‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 19 sur 439 · POPULATION BLANCHE. POPULATION NOIRE · texte numérisé non relu

POPULATION BLANCHE. POPULATION NOIRE

Décès sur 1000 habitants. Décès sur 1000 linliitants.

Fièvres 1,338 2,29-1

Maladies épidémiques 0,622 1,453

Phthisie A,107 8,871

Autres affections tuberculeuses. . 0,128 0,458

Maladies du cerveau et système

nerveux 1,823 2,523

— du cœur 0,437 0,994

— des organes respiratoires

autres que phthisie.. . 1,324 3,666

— du foie 0,317 0,458

— des voies digestives. .. . 1,033 0,994

— autres dans l'abdomen. . 0,333 0,305

— de l'appareil urinaire. . . 0,083 0,000

— — génital 0,401 0,382

— non classées 0,781 1,300

— inconnues 0,185 1,529

Morts violentes 0,834 1,006

Total f^'"'^''"'^'''"^''' ''^'317 26,776

(Causes non indiquées. . . 0,097 0,458

Maintenant, quelles sont les maladies aiïérentes aux différentes races, et indépendantes du climat et du régime, personne ne pourra le dire. Sans dôqlc dans certaines parties de l'Amérique, à la Nouvelle-Orléans, la fièvre jaune n'attaque que la race blanche ot la population nègre est exempte de ce fléau ; il en est souvent de même au Brésil ; mais dans quelques épidémies les nègres eux-mêmes

PATHOr.OGir. GÉNÉRAr.E.

sont atteints, mais ils le sont plus légèrement cl guérissent en plus grand nombre.

Sauf le mal d'estomac des nègres, et la fièvre jaune dans la race blanche, il est peu de maladies vraiment dépendantes de la race et pour lesquelles, malgré ce qu'en a dit Bourdin (1), on ne puisse invoquer l'influence du climat, de la localité, du régime ou d'un autre des agents de l'iiygièue.

Le tonga, maladie de peau des nègres de la Nouvelle-Calédonie, qui attaque aussi la race jaune.

Le j)io.n, très-commun chez les nègres ; la maladie du sommeil chez les nègres de la côte occidentale d'Afrique.

Tout ce travail de Boudin ne montre qu'une fréquence relative des mêmes maladies et de la mortalité chez les indigènes appartenant à la race nègre, maltaise, indoue, etc. , mortelles en général, moindres chez les indigènes ; mais dans tous les tableaux publiés par cet auteur, il y a une influence méconnue, par lui, c'est celle du climat, qui se confond avec celle de la race, de façon à empêcher toute conclusion rigoureuse.

§ 9. — I(lïO»iyncrasics.

L'idiosyncrasie (de e'^toç, propre; aw, avec; xp5cc7(ç, tempérament) est cette disposition spéciale qui résulte du mélange du tempérament et de la manière d'être individuelle.

] diosyncrasie morbifique. — Elle se manifeste par la disposition particulière d'un organe à être affecté plutôt qu'un autre, et autrement que chez ses semblables, par les impressions extérieures et morbitiques. C'est une modification particulière de la sensibilité inconsciente ou impressibilité' hm\\Q, commune à tout ce qui est doué de la vie, et Zimmermann (2) a eu tort d'en faire une exception dans le tempérament. La formule est heureuse, mais elle a le malheur d'être inexacte.

Il n'y a rien de plus extraordinaire que cette faculté individuelle de l'organisme vivant à ressentir les sensations et les impressions extérieures de manière à réagir contre elles,, à sa façon propre, par des phénomènes particuliers. C'est un lait dont nous ignorons absolument la cause. Pourquoi l'odeur de la rose détermine-t-elle, chez certaines personnes, des nausées, des veriiges ou la syncope ? Pourquoi l'ingestion stomacale des moules, des écrevisses, produit-elle exceptionnellement Turticaire, le coma? Pourquoi, enfin, le froid humide donnet-il à l'un une pleurésie, à l'autre une pneumonie, à un troisième des rhumatismes, et ailleurs une angine ? Et ainsi de tant d'autres idiosyncrasies ? C'est ce qu'il est impossible de dire.

Quoi qu'il en soit, l'influence des idiosyncrasies sur le développement des maladies est considérable. Tantôt elle dispose h leur développement, et tantôt,

(1) Boudin, Traité de géographii el de slalislique médicales. Paris, 1857. — Essai de pathologie ethnique. — De l'influença de la race sur la fréquence, la forme et la gravité des maladies {Ann. d'hyg., 1801, 2*^ série, t. XYI, p. kl).

(2) Zimmermann, Traité de l'expérience, traduit de l'allemand par Prunelle. Montpellier, IS'i/l, l. III; p. 333.

niiS C.VUSliS Dli MALADlli. — IDIOSÏNCUASIES. 61

au colUraire, clic protège contre leurs atteintes. C'est ce qu'on appelle Vimmunité. J'en parlerai un peu plus loin. Congénitales ou acquises, les idiosyncrasies favorisent, chez quelques individus, la manifestation d'états morbides particuliers, souvent les mêmes. Ainsi certaines personnes ont, à la moindre occasion, un accès de fièvre suivi d'un herp&s des lèvres. Quelques fenunes ont, à chaque époque menstruelle, une pustule d'acné sur le visage ou sur les épaules, et cela, siuon au même endroit, du moins toujours dans la même région. Chez d'autres individus, c'est le délire, les convulsions, les épistaxis, les syncopes, qui se montrent h tout instant à propos de chaque indisposition. Il y a des personnes qui ont une prédisposition toute spéciale pour l'érysipèle ; cela est la conséquence de leur idiosyncrasie.

Il me sera facile de multiplier les exemples. Je n'ai qu'à puiser au hasard dans le recueil du docteur Wagner (1). Un Espagnol éprouvait des anxiétés, des vomissements et de la diarrhée toutes les fois que, même à sou insu, on mêlait de la viande à ses aliments (Amatus Lusitanus). ... Un verre d'eau de Pyrmont suffisait pour produire, chez une femme de trente ans, bien portante d'ailleurs et peu irritable, un effet narcotique qui durait pendant le reste la journée (2). Un ami de Tissot ne pouvait, même sans le savoir, prendre la plus petite quantité I de sucre sans qu'il en résultât des vomissements (3). Un homme éprouve des I douleurs inouïes à se faire couper les ongles ; un autre, de vives angoisses à se laver le visage avec une éponge, à toucher du velours. Ce sont d'autres per- ! sonnes qui ressentent un effet des médicaments contraire à la nature de ces médicaments : le café est un vomitif pour ceux-ci, le jalap constipe, et le diascordium purge au contraire ceux-là, etc. On en voit d'autres qui ressentent une action délétère de certains aliments ou de substances inertes. Des individus sont subitement atteints d'enflure pour avoir mangé des cerises ou des groseilles. Hochn ne pouvait manger plus de sept ou huit fraises sans être pris de convulsions. Gaubius a vu un homme chez qui l'innocente poudre d'écrevisse déterminait autant d'effet que l'arsenic. Haller, un autre chez qui le sirop rosat causa une purgation suivie de convulsions, etc. Rousseau, un autre à qui le son de la cornemuse causait une subite incontinence d'urine.

I Cela rappelle ces gens qui, dans l'état normal, ont une exquise sensibilité des organes des sens. On sait que les nègres entendent comme ils voient à d'immenses distances; que leur odorat est si développé, qu'ils flairent deirès-loin les animaux qu'ils chassent, qu'ils les suivent à la piste, discernent celle d'un serpent, d'un nègre, d'un blanc. Ces faits sont plus rares dans la race blanche r mais tout le monde connaît ce religieux {k) qui avait une remarquable pénétra- ' tion d'odorat. Non-seulement ce religieux reconnaissait à l'odeur les diverses personnes; mais ce qui serait plus étrange, et ce qu'il est très-permis de mettre en doute, il aurait distingué les filles ou les femmes chastes de celles qui ne

(1) Wagner, Hufeland's Journal, '181J.

(2) Whytt, Maladies nerveuses. Paris, 1777, 2 vol. in-32.

(3) Tissot, Traité des nerfs et de leurs maladies. Paris, 177y.

(4) Journal dos savants de 1684.

l'étaient pas. Il avait connnencé un traité des odeurs quand la mort vint le surprendre. Un pareil voisin aurait pu être très-dangereux dans la société, et il avait bien lait de choisir sa retraite au soin du cloître. Il y a des honuncs qui par le flair reconnaissent leur femme d'une autre femme. Haller avait une si grande perfection de l'odorat, qu'il sentait de sa maison des pommes renfermées dans la maison voisine, ou à dix pas la transpiration des vieilles gens, insensible à tout autre qu'à lui. Gaubius a plusieurs fois vu un seul grain d'opium produire, au bout de trois jours, chez une femme âgée, une desquamation générale de l'épiderme. Le même Gaubius a vu un jeune homme chez lequel du jus de citron, placé sur la peau, produisait un frisson, ce qui n'avait pas lieu si l'on remplaçait le jus de citron par le vinaigre. L'électricité atmosphérique occasionne, chez certains individus, des anxiétés et des maux de tête précurseurs de l'orage, etc.

Dans une famille j'ai connu une jeune personne et son grand-père qui ne pouvaient manger d'œufs, ni rien qui en renfermât, sans avoir à subir une diarrhée abondante ou une indigestion gastrique.

Chacun sait la part que les idiosyncrasies prennent à l'action des médicaments, et c'est une circonstance que le médecin ne doit jamais oublier. L'opium, administré comme calmant à un malade, fait quelquefois naître en lui des accidents d'irritation dépendants de son idiosyncrasie. L'éther produit, chez certaines personnes, des vomissements et des spasmes. J'ai connu une dame qui ne pouvait boire aucune tisane sans être prise de vomissements considérables. De petites doses de belladone ou de digitale occasionnent ici des phénomènes qu'ils ne produisent pas ailleurs à dose plus élevée, etc., etc.

/m»mn«-^e.— Après tant de faits si extraordinaires d'idiosyucrasie prédisposante morbifique, je vais montrer, par d'autres exemples, la présence d'une idiosyncrasie opposée, dans laquelle, au contraire, la disposition particuUère d'un organe repousse un état morbide ou une maladie, plutôt qu'elle ne provoque son dev.>loppement. 11 y a des gens qui sont assez heureusement disposés pour échapper aux influences morbifiques qui, à un instant et dans des circonstances déterminées, rendent tout le monde malade. C'est ce qu'on appelle Vimtmniite faculté remarquable qui montre une fois de plus la puissance et l'origmahte de la force qui préside à l'entretien des opérations organiques. ^ Il y a des immunités congénitales et des imvmnités acquises. CeUes-ci sont les plus nombreuses, et l'homme a, jusqu'à un certain point, la puissance de les créer. L'immunité congénitale est la disposition particulière des organes à échapper aux causes morbiliques qui frappent sur les autres individus.

Il paraît qu'un long séjour au milieu des pays où règne la suette est néccssau e pour être apte à contracter la maladie.

M Caillât a vu un très- grand nombre d'étrangers demeurer plusieurs semaines, plusieurs mois au milieu des populations envahies par l'épidémie, et rester tous complètement inaccessibles à ses atteintes. J'ai donné mes soms, dit-il, à plusieurs familles habitant la campagne dans la belle saison et Pans l'hiver; elles avaient un personnel nombreux d'employés et de domestiques. Chacune de ces familles a eu bon nombre de malades parmi les employés à jwste iixc, dans

leur maison de campagne, tandis qu'aucun des autres n'a payé ce tribut à la maladie. Sur 600 malades traités par M. Caillât, aucun n'était étranger au pays.

Cette remarque est irès-précieuse, et rappelle celle qu'on avait autrefois faite à Calais, où la suctte anglaise avait été importée et où elle ne régnaii que parmi les Anglais sous le nom de maladie anglaise, qui lui était venu (1).

Tout le monde n'est pas atteint dans une épidémie de variole, de scarlatine, de rougeole, de choléra, de typhus, etc. ; il y a même des personnes qui, par nécessité ou par dévouement, liassent toute leur vie dans les foyers de ces épidémies et n'en sont jamais les victimes. Avant Jenner, lorsque la variole était endémique dans les grands centres de population, est-ce que tout le monde avait la petite vérole ? Non. Un certain nombre d'individus jouissaient de l'immunité raorbilique. En voici un remarquable exeniple.(2) dans lequel, sur deux [jumeaux encore renfermés dans l'utérus d'une femme enceinte de huit mois, et atteinte de variole, un seul eut la variole, l'autre ne présentant aucune pustule varloliqne. C'est M. Fumée qui parle :

« Le 28 décembre de l'année dernière, je fus appelé pour voir la femme de M. Osmont, habile chirurgien. Cette dame, qui était au quatrième jour de l'éruption d'une petite vérole conflueiite, était grosse d'environ sept mois. Après avoir été en très-grand danger de perdre la vie, elle se rétablit entièrement. Une chute sur les genoux, arrivée quelque temps après, occasionna un accouchement prématuré, qui eut Ueu le 5 du mois de février. M™" Osmont mit au monde deux enfants. Le premier était mort, et avait le corps couvert de petits boutons de petite vérole; il avait des cavités à la face qui n'étaient que des traces de ceux qui s'étaient abcédés tout d'abord; l'épiderme était enlevé aux extrémités inférieures. La mort datait sans doute dutemps où la mère avait été en grand danger. . . L'autre enfant, au contraire, est venu au monde vivant, la surface du corps et la peau dans l'état naturel; il était seulement fort maigre, et n'a vécu que trois jours. Les enveloppes étaient doubles, ainsi qUe les placentas, qui étaient cependant réunis et collés l'un à l'autre.

» Ainsi deux enfants renfermés dans le même lieu, nourris du même suc, imprégnés sans contredit des mêmes principes, subissent une destinée différente. »

Cette immunité congénitale se révèle également dans les cas où le fœtus d'une femme atteinte de variole vient au monde sans variole, dans les inoculations variolique, rabiquc, vaccinale et syphilitique, plusieurs fois et toujours infructueusement pratiquées chez quelques personnes.

L'immunité morbifique acquise est celle que l'Iionunc peut se donner par l'acclimatement, le régime et l'inoculation de certains venins, virus ou autres substances préscrvatives. Les marchands de vipères, habitués à se faire mordre

(I ) Jules Guérin, Rapport sur la suetle miliaire, /i" question. {Mémoires de l'Académie de médecine, Paris, 1853, t. XVII, p. 2).

(2) Fumée, Journal de médecine do Montpellier, 175!).

6û PATHOLOr.lE GÉNÉHALE.

par les reptiles qu'ils attrapent, ne subissent plus l'innucncc toxique de leur venin. Le neveu de l'illustre de Humboldt, et portant le même nom, a prétendu donner aux nouveaux venus au Mexique et aux Antilles l'immunité de la fièvre jaune par l'inoculation du résidu putréfié d'un morceau de foie de mouton mordu par les vipères de ce pays (1); mais c'est là un lait dont la réalité n'a malheureusement pas été confirmée.

(1) M. de Humboldl s'est occupé, depuis l'année 1847, date de son établissement à la Vera-Cruz où la fièvre jaune cSl endémique, d'étudier avec soin celte terrible maladie, qui fait tant de victimes sur les côles du golfe du Mexique et aux Antilles, et de chercher un moyen prophylactique qui pût mettre à l'abri de ses atteintes les Européens non acclimatés. Encouragé dans cette entreprise et dirigé par les conseils de son oncle, le baron de Humboldt, il dit avoir découvert un moyen prophylactique dont des expériences déjà nombreuses lui ont démontré l'efficacité. Voici comment il est arrivé à ce résultat.

M de Humboldt avait sollicité et obtenu du gouvernement mexicain l'autorisation de soigner les condamnes que l'on amène à pied de l'intérieur de la république aux présides delà Vera-Cruz et de Saint-Jean d'Dlloa. Ses observations lui donnèrent occasion de faire

les remarques suivantes:

jo De tous les individus non acclimatés qui arrivèrent à la Vera-Cruz, il y en eut seulement Il sur 100 qui passèrent l'été sans être atteints de la fièvre jaune, tantôt sous sa forme la plus grave, caractérisée par les vomissements noirs, ou par sa transformation

en état typhoïde.

2° La mortalité fut, en général, de 38 pour 100.

30 Tous les individus ne présentèrent pas à un égal degré les symptômes caracléris. tiques de la fièvre jaune; au contraire, il y en eut beaucoup qui n'offrirent, pendant deux ou trois jours, que des symptômes sans gravité, avec un mouvement fébrile continu ou rémittent.

40 Au moment de l'arrivée des condamnés à la Vera-Cruz, il y en eut quelques-uns qui se présentèrent avec tous les symptômes de la fièvre jaune à sa première période; la maladie fit chez eux de rapides progrès, et ils moururent généralement avec des vomisse-

ments noirs. j «t j„

Cette dernière circonstance ayant fixé d'une manière toute spéciale 1 attention de M de Humboldt, il se résolut à accompagner la chaîne des condamnés, depuis leur entrée dans la région chaude jusqu'à la Vera-Cruz. Grande fut sa surprise quand il remarqua que 1 apparition des symptômes de la fièvre jaune coïncidait avec la morsure, sur les pieds nus des malheureux condamnés, d'une petite vipère très-commune dans ces parages. Pour confirmer cette observation, il fit recueillir quelques-uns de ces reptiles, et soumit a leurs morsures un certain nombre de chiens : il vit alors que ces animaux présentaient, au bout de trois a six heures, des symptômes d'empoisonnement, et mouraient avec d abondantes hémorrhagies d'un sang décoloré et fétide et des signes indubitables de congestion

D^s'le but de mitiger l'action toxique du venin, M. de Humboldt eut l'idée de l'insérer dans une matière animale, et il fit choix, pour cela, du foie de mouton. Ayant fait mordre six fois par six vipères dinërentcs, un morceau de foie du poids d'une once, il le laissa ntrer L :utréfnctioi> et se servit du liquide exprimé pour inoculer les chiens. Ln graduant progressivement le nombre des piqûres, il vil que ceux chez qui il avait fait de trois a six Lculalions présentèrent des symptômes fébriles dont la durée ne dépassa pas quatre jours.

DES CAUSES DE MALADIE. — IDrOSYNCHASI tS. fi5

L'inoculation varioliqiic aujourd'hui abandonnée, et faite selon certaines règles, donne à celui qui veut s'y soumettre l'immunité morbifique de la variole. lien est de même de la vaccine, mais comme limmunité s'épuise assez vite, on revaccine tous les quinze ans.

L'inoculation de la syphilis aux filles publiques a été proposée comme moyen préservatif de la maladie, et comme remède de la syphilis elle-même. Sous le nom desyphilisation (1), elle a été pratiquée en France par Auzias-ïurennc, son inventeur; à Christiania, par Boeck, et dans quelques autres pays; mais celte méthode a soulevé chez nous une profonde répulsion et n'a pu être adoptée.

L'inoculation, sous la queue, du sang du typhus des bêles bovines est devenue, depuis quelques années, entre les mains de M. Willems, le moyen de donner aux troupeaux menacés de la pneumonie épizootique une immunité contre le développement de cette maladie. C'est une idée inspirée par l'inoculation du virus claveleux des moutons comme préservatif de la clavelée

Je ne puis que mentionner les tentatives d'immunités scarlatineuse et rubéo-

et qui furent suivis du retour à la santé, sans qu'il se montrât rien de particulier sur le lieu des piqûres.

C'est à la suite de ces expériences que M. de Humboldt se décida à inoculer le venin à I homme. 11 commença par douze condamnés, chez chacun desquels U fit quatre piqûres sur les bras. Tous ces individus présentèrent, au bout de quelques heures, de la céphalalgie frontale et de la rachialgie ; plus tard un état fébrile d'une durée de quatre à douze heures, se répétant les trois ou quatre jours suivants, après lesquels tout rentrait dans 1 état normal. Plus de deux cents personnes, prises parmi les galériens ou parmi les Européens récemment arrivés à la Vera-Cruz, furent inoculées, et, pendant les trois années qui suivirent, aucune d'entre elles ne fut attaquée de fièvre jaune.

Tels sont les faits recueillis par M. de Humboldt. Durant les années 1850, 1851 et

s'! lov. ZT "'r'"''' ''''''' ''^ -oculés

e r ' 1 ?, ""''"""^ j--^ 1"-'-' terminée heu-

eusement A la Nouvelle-Orléans, M. de Humboldt inocula 286 Irlandais et Nord-Américains

épide'mle. " '''''' ^'^""^ "--Prière

J;^à rf r "mentionner sont extraits d'un mémoire présenté par l'au-

e a 1 Académie royale des sciences médicales de la Havane. On sait que la fièvre iaune st tres-frequente dans l'île de Cuba ; M. de Humboldt, s'étant rendu dans cett ë Jer aux autorités espagnoles de pratiquer les inoculations préservatrice L m taires de la garnison. Quatre médecins militaires, attachés à la colonie premiers pour subir cette éDreuv^ n„; r f ^ s offrirent les

suivirent leur exemple i ;^^^^ '^^"^ -"^s personnes

e.xuiipic, sans que 1 on eut a déplorer aucun accident A h «niin ^„

(•(j PATHOLOGIE GÉNÉRALL.

Ii,mc „u'mi a «a,é de créer par riiioculatiou du saun des individu, alteiuls ilLie. : ca'r i,u', a pa. eu»rc eu de résulta. l.ieu ,« » a,.ur^^

te,r,:id„i. a de

l'avenir ne nous en réserve pas d auties, si les ou

C "uêS la belladone comme un préservadf de la scarla.mc. ont donne a,ec " j„ centigrammes d'extrait de

"Im™ rr^ml'dt:: 1 a^^^ suffise» à ce merveiUeux résultat. Sm" i .di'ld;: don. parle Ba,,e et ,ui ont été soutms a œ rég-me tas une épidéntie de scarlatine, 79 seuletrtent ont été atte.n s, et 19M ont rû 11 v-, beaucoup de faits dans la science en faveur de ce moycD. Je échappe 11 y a bc "co„p ^^^^

; i^rnScr produisattt H^munité morbilleuse. Le. expériences

M.n»r;«ps -1 cet égard n'ont rien donné de positif.

T S^^^^^^ P-f-ions qui ne puissent quelquefois devenir une

J liruS pour certaines maladies. L'infirmier, la rebgieuse hosp. ta- V r"^^^^^^^ d'hôpital, sont chaque jour exposés à la variole, a la scarlat larouÏe" à l vai celle, au typhus, à l'érysipèle, à la coqueluche, au tme a la ^^^^^^^^^^^^^^ ,,,,re dimat, et cependant beaucoup parmi eux

voiesrespuatoi s or ^^^^ disposition protectrice spéciale, une

et qui ciée dans leui oig ,„.iadies Eu effet, ils sont moins sou-

véritable immunité pour chacune '^'^^^^^^^f 'épidémies terribles, vent pris que les personnes du n.onde Ma s ^ nnei ce l ^^^^ ^^^^^^^^^

inconnues, comme l'était le choiera ; : ...s «ne le vul gaire, et,

daus la condition contmune, ils *^ iSomtel à Icttr nombre,

comme tout le monde, ils paye,tta„neau un .tbutj«opo t,m^^ ^^^^

Vuisqu'd est question du choléra. J T'^" , ttaladie. Ainsi

«couvrir dans -taines ,™fes,.o,.s une «^^^^ ^^.^ ,^

Conslans dit que les poudr,e« en son » ^ • t. er co fléau par les sels de

conformes aux espérances de l'»»'™' - , . ..rtdi^ntanx maladies,

U.mmtmité,,.orl.,i,uce„^^

„„„ chose E l'inoculation vaccinale, plusieurs fois n-

tîIIp neul exister et ciispaïamc. auio* , suiets

!s:i»t^cXj:tst:s:;=St:te;..«^".

DES CAUSES D15 MALADlli. — HAlUTUDliS. 67

fie (|iiiiizo OU vingt ans, où elle est efficace, car l'action protectrice du vaccin s'épuise avec l'iige et l'inuiiunité disparaît.

L'individu syphilisé par un chancre est très -longtemps sans pouvoir en contracter de nouveau ; niais un jour arrive où l'immunité disparaît, et il est susceptible de gagner un nouvel ulcère syphilitique.

Los sujets inlluencés et préservés par la helladone au moment d'une épidémie de scarlatine doivent l'être de nouveau dans une seconde épidémie, car il n'est pas sûr que l'immunité leur soit restée.

§ 8. — Uabitudett.

L'habitude est la force intérieure qui pousse l'organisme à répéter d'une manière presque irrésistible les mêmes actes qu'il a plus d'une fois volontairement accomplis. Bien exploitée, cette force doit être le guide de la vie morale et de l'éducation physique de l'homme; mais, abandonnée à elle-même, sa tyrannie ne tarde pas à se traduire par l'excès des passions et par des maux sans nombre.

L'habitude mal dirigée des actes intellectuels, moraux, sensitifs et organiques, exerce une influence prédisposante morbiflque très-grande, soit qu'elle rende périodiques ot irrésistibles des actes ordinairement soumis à l'empire de la volonté, soit qu'elle trouble la régularité des fonctions naturelles; elle engendre des désordres quelquefois très-graves et qui constituent de véritables états morbides.

Chez les petits enfants, l'habitude de leur donner h teter à tout moment les lend difficiles et leur occasionne de fréquentes indigestions suivies d'entérocoh tes fort graves L'habitude de les bercer les dispose aux congestions céré-

: L r du cerveau. Celle de donner prématurément des aliments

gras les dispose au rachitisme, etc.

oucW,r°'""'' 1"'''' ^'fa^bitude de dormir longtemps; celle de trop boire 0 de ttop nianger ; I usage d'un régime exclusivement animal ou végéta ; l'ha-

Irs rr^"",'"'''^""^ '''' abondance, d^. buse des

bïr mis «ont autant de causes prédisposantes mor-

d s omt de la pléthore, des fièvres muqueuses

t^^Z^I'^"'':''^' ^"""^^^ '''' ^.avelle, de l'ivresse, du tr mbleme u et du délire alcooliques, de la myélite et de la paranléme doT. n.,^

•■•■"ces et d evc; de ,.1 s l ' ^''-des dis-

vicieuses de orrnes dos Ï ;'7^'-^"dre presbyte. Toutes les habitudes trouble. q srrr Z^r -''dogues et produisent des

rais pas i je v uLiV '^^^^^^^ n^^^^^^^^ ''«''g-- je ne iini-

jc spécifier tous les cas particuliers de maladie qui peuvent

(^j^ PATHOLOGIE GÊNÈRALlî.

résulter crhabilndes vicieuses des sens ou des orgaues principaux de réconomie. Ceux (lue j'ai rapportés sont sufiisants pour démontrer la réalité du fa.l ; a d autres le soin d'en déduire toutes les conséquences.

Tout ceci n'est applicable qu'aux habitudes mal dn-.gees, c est-a-d.rc a celle que leurs inconvénients forcent d'appeler mauvaises et vicieuses, car ,1 n e est , as toujours ainsi, et il y a une foule d'habitudes, au contraire, qui sont tu llles au maintien et\ l'exercice de la santé Je n'avais a paHer..c^^c celles dont l'innuence morbilique est bien établie, et c est ce quejaiessavt

'''ii^une manière générale, les habitudes émoussent la sensibilité ^^J^^ desorganes; elles affaiblissent leur action, épuisent la dose ce force Mlal. qu : Zent: et, de même qu'un bras qui a levé vingt fois de - P^^^^ 100 kilogr ne peut plus agir, les organes épuisés tombent dans un eta d atonie, s s répète et' e prlnge beaucoup, devient le poiiU de ^part de troubles variés qui se transforment et constituent autant de malad.es différentes.

O. — n'fofessions.

Si 1,. dilTémaos „. ol«o„s a>,x.,ueUes l'homme e». su«p,iJ>lc de « «wer exercent s.n- la santé une iuOnence quelquefas -'""S^^' ', " ' , ' f,,'™. i„„r, ainsi el le plus grand nombre, au contraire, exerce une u.lluence delà ™r bl siiUu' les modifient le tempérament et donnent de manvatse.; bab^ mto au co s soi, qu'elles l'exposent à une tatigne spéciale ou à l aCon d âge

da'ngetl par leur excès, la cbaleur par ^<^^1^^ le placem dans un milieu délétère ou toxtque, leur actton res'e incontestable. La plupart d'entre elles agissent *^ * f;;;^^^^^^

prédisposantes, c'est-'a-dire d'une mamère "-^'=7';' J^^^^^^^^^^^^

nauifestations tnorbides par une altératron préalable »'8«' l petit nombre, au contraire, par leur action énergique et binsqnc, sont a causes prédisposantes et occasionnelles.

voici quelques exemples qui prouvent de quelle manière les piofess.ons agisse

sur la santé de l'homme. •„,f:<,c„nt l'timnme au travail

Les professions sédentaires et l*''»'-."'"' la du cabinet, aux veilles, aux efforts 'l'""»8n.at.on, a 1 e— ,^ composition intellectuelle, ont une '^^^ , * ;;J;„^^

nutrition e, sur les fonctions du cerveau. Llles fâcheuses pour 1 régularité des digestions, ou f » S« nerveuse qui ccli.u.re le corps et af^iiblit la vi.a^^^^^^^^^^^ °;S»n„ .ip^ion, des sent a.i développement ,1e la ga.stralgie, de la •'J*!''!'»»' ™ Miênalion mentale, bémorrhoïdes, de l'anémie, de l'iiypochondrie, et souvent de 1 alicnatio

Les professions manuelles, dans une ainiosphèrc rendue impure par la soustraction d'oxygène, par l'augmentation de l'acide carbonique, ou par l'addition de substances étrangères gazeuses ou solides exercent une influence opposée, souvent spéciale. Les unes prédisposent à l'asphyxie^ comme celles de brasseur, de plâtrier, de mineur, de cureur de puits, etc. ; les autres aux maladies des bronches, comme chez les doreurs par la voie humide et les fabricants de produits chimiques ; les professions dans lesquelles on prépare le mercure, le plomb, le cuivre, le phosphore, le quinine, le chromate de potasse, prédisposent aux maladies mercurielles, saturnines, à la colique de cuivre, à la nécrose des os maxillaires, à la roséole quinique et à la perforation de la cloison nasale. Celles qui soulèvent par leur exercice des masses de poussière, minérale ou organique, agissent sur l'appareil respiratoire, l'excitent et font souvent naître des maladif s chroniques du poumon, et principalement la phthisie pulmonaire. Chacun sait que les plâtriers, les tailleurs de cailloux, les polisseurs d'aciers, les cardeurs de laine, les plumassiers, cotonniers, fabricants d'amidon, etc., sont, plus que d'autres, exposés à la bronchite et au développement consécutif de tubercules pulmonaires. Cela ne saurait surprendre, si l'on réfléchit que des particules métalliques, minérales, végétales ou animales, entraînées par l'air, viennent tomber au milieu des cellules du poumon et s'y fixer comme autant de corps irritants, produisant des noyaux de congestion pulmonaire chronique suivis de tuberculisaiion.

C'est un fait que M. F. Pouchet (1) a démontré, au moyen du microscope, sur les oiseaux, chez lesquels l'air, après avoir traversé les poumons, se répand non-seulement dans les diverses cavités du tronc, mais encore paj vient jusque dans l'intérieur des os des membres. Sur ces animaux, il s'est surtout attaché à examiner les os les plus pneun)atiques; et comme dans ceux-ci les corpuscules, une fois introduits, ne sortent que difficilement à cause de l'immobilité de.s parois et de l'irrégularité des anfractuosités, on y trouve d'amples vestiges de. tout ce que l'air apporte dans l'appareil respiratoire.

Chez les animaux qui vivent au milieu des villes et dans l'intérieur des habitations, on trouve une énorme quantité de fécule dans les organes respiratoires ; chez les oiseaux, on en découvre même très-abondamment jusque dans l'intérieur des os; on y rencontre aussi, avec la même profusion, des parcelles de fumée deshlamenls d'étoffes diverses qui composent les vêtements. Chez les animaux «|u. vivent loin des villes, cantonnés au milieu des forêts, on ne retrouve nlu aucui.e trace de ces corps ; ce sont des débris de végétaux qui remplissent exclusivement l'appared respiratoire.

l'iuulié à ce point de vue, l'appareil respiratoire peut donner une idée fidèle d<= lu v.e des a.un.aux. Won-seulement il révèle quels sites ceux-ci préfèrent, quel st leur genre de nournture, mais n.ême, quand ils sont domestiques, que le la profession de ceux chez lesquels ils ont vécu. '

AL Pouchet a relrouvé dans les organes respiratoires de l'homme les mêmes

is

'''H>Hua, llMtogénic ou Trailè de la gnurallon sf.uMe. Paris, I 859. p. ?.1C,.

corpuscules atmosphériques qu'il a rencontrés chez les animaux. Sur deux personnes mortes dans l'un des hôpitaux de Rouen, une femme et un homme, il a trouvé une quantité notable de fécule de blé, normale ou pannifiée, des parcelles de silice et des fragments de verre, des fragments de bois de teinture, dos débris de vêtements, et enfin une larve d'arachnide microscopique, encore vivante.

Les professions qui s'exercent au milieu des émanations végétales et animales prédisposent les ouvriers, les uns aux fièvres intermittentes, les autres aux typhus, aux maladies charbonneuses, h la pustule maligne, etc.

Il y en a qui obligent leurs employés h subir l'inOuence d'une grande chaleur, comme on le voit chez les verriers, les fondeurs de métaux, les chauffeurs de machines, les boulangers, les raffineurs de sucre, les cuisiniers, et il en résulte pour ces individus une pideur très-grande de la peau, avec activité très-grande des fonctions de cet organe. Cela les rend très-susceptibles aux variations de la température, d'où une prédisposition aux phlegmasies viscérales profondes.

D'autres professions portent leur action fâcheuse sur un organe, sur un tissu, ou sur un appareil des sens. Les cavaliers sont disposés aux hernies et à la varicocèle • les chanteurs et les crieurs, aux affections du larynx ; les débardeurs, a certaines maladies de la peau des extrémités inférieures ; les écrivains à la contracture et à la paralysie du pouce et de l'index; les graveurs, aux ophthalmies,

à l'amaurose, etc. ,.,.,„•/■•

Tous ces exemples doivent suffire, et l'on pourrait les multiplier a l infini pour démontrer que chaque profession, par les différentes habitudes qu elle fait naître par le genre d'exercice intellectuel et corporel auquel elle obhge, par l'atmosphère qu'elle force à respirer, y compris les poussières, les gaz et les émanations qui s'y trouvent, etc., agit directement «'^/"directement, par des impressions habituelles, sur l'organisme, de manière a modifier le f « d'un tissu, d'un organe ou d'un appareil, et, finalement, a favoriser le développement des maladies.

§ iO. — Alimentation.

Autour de nous et en nous existent, parmi les choses les plus habituelles à no^usage, des causes de maladie et de destruction. Nos aliments sour du déveroppement et de l'entretien des organes, sont en même temps 1 ong.i^ d dSes graves susceptibles de les détruire. Différents selon ^-^^^^^ selon les conditions variables de climat et de société dans '«^quelle o^^^^^^^ .asse sa vie, ils peuvent encore, par leur cpantité ou par leur m—, eur nature et leurs qualités, ne pas convenir à ceux qui en «"^ impressions qu'ils produisent, ordinairement salutaires et rop.^^^^^^^ forment en action irritante et nuisible, et il en résulte une prédisposition xéollo nu dévelonnement d'un certain nombre de maladies.

R en n convionl n,ic„. au „ouvc.u-,ié quo l« hit, et, M on lu, donne s aHmems llides ou .les aliments gras. H survient quelquefois de., ™m,ssen,e„u. u fiinrrhée l'entéro-colite ou le rachitisme.

oIm. le régime animal, presque exclusivemcn, ado,,,^ par quelque.

personnes dans l'intention de favoriser le développement du corps, a ponr eiïet la stimulation constante des voies digestives, d'où, résulte une constipation et une soif habituelles. La peau reste chaude, sèche, fébrile; le pouls est fort et plein; le sang perd une partie de son eau et s'enrichit de globules et de fibrine; l'urine, rare et acide, dépose de l'urée et de l'acide urique en abondance. De telles modifications sont la préparation ou la prédisposition à la pléthore, aux phlegniasies en général et aux phlegmasies intestinales en particulier, à la gravelle, aux calculs, etc. On mange trop de viande en France dans les grandes villes, et cette habitude, que, dans l'intention de tonifier l'organisme, les médecins ont tant contribué à répandre, me paraît être très-préjudiciable à la santé publique. Les paysans, les nègres, ne mangent presque jamais de viande, et ils sont assurément plus forts et plus robustes que les carnivores habitants de nos cités.

Le régime végétal même exclusif n'a jamais, sur la santé, autant d'inconvénients que l'abus du régime animal. Cependant il détei-mine, avec le temps, l'atonie des voies digestives, la lenteur des digestions, la pneumatose intestinale, l'abondance et la mollesse des matières fécales, la diarrhée enfin, et avec tout cela une tendance au refroidissement accompagné de faiblesse générale. Cette alimentation prédispose à l'anémie, caractérisée par la diminution proportionnelle de la fibrine, des globules et de l'albumine, et plus tard à l'anasarque et aux hydropisies, comme toute alimentation insuffisante. Elle favorise le développement des gastralgies, de la pneumatose intestinale, des entérites et des ascarides lombrlcoïdes.

L'usage exagéré des fruits, auquel on s'abandonne souvent dans la saison chaude, en raison de l'eau qu'ils renferment dont on a tant besoin, est une prédisposition manifeste au développement de maladies spéciales, arrivant h la fin de l'été et causant quelquefois de grands ravages, je veux parler de la dysenterie et du choléra sporadique.

Les peuples ichthyophages du Nord sont pâles, mous, et offrent les caractères extérieurs de l'anémie. Ils sont prédisposés aux maladies de la peau, aux maladies des voies digestives et aux hydropisies.

L'alimentation surabondante, et c'est là le défaut de l'habitant des villes, qui mange beaucoup plus que ne le comporte son genre de vie, produit des , effets à peu près semblables h ceux d'une nourriture fortement animale. Elle augmente la masse du sang, qui devient plus riche dans tous ses éléments, et elle prédispose à la pléthore, aux congestions, aux hémorrhagies cérébrales, h la gravelle, h la goutte, etc., tandis que l'alimentation insuffisante a des résultats diamétralement opposés. Elle détermine, avec l'anémie et l'altération correspondante du sang, une prédisposition au développement des hydropisies, du scorbut, des scrofules et des tubercules.

L'alimentation uniforme et nan variée a tous les inconvénients de l'alimentation insuffisante. Au bout d'un certain temps, elle cesse de stimuler convenablement l'estomac; en produisant l'habitude des mêmes impressions, l'absorption se fait moins complètement, et il en résulte une dyspepsie qui altère plus ou moins profondément la nutrition.

72 l'ATHOLOGIl' GÉNÉRALIi.

L'alinieiitalion, cssciilicllcment variable, suivant l'âge, le sexe, lés climats chauds ou froids (1), impose à cliacua l'obéissance aux règles d'hygiène tracées par l'expérience pour ces cas particuliers, et il est difficile, pour ne pas dire impossible, de les franchir sans trouver dans cette infraction une cause prédisposante de maladie. Les faits qui précèdent sont la preuve de ce que j'avance, et je n'insisterai pas davantage.

Les boissons si nombreuses dont l'homme fait usage pour sa nourriture ou son plaisir joignent leur action à celles des ahments pour fortifier l'organisme, et, dans quelques circonstances fâcheuses, pour en troubler les fonctions naturelles. — Leur influence est immédiate et occasionnelle, ou, au contraire, prédisposante, lorsqu'elle se traduit par une modification préalable et lente de l'organisation. — Je ne parlerai ici que de cette dernière influence.

Indépendamment de leur origine ou de leur nature, qui peut être une cause prédisposante morbifique, les boissons aqueuses, par leur température et leur quantité, ont une action très-puissante sur l'économie. — A la température ordinaire elles distendent et fatiguent l'estomac; elles nuisent aux digestions en diluant le suc gastrique; enfin disposent aux sueurs et à la diurèse, autant de causes d'afl'aiblissement de l'organisme; et, en effet, c'est là le caractère propre de leur action. Elles produisent souvent la diarrhée ; et j'ai vu bien des fois dans l'été cet accident suivre l'ingurgitation d'une trop grande quantité de boissons. — Elles fatiguent les reins par leur passage direct; on sait, en effet, aujourd'hui, d'après les expériences de Claude Bernard (2), que toute boisson sortant par l'urine peu après son introduction dans l'estomac ne passe pas complètement dans la grande circulation pour être éliminée par les artères des reins, et qu'au contraire, refluant dans la veine porte et puis dans les veines rénales par de petites ouvertures situées dans la veine cave, elle arrive directement au rein, portée par la circulation veineuse en retour que j'indique, et sort de l'économie par ce procédé tout exceptionnel.

A une basse température, celle de la glace fondante et au-dessous, les boissons aqueuses excitent dans l'estomac une réaction salutaire qu'on utilise pour calmer les souffrances de ce viscère et faciliter les digestions. Malheureusement, chez quelques sujets mal disposés, elles modifient du même coup la chaleur cutanée, qui s'abaisse brusquement; de là les accidents quelquefois si graves^ qui peuvent résulter des boissons très-froides quand le corps est en sueur. — Ils ont été indiqués par M. Guérard (3). Ce sont des phlegmasics aiguës viscérales, la pleurésie, la bronchite, la pneumonie, la péritonite, l'entérite, la dysenterie, les vomissemeiils nerveux, des douleurs rhumatismales, la conlraclure, le trismus, la syncope et même la mort instantanée.

(1) Voyez Fonssagrivcs, Hygiène alimentaire, 2' édition. Paris, 1867.

(2) Bernard, Leçons de physiologie expérimetitale. Paris, 1855-56.

(3) Cuéraid, Consiilèralions sur l'hygiène et Mémoire sur les accidents qui peuvent succéder à l'ingestion des boissons froides {Annales d'hygiène. Paris, 1842, t. WMI, p. W).

DES CAUSES \m MALADIE. — ALIMENTATION. 73

A une température élevée les boissons aqueuses abondantes produisent une atonie très-marquée des voies digestives et un airaiblissement général de la santé, avec des symptômes évidents de chloro-anémie.

D'après leur nature et leur origine, selon qu'elles viennent de la mer, des sources, de la pluie, des citernes, des marais ou des rivières, les boissons aqueuses ont une action différente de celle de l'eau pure, et elles disposent plus ou moins les unes que les autres aux modifications de l'organisme dont je viens de parler. Il en est même qui ont une action spéciale communiquée par des matières étrangères, telles que les débris de végétaux putréfiés, dans les eaux de citernes, de marais ou de rizières; des substances calcaires magnésiennes dans les puits de certaines localités, des sels de plomb dans les sources captées par des conduits de plomb, etc. En certaine quantité, l'eau de mer purge abondamment, les eaux chargées de débris végétaux provenant des marais ou des rizières donnent la fièvre intermittente, les eaux calcaires magnésieimes engendrent le goître, celles qui coulent dans des tuyaux de plomb occasionnent des accidents saturnins, et enfin les eaux mal emmagasinées des grandes villes ou recueillies dans des fleuves, chargées de matières animales, produisent la fièvre typhoïde (1). On a vu des endroits où des eaux calcaires donnaient aux hommes et aux animaux des maladies calculeuses que l'usage des eaux douces a fait disparaître. Ainsi, à Paisley, en Éçosse, ville de 60 QOO habitants, des sources artificielles ont été établies. Sous ce nouveau régime la santé publique s'y est beaucoup améliorée. Les maladies calculeuses, autrefois très-nombreuses à l'hôpital, sont devenues fort rares. Une diminution de maladies calculeuses a eu lieu également à Bolton et à Glasgow pour le même motif.

11 est, du reste, à i-emarquer que partout où elles ont le choix entre une eau douce et une eau calcaire, les populations se prononcent pour la première contre la seconde (2).

Les boissons aromatiques ont une influence prédisposante morbifique qui tient à la fois de la quantité ou de la température du liquide, et des principes aromatiques et azotés qu'elles renferment. Douées de propriétés stimulantes reconnues de tous, elles ont les inconvénients de leurs avantages; elles dépassent quelquefois leur but et prédisposent ceux qui en font usage aux névroses de la sensibilité générale et à l'atonie des voies digestives, caractérisée par une constipation qui est à son tour le point de départ de bien des maladies. Le thé et le café noir en excès produisent les prédispositions luorbifiquesde cette nature.

Les boissons fermentées et distillées, qui font partie intégrante de l'alimentation et rendent tant de services aux organisations faibles, deviennent un véritable poison pour les personnes qui abusent de leur usage. Les vins, la bière, le cidre, les eaux-dc-vie, les liqueurs, etc., pris en excès, modifient très-profondén.en't la vitalité et prédisposent l'organisme au développement d'un grand nond)re de maladies très-diiïérentes, très-multipliées dans leur siège, et cependant idon-

(1) E. Bouclmt, De V emmagasinage de.s- eaux de Pam {GazeMc rfes hôpitaux, \mii.) Ami des sciences, t. I, p. 107.

tiques par leur nature. C'est, comme on sait, le propre des maladies générales de représenter l'unité des causes parla multiplicité de leurs effets.

C'est à l'impression de l'alcool contenu dans les boissons fermentées et distillées qu'il faut rapporter les modifications organiques constituant leur influence prédisposante morbifique. Porté dans le torrent circulatoire par l'absorption, cet alcool active les fonctions du système nerveux et vasculaire; il se décompose dans le sang en présence de l'oxygène qui s'y trouve, de manière à former de l'eau et de l'acide carbonique, et, sous l'influence de cette espèce de combustion, il en résulte un accroissement momentané très-appréciable de la température du corps. En quantité très-considérable il absorbe tout l'oxygène du sang, qui ne suffit plus à détruire les autres parties qui doivent disparaître des tissus, et dont la combustion incomplète, au lieu d'urée, forme beaucoup d'acide urique, cause prédisposante de gravelle, de goutte et d'hémorrhagie cérébrale.

D'une manière immédiate ou éloignée, les boissons fermentées et distillées prédisposent au développement des troubles de l'intelligence sans aliénation mentale et à la manifestation de l'épilepsie, du deliriwn tremens et du tremblement des membres. Elles prédisposent aux maladies aiguës et cbroniques de l'estomac, aux maladies organiques du cœur, à la phthisie pulmonaire, à la néphrite albumineuse, à la cirrhose du foie, à la combustion spontanée, etc., etc.

Les condiments, quelle que soit leur nature, sucrés, acides, salés, acres et aromatiques, ajoutent leur part d'influence à celle de l'alimentation dans la prédispositiou aux maladies. Tous, par leur usage excessif et prolongé, ont pour résultat de favoriser le développement des phlegmasies de l'estomac et des intestins; des maladies du foie; de l'hypochondrie, etc. Ainsi le sucre et le vinaigre produisent la dyspepsie ; les piments, les poivres longs, les entérites aiguës, chroniques, etc.

§ *1. — Exercices et mouvements.

L'action nécessaire et ordinairement bienfaisante de l'exercice et du mouvement musculaire dépasse quelquefois son but, fatigue les organes qu'elle doit vivifier et les dispose à de nombreuses maladies. Au delà de certaines limites, elle produit une véritable fièvre artificielle, caractérisée par la fréquence du pouls et l'augmentation de la température animale; et il se fait une notable déperdition de carbone prise sur les aliments respiratoires, sur les éléments des tissus qui doivent disparaître du corps dans le mouvement de nutrition interstitielle et sur la graisse du corps. La force nerveuse s'épuise dans cette action, et la compression des fdets nerveux de la trame des muscles déterminée par la contraction incessante et répétée de ces organes produit de la faiblesse, de la courbature, et plus tard de l'amaigrissement. Le sang s'altère, par la diffluence de sa fibrine, et semblables aux animaux surmenés, les individus qui so livrent h un exercice et à des mouvements musculaires au-dessus de leurs forces s'exposent au développement des maladies adynamiqucs, charbonneuses, à l'œdème actif des membres, aux gangrènes et aux aflections typhoïdes.

U manque d'exercice, au contraire, n'activant pas les mouvements organiques de la décomposition des tissus dans les actes delà nutrition moléculaire, détermine la production de la graisse, l'atrophie lente de la fibre musculaire, et la manifestation de la diatlièse uriquc, si éminemment favorable au développement de la i^ravellc et do la goutte.

Certaines formes d'exercice ont une action prédisposante plus spécialement relative au développement d'une maladie, tout en conservant leur caractère de causes prédisposantes. Ainsi l'effort prédispose aux congestions et aux hémorrhagies cérébrales, à la rupture du cœur et des gros vaisseaux, à l'emphysème pulmonaire, aux hernies, etc. La marche et la station debout engendrent les varices et la varicocèlc; le chant, les cris, l'usage des instruments à vent, disposent aux laryngites, aux hémoptysies, aux tubercules, etc.

§ t«. — Têtoments.

Les vêtements, destinés à garantir la surface du corps des impressions phy-r siques extérieures, sont très-souvent la cause indirecte du développement de beaucoup de maladies. Par la forme, la légèreté, le poids, la nature, etc., ils exercent sur l'organisme des impressions très-différentes suivant les âges, selon les climats çt une foule de circonstances qui méritent d'être connues.

Les vêtements très-chauds ont moins d'inconvénients chez les petits enfants qui viennent de naître que chez les personnes adultes. Chez les uns et chez les autres ils produisent des sueurs fatigantes et des éruptions sudorales qu'on prend souvent pour des fièvres éruptives, et qu'on traite en conséquence, au grand détriment des malades. Ils occasionnent une grande fatigue, et, par l'activité qu'ils communiquent à la circulation et à la sensibilité, ils prédisposent aux affections catarrhales et inflammatoires. Autour du cou, ils favorisent le développement des angines, du croup et des amygdalites, etc.; sur la tête, des congestions cérébrales; sur la poitrine, des bronchites, des pleurésies, etc. L'usage de vêtements trop légers a des résultats presque semblables, quoique produits par un mécanisme différent, car c'est l'action directe du froid qui les engendre. L'absence de vêtements rentre dans cette catégorie, et l'habitude des femmes d'avoir le cou et les épaules h nu dans les soirées d'hiver, sans précautions suffisantes, a déterminé plus d'aménorrhées, de pleurésies, de bronchites, de pneumonies et de phthisies que l'on ne pense généralement.

Les vêtements sont quelquefois l'occasion de troubles organiques immédiats par la compression qu'ils exercent sur certaines parties du corps et dont ils dérangent les fonctions. Un chapeau trop étroit produit la migraine ; des cravates dures et trop serrées amènent des épistaxis, des congestions cérébrales, des ophthalmies et des adénites cervicales; des ceintures de gilet, de pantalon et le corset gênent les mouvements respiratoires, nuisent h la digestion, et occasionnent des hernies. Le corset principalement, chez les femmes, déforme la taille à sa base, empêche l'ampliation de la poitrine, grave transversalement son empreinte sur le foie, dont il gêne les fonctions, nuit îi l'hématose et h la diges-

7" PATITOLOfxlE GÉNÉRALE.

tion; il empêche l'anipliatioii des bouts de sein et favorise la cliIoro.se, l'aiiK';norrhée, la phthisie, les maladies du cœur, etc. Il n'y a pas jusqu'aux jarretières et aux chaussures trop serrées qui n'aient leurs inconvénients et ne puis.senl occasionner des désordres : les unes produisent les varices des jambes, et les autres les durillons, les cors et les ampoules du pied.

L'influence des vêtements sur la santé et sur la disposition aux maladies est, du reste, une chose essentiellement variable, soumise au caprice de la mode et aux habitudes des peuples dans les dilîérents climats. Aussi n'iasisterai-je pas davantage sur ce sujet. J'en ai assez dit pour établir la réalité de l'inllnence d'un mauvais système de vêtements sur la prédisposition aux maladies.

§ 13. — Coucher et objet»» quï le composent.

Un mot à présent sur l'influence du coucher et des objets qui le composent. Rien n'est favorable au libre accomplissement des fonctions comme un lit formé de matelas de laine et de crin, modérément chargé de couvertures; au contraire, un lit moelleux, dans lequel entre la plume, et couvert d'ouate, d'édredoil et de laine, affaiblit, pousse à la sueur et prédispose aux pollutions, à l'hystérie, à l'anémie, à la constipation, etc.

§ 14. — Influence prédisiiosantc de certaines fonctions et des maladies antérieures ou concomitantes. — j^ympatliies.

Partout les effets s'enchaînent les uns aux autres, et, sous ce rapport, la pathologie ne fait pas exception à la règle. Une maladie n'est qu'une impression transformée, mais à son tour elle prédispose à de nouveaux désordres et à des accidents secondaires, ternaires et quaternaires, qui se succèdent d'après de.s rapports bien établis de cause à cet effet, et forment des maladies binaires, ternaires, etc. Cl'est une pensée que je développerai plus loin, et, pour le moment, je ne veux m'en occuper que pour établir ses nombreux rapports avec l'étiologie. Les fonctions elles-mêmes sont, dans leur activité exagérée, des causes prédisposantes de maladie. .J'ai déjà fait connaître les conséquences de l'exagération fonctionnelle du cerveau, des voies digestives, du larynx, etc.; je mentionnerai ici ce. qui est relatif à l'utérus et aux différentes fonctions de sécrétion. L'accouchement le plus naturel prédispose à la métrite, à la péritonite, et la péritonite engendre les brides du péritoine, susceptibles de produire des étranglements intérieurs cause de mort. La menstruation est la cause prédisposante de l'hématocèle rétro- utérine. — L'allaitement fatigue et détruit la .santé de quelques femmes, en les rendant anémiques et en les disposant à la phthisie pulmonaire. — La spermalorrhée est une cause d'iiypochoudrie et d'aliénation mentale. — La .sialorrhée épuise et conduit à la phthisie pulmonaire; la polyurie détermine le marasme, et la rétention d'urine amène le catarrhe de ve,ssie, les calculs, la fièvre m ineuse et la mort. 11 n'y a pa.s jusqu'à la sécrétion exagérée du pus dans les cas d'abcès considérable qui ne puisse être la cau.se d'inie fièvre herticjue |)ouvanl à elle seule occasionner la mort des malades.

DES CAUSES DE MALADIE, — SYiVU'ATIHIiS. 77

Il est avéré pour tout le monde que les dispositions organiques anomales et les dilïorinités prédisposent au développement de certaines maladies secondaires.

Il y a des maladies qui disposent l'organisme à la l'épétition fréquente des mêmes accidents ou à la production d'accidents de même nature avec un siège différent.

Quelques maladies simples engendrent des maladies secondaires par continuité de tissu, celles-ci des affections ternaires, etc. Ex. : l'impétigo des narines ou des oreilles amenant l'érysipèle de la tête, le coryza dans ses rapports avec l'inflammation de la lèvre supérieure, ou l'inflammation du pharynx, du larynx et des bronches, l'entérite avec l'érythème et l'ulcération des fesses, etc. , etc.

D'autres maladies prédisposent au développement des maladies secondaires, ternaires, etc., par contiguïté des tissus malades. Les phlegmasies du péritoine, de la plèvre, des méninges, à la suite des malades aiguës, des nosoi'ganies cancéreuses et tuberculeuses du foie, de l'intestin, du poumon, du cerveau, etc.

Enfin, certaines maladies en appellent d'autres, soit d'une façon mécanique, soit par suite d'une connexion intime des organes opérée par l'intermédiaire du système nerveux; ce sont les phénomènes mécaniques et les maladies sympathiques.

Parmi les dispositions organiques qui prédisposent à certaines maladies, je citerai la mollesse des os du crâne produite par le rachitisme, donnant lieu à l'hydrocéphale et au phréno-glottisme ; les incurvations de la colonne vertébrale avec déformation de la poitrine produisant l'hémoptysie, la phthisie, etc.; l'étroitesse de l'aorte favorisant l'hypertrophie du cœur; la persistance du trou de Botal amenant la cyanose; les pieds bots enfin déterminant l'atrophie des irmscles et leur transformation graisseuse, etc.

Certaines maladies prédisposent à la reproduction et au retour d'accidents semblables ou d'accidents de môme nature avec une forme différenie. Que de personnes sont sujettes aux angines lonsillaires, au coi-yza, aux bronchites, aux hémorrhagies nasales, aux maladies de peau, au rhumatisme, aux névroses hystériques, etc., etc. Dans tous ces cas, comme ailleurs, on ne peut pas dire que ce soit la même maladie qui se manifeste par une seconde, une troisième attaque, etc.; non : ce sont des états morbides qui ont modifié la vitalité d'un tissu et d'un appareil organique, de manière à le disposer favorablement pour 1 invasion d un état morbide semblable au premier. Ou bien la maladie première de nature herpétique, rhumatismale, goutteuse, elc, guérie sur un point' i-evient ailleurs longtemps après, mais c'est un lichen au lieu d'un eczéma où d un impétigo; cest une névralgie au lieu d'un rhumatisme articulaire ou d'un

ri'!!.; ' T Z ''''^'î^"' ^'^^ différents

phénomènes ont la conséquence des idiosyncrasies et des diathèses, disposition générale dont je parlerai plus loin. '

cuSilîr T"'"' '^"""'"^ '

s ,ë m' I ' r; ^« ^oul, par exemple, la blessur

n'.'t.U. ukeieuse, 1 otorrhée, la diarrhée ca.arrhale, etc., amenlnt l'ulcération

78 IV^TUOLOGIE GÉNÉUALE.

des joues, des lèvres, des oreilles, de l'intestin, etc.; les calculs vésicaux produisant le prurit du méat uriuairc ; la phlhisie tuberculeuse donnant lieu à la névrite intercostale et aux fistules pulmonaires cutanées, l'érysipèle du visage

suivi de méningite, etc.

Il V a des maladies qui servent de cause prédisposante aux autres par contiguïté de tissu. Dans ce nombre, il faut ranger le cancer de l'estomac, produisant celui du foie, et réciproquement ; les vomissements de la péritonite aiguë ; la pleurésie dans les cas de maladies du poumon; la nécrose des os dans le voisinage desquels se trouve un abcès ; la dysurie dans le cas d'hémorrhoïdes, etc.

D'autres maladies, par leur présence, appellent à leur suite des accidents secondaires dont on ne peut expliquer le développement par aucune relation de continuité ou de contiguïté de tissus. Ces accidents résultent de la sympathie de certains organes les uns pour les autres. Trop souvent contesté, ce phénomène repose sur un si grand nombre de faits, ([ue l'on ne comprend guère qu'il ait pu être révoqué eu doute, et je vais en parler avec détail.

Des sympathies.

La sympathie est l'action physiologique ou morUde qu'exercent certains organes les uns sur les autres. C'est le résultat du consensus général qui relie et harmonise entre elles toutes les parties de l'être vivant, ou si l'on veut, c'est une subordination dynamique des tissus étrangère aux actes physiques, chimiques et mécaniques de la matière organique.

Pour Barthez, il y a sympathie entre deux organes lorsqu'une affection de l'un occasionne sensiblement et fréquemment une affeciion correspondante de l'autre, sans que cette succession puisse être rapportée au hasard, au mécanisme des organes, ni à leur concours d'action dans une forme générique de fonction ou d'affection du corps vivant (1).

Il y a deux espèces de sympathies : les sympathies physiologiques et les sympathies pathologiques; ces dernières doivent seules m'occuper.

Les maladies sympathiques ne sont pas constantes, et il faut une mod.ûcation toute particulière des organes primitivement affectés pour favoriser leur développement. Leur intensité est tantôt égale, tantôt supérieure et tantôt inférieure à celle de la maladie concomitante. Elles sont ordinairement passagères, mais elles peuvent survivre à leur cause, comme on le voit pour certains troubles de l'intelligence et de la sensibilité. Elles sont d'autant plus nombreuses que l'cxcitabiUté qui en est la source est plus facilement mise enjeu. Aussi l'enfance estelle l'âge de la manifestation des sympathies ; alors la moindre souffrance, les différentes maladies aiguës, ont des phénomènes sympathiques qui ont ordinairement le cerveau pour siège, et, soit au début ou à la Un, on y observe du coma, des convulsions, des paralysies, etc.; très-nombreuses chez les femmes, elles sont au contraire très-rares chez les vieillards, et varient avec les tempc^ raments, la constitution et l'idiosyncrasie des individus.

(1) Bartliez, ïilémonti de la science de Vhomme, l. 11, P« 2.

La sympathie de deux organes n'est pas toujours réciproque. Ainsi l'action sympathique du cerveau sur l'estomac ne se reproduit pas sous la même forme de l'estomac au cerveau.

Comme l'a dit Barthez, les effets sympathiques ne sont pas perpétuels, ce qui devrait être si les causes de la sympathie étaient mécaniques. C'est là, soit dit en passant, une des raisons qui doivent faire considérer chaque sympathie comme un phénomène vital par excellence, dû à un excès de la sensibilité des organes.

Le nombre des phénomènes et des maladies sympathiques a considérablement diminué depuis que, par suite des progrès de la science, on a pu attribuer à leur véritable cause des accidents jusqu'alors expliqués par la sympathie. On ne croit plus avec Bichat que l'œdème des membres, dans les lésions organiques du cœur, soit un phénomène sympathique, et l'on explique sa production par l'altération de la composition du sang ou par l'obstacle que la lésion apporte au libre retour de ce liquide dans le cœur. On sait aujourd'hui que les plaies de tête sont moins la conséquence d'un effet sympathique que d'une phlébite des veines du crâne, qui donne lieu à l'infection purulente et aux accès métastatiques de la glande biliaire, etc.

Malgré ces réductions, si nombreuses qu'elles soient, les phénomènes de sympathie entre certains tissus et certains organes sont des choses vulgaires. — Le travail mensuel de l'ovulation chez la femme amène sympathiquement l'érection de la trompe, dont le pavillon se redresse et vient s'appliquer sur les vésicules de de Graaf pour y prendre l'ovule et l'amener dans l'utérus. —Il n'est pas de maladie grave qui n'influence sympathiquement les mouvements du cœur et des vaisseaux; — la fièvre est la première et la plus évidente de toutes les sympathies. Précieuse entre toutes, elle révèle certains désordres cachés de l'organisme et appelle sur eux les secours de l'art, que sans elle rien ne pourrait solliciter. A ce titre, la fièvre est toujours essentielle ; engendrée par une lésion des solides ou des liquides, par le mouvement, la crainte ou le plaisir, par la chaleur, par le travail intellectuel, elle n'est qu'un phénomène vital, sympathique, lié à toutes les modifications fonctionnelles de l'organisme. Le cœur est le manomètre de la vie, et les propriétés de son tissu ne sauraient être la cause principale du trouble de ses fonctions. - Que le cœur accélère ses mouvememsdans la fièvre, qu'il augmente leur violence dans les palpitations nerveuses, qu',1 affaiblisse ses contractions dans la syncope de l'épouvante et des influences morales, il y a là autre chose que des propriétés contractiles ; et on do. 1 envisager comme un phénomène vital, une sympathie entre les organes de a passion et de l'intelligence, entre les tissus malades et l'organe régulateur cie ia circulation sanguine.

Les voies digestives sont le siège de nombreuses sympathies. L'inappétence

' l o o 1 "'"'7 ' ^«"^'"^«^'"-^^^ '«^«'adies du cerveau dans la

le l oi r '^"''^•'^ principalement dans la variole ;

le hoquet dans les maladies prochainement mortelles ; l'action de la blennorrha-

80 PA'I'HOLOGIE GÈNÉUALi:.

gic sur la pyélilc, des calculs vésicaux sur pruril de la verge, la rougeur des pommelles dans la pneumonie; la diarrhée dans la denlitiou dilïicilc, elc, sonl aulanl de phénomènes sympalhicpies.

Dans l'appareil respiratoire, la bronchite est souvent la conséquence du travail de la dentition.

La toux est aussi très-souvent un phénomène sympathique et elle est quelquefois en rapport avec la gastralgie, avec la chlorose, le nervosisme, l'hyslérie, les affections vermineuscs, elc. Les anciens aulcurs admettaient une toux gastrique ; chacun aujourd'hui connaît la loux nerveuse. J'en ai vu plusieurs exemples bien curieux, et entre aulres celui d'une jeune fille, au moment de sa seconde dentition, qui lonssa pendant plus de six mois, et que l'on croyait menacée de l)hthisie. Elle guérit en deux jours par l'application endermique delà morphine. La loux revint trois mois après, guérit sous l'innuence des mêmes moyens, et disparut lorsque la dentition fut complète, M. Andral (1) a cité un fait semblable quoique la cause en fût différente. Il était relatif à une jeune fille qui avait aussi une loux sèche existant depuis longtemps avec un tœnia. Une fois l'cutozoaire expulsé, la toux disparut.

Toutes les glandes sécrétoires sonl le siège continuel de phénomènes sympathiques. Il en est une principalement qui exerce l'influence la plus extraordinaire sur le testicule et sur la mamelle : je veux parler de la parotide. La maladie dont elle est le siège, sporadique mais ordinairement épidémiqve et qui est connue sous le nom ^'oreillons, donne souvent lieu à l'orchite chez les garçons, cl à la mammiie chez les filles, phénomènes singuliers dont l'existence m'a été démontrée par plusieurs observations. Il n'y a pas d'épidémie d'oreillons dans laquelle on ne voie survenir chez quelques malades ce gonflement sympathique du testicule que l'ort considère quelquefois comme une métastase. C'est presque toujours de la parotide au testicule que se succèdent les accidents, mais le contraire arrive quelquefois; MM. Desbarreaux-Bernard, Rocques, Aug. Bérard, l'ont observé et ont sigualé dans une épidémie d'orchite catarrhalc distincte de l'orchite bleunorrhagique, un cas d'oreillon consécutif h l'orchite, et un peu plus lard M. Billoir en a signalé un autre plus exceptionnel et développé dans le cours d'une orchite blennorrhagique (2).

Chez une nouvelle accouchée, la lactation fait contracter l'utérus, donne des coliques et augmente l'abondance des lochies; on l'a même vu produire l'avortement chez les nourrices enceintes, et c'est ce fait qui a donné à M. Scanzoni, de Wurlzbourg, l'idée de recourir à l'excitation des glandes mammaires pour déterminer dans l'occasion un accouchement prématuré artificiel (3).

(1) Andral, Cours de pathologie, 18i7.

(2) Billoir, Gaz. hebd., 1850, p. 617.

(3) La femme qui servit à l'expérience était à sa seconde gros: esse cl âgée de vingtquatre ans. Dans le premier accouchement, il avait été nécessaire de recourir à la perforation du crâne et ii la céplinlolomic. Pour le second, Scanzoni prépara deux appareils de succion composés d'une poclie ou vessie de gomme élastique munie d'un tube de verre. L'air fut expulsé de la vessie, et l'appareil ainsi appliqué fonctionnait comme une venlousc.

A la trente-deuxième semaine de la grossesse, l'appareil fui appliqué deux heures

La sécrétion des larnios, de la salive, du suc gastrique, de l'urine, de la bile, du sperme, de la sueur, du lait, est incessamment provoquée, suspendue et iiiodiliée par les impressions morales morbifiques ou par certaines maladies éloignées. Ex : le ptyalisme de la grossesse et du nervosisme. Ce sont là des faits tellement connus, qu'il suffit de les signaler pour les remettre en lumière.

Certaines muqueuses ont entre elles ou avec la peau et les séreuses articulaires des sympathies évidentes que l'état pathologique fait ressortir. — La phleg- - masie de la muqueuse de l'urèthre, dans la blennorrhagie, dispose, comme on sait, à la pyélite, à l'arthrite blennorrhagique et à l'ophthalmie purulente. — Un simple tathétérisme pratiqué sans aucune déchirure peut donner lieu à des abcès intra-musculaires ou à des arthrites purulentes suivies de mort. Le plus souvent, il n'y a que syncope alors même que l'opération a été faite sans violence, ni douleur ou accès de fièvre intermittente, quelquefois pernicieux et suivi de mort, sans que l'autopsie permette de découvrir aucune altération organique. Velpeau a rapporté plusieurs exemples de ce genre (1), on en doit un à M. Perdrigeon (2) et il y en a plusieurs autres dans la thèse sur les accidents consécutifs au cathétérisme du canal de l'urèthre, de M. Hornbostel(3),

L'ulcération du duodénum se montre souvent après de larges brûlures et dans certains érysipèles (U), et cela peut devenir très-grave.

C'est dans le système nerveux que l'on observe les phénomènes sympathiques les plus étranges et les plus variés. Presque tontes les altérations des tissus exercent une action sympathique sur le ce.-veau, mais la réciproque n'est pas exacte ; et, s'il est vrai que les centres nerveux régissent tout le corps, leurs maladies n'ont pas sur les organes, à l'exception de l'estomac et de l'intestin, une influence bien marquée.

La céphalalgie, les spasmes, les convulsions, le nervosisme (5), sont des phénomènes sympathiques très-communs et que l'on observe journellement dans les maladies de l'estomac, dans la chlorose, dans les fièvres, dans le travail de la dentition, dans les entérites vermineuses, principalement avec le tœnia,

malin et soir le premier jour; les jours suivants, cette application eut lieu trois fois dans es v.nst-quatre heures. Dès la troisième application, il se manifesta un raccourcissement de la poruon vagmale de l'utérus et une légère dilatation de son orifice sans que la femme éprouvât aucune douleur. Les douleurs ne se firent sentir que le troisième o r après a s.x.ème application, et augmentèrent notablement pendant la nuit Dè " le c e ruteru, s'etTaca complètement, et ,a poci.e des eaux commença à fai e sa l è leur rupture on procéda à l'extraction du fœtus, qui pesait quatre livres emi I malade se reta.it en peu de temps ; mais l en.ut, quoique n^vivant, ^

(1) Velpeau, Clinique de juin I8Z1O.

(2) Perdrigeon, thèse, 1853, n" 93.

(3) Hornbostel, thèse, 1859, p.

(Il) Mayor, Union mcdicala, 1860

IJ. — PATHOL. GÉN.

dans les cas de larves des sinus frontaux, et dans une foule d'autres affections qu'il serait trop long d'6nuniérer ici. — Le rire sardonicjue est un effet sympathique de l'inflainniation du dia|)hragme. — Le délire est la conséquence de toutes les maladies graves; il y a des accidents cérébraux provoqués par la phlegmasie aiguë du diap'hragme (paraphrénésie) ; — l'hypochoadrie succède à toutes les maladies clironiques.

Toutefois, il v a des organes qui, les uns plus que les autres, exercent une action sympathique sur l'appareil sensitif. -Les calculs vésicaux occasionnent souvent le prurit du méat urinaire ; — ia pneumonie aiguë détermine la rougeur de la pommette, mais ce sont l'estomac, l'intestin et ses annexes qui occupent le premier rang à cet égard. Ils produisent tout spécialement l'hypochondrie. Les maladies de poitrine n'ont presque jamais cette influence, elles laissent à ceux qu'elles dévorent une lueur d'espérance qui ne s'éteint presque jamais.

L'utérus, aux époques menstruelles, exerce une action sympathique trèsmarquée sur le cerveau, et, chez quelques femmes, le moment des règles est signalé par des éruptions d'une ou deux espèces d'acné sur le visage ou sur le cou, par une foule de caprices et de goûts bizarres avec modification plus ou moins notable du caractère. — M. Andral (1) a même rapporté un exemple de manie périocUque survenant chaque mois pendant quelques jours chez une jeune femme qui a parfaitement guéri. - Tout le monde connaît les caprices, les changements d'humeur des femmes enceintes, et même la marne puerpérale temporaire consécutive à l'accouchement, qui sont à juste titre considérés comme autant de phénomènes sympathiques.

Les organes des sens, principalement ceux de la vision, sont le siège de sympathies très-iflarquées. On a beaucoup ri avec Molière de ceux qm croyaient a l'influence sympathique d'un œil sur l'autre, mais il paraît que dans certains cas la maladie d'un œil entraîne l'afl-aiblissement de la vision dans l'œil opposé, et qu'il se produit des hypérémies de la papille avec flexuosités phlébo-reUniennes, des dilatations veineuses — des corps flottants du corps vitre—, des dépôts plastiques de la papille ou de la rétine, des atrophies papillaires, etc chez quelques malades, il a suffi d'enlever l'œil malade pourrendre a 1 autre œil ses facultés visuelles (Prichard, de Bristol, 18 51) (2), et l'on a môme vu une operation de cataracte manquée d'un côté amener quelquefois la résonîtion du cristallm opaque de l'autre œil et le retour de la vision (Garin-Gallois) (3).

§ 45. — Héréillté.

«En rcmonlanl avec attonlion le cours des généralions, on relrouve presque toujours, dans la prenncre eoulle du sang, la source de la dernière. » " (LAMAnilNE.)

L'hérédité est la succession transmise par les parents à leur descendance. 11 y a une hérédité sociale imitée de l'hérédité naturelle ou vitale et sur la^

(1) Antlrnl, Cours de pathologie, ISliT.

(2) Prichard (de Bristol), Union médicale, 1857, p. 576. ^ , , .

(H) Glrin-Gallois, A.nales de la Société méd. do Saint-Eiienne et de la Lo.rc, 1802.

DJiS CAUSES DE MALADIE. — H15rÉDITÉ. 83

quelle reppsenl les institutions monarchiques héréditaires, l'institution de la famille et de la propriété que le communisme et le socialisme rejettent également, et une hérédité naùirelle, physiologique et morbide, les seules dont je doive m'occuper.

Ce que l'on désignef sous le nom d'hérédité en physiologie et en pathologie n'est pas autre chose que la transmission des qualités physiques et morales des parents à leur descendance à la suite de l'impression communiquée au germe par le père et la mère dans l'acte de la génération. — C'est une impression générative ou séminale (1). — De sa nature dépend en partie pour l'avenir le degré de force et de santé du nouvel être. Dans son œuf, avant d'arriver au jour et par le seul fait de l'impression générative qui lui imprime la vie, l'homme est prédestiné à une organisation spéciale, à des formes extérieures et intérieures déterminées par la résultante des forces paternelles et maternelles un instant réunies. En recevant la vie, l'ovule, ce grain de matière imperceptible et amorphe, dénué de toutes propriétés de tissu, puisqu'il n'est pas même un tissu, commence à sentir, à se mouvoir, h se contracter avant même d'avoir de nerfs, ou de fibres contractiles ; il se transforme suivant les lois du promorphisme humain, et se bâtit, selon ses forces et sa nature, les organes qui doivent lui servir d'instrument dans sa courte existence. Heureux si la force d'impulsion est solide, car ce qu'elle engendre vient solide comme elle, avec tous ses défauts et toutes ses qualités. Les forces des races, des constitutions, des tempéraments, desidiosyncrasies,'etc. se croisent dans la génération et forment des résultantes qui entraînent la matière, l'asservissent à des lois déterminées susceptibles de la modifier, de la corrompre ou de la purifier à volonté, susceptibles d'en faire l'enveloppe d'êtres vivaces ou débiles, nerveux, sanguins ou lymphatiques, d'hommes intelh^rents njoraux, ou d'êtres idiots et dégradés. Comme l'a dit Hippocrate (2) • « D'un phlegmatique, naît un phlegmatique ; d'un bilieux, un bilieux; d'un phthisicrue un phtlnsique. » Toute la médecine est là, et par cela môme qu'un être vivanJ n est qu une résultante forte ou faible de deux puissances séminales confondues la rnauere cet être n'est plus qu'un effet de la force étrangère qui réside en elle I agite, la mené et la transforme en ce qui lui plaît jusqu'au cercueil, sauf les modifications qu'elle subit en tant que matière de la part d'une foule dVe„t du monc^ extérieur. C'est ce qui fait que la médecine est une science par .Vu- 1 re, spéciale, ayant en propre pour base des faits que n'expliquent les ois d aucune science physique ou chimique; la médecine est la scien e de l ^ dans 1 homme ; de son origine, de ses transformations, de ses dé^r dations et dP -3ns avec la matière brute et les lois ..siques t'^:t

Vimpression générative est malheureusement h nln« a ^

difficile

m Ilipp..r..c, mmre. ™»,pa,,, u..U. Ultré, 18„, i. V,, „.

PATHOLOGIE (lÉNtRALL.

fallu loiil raveuglomcnt, des nialcrialistcs de la médecine pour en nier les cffels. Elle se révèle a chaque inslant autour de nous, el ce qui se passe à l'élal pliysiologique éclaire singulièrenicnl la réalité des elîels pathologiques. Les ouvrages anciens et ceux de Pujol (1), de Portai (2), de Sersiron. de Piorry cl surtout celui de M. P. Lucas (3), qui renferment tout ce qu'd est intéressant de connaître dans cette question, ont mis hors de doute cette vérité (lui est la base de la science de l'homme et de ses maladies.

Page 1