ont cité des exemples. Les hémorrhagies delà peau malade dépouillée d'épiderme ou siège d'ulcération, sont infiniment plus comiiiunes.

Toutes les muqueuses sont fréquemment le siège d'hémorrhagies. En première ligne, il faut placer la muqueuse de l'utérus, puis après viennent celle des narines^ du rectum, des bronclies, de l'estomac et de l'intestin, etc.

Les membranes séreuses ne sont pas souvent le siège d'hémorraghies, et elles ne referment que de la matière colorante mêlée à du sérum. Cependant Baillarger Legendre, ont observé des hémorrhagies de l'arachnoïde; Bernutz en a vu dans" le péritoine; il y en a dans les plèvres, dans le péricarde, etc. Dans ces cas, l'épanchement sanguin est presque toujours la conséquence d'une rupture des gros vaisseaux plutôt que de l'érosion des capillaires sous-séreux.

Dans l'intérieur des tissus, il y a des hémorrhagies qui en écartent les éléments et y forment des pétéchies ou petites taches ecchymotiques ou véritables fovers Tout le monde connaît les pétéchies produites dans l'épaisseur du derme cutané et dans le tissu muqueux. Il y a des foyers sanguins dans le cerveau, dans la moelle, dans les poumons, dans le foie, dans les relus, etc. Tous ne sont pas atteints aussi fréquemment, et, sous ce rapport, le cerveau mérite detre placé en première ligne. C'est ià qu'elles sont plus ordinairement observées.

Le sang, une fois sorti des vaisseaux, s'écoule sur des surfaces libres, ou se dépose au milieu des tissus et dans les cavités des séreuses.

Le san<^ qui s'échappe des vaisseaux et coule immédiatement au dehoi-s est nlus ou moins coloré, suivant la constitution et la santé des individus. Rouge chez's sujets pléd.oriques, il est noirâtre ou noir chez les sujets atteints de mSdies putrides, adynamiques, onde diathèse "^ique;^ enfin, chez les anémiques et chez les personnes qui ont deja peidu beau oup desa ig. Il sort pur ou mélangé à d'autres liquides, suivant son ongme am« le sang d'une hémoptysie est quelquefois mêlé àdu pus ou a des an^^u^ membraneux, lorsqu'il provient d'un kyste hydatique du foie ouve.i dans les bronches, ou d'une caverne tuberculeuse.

Lorsque le sang fourni par une hémorrhagie n'est pas évacue ^^Jf^Ct séjourne dans l'économie au contact de l'air, il s'altère et se pul.cl.e, deMeut

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noirâtre; ses globules disparaissent, et il ne reste que des granules noirs aniorohes, dont l'origine est impossible à reconnaître. Il se forme un liquide brunâtre, tenant en suspension des grumeaux noirs, plus foncés que le liquide lui-même. C'est ce qu'on observe dans l'hémorrliagie de l'estomac, dans les liématémèses du cancer, de la fièvre jaune, etc., dans quelques hémorrhagies de l'intestin, lorsque le sang rendu avec les matières constitue le méléna ; c'est enfin ce qu'on voit d'une autre façon, au quatrième ou cinquième jour des hémoptysies, lorsque l'expectoration de matières brunes, noirâtres, est constituée par du sang décomposé. Il est inutile de dire que, si le sang versé à la surface d'une cavité profonde n'y séjourne pas et se trouve porté au dehors, il conserve sa couleur et les caractères que lui imprime la maladie.

Lorsque le sang déposé dans l'intérieur du corps se trouve hors du contact de l'air et des agents qui pourraient l'altérer, il reste quelquefois liquide, sans modification appréciable, conserve ses caractères microscopiques et chimiques, à ce point qu'il se prend en masse, si on l'extrait du corps pour le porter à l'action de l'air. Ordinairement il se coagule, la partie liquide se résorbe, le caillot disparaît lentement, et il reste un détritus rempli de cristaux d'hématoïdine (fig. 29). Dans quelques cas l'absorption Si n'a pas lieu, et le sang épanché forme des tumeurs fibrineuses >4 l^ii a. qui se métamorphosent et deviennent le point de dépait d'un V '"^^ certain nombre de produits accidentels. J'ai vu des tumeurs de la paroi utérine entièrement formées par des caillots et en train de subir la transformation crétacée. J'ai une fois ren- '^'foiwrd'rÎTi'scontré une petite concrétion ovoïde, blanchâtre, Ubre, dans '[""^ oï^ssifs'ele péritoine d'une femme adulte. Grosse comme un œuf de meut : 30o dia-

^ meti'es(Virnlio\v,

pigeon, elle était assez résistante, sans être dure, et formée Pathoi. cdiu-

laire, fig. 53).

d une coque blanchâtre, épaisse de 3 millimètres, renfermant une matière rouge brun homogène, formée de matière colorante du sang.

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Les symptômes généraux des hémorrhagies dilfèrent suivant les causes qui les ont produites. Tandis que les unes sont précédées de signes de pléthore locale dans l'organe qui va être le siège de l'écoulement sanguin, ou de phénoaaènes généraux de pléthore, tels que lourdeur de tête, bluettes, chaleur de la peau, force et fréquence du pouls, etc. , ce qui est le fait des hémorrhagies essentielles et pléthoriques, les autres ne présentent rien de semblable, et la sortie du sang hors de ses vaisseaux est le premier phénomène appréciable. C'est ainsi que se passsent les choses dans les hémorrhagies septiqucs et organiques.

Les phénomènes précurseurs dont je viens de parler se rapprochent un peu de la fièvre; ils ressemblent à un elTort de l'organisme, qui veut produire un résultat, et cet effort, conduisant à l'hémorrhagie, est très-justement désigné sous le nom d'effort hémorrhagique ou molimen hœmorrfiagicKm.

Les petites hémorrhagies n'ont généralement pas d'autre symptôme que

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l'écoulement du sang. On les reconnaît aisément quand elles sont superficielles ; ma's, lorsqu'elles sont profondes ou qu'elles se produisent dans l'intérieur du parenchyme des viscères, elles passent souvent inaperçues.

Les hémorrhagies abondantes sont accompagnées, au moment de leur apparition, par des horripilations et un sentiment de froid; les malades pâlissent; leur' peau se couvre d'une sueur froide; ils tombent en défaillance ou en syncope; le pouls tombe, devient petit, misérable, ou disparaît; il peut y avoir des évacuations alvines involontaires, des convulsions, et alors la mort a liea très-rapidement. Superficielle ou profonde, ces symptômes étant les mêmes, une hémorrhagic de cette espèce, ayant, par exemple, l'intestin pour siège, peut toujours être reconnue, malgré les difficultés qui environnent le diagnostic. Sans doute, l'embarras est grand, mais l'invasion subite des accidents de froid, de prdeur, de petitesse du pouls, de défaillance, allant ensuite jusqu'à syncope, doit servir h le dissiper. Nul autre accident qu'une forte hémorrhagie ne produit de phénomènes semblables.

x\près rbémorrhagie, qui a produit la dépression des forces, la défaillance ou la «yncope, une réaction plus ou moins évidente se manifeste ; la température de la peau's'élève ; elle s'anime et se colore; le pouls grandit, acquiert de la force, et les grosses artères deviennent, d'après Marshall-Hall, le siège de bruits artériels plus ou moins évidents. La plupart des médecins considèrent ces bruits de souffle vasculaire comme le résultat d'une polyémie séreuse, et d'une diminution de densité du sang,- produites par la formation rapide d'une nouvelle quantité de sang, dans laquelle prédomine le sérum. En effet, de même qu'on rend chloroliques ceux qu'on saigne trop souvent ou trop abondamment, de même voit-on les pertes considérables de sang conduire à la chloro-anémie.

La nature de l'hémorrhagie modifie ces symptômes d'une façon très-notable. Ainsi les hémorrhagies essentielles et pléthoriques abondantes sont toujours précédées de symptômes précurseurs liés à l'effort hémorrhagique dont j'a parlé Au contraire, les hémorrhagies septiques des pyrexies, du scorbut, et les hémorrhagies svmptomatiques d'une altération des solides, n'offrent presque jamais de symptômes généraux précurseurs, et souvent rien ne les annonce qu'un travail local de la partie où va se faire l'écoulement sanguin.

Les symptômes locaux des hémorrhagies dépendent absolument de l'importance des anes et de la nature des tissus qui sont le siège de la rupture vasc r Dans le cerveau et dans les méninges, ces symptômes sont ceux e l'"non evie cérébrale où .néningée, avec perte de connaissance et paralysie gèn r artielle; dans les poumons, ils occasionnent ceux de 1^.-^- P" nairc avec hémoptysie ; tandis que, dans l'intestin dans l estomac d " a e • ,,ns la vessie, ce sont des symptômes tout différents, «'S-'- f j , vrages de pathologie spéciale, et sur lesquels li n y a pas heu de s arrêter

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Les hémon-liagics se reproduisent plus ou moins souvent, selon leur nature, " et quelques-unes de celles qu'on nomme essentielles reviennent assez souvent d'une manière régulière, avec une sorte de périodicité. Celles qui se rattachent h la diatlièse scorbutique, cancéreuse, sont les plus fréquentes de toutes. Elles sont pins ou moins abondantes; mais, quand elles sont courtes et mortelles, on I dit qu'elles sont fondroijantes.

Parmi les hémorrhagies, il en est qui s'arrêtent aisément, lorsqu'uiîe certaine j quantité de sang est sortie des vaisseaux ; ce sont les hémorrhagies essentielles, 1 pléthoriques; un caillot se forme naturellement, et l'écoulement cesse jusqu'à ; nouvelle rupture. La syncope favorise beaucoup cette heureuse terminaison. Il i en est d'autres, au contraire, qui ne s'arrêtent qu'avec la plus grande difficulté; \ ce sont les hémorrhagies septiques, et surtout celles qui dépendent de l'hémor- ! rhaphilie.du scorbut et de l'appauvrissement du sang par des hémorrhagies an- 1 térieures. On ne les arrête qu'avec la plus grande peine, et souvent rien ne i peut réussir. Les malades s'épuisent et ils succombent. J'ai vu un homme at- ■ teint de scorbut, et qui avait été saigné à tort; pendant trois jours, malgré les poudres absorbantes, la cautérisation et la compression la plus énergique, le , sang traversa les linges de pansement, et ce ne fut qu'au bout de ce temps que cessa l'hômorrhagie.

Les hémorrhagies fréquentes et abondantes épuisent rapidement les sujets et amènent de notables changements dans la composition du sang.

Le visage pâlit, et tous les tissus se décolorent; la peau prend une couleur de cire ; les forces disparaissent, et le moindre exercice provoque la dyspnée, la fatigue et la sueur. Des palpitations se développent, et les grosses artères font » entendre des bruits de souffle à double courant, comme dans la chlorose. On ' observe des névralgies en divers points du corps, et le sang, pâle, aqueux, peu • coaguiable, prend une teinte lic-de-vin caractérisée. Dans sa composition, il ! présente plus d'eau, moins de globules, moins d'albumine, et quelquefois aussi moins de fibrine.

A ce degré, les digestions sont mauvaises, lentes, difficiles, les extrémités s'infiltrent, et il se développe des hydropisics que guérissent très- bien le fer et les toniques, s'il n'y a pas de contre-indication à leur emploi.

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