MALADIES ORGANIQUES. — NÉOPLASIES ÉPIDERMIQUES
pique né dans une partie où il n'y a ni épiderme ni épithélium, comme dans les os.
Les cancroïdes se présentent à l'état de granulation miliaire, de tumeur avec ou sans ulcération de la peau. Tantôt les cellules épidermiques sont accumulées iiiperficielloment h la surface des papilles, notablement hypertropliiées, tantôt 'lies pénètrent profondément à leur base jusque dans les couches profondes du derme, et forment des masses d'un jaune pâle, granuleuses, infiltrées d'une sub- ■iiance blanche opaque non miscible à l'eau comme le pus ou le suc cancéreux. On y trouve souvent de la graisse Ubre, des cellules épidermiques infiltrées de graisse et des corps particuliers, ovoïdes ou sphériques de 1/20 à 1/10 de millinètre, formés par un tassement concentrique de cellules d'épiderme, et qui sont ■onnus sous le nom de globes épidermiques (fig. 69). Cette infiltration s'étend
>. — Éléments d'une tumeur épidormique de la face dans les couches profondes du derme (*).
olus ou moins loin autour des parties malades, de sorte qu'après les opérations, a récidive sur place est très-facile lorsqu'on n'a pas enlevé tout le mal.
Lorsque les cancroïdes sont ulcérés, leur surface est quelquefois recouverte le croûtes, formées d'un mélange d'épiderme, de pus et de matière sébacée, 'yant plus ou moins l'apparence de cornes. Ordinairement cette surface, cou- 'f'i ie d'un détritus de pus et d'épiderme, est couverte d'une couche grisûtre |s(!udo-membrancuse. M. Lebert y a plusieurs fois observé des vibrions de iillérentes espèces.
Le cancroïde a généralement pour siège primitif la peau ou les muqueuses
'''''■^JmL^ii^:t^nf"'"' '''"''"'^^ '^l-l"""i'l"os grossis trois cents toi,.
(fig. 69, 70 et 71), mais il peut s'étendre aux muscles et aux os situés audessous.
Quand le cancroïde se développe dans une région pourvue d'un épithélium cylindrique, les cellules, dans leur hypergenèse, conservent habituellement leur forme normale, ce qui donne aux éléments de la tumeur un caractère tout spécial (fig. 72,73). '
On le rencontre aussi dans les glandes lymphatiques voismes, et quelquefois d'une façon exceptionnelle dans les viscères, le poumon, le foie, etc.; pour cela
: 'il = ^ .
FiG. 70 Élàmeats d'une tumeur é]iider-
mique do la face (*).
Fir, 71 — Éléments d'une tumeur épidermique dila face (**).
il faut que la maladie soit devenue infectante et diathésique. D'un point de la peau, ses éléments s'étendent aux ganglions voisins, comme cela s'observe dans les affections virulentes ou putrides, pénètrent, portés dans l'organisme, et détermuient ça et là dans les viscères une génération nouvelle d'éléments épiihéliaux. Virchow, Paget, Velpeau, etc., ont publié un certain nombre de faits de c.
genre
Le mécanisme de cette infection s'explique par l'absorption des élémenli^ épithéliaux, qui, malgré leur volume, et quoiqu'on dise de leur arroi par eganglions, passent par les lymphatiques, arrivent au poumon, ou ils se ijrejjw et se muliiplient en formant de nouvelles tumeurs.
M. Goujon (1) a montré qu'en injectant dans le tissu cellulaire des cluci.
(1) Goujon, thèse inaugurale, 1865. ^
(*) fl, lamelles épidermiques aUongées, vues do profil ; les m.'.mes, vues de face. (I.ol.erl. /« ' pl. XVIII.)
{**) C.'IImIp» r'pi.liM-niiipii'» isiili'i's. vui'S ili' f» " do profil.
MALADIES ORGAMQUliS. — NÉOPLASIliS ÊPIDERMIQUES. 669
des éléments épidermiques, cette inoculation était suivie dans un certain nombre de cas de la reproduction sur place.dans les ganglions voisins et dans les viscères, d'autres éléments épidermiques qui paraissaient être le résultat de l'absorption d'une graine épiderniique charriée avec la lymphe. Autrefois on plaisantait beaucoup ceux qui croyaient à l'absorption de ces éléments matériels, trop volumineux, disait-on, pour'enlrer dans des vaisseaux d'un diamètre plus étroit ([u'eux; mais si les éléments eux-mêmes ne sont pas absorbés, les éléments des éléments, c'est-à-dire les noyaux et les granules, qui, plus tard, doivent former de nouvelles cellules épilhéh'ales, peuvent être absorbés. Ils viennent se greffer sur un point de l'organisme, oià ils se développent à maturité, et de cette greffe cellulaire résultent les tumeurs multiples qui caractérisent le produit morbide.
Le cancroïde cutané débute souvent sur des verrues qui s'Rypertrophient, ou au-dessus de fissures de la surface du derme. D'abord légèrement globuleux,
I. — Cancroïde à cellules pavimentouses (*). Fk;. 73. - Cancroïde à cellules cylindriques {**).
il s'étend en largeur, devient inégal, résistant, et finit par s'ulcérer en donnant lieu à (les solutions de continuité caractéristiques. Ce sont des ulcères donlou- '"cux, rongeants ou serpigiiieux à base indurée.
Il se développe à peu près aussi fréquemment chez l'homme que chez la fiîminc, mais il est plus commun à l'âge adulte qu'aux deux extrémités de la vie.
(*) Grosaisscincnt de 250 iliiunétres. (Corjhl.) (**) GriissinspnuMil :h: 200 d
«a 1„„^MI,.,„.; ,.„vil,'
de uelhdes rvlind
ilimniHrus. — a, cellules cylindriques détachées senililnlile vue sur nue seclioii Irausvcrsal l'iiines. (Cuniil.)
. cavité l'olliculense vue Toutes sont tapissées par une
On l'observe à la face, dans l'orbite (fig. 7/i), sur les lèvres (fig. 75), à la verge,» à l'anus, et quelquefois h la surface des membres.
Bien que le cancroïde puisse borner ses ravages à un tissu sans envahir» les organes voisins ni les viscères, c'est une maladie dlalhésique qui' ne se dé-h
Fie. 74, — Coupe d'ua cancroïde de l'orbite {*).
veloppe pas sans une prédisposition spéciale. Son apparition est favorisée par un certain nombre de causes occasionnelles irritantes, telles que le frottement, k violences extérieures, l'irritation permanente des tissus, etc. 1
Les cancroïdes ou épithéliomas s'observent également sur les membranemuqueuses. M.- Lebert a fait connaître ceux du col de l'utérus, qui se pasentent, tantôt sous forme de granulations végétantes grenues plus ou moins volumineuses, ayant quelquefois l'apparence de choux-fleurs et amenant un écoulement sanieux ou des hémorrhagies, comme le cancer, et tantôt sous forni. d'infiltration épithéliale diffuse du col utérin. En voici un exemple dû à Yirciiov^ (fig. 76). Il a également signalé ceux de la langue (fig. 77 et 78), des fos^o^ nasales et de l'œsophage. MM. Bauchet et Dufour en ont vu dans le larjux. i ai observé dans la muqueuse de l'estomac simulant le cancer gastrique.
Granulations épithéliales grises.
Quand la production anormale de l'épithélium se montre sous forme Ac gra^ nulation miliaire demi-transparcnte, elle apparaît surtout dans la prom.ôrc > dans la seconde enfance; mais ce sont là des maladies essentiellemon. d.lTçron '
Ce sont des épilhcliomas de nature toute différente, et qui n'ont de I epin lioma ou cancroïde que l'identité de composition élémentaire. - Ainsi,
autres au résemi do Malpiglii. - Grossiasement : 150 diamètres. (Corml.)
MALADIES ORGANIQUES. — NÉOPLASIES ÉPIDliRMIQUES.
épithéliomas miliaires granuleux, blanchâtres, se développent à la surface des séreuses, et ce que l'on appelle journellement dans la méningite ou dans la pleurésie, tubercules des séreuses, n'est souvent pas autre chose qu'un petit amas d'éléments conjonctifs ou de cellules épithéliales commençant à s'altérer.
Il y a enfin un épithélioma millaire granuleux viscéral, primitif ou secondaire, encore peu connu, et qui détermine des accidents très-graves. A part les granulations et les tumeurs épithéliales qui succèdent à des cancroïdes cutanés suivis d'infection générale, ou observe des épithéliomas granuleux primitifs, sous forme de granulations miliaires multipliées, éparses dans les viscères et à la surface des membranes séreuses (plèvre, péritoine, méninges), et sous forme de végétations des muqueuses. C'est ce qu'on observe chez les enfants affectés de scrofulisme et offrant déjà quelques manifestations scrofuleuses.
Les poumons sont quelquefois remplis de granulations miliaires, opalines, demi-transparentes, séparées avec raison par Bayle des tubercules, dont on les a rapprochées depuis Laennec, et qui ne sont autres que des productions épithéliales devant plus tard donner naissance à des tubercules. Je les ai étudiées avec M. Ch.
Robin, et nous en avons fait connaître la structure en détail (1). Il en existe également dans la pie-mère des enfaiits qui succombent à la méningite granuleuse. On les trouve aussi dans le foie, dans les reins, dans la rate, dans la plèvre et dans le péritoine.
Ces granulations épithéliales varient du volume d'une petite tête d'épingle au volume d'un pois; leur nombre est toujours très-considérable, et, dispersées
(1) Bouchut, Traité des maladies des nouveau-nés (Paris, 1867) : De l\ PttraislE Prit-
MONAIRE, p. 405.
promu.;'::" """" "r'"" "i-p'-ii"",-" vnit,i.„;i„i,.., in.iii„„, ,
' '"fis,, M . T"- "•«"'l'"'"""'"" i>|ml..r.„o.,l«lo niirré.., ■rssrn.l.lunt A ,1,., n„ila „ , ' ' ^="on,l,lan, ., de, o.gnouB porlus, globe» épidermiques). - Orô„i„LMnonl : 300 dium'ù" es' ( V Ucl.ow J
FiG. 75
Masse cancroïdale couiqiie", provenuiit d'une tumeur de lo lèvre inférieure {*).
ainsi dans les dilKrcnts organes, il est évident que leur génération est le résultai d'une diathèse. Elles coexistent souvent avec les granulations tuberculeuses,
<1„,U elles „o son. que le premic,- dc^rt. en,- on les U-ou«
,1c uansformatio,,, avce un poinl jaune opaque au cenlie, foMné de
da,m le i,.u.e„chy,ne ,lu -ni : '''^ '^ .J ' ibo diamètres. (Con.il.; ji'ouvent au milieu ilu tissu. — Oroasisscmeiu
MALADIES ORGANIQUES. — NÉOPLASIlîS ÉPIDERMIQUES. 673
bcrculeux. Elles provoquent l'hypérémie et l'inflammation des organes où elles se trouvent, de là des accidents aigus souvent mortels.
Le cancroïde, ou épithélioma proprement dit, est plus connu dans sa marche que V épithélioma miliaire viscéral. On sait qu'il se développe lentement, et ([u'il peut rester longtemps stationnaire sans faire de grands progrès, ni compromettre l'existence. Il tombe quelquefois naturellement et peut guérir tout seul; mais, dans quelques circonstances, lorsqu'il est très- volumineux, et qu'on l'irrite ou qu'on l'enlève incomplètement, il se reproduit sur place avec une rapidité irès-grande; il se développe dans les ganglions lymphatiques du voisinage et dans les viscères, où sa présence amène des accidenis mortels. Au contraire, l'épithélioma miliaire viscéral primitif se développe d'une manière lente et inap-
FiG. 78. — Canci'olde épidermique de la langue (*).
préciable; puis surviennent des accidents inflammatoires aigus, et, selon leur intensité, la guérison ou la mort.
Le traitement des épithéliomas cutanés est purement chirurgical. Quand ils sont accessibles à la main et encore peu développés, sans participation des ganglions lymphatiques du voisinage, il faut les détruire par l'opération ou par les caustiques, et surtout par l'acide acétique ou par le chlorure de zinc et la pâte (Revienne. La seule précaution importante à prendre, c'est d'enlever le mal nien au delà de ses limites apparentes, afin de ne pas lui laisser de racines qui lavoriseraient sa reproduction.
Le traitement des granulations épithéliales développées dans les viscères est comme méthode générale, le traitement de la scrofule, puis connue traitement secondau-e, celui des phlegmasies viscérales ou séreuses (pneumonie, méning'ic. etc.) provoquées parleur présence.
B- — PATHOL. GÉN
PATIIOIOGIE GftNÉRALE.
j- jjj^ i„ |u-oduction €lu tissu llbro-plastlque accidentel; de la cliélo'ide,
et des tuiueucH llItro-plustlqucH. ^
Le tissu (ibro-plastique normal existe au milieu des tissus dont il sert à coqsiituerla trame, et il est, comme on sait, formé de cellules fibro-plastiques, de noyaux isolés et de fibres fnsiformes (fig. 79 et 80). On' en trouve, dans le tissu
cellulaire ou connectif, dans le tissu muqueux, dans les glandes lymphatiques, dans les viscères, dans les ganglions du grand sympathique; mais il est toujours disséminé au milieu des autres éléments, et sa présence n'est appréciable qu'au microscope. Dans l'état pathologique, au contraire, il se montre dans les tissus et dans les organes à l'état iVinfiltration, de granulations miliaires ou de tumeur, de manière à en troubler les fonctions et à produire des phénomènes de compression, de douleur, de phlegraasie secondaire, de résorption, d'empoisonnement aigu et autres accidents graves souvent mortels. A l'état de tumeur, c'est une nosorganie souvent confondue avec le cancer, auquel elle ressemble beaucoup dans sa marche, dans sa facilité de reproduction et de dissémination après l'enlèvement par le bistouri, et dont elle nediiïère que par la structure anatomique.
La production accidentelle du tissu ûbro-plastique se rencontre à tous les âges, chez le fœtus comme chez l'adulte ; mais, à l'état de tumeur, c'est dans la i)criode moyenne de la vie (|u'on 1 oh serve. Elle est aussi fréquente chez l'hounne qm chez la femme, et elle paraît être la consériuencc ordinaire d'une irritation locale des tissus et d'une phlograasie chroni(iue, jointes à une prédisiwsition toute spéciale, telle que la diathèse sypUiliiique. scrofuleuse et iibro-plastique. hn elfet, dans la '^'^^^'^^''f'^J^ ulcères lorn,és reposent souvent sur une base résistante de t^^su m(^uré en >U d'éléments libro-plasliques; et on sait, d'après des recherches de M. bubler(i ■
(1) Gubler, Mémoire sur une nouvelle alfeclion du foie lice à la ^vphiUs hmd^re enfalls dn premier âge iCom^ic renius et Mén^oires de /« Sodé d. t.olog^e. Gazelle médicale^ \ 852) .
(*) comme ou peut Uès-uUémeut l'»l..erver dans lo sn.comu Je la mamelle. - GroB,i,«emen.: 350 ^ mètres. (Viichow.)
j,.,,. 79 Figure scliomnliiiiic ivmrscDtaiil lu afVul..ilMK'inuut du siiiTomuftuiuem'libro-plusU.iiH')r )■
Fie. 80. — Éléments libro-plastiques (*).
[)ouiiJous renferment souvent des dépôts jaunâtres de matière dure fibro-piaslique.
Granulations miliaires fibro-plastiques.
Ces granulations se développent chez les sujets lymphatiques et scrofuleux. Elles sont très-petites, grises, demi-transparentes, et occupent les méninges, les séreuses ou les viscères ; elles sont en grande partie composées de noyaux fibroplastiques. Si les malades vivent, elles se transforment en matière tuberculeuse jaune ; ce qui résulte de la dégénérescence graisseuse de leurs éléments, aujourd'hui appelée régression graisseuse ou nécrnbiose.
Tumeurs fibro-plastiques.
En outre de la prédisposition créée par la syphilis et par la scrofule, il y a certainement, chez les sujets atteints denosorganie fdDro-plastique, une disposition générale comparable à celle du cancer, et qui favorise le développement anomal de ce tissu. En effet, bien que les tumeurs fibro-plastiques semblent constituer primitivement un mal local et superficiel qui n'a point ses racines dans une disposition dynamique et humorale de l'organisme, puisqu'on peut les extraire avec succès, elles n'en sont pas moins le résultat d'une diathèse latente qui éclate sur un point avant de se manifester partout. Qu'arrive-t-il souvent après l'ablation de ces tumeurs? Elles se reproduisent une ou deux fois à la même 'place, puis elles envahissent les ganglions lymphatic[ues voisins, plus tard les poumons, le foie et les viscères, et de cette multiplication caractéristique d'une diaihèse résulte bientôt une cachexie mortelle. Comme on le verra, les choses se passent ici comme dans le cancer, avec cette différence que dans un cas la ■généralisation du mal est peu fréquente, tandis que dans le cancer cette géné -
(*) «, 4, oclliiles fnsiformes iivi'o nnymi wiilrnl ; clli's «niih iminluf s ou hilidcs ; ,.|.|lul|.s (\hrn iilneti
m "',""'!."' fi'>'-"-rl"'tiquns renIVn».!» (laiis Ins .■(.llul.is sont lon^s di! O^^OOT A 0-- n^ In,",!! 0",005 M 0",000, nv,.,. gruMulalious n.ol.V.nlniros, ,,,.el,iu<3foi« nu ou doux uiidOol.riClI lioi;", J ^
gjg PATHOLOGIE GÊNtUALli.
ralisalion s'observe presque toujours, il y a doue une cVuUhèse fibro-plasiiquc et uue diathèse cancéreuse; mais la première est inan.ment moms redoutable
"^^'^proLtion accidentelle du tissu (ibro-plastique a été d'abord étudiée par M Lebcrt, et successivement par tous les autres bistolog.stes
D après cet auteur, le tissu fibro-plastique observé dans les organes se pré-
sonlerait sous trois formes différentes : „,. . i • ri
Ïo Letis'u ffbro-plastique d'origine inflammatoire; 2" l'hyperlropb.e fibronhstiaue • 3" la formation ftbro-plaslique autogène et essentielle. • Te 'tumeur ftbro-plastique essentielle est composée d'un t.ssu qu. ex.sle a l'ét t nor^ to et qui n'est autre que du t.ssu cellulaire ou
ib^^ux rm.1^^ '"T'"\'":rrret::
es»e„.ie.,eme« ,oc*s dans p„3,„„ ...ea. ,„al
, ÏSZ^'-^S''^^ à ,a .™ston™,ion fluide dcnni.i.c, ou
U^phL: ;a„d."1ue ,e .issu d'origine au.o«é.e te„d h prend, nne v,c
Tr:S:s:r— ^^^^^^^^^^^
d'indumion à la suite des PWegmas.es ch»^^^^ . e * ^^^^^^^^
induré, au moment où se ^^^^ ^^^'^^^'et les tumeurs fd)ro-plastiques, . L'hypertrophie fibro-plasi.que glandulaire le J ^j^.
...gèLoucsseiUieUes.sontinfimn.~ ^3^,, ,.ents du tissu i^bro-plastique U 1« ^J^^^^ ^^^^
Ces productions, surtout celles des n em^jes ^^^^^^^^^^
,„„„esse, qu'il foi. croire i. de la '^'^'^^^ fibro-plas.iqnes se d6vel..p|.e"> 1" Caractères pinjstflues. - Us luniu ^^^^^ ^ ^
\i7. Voï. sur la I»»»"»" \S , «vlU.n. 273)-
MALADIES OHGANIQUES. — NÉOPLASIES FIBRO-PLASTIQUES. 677
quelquefois dans la peau et dans le tissu cellulaire sous-cutané; là elles sont petites, rougeâtres, radiées comme une patte, et constituent ce qu'Alibert désignait sons le nom de chéloïde, maladie qui se reproduit toujours après l'exlirpîjtion et qui devient aisément la source d'une infection fibro -plastique générale. Il y en a qui se développent dans les glandes lymphatiques, dans les glandes mammaires, parotides, testiculaires, et dans les follicules sébacés; dans la profondeur des tissus, ordinairement dans l'épaisseur des membres, et elles atteignent quelquefois un volume considérable; dans le foie, dans les poumons, dans les méninges; et enfin dans les différentes parties du système osseux, qu'elles détruisent au point de nécessiter l'amputation ou l'ablation complète des os malades.
Elles sont, en général, molles, lobées ou lobulées, peu vasculaires, assez homogènes, d'un jaune pale ou rougeâtre, ou bien remplies d'une substance fibro-gélalineuse, demi-transparente, placée entre les fibres du tissu fibro-plaslique. Elles ont une forme arrondie, assez lisse. Mamelonnées dans les ganglions lymphatiques, lobulaires, ou lobées dans la mamelle et dans la parotide, lordinairement mobiles ou du moins peu adhérentes, ces tumeurs s'entourent d'une enveloppe fibreuse, très-vasculaire, dont les vaisseaux s'irradient jusque dans l'épaisseur du tissu morbide. La peau qui les couvre garde presque tou jours son intégrité, mais, en quelques circonstances, s'ulcère comme dans les véritables tumeurs cancéreuses.
D'après M. Lebert, le tissu fibro-plastique offre à l'œil nu des caractères différents, selon qu'il s'agit d'hypertrophies fibro-plastiques ou de tumeurs fibroplastiques autogènes ou essentielles. Ainsi, dans les hypertrophies fibro-plasitiques, les caractères intérieurs varient suivant les régions affectées. Dans l'hypertrophie papillaire, on trouve les papilles en petit nombre, molles et vasculaires. Dans l'hypertrophie fibro-plastique du derme, on constate un tissu mou, élastique, d'un jaune grisâtre. L'hypertrophie fibro-plastique des ganglions est d'un aspect jaune luisant demi-transparent, et comme gélatineux, ou bien le tissu a l'aspect blanc jaunâtre du tissu fibreux. Dans les glandes comme le sein, ou dans les testicules, le tissu fibro-plastique a l'aspect fibro-gélatineux, demi-transparent par places, et offrant, dans quelques endroits, une forte vascularité.
Les tumeurs du tronc et des extrémités offrent la môme variété dans l'appal'ence extérieure. Elles sont formées d'une substance homogène ou lobulée, demi-transparente ou opaque, plus ou moins vasculaire, avec des épanchemcnts sanguins colorés, offrant une infinité de nuances différentes les unes des autres.
M. Lebert dislingue trois variétés de structure extérieure dans le tissu fibro- Plastiquc : une substance homogène, une substance lobulée, une substance "ITuse, infilirée entre les éléments de certaines excroissances fibro-plastiques.
La substance homogène offre plusieurs variétés types : l» une substance homogène d'un blanc jaunâtre, ferme, à forme fibreuse, peu vascularisée ; ou 'en, 2° c'est une substance homogène, d'un jaune verd.ltre, molle, dcmi-tr' l'ifento, se rapprochant de la forme colloïde, peu vasculaire en général.
ans-
678 PATHOLOGIli GÉNÉUALK.
La substance iolmlée offre le second lype du fibro-plastique et lenfenne les » I i doux variétés d'aspect non transparent ou incomplélemeiit transparent et gélatiniforme. La variété non transparente de la substance lobulée est un tissu jaune rougeâtre, lobulé, souvent très-mou, élastique, renfermant un pou de liquide incolore, peu abondant. Il est uniformément vasculairc; on y rencontre peu .m d'épanchements sanguins. La seconde variété du tissu mou, gélatineux, est iw< lobée et bosselée, vasculaire, k épanchomeijls sanguins. « On voit, dit M. Lebert, que nous assimilons le tissu fibro-gélatineux ou ûbro-colloïde, (|u'il soit i § lobé ou homogène, avec le tissu fibro-plastique. En effet, sa texture s'identifie avec celui-ci, et l'on ne saurait, sans multiplier inutilement les divisions, le décrire comme un tissu à part. »
Le liquide des tumeurs fibro-plastiques est <iuelquefois lactescent et pourrait être confondu avec celui du cancer ; mais, en le délayant dans l'eau, l'eau reste transparente, et l'on voit neiiement se précipiter les cellules et les corps fusiformes, cause de cette opalinité.
Les vaisseaux, dans le tissu fibro-plastique, se ramifient surtout dans leur enveloppe cellulo-flbreuse, et pénètrent moins complètement dans les couches profondes.
Le tissu fibro-plastique se môle souvent à des kystes et à un grand nombre d'autres productions morbides. On y rencontre quelquefois des parties ossuuses et des concrétions calcaires, surtout dans l'ostéosarcome fibro-plastique. M. Lebert l'y a vu avec ce qu'il appelle le tissu phymatoïde, mais cette alliance est très-rare.
2° Examen microscopique. — Le tissu fibro-plaslique n'est que le développement du tissu conneclif. On y trouve tous les éléments caractéristiques de ce tissu, plus les variétés enfantées par l'état morbide. Ce que l'on peut voir dans il les figures 81 et 82. i
Les éléments de ce tissu sont, d'après M. Lebert, « des cellules fibro-plastiques, arrondies, sphériques, ovoïdes, allongées et irrégulières, généralenieiii assez plates; plus elles sont jeunes, plus leur enveloppe est pour ainsi dire accolée h la surface du noyau. Leur dimension moyenne est de 1/100^ à i/fi" de millimètre. La paroi cellulaire est pâle, homogène, peu granuleuse. On trouve un ou deux noyaux dans leur intérieur, mais les cellules-mères en renferment en plus grand nombre, qui ont de 1/200^ à l/ZiO" de millimèire de ^ longueur. Ronds dans l'origine, ils deviennent plus tard ovoïdes et atteignent ■ l/^iO" do millimètre de longueur (1). « >< Les corps fusiformes caracléristiquo constituent en quelque sorte l'intermédiaire de la cellule et de la fibre. Ils sont allongés et se terminent le plus souvent en s'eflilant; mais quelquefois ce prolongement effilé est divisé (fig. 82). En moyenne, ils ont 1/130' de miihmeire. Leur longueur, considérable, est de 1/ZiO" de millimètre, (luoiquefois 1/20' v môme 1/1 0^ Il n'est pas rare de trouver le tissu fibro-plastique cnlicrenicn
(1) Lebert, Tiailé (Vamtomio pathologique générale el spéciale, t. p.
MALADIES ORGANIQUES. - NÉOPLASIES FIBRO-PL ASTIQUES. 679
composé de ces fuseaux. On irouve, au microscope aussi bien qu'à l'œil, tous les passages au véritable tissu fibreux. ».
« Outre les cellules simples et les corps fusiformes, on rencontre de grands feuillets ou des cellules mères variant entre 1/33" et 1/12'= de millimètre, et renfermant un certain nombre de noyaux munis encore quelquefois de leurs parois cellulaires. Ces grandes cellules sont quelquefois entourées et comme enroulées de fuseaux, et ces amas bien délimités constituent des globes concen-
PiG. 81. — Conpe pratiquéo il travers une tumeur ria. 82. — Tumeur fibro-plaslique mélanique
libro-plastique (200 diamètres) (*). (200 lUamètrcs) (**).
triques fibro-plasliques qui, par suite, peuvent subir des altérations. Les cellules et les fuseaux fibro-plastiques ordinaires subissent aussi une infiltration granulo-graisseuse. La substance gélatineuse des tumeurs fibro-plasliques est, sous le microscope^ h peu près transparente et parsemée de fibres fines et de noyaux cellulaires. Les éléments graisseux libres sont très- rares dans toutes ces lunieurs. n
Les tumeurs fibro-plastiques tendent à envahir et h détruire les tissus et les organes voisins, soit par l'usure et l'absorption des parties molles ou dures qui s'opposent à leur libre développement, soit par l'extension de la maladie à des lissus primitivement étrangers. Los muscles peuvent être, par ce moyen, dé-, formés et atrophiés, les os dénudés de leur périoste.
Si l'on consulte les nombreuses observations de M. Lebcrt sur les différentes |iliases de leur développement, voici ce qu'on trouve : une fois les premiers t'îlénients de tissu fibro-plastique déposés dans le tissu, l'accroissement reste longtemps stationnaire cl devient plus rapide, soit par le fait d'une irritation extérieure, soit spontanément par une nutrition exagérée duc à une vnsculari-
". "i éli^neiil!' (ilirn-iilnstiquns; i), vaisseaux, (fiornil, Mihiwircs de VAcmh'mii' ilc médrchw Viwi^ 18o5-(jG, I. XXVII.) . . .
^r^**V'' f'is'rn'mes rautonant du pignienl iiciir ; 'i, un élément compléleineni inllliré de Tii.'mdil ^l-orml, Mémoirc.i de i'Amdrmir de médecine, l'iuis, 1805-00, t. XXVII.)
sation très-grande ou h un accroissement rapide par développement abondant de cellules, sans augmentation, notable de vascularité.
Quelquefois ce tissu devient le siège d'un état phlegmasique aigu, suivi de gangrène d'énanchements bémorrbagiques, lorsque le tissu est mou et la vascularité très-grande; d'un ramollissement causé, soit par une infiltration plus abondante d'un suc liquide et transparent, soit par suite d'une liquéfaction des éléments histologiques eux-mêmes. C'est alors que la peau se détruit et donne
lieu à des ulcères incurables.
Les tumeurs libro-plastiques offrent l'infdtration granulo-graisseuse dans les
tumeurs déjà anciennes, l'infiltration calcaire et quelquefois une véritable ossification dans celles qui proviennent du tissu osseux.
. I a tendance aux récidives, dans les tumeurs fibro-plastiques enlevées par l'opération, ne peut plus aujourd'hui être mise en doute. Signalé par Virchow, Bennett, Velpeau (1), le fait est admis de tous les médecins, M. Lebert 1 accepte également, et il mentionne treize cas de récidives sur quatre-vingt-quatorze opérations, mais il déclare n'avoir observé cet accident que sur so.xantecînq cas de tumeurs fibro-plastiques autogènes ou essentielles, et jamais dans les hypertrophies fibro-plastiques glandulaires. Pour cet anatomiste, dans pcrtrophie fibro-plastique, l'absence de récidive n'exclut pas la reproduc .on té ieure d'une maladie semblable. Ainsi, l'ablation d'une glande hyper ro- ;biéTet fibro-plastique n'empêche pasla reproduction de la même maladie dans
treize cas de récidives sur soixante-trois tumeurs autogènes blit dé rune énorme différence entre les tumeurs fibro-plastiques et le cancer, 1 ! le 1 la ré d ve est à peu près constante et presque fatale. Dans les tu-
L Fnnnmot les cas de généralisation exceptés, rares dans les tu-
différents auteurs, et il y en a bien d autres Ivmohatiques voi-i
(1) Velpeau, Bulletin dn VAcadémie de médecine.
(2) Lebert, loc. cil., p. 187.
MALADIES ORfxANIQUES. — NÉOPJ.ASIES FJBUO-PLASTIQUES 681
produisent des accidents variables se terminant toujours par la mort. Quel est le mécanisme de cette reproduction et de cette infection fibro-plaslique? — C'est la résorption ou l'absorption des élémenls cellulaires (noyaux, nucléoles ou fragiiieuts de cellules) qui vont se gre/fer dans les ganglions et de là dans les viscères, où, en vertu de leur vie individuelle, ils se développent et se multiplient en plus ou moins grand nombre. Ici, comme pour le tubercule, la mélanose, le cancer, etc., c'est ma théorie de la greffe cellulaire qui, je crois, rend le mieux compte des phénomènes observés.
On connaît les principaux symptômes des tumeurs fibro-plastiques en sachant quels peuvent être leur volume, leur consistance et leurs différentes formes ; mais il est un autre symptôme qu'elles peuvent offrir, c'est la douleur. Les tumeurs fibro-plastiques sont peu douloureuses à la pression et rarement le siège de douleurs névralgiques aiguës, comme dans le cancer. Les troubles qu'elles produisent varient selon la fonction des organes affectés et résultent en grande partie d'une gêne locale. C'est ainsi qu'elles troublent la motilité, la marche, les organes des sens, des facultés intellectuelles et quelquefois de la digestion, lorsqu'elles occupent le cerveau ou les méninges.
Un autre fait local de ces tumeurs, c'est la tendance aux hémorrhagies, après une ulcération de leur surface ; mais, dans l'immense majorité des cas, la santé générale reste bonne en apparence pendant la durée de leur développement.
Dans certaines circonstances, il se fait un dépérissement rapide, quand le mal exerce son action réflexe sur les organes digestifs en altérant la nutrition; quand line ulcération de la peau sécrète du pus en abondance ou engendre des hémorrhagies. Le même état d'amaigrissement, accompagné de la perte des forces, de l'insomnie, du trouble des fonctions digestives et de la teinte cachectique de la peau, se produit également dans les cas d'infection fibro-plastique générale, et il indique toujours une mort prochaine.
Les nosorganies fibro-plastiques, quel que soit leur siège, par cela même qu'elles forment aisément diathèse, sont donc des maladies graves. — Quoique l'extirpation puisse les guérir dans un grand nombre de cas, il ne faut pas oublier qu'elles récidivent très-souvent sur place, et que leurs éléments absorbés et se greffant à l'intérieur se développent quelquefois dans les ganglions lymphatiques du voisinage ou dans les viscères, de manière à occasionner la mort.
Le traitement qu'il faut employer dans cette altération de structure consiste
tenter de produire la résorption ou l'atrophie des tumeurs par les sels d'or, esmercuriaux et l'iode au dedans cl au dehors. Si la production fibro-plastiquo. est d'origine syphilitique, elle peut ainsi disparaître. Quand elle a résisté à ces "doyens, et qu'elle est accessible h la main, il faut en faire l'ablation par le for
par les caustiques, à moins qu'on ne veuille essayer de la dissoudre par dos '"jections interstitielles d'acide acétique.
§ 11. — no la girxxluctiun du (Imsii (ibi-cux ut de» (uincurH filirt'^uMCK.
Il se produit du tissu fibreux dans tous les organes afleclés d'Iiypertroph et de plileginasic chronique, autour des kystes et des corps étrangers ; mais est alors peu abondant et n'a point tous les caractères qu'il préseule dai certaines productions morbides accidentelles , lorsqu'il se trouve réuni e tumeur.
On connaît depuis longtemps les tumeurs fibreuses et les diiïérentes phast de leur développement, mais leur structure et leur classification laissaient beai coup à désirer. T.es recherches de Ch. Robin, Virchow, et particulièremei celles de Lebert, ont jeté une vive lumière sur cette partie de la question.
D'après ce dernier auteur (1), les tumeurs fibreuses forment une classe pai liculière bien distincte de toutes les tumeurs à fibres, et particulièrement di tumeurs fibro-plastiques, qui leur ressemblent beaucoup. Elles sont priiicipal( ment composées de tissu fibreux, ayant des caractères particuliers quej'indi querai plus loin. Il y en a quatre espèces : 1" les tumeurs fibroïdes de la pca et des muqueuses; 2" les hypertrophies du tissu fibreux normal; 3° lesfibroïde. utérins; ^i" les tumeurs fibreuses libres dans les séreuses.
Malheureusement, il faut le dire, si ces différentes tumeurs renferment sur tout du tissu fibreux ; on y trouve aussi du tissu conjonctif, du tissu fibiv plastique, quelquefois du tissu musculaire, etc. Les proportions de ces dilîérenl tissus ne sont presque jamais les mêmes, et rien n'est variable comme la" compo sition de ces tumeurs, ce qui change beaucoup leur aspect, et les rajiprocli tantôt de l'état fibroïde, de l'état fibreux ou de l'état fibro-plastique. Si la cou naissance des éléments anatomiques est importante pour classer les tumeurelle ne donne point de résultats absolus, et ce serait chose fâcheuse que d s'en tenir exclusivement à elle pour établir des divisions nosographiques.
Les tumeurs fibreuses sont plus ou moins volumineuses et peuvent ofTn jusqu'à 30 centimètres de diamètre. Elles sont mamelonnées, arrondies ou ova laires, quelquefois pédiculées, souvent irrégulières, superficielles on profond, lâchement unies aux parties voisines par du tissu cellulaire ou attachées par m tissu fibreux. Elles sont dures, presque cartilagineuses, difficiles à couper av. le scalpel. Leur surface est fisse, blanc jaunâtre, quelquefois brillanie, nacn parsemée de fibres plus ou moins apparentés et dures. Il ne s'en écoule à 1: pression qu'une petite quantité de liquide transparent, jaunâtre, ou du soi! qui sort par les orifices des vaisseaux divisés.
Ces tumeurs paraissent composées de tissu cellulaire et de fibres résistani' irrégulièrement entrecroisées ou disposées eu faisceaux concentriques, rcnf<'i mant dans les intervalles de la matière amorphe, des granulations molécnlaiivde la graisse et un petite quantité de noyaux ou de ceilules fibro-plasliqucs. H ^
(1) Lebert, Traité d'anatomie pathologique générale et sprciak, t. I, p. I8f>-