IX. — Mucédinée de la rougeole, ou Alga morbilli
Sans prétendre que la rougeole ordinaire soit une maladie parasitaire, le docteur Salisbury, de Newarck (Ohio), incline à le croire, et il a fait des observations qui éclairent, dit-il, la nature de cette maladie, car elles prouvent au moins qu'une espèce de rougeole peut être la conséquence d'une intoxication par les spores d'une mucédinée du froment.
D'après ce médecin, lorsque les spores d'un champignon qui se développe sur les céréales, et particulièrement sur le blé, pénètrent dans l'organisme, ce qui a lieu chez les ouvriers qui remuent la paille altérée recouverte de moisissures et dont les spores volent dans l'atmosphère, il en résulte une éruption de rougeole. Dans ces cas, les ouvriers sont pris de lassitude, de fièvre, de constriction à la gorge, de larmoiement, de coryza et d'une éruption morbilleuse au troisième jour, cessant en trois fois vingt-quatre heures. Comme, d'une autre part, l'inoculation de ces spores sous l'épiderme occasionne les mêmes accidents, on en a conclu que c'était véritablement bien à cette cause qu'il fallait attribuer l'éruption (1).
Si la maladie des ouvriers observés par Salisbury n'est pas la rougeole ordinaire, c'est une rougeole spéciale, peut-être une roséole ; mais dans tous les cas c'est une maladie évidemment parasitaire.