‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 189 sur 439 · DU PARASITISME · texte numérisé non relu

DU PARASITISME

S'il y a des maladies dont on ne connaisse pas encore la canse matérielle ei résultent de la réaction des organes et des tissns contre les influences pliysi{|iies et morales qui nous entourent, il en est un certain nombre ([ui résultent de germes animaux ou végétaux, visibles ou invisibles, grelîés sur un point de l'organisme où ils se développent avec plus ou moins d'activité, de façon à produire les maladies les plus diverses. Ce sont les maladies parasitaires et les maladies :.ymot.i(fœs, détachées du groupe des maladies virulentes (1). " Des maladies parasitaires dépendent : r la gale, 2» la teigne faveuse o favus, 3° la teigne lonsurante, h" la teigne décalvanle, 5" l'herpès circin 6" le pityriasis, 7'^ le muguet, 8" les affections intestinales et les névroses du à des lombrics', des ténias, des oxyures, des irichocéphales, 9" les nosorgani pulmonaires, cérébrales, hépatiques, etc., occasionnées par les échinocoques les cysticerques, 10" les maladies des muscles produites par les trichines o trichinose, 11" la ladrerie du porc due au développement des cysticer(iues, elc Quant aux maladies zymoiiques, qui ne sont peut-être aussi que des maladi parasitaires, elles comprennent les maladies virulentes (variole, vaccine, rougeol scarlatine, svphilis, morve, charbon, etc.), certaines nosorganies telles quel mélanose, le' tubercule, etc., et toutes les maladies que Ton peut attribuer à d organismes, ferments ou microzoaires, introduits dans l'économie.

Le parasitisme forme une nouvelle classe de maladies encore peu connue jadis fort en honneur, et ensuite complètement tombée dans l'oubli.

Au milieu du xvir siècle, le père Athanase Kircher soutint que la plnpar' des maladies dépendaient de l'introduction chez l'homme de vers invisibles exer cant une action pernicieuse sur l'organisme. Paullini (2) exposa les mêmes ideœ. et, avec Hauptmann, revint sur le même sujet (3). Ces idées eurent une grand faveur, et l'on expliquait alors la marche des maladies épidémiques par l'Hinucnc d'essaims d'animalcules transportés par les vents de pays en pays et se lixan plus ou moins longtemps dans une localité. Andry [h], en France, et NylandcrÇD}, élève de Linné, consacrèrent leur talent au triomphe de cette opmion, qm

(1) Zymoiiques produits par l'action des ferments, substances remplies de microzoai répullulant avec une effroyable rapidité, selon le milieu où ils se trouvent.

(2) l'auUini, CynograpMa curiosa, seu canis descripti». Norimbergœ, 1G85.

(3) nau|)tmann, L'phemerides nalum cwiosorum. {li) Andry, De la généralion des vers dans le corps de V homme, elc. l'ans, 1 / U • (f)) Nylauder, Exanlhor.nta viva, Ibcse.

MALADIKS OKGANKJUlîS. — PAltASlTlSME. 765

répandit en Allemagne, en Italie et dans une grande partie de l'Europe. C'était ce qu'on appelait alors la pathologie animée. Malheureusement l'excès perdit cette doctrine. Desault (de Bordeaux) crut devoir attribuer la rage à des animalcules renfermés dans la bave du chien; Congrossi crut de même à la présence d'animalcules comme cause de la peste bovine d'Italie; on l'osa pour la peste de Marseille, pour la syphilis, pour le tubercule et pour le cancer, sans montrer les animalcules, les vers et les hydatides mis en cause. II n'en fallut pas davantage, et c'était justice, pour faire rejeter ces idées, qui restèrent à peu près oubliées jusqu'en 1846, époque où Raspail les mit de nouveau à l'ordre du {jour. *

Depuis lors l'application du microscope a permis de découvrir un grand nombre d'infuïoires animaux dans la leucorrhée (Donné), dans les déjections cholériques (Davaine, Ch. Robin), dans le pus blennorrhagique (Donné), dans les selles diarrhéiques ordinaires, dans l'urine de certains catarrhes de vessie, dans le ;(sang du charbon (Davaine), et d'infusoires végétaux dans la teigne, l'herpès circiné (Schœnlein, Audouin, etc.), le muguet, etc., et l'on a fait jouer à ces microzoaires ou microphytes un rôle important dans la production des maladies (1). Aujourd'hui donc il y a une pathologie animée ou parasitaire dont on ne peut méconnaître l'existence, et qui prendra une place chaque jour plus importante au milieu des autres maladies.

Il y a un parasitisme végétal et un parasitisme animal. Le premier comprend les maladies parasitaires occasionnées et entretenues par des microphytes ou végétaux cryptogamiques invisibles à l'œjl nu, et dont les spores, ainsi que leurs ramifications, ne peuvent être étudiées qu'avec le microscope. Dans l'autre se trouvent les maladies que produisent des microzoaires, c'est-à-dire des insectes microscopiques, des infusoires animaux et des helminthes plus ou inoins volumineux.

Où s'arrêtera-t-on dans cette voie? Nul ne pourrait le dire. Il y a là un monde nouveau à découvrir, et dans ses éléments peut-être, la découverte des causes d'un grand nombre d'épidémies et de maladies contagieuses. Déjà on attribue à des organismes ferments, appelés bactéries, la cause du charbon, du sang de rate, de la variole, de la fièvre typhoïde; et à la prolifération de cellules vivantes greffées dans l'organisme, ou greffe cellulaire, la tuberculose et la mélanose. Ces données étiologiques seront-elles confirmées par les expériences ultérieures? Je l'ignore ; mais la nouvelle théorie des ferments, si elle est exacte, peut le faire espérer, et alors la plupart des maladies contagieuses seraient considérées comme des maladies zymotiques, c'est-à-(hre parasitaires.

£n effet, si les ferments sont des organismes rudimentaires infusoires dont le développement amène la décomposition de la matière organique, et si les cellules des ferments sont des microzoaires inférieurs, les maladies coiitagieuses étant produites par des ferments introduits dans l'organisme, ces maladies ren-

(1) Voyez Ch. Robin, Hi$l. natur. des végétaux parasites. Paris. IHÙI n,., ■ rroiW des e7Uo2oaim. Paris, 18G0. ^

.yi^g PATUOI.Or.lE GÉNÉRALE. §

Ireraient peu à peu dans la classe des maladies parasitaires et des greffes pathologiques. , . U 1 , ' ^ Mais n'allons pas plus loin, car cet aperçu n'est encore qu une hypothèse.

Toutefois si la greffe d'une cellule tuberculeuse, pigtnentaire, cancéreuse, etc., •entraîne sur le point d'insertion un développement de cellules identiques, dont l'absorption dans les lymphatiques amène une greffe semblable dans les ganelions puis ultérieurement une autre greffe dans les viscères, où la maladie se reproduit en grand, il est certain que cette théorie explique d'une façon plus satisfaisante que les autres le développement de certaines contagions.

AU parasitisme et aux greffes cellulaires se rapportent, en effet, un grand nombre de maladies diuthésiques et de maladies zymotiques, jadis appelées

""le dévebppement h la surface du corps, ou dans le sang et dans l'intérieu. des tissus, d'êtres vivants végétaux, ou animaux étrangers à l'orgamsme, ayani leur vie propre, avec leurs fonctions d'accroissement et de reproduction, determine des maladies très-variées, habituellement légères quand les parasite^ Occupent la peau ou les muqueuses, mais quelquefois tres-graves quand .1^

S dans le sang ou dans la trame des tissus. Ainsi, le muguet, Iherp. S e pn«.>%.ci^--/^ n'occupant que la surface de la peau ou de k munn use buccale! n'ont rien de sérieux; mais la teigne, la mentagrsAerpe^ etc., qui occupent la profondeur du derme et pénètrent dans 1. d^ des poils sont infmiment plus graves. Les oxyur., es nchocep al.. ZZrÎricseiies ténias placés sur la muqueuse intestinale s'expulsent aise^

mentrainsi que les microzoaires de l'ophthalmie purulente et de certames uré^i

'^"iSs les cvsticerques du cerveau, les échinocoques du poumon, du fok des rl duSlulaire, la tricMne des muscles, les bactéries du sang d.. f 1 In dans le sang de rate, dans le typhus, etc., les orgamsmes fem > i.

It émet ux, car ils logent dans des parties où ils sont inexpugnables, o

rauon spontanée, ° ^^„„^ j„ Miors l«r l'air, «a» '

de rabsorpuon ou |;'^,'.^^^^^^^^^ „„ladies „,iasma.iq«;

'irr ; »Z on 0™!»,™,. da„s la gale, la rage, le pnnig. contagieuses; par le coniaci ou . .„.i„i~ .ic : par l'ai mciilation

pubis, le charbon, la mentagre, la 7' • ; " , ',; „ ^ „xy„r«

San, la triol-lnose dans « tn,u™rs ^^'^^^ o„ dans le tournis, etc. Il en iCsu te aoibu pentéritc vermi

,uenses : exemple, la '^'^ne, l'hctp- -cn^^^^^^^^^^^^^ neuse, l'héinorrhagie nttcsunale, etc. ; des naioses '■ P I |^ . ,a chorée et l'épilepsie verminenses ; des '"™ J ..s. etc. ; *

des entozoaires occupent le cerveau, les 1— « tmtmts pÈu tren. d." ncvres pestilentielles, contagieuses, s. les micoioa.res fe.mcni p

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