DU PARASITISME ANIMAL. — ENTOZOAIRES INFUSOIRES
tefois qu'ils ne soient accompagnés d'agents virulents qui, eux seuls, sont responsables des effets fâcheux qui peuvent survenir;
» 2» Si le véhicule injecté qui les contient est putride et en trop grande quantité, il y a empoisonnement scepticémiquc, mais il ne se développe pas de maladie virulente, puisque les mômes phénomènes ne se reproduisent pas par l'injection du sang contaminé. » {l" août 186^1.)
» Des expériences assez nombreuses que j'ai faites dans le but de rechercher quels rapports pourraient exister entre les vibroniens de la maladie charbonneuse et ceux de la putréfaction m'ont donné des résultats conformes à ces conclusions.
» Deux professeurs h la Faculté de médecine de Strasbourg, MM. L. Coze et V. Feitz, ont fait sur les vibrions de la putréfaction des expériences qui paraissent contradictoires à ces conclusions (1866). La mort étant la conséquence ordinaire de l'introduction des liquides putrides dans l'économie, des vibrloniens apparaissaient dans le sang pendant la vie, et l'inoculation de ce sang à d'autres animaux (lapins) reproduisait des vibrloniens et déterminait la mort encore |)lus sûrement et plus rapidement que par la première inoculation. « En créant ainsi quelques générations infectieuses, disent ces expérimentateurs, on arrive à se convaincre que les éléments infectieux des dernières sont plus actifs que les matières putrides elles-mêmes. »
» Maladies charbonneuses. — La plus haute expression delà maladie charbonneuse est celle qui se voit chez le mouton et que l'on connaît sous le nom de sang de rate. Le sang des moutons atteints du sang de rate offre toujours au microscope un grand nombre de corpuscules filamenteux sans mouvements, corpuscules que j'ai désignés sous le nom de bactéridies (fig. 171 et 172) et dont les caractères ont été décrits ci-dessus. Ces filaments se trouvent constamment aussi chez les animaux qui deviennent malades à la suite de l'inoculation du sang de rate, et dans le sang de l'homme qui succombe à la pustule maligne ou bien à l'œdème malin, affections dont les relations avec le charbon sont depuis longtemps bien établies.
1) Quel rôle jouent les bactéridies chez les individus atteints du charbon ? Leur présence constante dans le sang ou dans les organes montre qu'elles ont avec cette affection une relation très-étroite, et ce qui achève la.démonstration, c'est que chez les animaux réfractaires à la transmission du charbon, chez le chien elles oiseaux, le sang inoculé, quoique renfermant des bactéridies, n'en reproduit jamais dans leur sang.
» Les bactéridies ne sont point autre chose que des vibrloniens, et personne ne nie aujourd'hui les transformations que ces petits êtres font subir aux milieux dans lesquels ils se développent. L'analogie nous porte donc à admettre que les bactéridies sont la cause de l'altération du sang qu'elles envahissent et de la maladie charbonneuse consécutive. Mais cette manière simple et claire de concevoir la transmission et le développement du charbon n'a point été adoptée partoutle monde, etl'on aime mieux croire qu'il existe, à côté des bactéridies un agent de la contagion, mystérieux, insaisissable, qui détermine l'altération du
PA'ITIOI-OOIE C.ÈNÊRALE.
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sang et cons6culiveme.it le développement des vibrioniens. H importe donc de donner ici les raisons qui nous font admettre que les bacléridies seules sont les
Fio. 171.
Fm. 172.
Tp, nc^ures 171 et 172 représentent le sang du cœur d'un mnnton mort dune maladie '^>''}''''7"f„f f/f,™? L rateVÎe saf^ a ét^ extrait et examiné aussitôt après la mort de l'ammal, le 4 3»"^>";f '''j;^ ; rat^^'itmos Léricine étant voisine de 0», Les globules -"p;'-, " t"s 'ou ouS i,o„ „m„= nn Ilots trés-irréiruliers. Les baetéridies qui occupent les interx ailes sont arom.» u feTnluscotu-t s sotl peinte visibles; les plus longues ne dépassent pas deux ecnfiemc* de '"'";:";7j,7 Grossissement 35^ diamètres. (Davaine.) - La Egure 171 représente une goutte de sérum; la figure 172, une parcelle d'un caillot.
agents de la transmission et du développement de la maladie cbarbonneuse :
„ 10 Les baetéridies ne se produisent point après l'apparition des phénoineues delà maladie; elles les précèdent au contraire. Des recherches faites a de courts intervalles chez des animaux inoculés, en dissolvant les globules du sang sous le microscope, soit par de l'eau, soit par une solution de potasse, m ont mis plusieurs fois à même de constater l'existence des baetéridies lorsque les animaux paraissaient encore très-bien portants. Des animaux tués longtemps avant l'époque probable de l'apparition des phénomènes morbides mont oiieri dans la rate et dans le foie des baetéridies nombreuses et parfaitement caiac-
lérisées. . . ^ -^^
„ 2" Si le chabon'a pour élément essentielles baetéridies, ces nifusoncs aoi vent être aussi un élément constitutif de la pustule maligne. Leur absence c an^ cette pustule serait la négation du rôle qui leur est attribué dans la produ o' du charbon, comme leur présence en serait la confn-mation. Or, six pusiu malignes, que j'ai examinées, m'ont offert des baetéridies par myriades
« 3° Le sang charbonneux est apte à transmettre la maladie tant qu ii cou des baetéridies; il perd cette faculté lorsque, par suite de la putréfaction, corpuscules en ont disparu. j. u innsmis-
0 a° Enfin, il est une condition naturelle qui oppose un obstacle à la u...^.^^^^ sion des baetéridies, mais qui n'en opposerait pas à celle d'un vinis sii^^^^^ insaisissable. Chez des animaux en gestation, j'ai vu, en effet, que les
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dies ne passent point de la mère au fœtus. Si donc les bacléridies sont l'agent de la transniissiou du charbon, le sang du fœtus doit être incapable de propager celle maladie.
» Variole. — Les docteurs Coze et Feliz ont conslalé l'existence de bactéries dans la variole, soit directement chez l'homme, soit des animaux inoculés.
» Fièvre typhoïde. — Un médecin de Sienne qui s'est occupé de l'étude des infusoires dans les maladies, M. le docteur Tigri, a fait à l'Académie des sciences plusieurs communications sur ce sujet.
» MM. Coze et Feltzont aussi recherché les vibrioniens dans la fièvre typhoïde chez l'homme et sur des lapins inoculés avec le sang de l'homme atteint de cette maladie (1866). (J'ai parlé de ces expérieaces dans le chapitre Contagion.)
» C'est chez les lapins inoculés que les résultats qui suivent ont été obtenus: 1° Le sang humain typhoïde, non putréfié, pris sur le vivant, détermiue sur l'oi-ganisme du lapin des effets très-appréciables; 1" le sang du lapin infecté de cette manière peut infecter à son tour le sang d'animaux de même espèce ; on reproduit ainsi des générations successives de bactéries et plus ces générations sont répétées plus ces bactéries sont actives et les accidents i-apides ; 3° la zone immobile observée permet de diagnostiquer un sang malade (1); 4" l'espèce de bactérie spéciale au sang typhoïde rappelle le bacleriwn catenula ; ses dimensions en largeur et en longueur sont très- petites ; 5" de l'eau distillée, mise en contact avec le sang typhoïde desséché et conservé, révivifie les bactéries et reproduit l'infection.
» Ces recherches tendent donc à prouver que la variole et la fièvre typhoïde sont déterminées par des vibrioniens du genre Bncterium.
» Fièvre typhoïde du cheval. — La présence des bactéridies a été reconnue dans certains cas de maladie chez le cheval. Des faits de ce genre ont été signalés par MM. Signol et Mégnin. J'ai eu l'occasion d'en observer aussi un cas. C'est dans la maladie désignée sous le nom de fièvre typhoïde que les bacléndies ont été observées. Cette maladie est mal définie, aussi porte-t-elle des noms divers et entre autres celui de maladie encore peu comme. Très-grave ou très-légère, elle est tantôt de longue durée, tantôt elle est rapidement mortelle.
» Comme on le voit, il n'est pas de fièvre grave ni de suppuration dans laquelle on n'ait observé la production de Vibrions et de bactéries ouMe bacléridies en quantité innombrable. »
Il n'est pas facile de déterminer le rôle de ces infusoires. — Sont-ils la cause de la maladie?— Dans beaucoup de cas on doit répondre par la négative. Ainsi, quand ou dit que que les bactéries sont la cause de la coqueluche ou de la rou-
(1) Les auteurs du mémoire ont donné le nom de zone immobile à une couche de bA- |')nnets et de points situés dans un môme plan ot qui apparaissent à l'œil de l'observateur '"■scpie le liquide examiné n'est pas exacLement au point. Ils pensent qu'elle est formée par des vibrioniens devenus inaetifs. Pour moi, je pense que ce sont, les vibrioniens agg ntinos à la lame de verre, Certaines espèces sont beaucoup plus susceptibles que d'autres oe s agglutiner ainsi.
geôle, parce qu'il s'en trouve dans l'expecloratidn de ces maladies, on commet une erreur. J'ai essayé de contrôler ces faits en ce qui concerne la coqueluche. Eh bien, j'ai trouvé des bactéries dans le liquide puriforaie de la coqueluche plusieurs heures après sa sortie des bronches, mais au moment même du rejet des matières, il n'y en avait pas. Cela tend à prouver qu'ils ne se produisent qu'au contact de l'air libre. Maintenant doit-on raisonner de la même manière pour le sang de rate, pour le charbon, pour la fièvre typhoïde, pour la variole, etc. INon. Cependant, avant d'admettre que ces différentes maladies sont dues au développement de bactéries dans le sang, et que c'est l'introduction de leurs germes qui engendrent ces maladies de façon h en faire des maladies parasilaires, il faut attendre de nouvelles observations. On pourrait tout aussi bien dire qu'en raison des gaz normalement contenns dans le sang et des germes qui s'y trouvent partout, c'est la maladie qui engendre ces infusoires, lesquels ne seraient qu'un effet pathologique, absolument comme la fièvre typhoïde, qui fait développer des lombrics dans l'intestin. Mais, ne sachant rien de précis, il vaut mieux ne rien conclure pour le moment et se contenter d'exposer les doutes et les désiderata de la science, en attendant que des observations plus concluantes viennent faire la lumière dans ce chaos.