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CHAPITRE Xll

gjg PATIlOLOGIli GÈNÉRALli.

chaque tissu reçoit, par ses Ulets ganglionnaires, cérébraux et racliidiens, des impressions ou sensations auxquelles il répond par des actes organiques naturels morbides Un agent impondérable et subtil, le Iluidc nerveux, dont la nature inconnue est analogue à celle du Iluide électrique, le parcourt en tout sens, réagit sur place, sans l'intermédiaire de la conscience, et porte de la périphérie au centre ou du centre à la circonférence les mystérieuses impressions d'où résultent les mouvements moléculaires de la vie et de la santé. Dans cette force, rendue évidente par des effets physiques incontestables, connus seulement depuis les admirables expériences de Matteucci, deMueller, de du Bois-lleymond, se trouve la raison de beaucoup de phénomènes morbides jadis attribués au trouble des esprits animaux, et, de nos jours, considérés comme le résultai d'une lésion du système nerveux. C'est à elle et à ses altérations subites et inexpliquées qu'il faut rapporter les différents troubles permanents ou temporaires observés dans l'intelligence et dans la sensibilité des tissus, dans le mouvement musculaire, dans la circulation capillaire accélérée ou ralentie par l'excitation ou la paralysie des nerfs vaso-moteurs, dans la nutrition inters!.tielle modifiée par l'hypérémie chronique, dans les sécrétions, etc. Cest elle enfin dont le trouble primitif ou secondaire produit des néoroses et ce qu o.i appelle les maladies nerveuses.

Les maladies nerveuses, jadis séparées des autres maladies par leur nature et attribuées au trouble des esprits animaux, ont été appelées du nom de nevros pa Cullen. Le mot est resté dans la science. « Je propose de compre dr sous le titre de névroses, dit cet auteur, toutes les affections contre na u. du sentiment et du mouvement où la pyrexie ne constitue pas une nialad^ nrimU e et toutes celles qui ne dépendent pas d'une affection top.que d d'une affection plus générale du système qui dirige spécialeme T^Z. et le sentiment. « J. P. Frank appelle ainsi toutes les ma.a^^ e veuses avec altération des nerfs ou sans lésion de structure apparente., .k c pte et développe cette manière de voir, et aujourd'hui tous le-s;"teun, ;Z g dTcrivent, sous ce nom de névroses, une classe dis.hicte e nialad.cs liant des caractères généraux suffisants pour ^^„,^,^ Les névroses sont des maladies caractérisées par des troubles de 1 mttl i«a du"nt et du mouvement, sans altération matérielle permanente de la substance organique ou nerveuse. . „ r^mosié l'exisieuro

ce sont des maladies très-communes dont on a ««-^l f ^ , ' V,,. comme classe morbide. On n'a voulu voir en elles que des ^^^^^^ irritation inllammatoire ou d'une véritable mllammat.on ^-^^^ nerveux et l'on en a fait des maladies organiques P»>' '

lème nerveux. Broussais a été le chef de cette ^^^"^^^^^ répandue; mais tout ce qu'il a écrit dans ce sens n a eu qu tm ictcntis

momentané.

DES NfiVROSUS. 837

Les névroses existent donc, et jusqu'à ce qu'on ait dissipé les profondes ténèbres qui nous cachent le mécanisme des fonctions du système nerveux à l'état normal, il sera difficile de ne pas admettre des troubles nerveux fonctionnels indépendants d'une altération appréciable de la substance nerveuse.

Les névroses et les maladies nerveuses sont des choses synonymes, qu'il ne faut pas confondre avec les maladies des nerfs ou du système nerveux, caractérisées par rindammation ou la dégénérescence de la substance nerveuse, et accompagnées de troubles secondaires semblables à ceux qu'on observe dans les névroses. Ici l'inflammation ou la dégénérescence du tissu cérébro-nerveux sont les éléments primitifs de la maladie, et il y a un rapport certain entre les uns et les autres. Au contraire, dans les névroses, le trouble est simplement fonctionnel, sans lésion de structure appréciable.

Le véritable caractère des névroses est l'absence de lésions anatomiques suffisantes pour expliquer les troubles fonctionnels graves observés chez un malade.

Les névroses sont très-peu connues dans leur nature intime. Impossibles à expliquer parles altérations somatiques, puisqu'il n'en existe pas d'appréciables, on ne peut s'en rendre compte que par l'hypothèse du désordre survenu dans la direction et dans les mouvemenis de la force nerveuse et des courants nerveux qui parcourent les nerfs, désordre produisant des anémies et des hypérémies locales passagères. Mais qui oserait, dans l'état actuel de la science, aller au delà de cette supposition? Quelle est la nature de celte force, et quelle modification subit-elle pour produire des désordres qui se révèlent à l'extérieur par des phénomènes morbides aussi variés, c'est ce qu'il est impossible de dire. On arrive à constater ce que n'est pas une névrose, et on la sépare des autres classes morbides; mais il y a loin de ce résultat à la connaissance de sa nature, aujourd'hui très-ignorée.

Les névroses ont pour siège tous les tissus et tous les organes pourvus de conduits nerveux du système ganglionnaire et cérébro-spinal. Partout où il existe la faculté de percevoir, de sentir et de se mouvoir, un trouble fonctionnel, indépendant d'une lésion organique appréciable, peut s'établir. Comme l'ont très-bien indiqué Pinel et Bricheteau dans leur classification, llostan, Monneret, etc., les névroses occupent l'encéphale, les nerfs et les organes des nt'ns, les organes de la digestion, de la respiration, de la circulation, les organes gtmiaux, etc., et se divisent ensuite d'après leur nature en nn'cctions paral'jtiqim, comaleuses, spasmodiques et cnnvulsives, douloureuses, véscmùiques. — l'our la première fois depuis Cullcn, on comprend avec raison dans les névroses certains troubles fonctionnels de l'appareil digestif qui doivent être placés dans celle classe morbide.

Je divise les névroses en six classes, comprenant les troubles fonctionnels de tous les organes des sens, de la vie de relation et de nutrition ; ce sont : 1" les névroses mentales (manie, délire, folie, etc.); 2" les névroses douloureuses (névralgies, douleurs vagues, douleurs viscérales, etc.) ; 3° les névroses paralytiques ; k° les névroses convulsives ; 5° les névroses spusmodiques, œsophagisme, palpitations, asthme de la glotte, coqueluche, et 6" les névroses générales, comprenant la fièvi-e nerveuse, la diathèse nerveuse ou nervosisine (1).

Les névroses mentales sont très-nombreuses et comprennent toutes les maladies caractérisées par l'exaltation, la dépression ou la perversion des facultés intellectuelles et morales, qu'on ne peut, dans l'état actuel de la science, rapporter à une altération du cerveau, évidente pour tout le monde. Telles sont certaines formes de délire traumatique et puerpéral, la manie aiguë, les hallucinations, l'extase, la monomanie homicide, religieuse, erotique, incendiaire, l'imbécillité, la démence, l'hypochondrie, la nostalgie, etc. Elles ont été décrites par CuUen, J. P. Frank, Pinel et un grand nombre d'auteurs sous le nom de vésanies.

Les névroses douloureuses comprennent les névralgies dites essentielles de tous les conduits nerveux de la surface et de la profondeur du corps. La céphalée, les névralgies de la cinquième paire et de ses rameaux, de l'orbite, des dents, du crâne et de l'oreille; les névralgies cervico-brachiales, sciatique et lombaire, les névralgies intercostales, les névralgies testiculaires, celles de l'utérus, du foie, de l'estomac, du gros intestin, le pica, l'hyperesthésie cutanée, l'hépatalgie, la gastralgie, le satyriasis, la nymphomanie, etc.

Les névroses paralytiques comprennent les paralysies rayogéniques, ou essentielles de l'enfance, les paraplégies hystériques, certaines hémiplégies, la surdité nerveuse, certaines amauroses, la nyctalopie, l'héméralopie, l'aphonie, la rétention d'urine des fièvres, certaines constipations, la syncope ; l'anesthésie, l'analgésie, la cophose, etc.

Les névroses convulsives comprennent l'éclampsie puerpérale et l'éclampsie de l'enfance, la chorée, la contracture, les crampes, le tétanos, l'hystérie, le hoquet, le vomissement, le mal de mer, la catalepsie, l'épilepsie, l'iléus.

Les névroses spusmodiques sont celles qui affectent les organes de la vie organique et donnent lieu à des spasmes variés. On les observe dans tous les appareils garnis de fibres contractiles et de tissu musculaire non soumis à l'empire de la volonté. Il y a des névroses spasmodiques du cœur et des artères, du diaphragme, de l'œsophage, de l'intestin, de l'utérus, etc. Dans cette catégorie se trouvent la coqueluche, l'asthme, les palpitations, les battements nerveux des artères, la fièvre nerveuse, le phréno-glottisme ou spasme de la glotte, l'œsophagisme, la toux nerveuse convulsivo, la laryngite stridniense, etc.

Les névroses générales comprennent cet état nerveux généralisé qui est la souffrance de tous les organes successivement ou à la fois, et dans lequel on

(1) Boucliut, De Vélal nerveux ou vervosisme. Paris, 1858, un vol. tn->

trouve la réunion coinplèLe ou partielle de toutes les autres névroses. Telles sont : riiypochondrie et le nervosisme.

Toutes les névroses peuvent être, d'après Georget (1), actives ou passives, selon qu'elles résultent d'un excès ou de la diminution des facultés intellectuelles, sensitives ou motrices. Elles sont générales, lorsque, d'après Sandras, elles s'étendent à tout le système nerveux; partielles, au contraire, lorsqu'elles n'eu occupent qu'une partie dans un tissu ou dans un organe isolé. Ces divisiofls n'ont qu'une médiocre importance, et je préfère la division en névroses anémiques et congestiues selon qu'elles produisent Y anémie ou la congestion fugace des organes alTectés.

Il serait heureux qu'on pût localiser les névroses dans un ordre de nerfs plutôt que dans un autre ; mais cela n'est pas toujours facile, et il y a beaucoup de malades chez lesquels cette locahsation est impossible en raison de l'extension de la névrose à tout le système nerveux, cérébro-spinal et ganglionnaire. Mérat a proposé une division de ce genre qui n'a pas été acceptée, i II admettait des névroses des nerfs cérébraux, spinaux et ganglionnaires. Dans cette manière de voir on ne sait où placer les névroses des organes des sens et les névroses mentales; cela rend cette classification inutile.

Les causes des névroses sont généralement obscures. Les unes sont prédisposantes et les autres occasionnelles. Parmi les causes prédisposantes, le jeune âge, le sexe féminin, le tempérament nerveux, la constitution déhcate et l'influence héréditaire occupent le premier rang. Je mentionnerai principalement l'impression génératrice ou séminale comme favorisant davantage l'apparition de ces maladies. La surdité, la myopie, l'hystérie, l'épilepsie, la folie, les convulsions, les névralgies, etc., sont manifestement transmissibles par hérédité.

L'éducation molle, efféminée, qui soustrait le corps auxinQuences physiques extérieures capables de le fortifier, en même temps qu'elle affaiblit l'intelligence

i par la superstition, la crainte, les fictions ridicules, une analyse énervante des

i passions, etc. , détermine presque toujours un état d'affaiblissement et de surexcitation nerveuse qui aboutit aux névroses. C'est la cause qui favorise leur développement chez les femmes.

Un grand nombre de névroses ne doivent leur origine qu'au genre de vie et

I à la profession de ceux qui en sont affectés. « On sait généralement, dit Pinel, que la vie contemplative, la solitude, les abstinences, les macérations, sont très-propres à engendrer ces maladies, ainsi que le prouvent les détails liistonques sur les brahmanes, les disciples de Zoroastre, les sectateurs de Mahomet,

; les anachorètes de la Thébaïde, et c'est dans les extases qui surviennent à là suite de longues abstinences, où le cerveau est vide, comme le dit le vulgaire,

(i) Georget, Physiologie du système nerveux. Paris, 1821.

8/,0 PATiior-ofar; nfiNf'RAT.E.

(lii'on voit ou qu'on entend des choses miraculeuses, qu'on converse avec des ungcs, qu'on participe aux jouissances célestes dans le nmnde des invisibles.

» Les travaux littéraires longs et opiniAtres, qui tiennent l'esprit continuellement tendu, exaltent et fatiguent l'imagination par des veilles pres(|ue continues et souvent prolongées outre mesure, par l'usage immodéré du café, doivent être considérés comme l'une des sources les plus funestes d'un grand nombre de maladies du système nerveux. » Il en est de même des grandes passions humaines mises en mouvement par l'intérêt du gain, l'ambition, les crises politiques et les révolutions sociales, par l'habitation des grandes villes, le luxe et la vie agitée qu'on y mène, les plaisirs du monde, la fatigue des veilles et du théâtre, etc.

Toutes ces influences épuisent la force nerveuse et lui enlèvent sa toute-puissance de coordination sur le jeu des appareils organiques. Que de folies engendrées par l'ambition politique, d'hystéries provoquées par la lecture des romans et par le dangereux tableau des passions frelatées du théâtre moderne ! Que de gastralgies, de palpitations nées de la fatigue et de l'épuisement intellectuel, etc.

A l'influence de l'imitation se rapportent certaines épidémies de mutilation volontaire chez des soldats, de monomanie du suicide, de chorémanie, de convulsions, dont j'ai déjà parlé (1). J'ai vu, dans un ateher de quatre cents femmes, une syncope hystérique suivie d'un grand nombre d'autres syncopes chez des ouvrières placées dans le même local, et trois jours de suite ces accidents se reproduisirent. Je fis renvoyer de l'atelier ces convulsionnaires. La peur de se trouver sans ouvrage et sans pain suffit pour arrêter l'épidémie. Née d'une impression morale, une autre impression la lit disparaître.

Certaines substances, prises à l'intérieur, portent un trouble profond dans les fonctions du système nerveux, sans qu'on puisse dire quelle est la cause anatomique des troubles fonctionnels. L'opium, la strychnine et la brucine, la ciguë terrestre et aquatique, la jusquiame, l'aconit, la belladone, le datura, la quinine, la graine de raphanum, le haschisch, etc., produisent le sommeil, de»; convulsions et des contractures, des hallucinations, du délire et une folie momentanée, l'amaurose, la surdité, et une foule de phénomènes nerveux en tout semblables à ceux des névroses. Ils ont cela de particulier qu'ils disparaissent lorsque la dose des médicaments n'a pas été trop considérable et que son action a pu s'épuiser sans faire périr les individus.

Les altérations des fluides sont très-souvent la cause prédisposante des névroses douloureuses et convulsives. Ainsi l'anémie, l'hydrohémie et la chlorose, qui sont, comme on sait, accompagnées cVar/lobulie, occasionnent sonvcni des gastralgies, des migraines, des névralgies faciales, intercostales ot utérines trèsviolentos; des spasmes du larynx, des bronches et du cœur; des contractures, des attaques convulsives, etc. Il en est de même de certaines diathèses Ires- " prononcées, du scrofulismect du syphilismc, qui amènent des altérations spéci-

(I) Voyez Impressions NÉvnosiûUKs, p. 108.

DKS NÉVUOSF.S.

liques du sang, jointes à l'iiydroliémie, et dans lesquelles on rencontre qucl- (luefois des névroses mentales, des névroses paralytiques et des nfivroses ilouloH reuses. On rencontre assez souvent des paralysies et des dyspepsies qui n'ont pas d'autres causes que la syphilis, et qui disparaissent assez vite sous l'inlluence du mercure et de l'iodure de potassium.

Les maladies aiguës dans leur convalescence et les maladies chroniques ont une très-grande influence sur la production des névroses. Quelques personnes ont cru voir là un rapport de cause à eflet, et une action spécifique des maladies sur la névrose qui en résulte. C'est une erreur. Ainsi on a admis des paralysies (liphthéritiques, pneumoniques, angineuses, dysentériques, érysipélateuses, pleurétiques, etc. Toutes ces paralysies sont le résultat de la faiblesse produite par l'étal aigu, et la preuve, c'est qu'on observe non-seulement alors des paralysies, mais encore des convulsions, des névralgies, des spasmes et des vé- .sanies. La chorée succède souvent à la rougeole, à la scarlatine, à la pneumonie et h la fièvre typhoïde. L'état puerpéral ou une phlegmasie aiguë provoque l'aliénation. La plupart des maladies guéries sont suivies de névralgies intercostales ou temporales, et enfin on voit souvent l'hystérie débuter pour la première fois au milieu d'une convalescence.

Les causes déterminantes sont ordinairement des impressions morales vives et subites, telles que la frayeur, l'indignation, le dégoût, l'imitation, etc. Il en résulte des névroses mentales, convulsives et paralytiques. Un violent désespoir causé par la mort d'une personne aimée, par la jalousie, par la perte de toute une fortune, peut tuer subitement par syncope, ou détruire instantanément et à jamais l'usage des facultés intellectuelles. J'ai raconté précédemment l'Irsloire d'une enfant de neuf ans, guérie, à l'Hôtel-Dieu, d'un mutisme et d'une paralysie des quatre membres inopinément déclarés à la suite d'une tentative de viol. J'ai vu, en 1867, dans mon service de l'hôpital Sainte-Eugénie, deuxjeunes filles devenues subitement choréiques, l'une pour avoir été poursuivie et embrassée par un homme dans un corridor obscur, et l'autre pour avoir été renversée, sans autre dommage, par l'éclat de la foudre tombée dans un champ où elle fanait.

Fitz Patrick (1) a vu deux jeunes filles atteintes de rougeole qui, au moment <li; In première visite et lorsqu'il leur touchait le pouls, furent prises de convulsions qui durèrent une heure et ne revinrent plus, etc. Le nombre de ces faits est très-considérable, et il n'y a plus moyen de contester l'inlluence des troubles de l'âme et des impressions névrosiques sur le développement des maladies nerveuses.

Parmi les causes déterminantes, il faut ranger certaines phlcgmasies aiguës, qiu provoquent .sympathiquement le délire, mais ici, ce sont des névroses con- S^esiives, exemple : la pneumonie, la fièvre typhoïde, certaines blessures des 'iiembros dans leurs rapports avec le tétanos, le travail de la dentition, qui occa- "^lonne l'éclampsie, la contracture, la toux nerveuse, connue j'en ai vn un exemple ;

(1) Fiu Fiitrick, Médical Commenlaries, t. VIII, p. 365.

842 PATHOLOGIii GÉNÉRALE,

la névralgie dite aura, qui précède l'épilepsie ; certaines phlegmasies chroniques de l'appareil digestif, qui amènent l'hypocliondrie et la monomanie suicide; le taenia, qui produit l'amaurose, la contracture et l'épilepsie, et toutes les maladies aiguës ou chroniques dont l'action sympathique sur l'appareil cérébro-nerveux peut le troubler dans ses fonctions sans altérer sa texture d'une façon appréciable.

Les névroses ont des caractères spéciaux qui ne permettent pas de les méconnaître; ce sont des troubles nerveux fonctionnels, apyrétiques, qui ne dépendent pas d'une altération appréciable de l'organe où elles sont fixées.

L'absence de fièvre est un de leurs principaux symptômes; en effet, il est rare que la lièvre existe avec une névrose, et dans ce cas c'est qu'il existe comme comphcation par une lésion organique apparente ou latente.

Les unes, primitives, essentielles, constituent la maladie tout entière et sont l'effet réflexe d'une cause restée inconnue, exemple : le somnambulisme, l'éclampsie, la nyctalopie, etc. ; les autres, sympathiques, résultent de l'impression produite sur l'appareil cérébro-nerveux ou ganglionnaire par un corps étranger, par un helminthe, par une inflammation aiguë, par une fièvre grave, par une ancienne phlegmasie, etc., occupant un point du corps, exemple : l'asthme, l'hypochondrie, le délire, le tétanos, etc. ; les autres enfin, improprement appelées symptomatiques, sont des maladies du système nerveux et doivent être rayées du nombre des névroses. Ce sont les;paralysies, suite d'iiémorrhagie cérébrale ou de tumeur du cerveau ; les névralgies, suite d'une maladie des nerfs; la dyspepsie, causée par un cancer de l'estomac; la paraplégie dans les maladies de la moelle; et enfin tous les troubles nerveux fonctionnels qui résultent de la compression, de la présence de corps étrangers et d'une altération matérielle de l'appareil cérébro-nerveux ou ganglionnaire.

Les névroses font ordinairement leur apparition d'une manière brusque et complète sans passer par les divers degrés d'accroissement qu'on observe dans les autres maladies. Elles pourront devenir plus intenses, plus graves, mais elles » se présentent d'emblée avec les caractères qu'elles off-riront un peu plus tard, exemple : l'éclampsie, le tétanos, l'asthme, les névralgies, la gastralgie, l'héaiéralopie, la paralysie, etc. C'est même là un caractère qui permet souvent de les distinguer des maladies du système nerveux accompagnées de troubles nerveux fonctionnels croissant chaque jour avec la maladie; on en voit un exemple dans les phénomènes précurseurs de l'hémiplégie causée par le ramollissement du cerveau chez les vieillards.

Ce sont des maladies dont les symptômes frappent les gens les moins exerces. La folie, la paralysie, les convulsions, la douleur, la faiblesse d'un l.ssu ou dun organe qui représentent ce que chaque ordre de névroses présente de spèci sont en général faciles à reconnaître.

Dans les névroses mentales, le désordre survenu dans la perception

objets, dans le jugement, dans la mémoire, dans l'imagination et dans les facultés affectives est évident. Quelques malades sont tristes ou emportés sans raison; ils se livrent à des actes inaccoutumés, déraisonnables; ils ont des hallucinations et se croient poursuivis tantôt par une voix qui les i vcite, tantôt par un ennemi qui s'attaque à leur fortune, à leur honneur et à leur repos ; ils se transforment au gré de leur ambition en prince, en roi, en Dieu; mais, au milieu de tout cela, sauf des cas exceptionnels et des complicatioDS imprévues, il n'y a pas de fièvre. Dans les névroses paralytiques, un organe ou une partie cesse de remplir ses fonctions accoutumées. La vision et l'ouïe

perdent, la peau ne sent plus les objets qui la touchent et les muscles sont dans l'impossibilité de se mouvoir. D'après la répartition de la paralysie, générale ou circonscrite, il y a des paralysies partielles, des hémiplégies, des paralysies générales et des paraplégies. Comme les premières, ces névroses ne soni pas accompagnées de fièvre.

Les névroses convulsives présentent des mouvements convulsifs toniques avecroideur des membres, ou clomgues lorsqu'il y a des secousses musculaires dans la partie affectée. On les observe dans les doigts des mains et des pieds, à l'état de contracture générale, comme dans le tétanos; de convulsion enûn, comme dans l'épilepsie et l'éclampsie. Jamais, à moins de compHcation, la fièvre n'accompagne cet ordre de névroses.

Les névroses douloureuses ont pour caractère la douleur, ordinairement répandue sur le trajet des nerfs affectés et au point d'émergence des filets nerveux cutanés. Ainsi la douleur de la névralgie faciale se montre principalement au trou mentonnier, sous-orbitaire, sur le filet frontal et temporal, etc. Dans la névralgie intercostale, il n'y a de douleur que dans la gouttière vertébrale, suila partie moyenne du nerf et en avant près du sternum, là où se trouvent f!es filets nerveux sous-cutanés. Cet ordre de névroses existe ordinairement sans fièvre.

Les névroses spasmodiques sont beaucoup plus difficiles h reconnaître, en ce sens qu'on ne peut savoir exactement si les mouvements spasmodiques des organes sont des troubles fonctionnels primitifs, ou, au contraire, un effet d'altérations profondes de leur texture. Les palpitations, l'asthme, les étouffements, les battements artériels, la laryngite striduleuse, l'œsophagisme, les spasmes de la glotte, etc., peuvent être le résultat de causes très-variées, de sorte que la nature du mal ne peut être établie que par un examen sérieux et approfondi. ' n'est que par l'observation prolongée du malade, et après s'être convaincu liar tous les moyens d'exploration qu'il n'existe pas d'altération matérielle des organes affectés de spasme, qu'on peut considérer ces troubles fonctionnels comme le résultat d'une névrose.

Les névroses sont rarement aiguës; cependant l'iiydrophobie, le tétanos, présentent ce caractère; ordinairement elles sont chroniques et durent des mois ' t des années, toujours sans fièvre, à Pétat continu, comme la folie ou les né- \i oses paralytiques, beaucoup plus souvent sous forme rémittente et intermittente. Les névroses, en effet, reviennent généralement par attaques régulières

g/i^i P/vriior.ociR c.f'.NfiUAr.i:. '

on irrégnliriTS, quelquefois périodiques, à des intervalles plus ou moins éloignés, quotidiens, mensuels ou annuels. L'hystérie, l'épilepsie, certaines folies, les névralgies, l'héméralopie, la contracture, l'asthme, l'hypocliondrie, la gastralgie, l'aphonie, etc., sont des névroses intermittentes, lîlles se prolongent indéfiniment, pourvu que l'état général ne change pas et que l'estomac conserve l'intégrité de ses fonctions. Ce sont quelquefois des fihres larvées.

Leur durée est quelquefois illimitée, exemple : l'épilepsie, la folie, certaines paralysies, etc. ; mais il y a des sujets chez lesquels le mal se termine nécessairement au bout d'un temps variable, quelquefois bien défini. On voit l'héméralopie cesser avec le lever du soleil, et la coqueluche ne dure guère plus de quatre ou cinq mois dans les cas les plus malheureux.

Elles sont très-difficiles à guérir, et il y en a beaucoup qui sont coniplétenient incurables, exemple : le tic douloureux, certaines amauroses, quelques paralysies, l'épilepsie, etc. Celles qu'on croit avoir guéries parce qu'elles ont cessé de paraître pendant longtemps, récidivent avec la plus grande facilité, tanttV. sous la même forme, tantôt avec un caractère différent. La folie, la chorée, la toux nerveuse, les névralgies, les convulsions, ont des récidives fréquentes, l'hypochondrie se reproduit facilement, mais quelquefois elle revient sous forme de monomanie ou de folie, etc. Après guérison, elles laissent toujours chez les malades une susceptibilité nerveuse très-grande.

Les névroses exercent une action bien réelle sur la composition des solides el liquides de l'économie. Bien qu'on observe souvent des personnes atteintes (k névroses avec tous les attributs extérieurs de la santé, il y a des cas où l'on voit la nutrition languir, le corps perdre son embonpoint et la peau pâlir; c'est lorsqu'il existe une névrose de l'estomac et des intestins. Sous son influence, lesécrétions gastriques se modifient, la digestion se fait mal, et le viscère luimême peut s'altérer dans sa texture.

Le sang peut être altéré dans sa composition, et toujours alors on y ren-i; contre, d'après MM. Andral, Becquerel et Marchand, deVhijpoglobulle. Ges^ l'altération observée dans certains cas de névroses douloureuses et pamhjttques, On la trouve également dans les névroses mentales, mais cela n'est pas wn-» stant. Dans quelques analyses, trop peu nombreuses, de M. Michéa, on voit, au contraire, que dans quelques vésanies le nombre des globules est augmente.

Les liquides qui subissent le plus complètement l'influence des névroses soni les liquides des sécrétions. Les névroses douloureuses excitent quelquefois sueur; celle de la cinquième paire fait couler les larmes du côté malade, occasionne l'œdème des paupières et peut amener la fonte de l'œil; la gasiragu provoque la sécrétion d'eaux acides qui remontent jusque dans la bouche ct^i n'est pas sûr qu'elle ne puisse produire le cancer de l'estomac; •'•'•g''-'''!'^" veuse fait rendre des urines claires et fréciuentes; la peur donne de la "'S' ''^'^^ les hypochondriaqucs et les hystéricpies offrent subitement des pneuinalo^ gastro-intestinales fort graves, etc. ^i,

Les névroses troublent profondément le moral de ceux qu'elles les réduisant h un état de tristesse, d'abattement, qui conduit souvent -

DliS NÉVIiOSUS. '^'l-^

poir et 1» la morl. De l'état paralytique, tluiiloureux ou couvulsir, elles passent à l'état de névrose astliénique et de névrose mentale. Les malades sont le jouet d'illusions sensoriales ; ils éprouvent quelquefois des sensations de picotements ^le froid et de chaleur insupportables sur divers points du corps ; ils s'imaginent qu'un vent ou un gaz parcourt l'épaisseur des membres ou remonte de la poitrine au cerveau pour les étouffer. Cependant la raison est conservée, et ces malades, quelquefois d'un esprit fort distingué, passent ainsi toute leur existence à souffrir profondément sans donner aucune trace d'aliénation mentale. ' liez quelques-uns, après ces fausses sensations viennent de véritables hallucinations, et chez d'autres la folie se montre avec toutes ses conséquences.

Les névroses, quel que soit l'ordre auquel elles appartiennent, sont toujours des maladies graves, car, incoimues dans leur nature intime, il est impossible de déterminer à priori combien de temps elles doivent durer et quelle doit être leur terminaison. Il est des névroses qui font périr très-rapidement les malades, exemple : la syncope, l'éclampsie, l'angine de poitrine, l'hydrophobie, le tétanos, etc.; il en est d'autres qui durent quelques semaines ou quelques mois, et qui disparaissent en partie ou en totalité ; le plus grand nombre persiste trèslongtemps sans pouvoir guérir, et constitue des maladies incurables.

Les névroses ne conservent pas toujours le même caractère pendant toute la durée de leur évolution. Elles se transforment et se métamorphosent souvent : de convulsives elles deviennent paralytiques, ou douloureuses, et elles constituent des névroses mixtes. Une névralgie peut être remplacée par de l'épilepsie, un peu plus tard suivie de démence. 11 y a souvent chez le même sujet des névroses dou-loureuses qui sont en même temps convulsives et paralytiques. L'anesthésie cutanée coïncide souvent avec l'état névralgique de l'hystérie, etc.

Les malades qui succombent à une névrose ou dans le cours des névroses ne présentent aucune altération somatique qui rende compte des phénomènes nerveux observés pendant la vie. C'est là le caractère des névroses et ce qui les sépare des autres classes morbides. Est-ce h dire, cependant, qu'il n'existe jamais chez ces malades d'altération matérielle du système nerveux cérébrospinal et ganglionnaire, ou des autres appareils organiques? Non, assurément. On reticontre quelquefois avec les névroses des lésions organiques importantes, qui ont leur part dans le développement des accidents nerveux; mais, comme CCS lésions ne sont pas toujours suivies des mêmes effets réflexes, et que la névrose peut exister sans elles, il est évident qu'elles n'ont rien de spécial et que leur présence n'est pas la cause immédiate des aberrations de la force nerveuse.

Les névroses existent donc sans altération organique appréciable de la substance nerveuse, ou de la composition des liquides et des solides du corps. C'esl là un fait nosologique capital. Une. syncope qui produit la mort en quel-

PATnOLOGir, CÉNf.RALE. ,

ques minutes ne laisse après elle aucune irace de son passage. On ignore (joelles sont les altérations de l'œil dans l'iiéméralopie, celles du larynx dans i'aplionie engendrée par la terreur, des nerfs dans le tétanos, etc.

En dehors de ces faits négatifs, il y a des névroses accompagnées de rougeur, d'hypertrophie ou de tumeur des nerfs, des plexus ganglionnaires, du cerveau et de ses enveloppes. L'épilepsie, par exemple, qui existe souvent sans aucune altération somatique, est quelquefois accompagnée ici d'une plaque osseuse des méninges, là d'une tumeur cancéreuse ou fibro-plastique du cerveau, ailleurs d'un helminthe cérébral. Cependant elle n'est pas la conséquence immédiate de ces altérations. La preuve, c'est qu'elle peut exister sans elles, et, secondement, c'est que ces altérations s'observent souvent chez des personnes qui n'ont point d'attaques épileptiques. En outre, comme ces altérations sont permanentes, elles devraient produire des troubles permanents s'il y avait un rapport entre leur présence et les phénomènes nerveux ; or, c'est précisément ce qui n'a pas lieu, car l'épilepsie est toujours une maladie intermittente. Il en est de même des autres névroses qu'on veut rattacher d'une manière intime aux altérations du système nerveux, par une localisation prématurée.

Il y a des névroses qui existent concurremment avec certaines altérations organiques des viscères. Ce sont des névroses sympathiques. La folie succède souvent aux maladies chroniques des voies digesiives. Les convulsions accompagnent le travail de l'évolution dentaire, ou un ver de l'intestin ; les névralgies rénales sont produites par un calcul du rein ; l'asthme et l'angine de poitrine succèdent aux maladies du cœur et à l'ossification des artères coronaires, etc. Dans ces cas, la névrose, qui ne peut être envisagée comme le résultat immédiat de la maladie organique, ne s'y rattache que d'une manière éloignée, la lésion matérielle jouant à son égard le rôle de cause prédisposante. En effet, il s'agit encore ici de lésions permanentes à côté d'effets nerveux temporaires.

On peut en dire autant des altérations de composition du sang, et principalement de l'hydrohémie, considérées comme causes de névralgie douloureuse, mentale, paralytique et couvulsive. Cette dyscrasie n'agit que d'une manière éloignée comme cause prédisposante. En effet, partout où elle existe, il ne s'établit pas nécessairement de névroses, et celles qu'on lui attribue peuvent se développer sans son intervention.

Il resterait enfin à démontrer le mécanisme des névroses; car, après avoir établi qu'elles ne sont point le résultat d'une maladie du sang, ni d'une altération des organes, ni d'une lésion du système nerveux, cérébral ou ganglionnaire, il faudrait pouvoir indiquer la cause de leur développement. Sur ce point, tout n'est qu'hypothèse, et il n'y a, dans la science, rien de bien satisfaisant h signaler. D'après Pomme (1), les maladies nerveuses dépendent de l'éretliisme, de la rigidité et du racornissement des nerfs ; pour Barthez (2) oWes résultent d'un affaiblissement du système entier des forces vitales cl iwur

(1) Pomme, Traité des affections vaporeuses. IVnris, an VU, 3 vol. in-8.

(2) Barthez, Science de l'homme, Paris, 1806, t. II, p. 173.

d'autres d'une hypérérnie passagère des organes névrosés par suite du relâchement momentané des capillaires de l'organe. Les uns y voient une asthénie du système nerveux, et les autres, au contraire, une hyperslhénie de cet appareil organique. Tout cela peut être vrai, mais ce sont là des suppositions qui attendent leur preuve. Elles ne valent pas mieux que mon hypothèse, qui consiste à rattacher les névroses au désordre des courants nerveux, trop lents, ou trop rapides et produisant, avec la tension ou le relâchement des nerfs vasomoteurs, Vanémie ou la congestion des organes. Cette théorie a au moins l'avantage d'être en rapport avec les découvertes modernes sur la physiologie du système nerveux. Il est aujourd'hui certain que des courants analogues aux courants électriques parcourent les tubes nerveux, ramènent au centre les impressions et les sensations extérieures, pour rapporter à la circonférence l'excitement nécessaire à la circulation, à la nutrition moléculaire, aux sécrétions, aux mouvements instinctifs et volontaires. Le trouille de cet état naturel engendre le désordre de la circulation des vaisseaux capillaires, des sensations, des perceptions, des sécrétions et des mouvements instinctifs et volontaires, d'où résultent les différentes névroses. C'est, comme on peut le croire d'après les expériences de Pourfour-Dupetit, de Bernard, de Brachet, de Schiff, de Schultze, de Nothnagel, etc. , une excitation ou une paralysie des nerfs vasomoteurs entraînant ici la contraction des capillaires d'un organe et son anémie, ou bien occasionnant le relâchement de ces vaisseaux avec hypérérnie secondaire. Qu'une émotion morale produise l'affaiblissement du cœur et l'anémie cérébrale et il en résultera une syncope ou une attaque convulsive ; le même effet s'observera chez les chlorotiques qui ont des anémies locales ou des ischémies suivies de troubles nerveux plus ou moins graves. De même pour les paralysies qu'entraîne la colère chez ceux que ce sentiment fait pâlir au lieu de les colorer. — Ailleurs, l'état des nerfs produit au contraire la congestion d'un organe ou d'un tissu, ainsi la névralgie de la cinquième paire détermine la congestion de l'œil et des paupières, celle des intercossaux produit quelquefois le zona, celle du bulbe d'après Brown-Séquard produirait l'épilepsie et ainsi de suite dans toutes les névroses congestives.

Le traitement des névroses repose en entier sur la connaissance qu'on se fait de leur nature et des causes d'où elles dépendent. A part le genre de vie calme, solitaire ou remplie de douces distractions et le repos intellectuel et moral qu'il convient d'imposer aux malades, la thérapeutique de ces maladies exige des moyens très-différents.

Les névroses constitutionnelles par chlorose ou développées dans la convalescence des maladies aiguës, réclament l'emploi du fer, du quinquina, de l'arsenic, des eaux minérales ferriques ou arsenicales, des bains de mer et de

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rivière, de l'hydrothérapie et de tout ce qui peut ranimer les forces en reconstituant le sang.

Aux névroses si/philitùjites, i\ui sont si souvent méconnues, le mercure et l'iodure de potassium sous toutes les formes et à doses variables.

Aux névroses paludéennes, intermittentes et périodiques, qui constituent ce ([u'on appelle quelquefois des fièvres larvées, l'électuairc de quiu(|uina et le sulfate de quinine et l'arsenic.

Aux néoroses sympathiques, la destruction de la cause dont l'action réflexe produit le trouble des fonctions sans altérer la texture des organes, et c'est ici (jue le diagnostic, souvent difficile, acquiert une réelle importance. Dans beaucoup de cas la cause échappe et l'on en est réduit à un empirisme très -fâcheux, mais dans les cas d'entozoaires, d'atîection utérine, de varicocèle, de dyspepsie, de lie douloureux dentaire, etc. , le traitement est tout tracé d'avance, il faut employer les vermifuges, guérir l'utérus ou la varicocèle, combattre la dyspepsie, enlever les dents, etc.

Viennent ensuite les névroses ischémiques ou congestiues qu'il faut combattre les unes par les sédatifs de la conlractililé des vaso-moteurs, telles que l'opium, ou au contraire pour celles de la seconde catégorie ou névroses congestives, par les excitants, les stimulants et les toniques qui ont une action sthénique sur le système nerveux et sur les capillaires relâchés. C'est dans cette catégorie de moyens que se trouvent la digitale, le sulfate de quinine, l'arsenic, Var^oi de seigle, les anesthésiques, certains narcotiques et calmants, les huiles essentielles et tous les antispasmodiques.

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