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MALADIES ORGANIQUES. — NÉOPLASIES CUTANÉES

§ S. — De la prodHction du tissu cutané.

Il en est du tissu cutané comme du tissu muqueux. Sa production est rare, incomplète et sujette à coutestation. Cependant, au milieu des parois de certains kystes, bien décrits par M. Lebert (1), on trouve des endroits où il existe un chorion fibreux, de l'épiderme, des follicules pileux avec leurs poils, des ) glandes sébacées, et même des glandes sudoripares, des vaisseaux, mais pas de nerfs. L'épidermc est formé d'épilhélium pavimenteux, les poils sont petits, 'glabres, minces, ou très-longs et très-colorés, assez nombreux pour que, séparés du bulbe, ils puissent former ces masses pileuses qu'on rencontre quelquefois dans les tumeurs.

Le tissu cutané se produit pour remplacer une portion de peau détruite, pourvu que la perte de substance n'aille pas jusqu'au tissu cellulaire souscutané, Toutefois, si la solution de continuité intéresse l'épaisseur de la peau, la réparation se fait par une cicatrice fibreuse solide recouverte par une couche mince d'épithélium pavimenteux, mais ce nouveau tissu n'a aucun autre des caractères du tissu cutané.

On a dit que les membranes muqueuses exposées à l'air se transformaient en lissu cutané. Gela n'est pas exact. Elles durcissent et deviennent plus foncées en couleur; leur épitbélium s'épaissit et prend quelques-uns des caractères de l'épiderme, mais il ne se fait pas d'autre transformation.

Certains éléments du derme se développent dans des parties où il n'y en a pas habituellement; ainsi, outre les poils contenus dans les kystes de nouvelle formation, on rencontre aussi, mais très-rarement, des poils sortant de leur follicule, dans l'estomac, dans l'intestin, à la surface de la conjonctive et dans la vessie. Dans ce dernier organe, ils ont été l'objet d'un très-intéressant travail par Rayer.

L'épithélium pavimenteux se produit très-souvent sous forme de tumeurs ; à la surface intérieure de la membrane fibreuse des kystes à contenu liquide ou solide; sur les fausses membranes développées dans les séreuses, etc.

Des dents se produisent aussi d'une façon accidentelle, loin de leur siège ordinaire, au milieu de certains kystes particuliers, avec des poils, de la matière grasse dure comme le suif et des fragments osseux j^Ius ou moins considérables, fe nombre de ces dents varie de 1 à 10 et même davantage; on en a trouvé "lie fois jusqu'à 300. Ces productions dépendent ordinairement de monstruo- ^iit^s par inclusion; mais, dans quelques cas, elles sont le résultat d'une aberl'ition du mouvement nutritif, ce que M. Lebert a caractérisé par l'épithèle <1 lii'lérolopie ylaslique.

(1) Ubert, Traité (Vanalomie pathologique. 'Pavi%,\.?,f)h-V)1.

§ O, — De la |»ro«liictlon Un tlHsu éi»l«lci'i"i«lMe, et des cancroïdCH ou tuiiicui-N épldcriniqucN.

iVépiderme et l'épithi^lium se produisent avec la plus grande facilité à la surface des téguments, des muqueuses et des conduits glandulaires, comme membrane de protection, ou h la surface et dans l'épaisseur des tissus, sous forme de grannlations épithéliales et de tumeurs plus ou moins considérables.

L'épiderme qui se produit en quantité surabondante à la surface de la peau, sur toute l'étendue du corps, dans certains cas de scrofule, lui donne un aspeci écailleux, noirâtre, que l'on a comparé à une peau de poisson, et qui a reçu le nom aCichthyose. Sur un point circonscrit, qui est le siège d'un frottement habituel, son accumulation donne lieu à des durillons et à des cors; il s'en dépose aussi à la surface de la cornée, au sommet de certaines verrues, et le développement peut être assez considérable pour former, soit des tumeurs, soit des productions étranges, semblables à des cornes d'animaux, que l'on observe de temps à autre sur la tête ou sur la peau du corps.

L'épithélium se produit dans l'intérieur, à la surface de toutes les solutions de continuité recouvertes d'une membrane fibro-celluleuse, sur les parois des kystes et h la surface de toutes les cicatrices muqueuses et à la surface des ulcérations sublinguales de la coqueluche.

Mais ce qu'il y a de plus curieux dans la génération nouvelle de l'épithélium et de l'épiderme, c'est la forme sous laquelle elle se présente à l'état de granulations miliaires et de tumeurs superficielles ou profondes, viscérales ou cutanées,avec ou sans ulcération de la peau.

Un grand nombre de tumeurs cutanées sont formées de matière fibro-celluleuse infiltrée d'une quantité considérable de cellules épidewuques entassées les unes sur les autres, et dont la présence donne à ces productions des caractères particuliers. Souvent confondues avec les tumeurs vraiment cancéreuses, elles méritent d'en être séparées, et M. Lebert, qui a fait connaître leur différence anatomique, a essayé de consacrer leur séparaUon en leur donnant le nom de tumeurs épithéliales ou de cancroïdes. On les désigne également sous le, nom à' épithéliomas.

Des cancroïdes ou épithéliomas.

D'après M. Lebert (1), les cancroïdes et les épithéliomas offrent plusieurs variétés : 1° le cancroïde papillaire, verruqueux, ayant pour origine Ics papiHde la peau ; 2» le cancroïde diffus, souvent ulcéré, produit par 1 m i iratic épidermique diffuse des mailles du derme; le cancroïde folliculaire déDiUani par les glandules de la peau et des muqueuses;' le cancroïde heicroto-

(1) Lebert, Traité d'anaiomie pathologique générale et spéciale. Paris, 185G, t. 1. ' in-folio.

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