DES FLUX
membranes glandulaires et des glandes sécréloires. M. Andral a proposé de lui substituer le nom à'hypercrinie ou tVhétérocrhde, M, Gendrin celui de diacrises, et M. G intrac celui de nosocrinies ou de crinoses.
Les flux des maladies des membranes muqueuses et de toutes les glandes isolées ou agglomérées répandues dans les diverses parties de l'organisme. Ainsi tous les écoulements muqueux de l'estomac et de l'intestin proviennent des follicules et des glandes cachés dans l'épaisseur de la muqueuse digestive. Les écoulements de la peau viennent des follicules cutanés et des glandes sudoripares. Le flux bronchique vient des innombrables glandes mucipares de la muqueuse pulmonaire, eic.
Les flux sont donc des sécrétions plus ou moins abondantes d'un liquide normal ou morbide séparé par les glandes de la peau et des muqueuses. Ils se divisent tout naturellement en deux classes, d'après la nature du liquide sécrété.
Dans la première se trouvent les flux glandulaires, caractérisés par la sécrétion exagérée du liquide glandulaire normal. Exemples : la spermatorrhée, la polycholie, la galactorrhée, l'éphidrose, la polyurie, etc. , formées par une sécrétion plus abondante de sperme, de bile, de lait, de sueur, d'urine, etc.
La seconde renferme les-flux constitués par une matière anomale, ordinairement muqueuse et puriforme, plus ou moins abondante ; ce sont les flux mwçwewx. Exemples : la bronchorrhée, le catarrhe vésical, la diarrhée, la leucorrhée, etc. A cette dernière classe se rapporte ce qu'on a dit du catarrhe, lorsque la matière sécrétée est remarquable par son extrême abondance.
Les flux sont quelquefois, comme l'a dit J. P. Frank (1), des maladies primitives, essentielles, au delà desquelles on ne trouve aucun autre phénomène appréciable que la cause morbilique dont l'impression a produit la sécrétion glandulaire. Une grande frayeur produit la diarrhée, le dégoût amène les vomissements, etc. Ordinairement ce sont des maladies symptomatiques engendrées par une cause générale ou locale souvent très-difficile à distinguer.
Les flux existent chez les enfants, comme chez les adultes et chez les vieillards; ils résultent souvent d'une disposition congénitale. J. P. Frank a eu raison de faire remarquer qu'une certaine conformation héréditaire de la poitrine était une prédisposition à la bronchorrhée. La femme y est plus sujette que l'homme ; mais il y a une circonstance qui explique la fréquence d'une espèce de flux chez elle, c'est la menstruation et l'activité génitale qui favorisent l'apparition de la leucorrhée.
(1) J. P. Frank, Traité de médecine pratique. Paris, 1842.
Les flux sont subordonnés aux divers degrés de l'hypersthénie nerveuse, et les impressions morales ont une grande influence sur leur développement. On connaît l'efl'et de l'appétence et du dégoût sur raugmeulalion et la diniinution de la sécrétion salivaire; de la tristesse et de l'hystérie sur la production des larmes ; il en est de même de la préoccupation sur la polyurie, de la frayeur sur la diarrhée, des contrariétés vives sur la leucorrhée, de l'affliction sur le flux de bile, des névralgies de la cinquième paire sur le piyalisme et l'épiphora, de l'hystérie sur le ptyalisrae, etc.
Ils sont également produits par les congestions muqueuses glandulaires, et par les inflammations aiguës ou chroniques de ces parties. La bronchite, le co. ryza et l'entérite, sont souvent l'origine de la bronchorrhée, de la rhinorrhée et du flux de ventre. Les maladies de la prostate produisent la spermatorrhée ; l'uréthrite aiguë est, comme on le sait, fort souvent suivie d'une blennorrhée durable, et il en est de même de l'inflammation du vagin, du rectum, de • l'oreille, etc.
L'influence épidémique détermine quelquefois leur apparition : exemple, la suette et le choléra. Dans cette dernière maladie, les glandes isolées de Tintes- • tin sécrètent le mucus en abondance, et elles acquièrent eu quelques jours m i volume tellement considérable, qu'on les a crues altérées dans leur structure. EUes ne le sont cependant pas plus que ne l'est la glande mammaire hypertrophiée des nourrices, alors trois fois plus volumineuse que dans l'état originaire.
Certaines maladies virulentes ou diathésiques provoquent souvent des flux: • ainsi les fièvres éruptives, la morve, la syphilis, amènent de la diarrhée, le i catarrhe bronchique, l'otorrhée, la leucorrhée et d'autres écoulements mu. ■ queux. Il en est de même de quelques substances douées d'une action spécifique toute particulière : exemple, le mercure sur le ptyalisme, le nitrate de potasse sur la polyurie, l'iodure de potassium sur la rhinorrhée, etc.
Les diathèses ont surtout une grande influence, et, à part les causes occasionnelles qui peuvent naturellement produire les flux, différentes altérations do sang telles que l'hydrémie et la diminution d'albumine observées dans les cachexiès, la diathèse dartreuse et scrofuleuse, la goutte, ont une action trèsmarquée sur le développement des flux. Rien n'est commun comme de rencontrer la diarrhée ou la bronchorrhée, les fleurs blanches, l'otorrhée, etc dans les cas de podagrisme, de scrofulisme, et chez des personnes a^^nt eu ou offrant encore des maladies de la peau, telles qu'eczéma, impétigo, lichen, etc
Les flux dépendent toujours d'un vice général ou local, dune du t e.^ou d'un empoisonnement, d'une irritation passagère ou permanente des g andes glandules de la partie fluente. Aigus ou chronique!,, leur apparition e^t ./y ligue ou fëbrile. Dans ce cas, la fièvre est continue ou "^termittent ^ Ch^^^ curieuse, l'état fébrile n'est pas toujours le Phénomène primitif, et soi> ^ comme on l'observe dans certaines diarrhées, la fièvre se présente dans