‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 188 sur 439 · MALADIES ORGANIQUES. — DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE · texte numérisé non relu

MALADIES ORGANIQUES. — DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE

rate et du foie. Voici quel était le poids do ces organes: foie, 2687 grammes; rate i73 gr. 8 cenligr. ; rein droit, 230 gr. ; rein gauche, 190 gr. 3 centigr.

La rate était dégénérée presque dans sa totalité. A la vueeEau toucher elle gemblait congelée. Dans les reins, c'étaient les petites artères et les glomerules de Malpi^hi qui avaient subi la transformation amyloïde. Les cellules hépatiques étaien'l exemptes d'altération; mais la lésion occupait les petits vaisseaux des acini du foie. En examinant l'intestin, on était frappé, au premier abord, par son aspect anémique, translucide, gris pâle, et par une faible tuméfaction qu'il présentait.

L'étude microchimique de cet organe montra que les vaisseaux des villosités étaient presque tous envahis, et que leur parenchyme lui-même était rempli par places par de la substance amyloïde. Dans les artères, l'infiltration de la paroi s'étendait profondément dans le tissu sous-muqueux, de sorte que la réaction chimique était très-évidente, même à l'œil nu. La muqueuse génitale, et surtout le parenchyme utérin, avaient subi la même altération, qui s'étendait aux trompes de.Fallope et aux ovaires. L'état des muscles de l'utérus offrait des particularités très-remarquables : l'organe était augmenté de volume; il avait une couleur pâle spéciale, gris-jaunâtre et translucide. Au microscope, il se trouva que toutes les fibres musculaires lisses, réunies en faisceaux très-abondants, étaient infiltrées de substance amyloïde, tandis que les vaisseaux, à parois peu épaissies, et le tissu conjonctif inlermusculaire, ne donnaient nullement heu à la réaction caractéristique. <t II existe donc, continue M. Virchow, une forme de la prétendue hypertrophie de l'utérus, qui n'est autre chose que la dégénérescence amylo'ide de cet organe. »

En outre, on trouva une semblable altération dans le cœur, dont les parois étaient également épaissies, brunâtres et un peu translucides. Toute la masse charnue présentait la réaction amyloïde ; mais la structure semblait peu altérée, attendu que l'intérieur seulement des faisceaux primitifs était plus homogène, plus brillant et plus cassant qu'à l'état normal. La fonction du cœur ne pouvait guère avoir été troublée notablement, car la rigidité cadavérique y était très-dé veloppée. Le péricarde et l'endocarde participaient eux-mêmes à la lésion, bien qu'à un moindre degré; il y avait même de petits dépôts dans les nerfs; mais les observalions de l'auteur ne sont pas encore complètes à cet égard. Il a vu, en effet, de dislance en distance, entre les fibres nerveuses, de petits dépôts arrondis, translucides, qui donnaient lieu à la réaction amyloïde. Quelques nerfs de l'utérus et du plexus sacré présentaient le même caractère.

Enfin, l'infiltration fut rencontrée également dans le poumon, et cela non point sous forme de granulations éparses, mais bien sous celle de dépôts cireux et homogènes dans les petits vaisseaux et dans le canevas aréolaire. Dans aucun point, cependant, la dégénérescence n'avait atteint un degré considérable.

Dans tous ces organes, les caractères chimiques étaient des plus manifestes, ?oit qu'on se servît de l'iode seul, soit qu'on eût recours à l'acide sulfurique et à l iode. Ce dernier moyen, employé avec lenteur, donna lieu à une coloration bleue qui se maintint intacte pendant six semaines (1),

La dégénérescence amyloïde est une lésion à peu près incurable et qui entraîne pres(|ue certainement la mort. Toutefois elle est encore si peu connue, qu'on ne peut rien dire de précis à cet égard.

(1) Arch. f. path. Anal. u. PhysioL, et Gazelle hebdomadaire.

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