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DES FLUX. JO

rant de la maladie comme élément secondaire. Les flux n'existent pas toujours d'une façon permanente, comme maladie habituelle, et ils apparaissent irrégulièrement h une saison ou à l'autre, quelquefois d'une façon périodique. Je connais une personne atteinte d'éphidrose périodique revenant depuis dix ans à la même époque-, vers la fin de décembre et dans les premiers jours du mois de janvier, pour se prolonger environ trois semaines.

Les symptômes des flux sont très-variables, et tellement difi'érents, soit dans les flux muqueux, soit dans les fliix glandulaires, qu'il est difficile de les étu- 1 dier d'une manière abstraite et générale. Ils ne se prêtent nullement à des considérations d'ensemble.

Les flux muqueux constituent, en grande partie, ce qu'on appelle des afi"ectioiis catarrhales ; ordinairement provoquées par l'irritation ou l'inflammation des membranes muqueuses et des glandes qui s'y trouvent, elles sont, au début, accompagnées de fièvres, mais plus tard l'état fébrile cesse avec les phénomènes 1 inflammatoires, et le flux n'en continue pas moins plus abondant que jamais.

A la disparition de l'éréthisme vasculaire et nerveux succèdent la pâleur et I l'atonie des tissus, circonstances non moins fâcheuses qui entretiennent l'abon- ; dance des sécrétions anomales. Malheur à la personne atteinte d'herpétisme ou 1 de scrofulisme, qui contracte une phlegmasie muqueuse fluente ! elle ne s'en 1 débarrassera qu'avec les plus grandes difficultés et au bout d'un temps généra- I leraentfort long.

Le liquide des flux muqueux est variable dans sa consistance, dans sa cou- I leur, dans sa composition et dans sa quantité. Aqueux et incolore au début, il I épaissit plus ou moins vite, se mélange à des flocons blanchâtres, jaunes ou j verts, plus ou moins compactes. Il reste moitié aqueux, moitié purulent, i ou bien il prend tout à fait les caractères laiteux du pus.

Sa saveur est salée ou amère dans la rhinorrhée et quelquefois dans le catarrhe bronchique ; elle est acide dans quelques cas de gastrorrhée. Sa réaction est neutre, tantôt acide et tantôt alcaline. Il renferme des sels en plus ou moins grande abondance, un peu d'albumine, des filets de sang, des cellules d'épithélium et des globules de mucus ou de pus. >i Dans certains cas, il est entièrement compacte, sous forme de la matière albumineuse de l'œuf on de filaments blanchâtres ou de membranes jaunâtres trèsminces : exemple, le catarrhe chronique de l'intestin alternant de la diarrhée. On y trouve quelquefois des vibrions : exemple, le choléra, la leucorrhée. Il est doué de propriétés irritantes plus ou moins prononcées, et, chez quelques personnes, il est tellement âcre, qu'il écorche les parties de la peau avec lesquelles il se trouve sans cesse en contact. Ainsi les larmes n'écorchent pas la ' joue, mais le fluide muqueux de l'ophthalmie détermine l'cxcorialiou du derme. Il en est de même du fluide de l'otoi rhée sur la peau du cou, de la leucorrhée et de la diarrhée sur le pourtour de l'anus et des parties génitales, etc.

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Enfin, son abondance dépasse quelquefois tout ce qu'il est possible d'imaginer. Tantôt le flux est modéré, tantôt au contraire il est excessif et mortel. On a vu, dans la rhinorrhée, le flux muqueux évalué par Morgagni à 500 ou 600 grammes par vingt-quatre heures; dans l'enlérorrhée, à vingt livres : c'est plus qu'il n'en faut pour faire périr les malades. Chacun sait l'état dans lequel tombent les cholériques après leurs abondantes évacuations gastriques et intestinales. Leur sang perd son sérum et se coagule, faute de l'élément liquide qui tient les globules en suspension.

Les flux glandulaires sont plus rares que les flux muqueux, et l'élément inflammatoire prend moins de part à leur développement. Ils sont plus soumis que les autres à l'influence nerveuse, et l'on ignore presque entièrement les conditions premières de leur apparition. Ils sont généralement faciles à reconnaître, car, sauf le flux de bile, qui peut avoir lieu dans l'intestin sans fournir de signes évidents de son existence, les autres, tels que le ptyalisme, la spermatorrhée, l'éphidrose, la galactorrhée, la polyurie, s'annoncent par des phénomènes aisément appréciables. Une sécrétion exagérée de sperme, de salive, de sueur de lait, de sueur de la suette qui traverse un lit et recueillie dans un seau, d'urine, etc. , les caractérisent. Le liquide, très-abondant, conserve ses qualités normales; il sort par les voies ordinaires et les conduits excréteurs, et, dans les cas où il est trop chargé de sels, il forme quelquefois dans les conduits des dépôts de matières solides, connues sous le nom de concrétions on calculs. Il y a des calculs salivaires, des concrétions rénales, des pierres biliaires, pancréatiques, etc.

Les flux glandulaires épuisent les forces et appauvrissent le sang. Leur prolongation détermine l'anémie, la dyspepsie, l'amaigrissement, la fièvre et la mort par épuisement des forces, par liydropisie ou tuberculisation pulmonaire.

Les flux peuvent être la cause ou le remède des maladies les plus graves. En effet, par leur intensité et leur prolongation, ils jettent les malades dans un état de faiblesse et d'épuisement dont il est souvent difficile de les guérir. Leur passage aux ouvertures cutanées provoque de l'érythème et des ulcérations fréquentes. La bronchorrhée ulcère le larynx. Dans l'intestin, la diarrhée qui se prolonge y engendre des lésions organiques secondaires qui n'existaient pas au début de l'hypersécrétion. La spermatorrhée détermine l'hypochondrie, et souvent aussi l'aliénation mentale. D'une autre part, leur suppression brusque peut amener dans les viscères des métastases mortelles.

A côté de ces inconvénients, les flux ont quelquefois des avantages. Une diarrhée habituelle enlève une maladie de la peau fort désagréable à montrer, et ailleurs une angine et une bronchite anciennes. Que d'ascites et d'anasarques guéries par une bronchorrhée dans certains cas de goutte, ailleurs par un flux de ventre excessif et subit, comme s'il y avait rapport entre la sécrétion iniesUnale et l'absorption du liquide anciennement formé par l'hydropisie.

DES PNEUMATOSES.

Le traitement des flux repose sur la connaissance de leur cause, de la nature du mal qui a précédé, de l'habitude et des symptômes actuels. On est souvent embarrassé pour reconnaître la cause ; mais enfin, s'il existe un corps étranger ou une cause d'irritation appréciable qu'on puisse enlever, le flux disparaîtra promptement.

Quand les flux résultent d'une activité vitale très-grande des solides, les antiphlogistiques et les débilitants doivent être mis en usage. Malheureusement ce fait est des plus rares, et l'on observe, au contraire, bien plus souvent l'atonie des tissus, qu'il faut exciter par le froid, par les astringents et par les toniques de toute espèce. Dans ces cas, le fer est un adjuvant des plus utiles.

Si le flux dépend d'un état de faiblesse général avec diathèse scrofuleuse ou herpétique, comme cela est si commun, c'est encore aux remèdes fortifiants et aux moyens spécifiques qu'il faut recourir.

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