SIGNES FOURNIS PAR LA COULEUR DE LA PEAU
doigt OU avec le dos de l'ongle produit une raie blanche assez longtemps visible. J'ai pu écrire de cette façon, en traces blanches, le nom d'une malade sur la peau de l'abdomen. — En règle générale^ (ous les fois que, dans une éruption ou dans une maladie aiguë, la rougeur de la peau cesse subitement, sans cause apparente, le pronostic devient très-grave et il y a danger de mort.
La coloration brune noirâtre partielle s'observe dans les ecchymoses, suite de contusion ou de scorbut, et dans les hémorrbagies cutanées qui constituent les péléchies des fièvres et les taches du purpura liemorrhagica.
Il y a une teinte rouge bleuâtre livide qu'on observe dans le frisson, dans le scorbut, dans certaines maladies adynamiques, dans les maladies du cœur et dans la plupart des affections chroniques de l'intestin. Lorsque celte teinte livide passe au bleu ou au violet bleuâtre, ce qui arrive dans certaines maladies du larynx, du poumon et du cœur, dans le choléra, etc., on dit qu'il y a cyanose. C'est une coloration qui est due, soit au mélange des sangs artériel et veineux, soit à la gêne de la circulation pulmonaire ou à l'absence d'hématose. C'est à cette dernière influence qu'il faut rapporter la cyanose cholérique, qui a pour siège principal le visage et l'extrémité des membres.
La coloration rouge du visage peut être intermittente, et, si l'on étudie avec soin la forme sous laquelle elle se présente, ou verra qu'il est possible d'en tirer un signe important pour le diagnostic et pour le pronostic. Ainsi, dans les affections cérébrales aiguës de l'enfance, qui sont presque toujours mortelles, on observe une coloration subite, fugitive et intermittente, à courtes périodes, qui est très-caractéristique.
La pâleur de la peau n'est pas moins importante à étudier que les autres colorations de cet organe. Blême ou blafarde dans le frisson des fièvres intermittentes, la peau est pâle mate dans les scrofules, dans l'anémie hémorrhagique ou spontanée, dans certaines maladies chroniques; elle est pâle jaunâtre ou verdâtre dans la chlorose, et il y a en même temps décoloration des lèvres et des ongles. On la trouve pâle et sale, terreuse, dans les maladies chroniques de l'intestin ou des poumons, et cela résulte des matières salines déposées chaque jour à la surface du corps par la perspiration sensihle ou insensible. A cette teinte pùle se rattache la couleur blanche mate, partielle, observée même chez les blancs dans une maladie appelée vitiligo. Le pigment disparaît, et il en 'esulte des taches blanches plus ou moins étendues, très-dillércntes par leur .«spectde la coloration blanche rosée des téguments voisins. Si la maladie occupe une partie du corps couverte de poils, ceux-ci sortent blancs comme les cheveux (luii vieillard. J'ai ainsi connu un jeune homme qui avait les sourcils et la ')ar be du côté droit entièrement décolorés, tandis que les poils du côté opposé
de la figure étaient noirs
La coloratior,. jaune connue sous le nom àHctèrc s'observe, soit d'une façon '«ssagere au début des maladies aiguës, soit d'une façon plus permanente dans ■"^vre jaune, dans les maladies bilieuses, dans les maladies des conduits '^"•es et dans les altéralions organiques du foie. Elle est générale On en ^•'«^-Sue la nature parce qu'elle occupe en même temps les conjonclWel^ èt là
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lace inférieure de la langue. Klle résulle du passage de la malièrc colorante, de la bile dans le sang cl. elle se présenle avec les nuances de jaune- citron ou de jaune verdàtre foncé, lirant sur le vert.
Une coloration jaune, Uiais de nuance différente, est la teinte jaune-paille des cachexies, et particulièrement du cancer à sa dernière période. Elle tient le milieu entre la pâleur de l'anémie et la teinle jaune de l'ictère : sa cause es: inconnue.
Il y a aussi une lawK^ jaune verdàtre de la peau qu'on observe chez quelques jeunes filles chlorotiques, et qui ressemble beaucoup à la nuance du chlore. Seulement ici la couleur se distingue de l'ictère eu ce qu'elle n'existe ni sur les conjonctives, ni à la base de la langue, ni dans les urines.
Il y a enfin une variété de teinle jaune tirant sur la couleur du bronze, et qui a reçu le nom de couleur bronzée. C'est, d'après Addisoii, le signe d'une lésion des capsules surrénales, maladie toujours mortelle. Cette couleur, qui paraît être la conséquence d'une accumulation considérable de matière pigmentaire, s'observe dans quelques cas de phthisie pulmonaire, et partiellement dans la grossesse où elle constitue ce qu'on appelle le masque; elle n'a pas d'importance séméiologique absolue, à moins qu'elle n'occupe tout le corps.
La coloration noire de la peau, presque semblable à celle du nègre, a été observée par Chomel et Rostan sur quelques personnes. C'est un fait excessivement rare, dont la cause est restée inconnue.
Il en est de même du seul exemple de coloration bleue avec sueur colorant le linge en bleu signalé par Billard, comme un exemple d'altération des sécrétions cutanées.
C'est dans cette dernière variété de coloration cutanée qu'il faut mettre la coloration noirâtre des paupières inférieures et de quelques autres parties du corps observée sur dix-neuf femmes par ^1. Le Roy de Méricourt (1), état mer- bide qu'il appelle chromidrose (transsudation de matière colorante). Comme dans les observations antérieures de Yonge, de Billard, de Read, de Moore de t Neligan, de Gibert, la peau offre des taches noirâtres, bleuâtres, sus-epidermiques disparaissant par le frottement du linge qui reste sale comme si on l'avait noirci avec du noir de fumée. J'ai vu un exemple chez une dame aiïcctée de nervosisme. Ce serait, s'il n'y a pas de supercherie féminine dans » tous ces cas observés chez des femmes, une sécrétion anormale de matière colorante spéciale. M. Le lloy de Méricourt attribue ce vice de sécrétion, cioi la durée varie de quelques mois à sept ans, à une perturbation générale caïue par la suppression totale ou la diminution relative du flux menstruel.
Reste enlin à mentionner une dernière variété de coloration des légumen^, la teinte ardoisée, bleuâtre, des individus depuis longtemps ««""^'^ ^ * intérieur du nitrate d'argent pour l'épilepsie ou quelque autre maladie ne. v(mu • C'est une coloration analogue à la cyanose. Elle est à la fois superficielle et p
(1) Le Uoy de Méricourt, Mémoire sur la chromidrose, ou Chromocrime culanct- Paris, 186/i.
SIGNES FOUHNIS PAR LA COULEUR DE LA PEAU. 9Zl3
fonde, indélébile, quoi qu'on fasse pour l'enlever, et elle paraît être la conséquence d'un dépôt général d'oxyde d'argent dans les tissus.
Fermeté de la peau. — La fermeté de la peau augmente légèrement dans les maladies aiguës inflammatoires, lorsqu'il y a augmentation réelle de l'état des forces. Elle augmente d'une façon considérable dans une maladie singulière, de nature à peu près inconnue, désignée sous le nom de sclérème ou sclérodermie, et qu'on observe à la fois chez l'adulte et chez les enfanis nouveau nés (1). Alors la peau est pâle, blanchâtre, et dure comme celle d'un cadavre gelé. Un pareil phénomène, en rapport avec des causes différentes, s'observe quelquefois sur les membres inférieurs à la suite de l'inflammation chronique du tissu cellulaire qui environne les varices des jambes.
La flaccidité, la mollesse et la perte d'élasticité do la peau s'observent, au contraire, dans les maladies adynamiques, dans les cachexies et dans les flux de venire, cholériques ou autres, qui déterminent un amaigrissement rapide. Ce sont en particulier les caractères de la peau chez les enfants atteints d'enlérocolite aiguë; leurs chairs s'amollissent, et le pli qu'on fait à la peau reste longtemps visible avant de s'elTacer.
ÉRUPTiOJNS tT TACHES. — Des tciclies et des éruptions variées de couleur différente se produisent dans le cours de certaines maladies.
Des taches hémorrhagiques miliaires, noires, véritables petites ecchymoses, formées de sang infiltré dans la peau, apparaissent souvent dans le cours dû scorbut, du typhus et de la fièvre typhoïde : ce sont des pétécides. Elles se développent également à la On des maladies aiguës, et alors leur présence annonce toujours une mort prochaine. Elles varient d'un volume d'une tête d'épingle au volume d'un pois, et, dans quelques circonstances, au lieu de taches noires bien circonscrites, ce sont de véritables ecchymoses brunâtres profondes qu'on observe. Il faut les rapporter à une altération moléculaire profonde de la fibrine et des globules du sang.
D'autres taches d'apparence ccchymotique s'observent également, dans les fièvres continues et dans les maladies adynamiques, à la surface du ventre et des cuisses. Ce sont les taches bleues, ou bleuâtres, généralement assez petites, a peuie apparentes et accompagnées d'une légère dépression de la peau.
Il y a aussi des taches rosées, dites lenticulaires à cause de leur petite dimension, et qui sont formées par une petite tache rougeâtre, sans élevure, disparaissant sous la pression du doigt pour revenir aussitôt qu'on a cessé la'pression. On les observe sur le ventre, sur la poitrine et plus rarement sur les 'uisses dans le coursde la fièvre typhoïde entre le dixième et le quinzième jour • c est un des principaux caractères de la maladie.
On observe enfin des sudamina, ou vésicules transparentes, miliaires excès Mvemcnt petites, sans changement de couleur à la peau ou avec une petite au -eoieinflammatoire h la base. Ces vésicules s'observent souventdans la scarlatine,
^°yez Thirial, yournai dei connatmncej «icdico-c/ii»^^^^^ pt d » ,
'oup, De laSclérodermie. Thèse inaugurale, 1866. ' ' '
ijllil SÉMÉIOLOGIIi.
dite miLiaire, dans la fièvre typhoïde, et dans les maladies aiguës accompagnées n de sueurs abondantes. Elles résultent du soulèvement de l'épiderme par la transpiration cutanée.
Les éruptions de la peau sont des plus variées, et, d'après leur forme analeniique, constituent un certain nombre de classes, dans lesquelles on range toutes les maladies cutanées. Ce sont : 1° les exanthèmes; 2» les vésicules; S» les bulles; tx" les pustules ; 5° les papules ; Q° les squames ; 7" les tubercules, et 8° les macules.
Les exanthèmes sont des taches rouges plus ou moins étendues, disparaissant sous la pression du doigt, exemples : la roséole, la scarlatine, la rougeole, etc.
Dans les vésicules se trouvent les petits soulèvements de l'épiderme par de la sérosité limpide ou purulente ; exemple : les sudamina.
Les bulles ou phlyctènes se rapprochent beaucoup des vésicules, mais elles en diffèrent par le volume, qui est infiniment plus considérable. Ce sont des vésicules très-volumineuses, exemple : le pemphigus.
Les pustules sont de petites tumeurs liquides remplies de pus, formées à la surface de la peau enflammée, exemple : les pustules de variole, d'acné, etc.
Les papules se présentent sous forme de petites élevures solides de la peau, pouvant donner lieu à une petite ulcération, exemple : le prurigo.
Les squames sont des accumulations plus ou moins considérables de lamelles épidermiques juxtaposées ou accumulées les unes sur les autres, exemple : le psoriasis.
Les tubercules de la peau sont de petites tumeurs cutanées permanentes plus ou moins volumineuses, susceptibles de s'ulcérer au sommet, exemple : l'élé- phantiasis des Grecs, les tubercules syphilitiques, etc.
Les macules enfin sont des colorations anomales rouges ou blanches du t derme, sans trouble général de l'économie, exemple : le leucoma, les naevus a pigmentaires ou taches de vin, etc.
Ces différentes classes de maladies de la peau reposent exclusivement, comme r on le voit, sur la forme extérieure, et elles comprennent un très-grand nombre f de genres d'espèces et de variétés, que l'étude approfondie de la matière seule peut faire connaître, sans qu'il soit nécessaire de les indiquer ici. ^
La peau offre encore un certain nombre d'altérations visibles à l'extérieur, et t qui peuvent fournir un certain nombre de signes diagnostiques. Ce sont les ^ plicatures, les tumeurs, les gerçures, les excoriations, les ulcères, dont les ap- parences variées méritent d'être examinées avec soin. On y trouve quelquefois des caractères d'une haute importance. Ainsi les plicatures pormancntcs de l.' peau, produites par les plis des dr«ps, indiquent la bouffissure des téguments, les tumeurs dures ou fluctuantes annoncent l'état solide ou liquide de leur contenu; les tumeurs pulsatilcs ou animées d'un mouvement vibratoire dope dent d'une maladie des artères; la forme d'un ulcère révèle en paiiie
nature, etc. lYtaide •
Tempéhature. — La température de la peau est très-vanable aans santé et dans l'état de maladie. Elle n'est pas toujours en rapport exact a\
température des parties profondes, et elle diffère, chez le même individu, pour les différentes régions du corps et d'après la température extérieure. Je vais indiquer les variations dans le chapitie suivant à propos de la température du corps.
SECTION IV
Il y a, comme on sait, une température profonde et une température superficielle du corps, l'une assez constante, que l'on mesure à l'aisselle ou dans la bouche et dans le rectum; l'autre, au contraire, très-variable, et qui est facilement modifiée par les changements de la température extérieure. La première a été fixée en moyenne à .H7 degrés centigrades, tandis que l'autre varie selon les différentes régions du corps, et ne s'élève guère au delà de .30 et 32 degrés.
La température profonde s'élève constamment dans l'état fébrile, et elle atteint les chiffres de 38, 42 et même 43 degrés centigrade. C'est un fait général confirmé par tous les médecins, et on l'observe dans toutes les inflammations dans toutes les fièvres, même dans le choléra, dans le frisson le plus intense des fièvres intermittentes, et, d'après M. Doyère, dans toutes les agonies jusqu'au moment de la mort. La température s'abaisse, au contraire, dans les cachexies non lebriles, dans les entérites et dans les pneumonies atoniques sans fièvre de 1 enfance, dans le sclérème, et alors elle tombe à 31, 28 et même quelquefois jusqu'à 22 degrés centigrades.
La température de la peau s'élève aisément par l'action de la chaleur ariificelle, sous l'influence de l'excitation du système nerveux, et sous l'influence de 1 inflammation des tissus. Hunter a constaté une notable augmentation de la chaleur des parties enflammées, et c'est une observation que chacun a pu faire dans lerysipèle, dans le phlegmon et dans les phlegmasies des organes creux Une vive émotion, l'ardeur au travail, l'excitation amoureuse, exagèrent de beaucoup la température superficielle de la peau, sans doute par suite de la surcxc.tat.on nerveuse. Ce qui le prouve, c'est que certaines opérations faites sur le système nerveux du grand sympathique augmentent la température des parties voisines; ainsi Claude Bernard, coupant sur des animaux le filet du grand sympathique qui joint le ganglion cervical supérieur à l'inférieur déler m.ne dans tout le côté correspondant de la face et dans l'oreille une élévation |e o a 0 degrés centigrades qui dure plusieurs jours. La piqûre de la moelle à origine du pneumogastrique produit un semblable résultat sur la température
contraire, et elle abaisse la température des parties correspondantes
La température superficielle de la peau s'abaisse sous l'influence du froid et d une façon naturellespontauée chez tous lessujeLs débiles, pales etalfaiblis 1
les ^^. :r..7^'""""'l '^''*«"J«'"^ tlébiles, pales etalfaiblis Alors
e extrem. és .sont toujours froides et impossibles à réchanfler par les mom.s n d."nires. Kl.e s'abaisse également, dans l'agonie, aux extrémil^ dl ;
H. — PATIIOL. (JÉN.
sur le visage ; au débul <le la gangrèuc des membres, dans le rr.ssou des raala- 7jlmSl des lièvres inlermiueutes, chez les entauls „ds avant terme elc M Zarfs a trou.6 uue température de M h 26 degrés sur nu mcmbr dont ?an« 1 S« venait d'être liée pour n„ anévrysme, la température a 2 de- Z !h minutes après l'opération, i. 24, et à 23 au bout d'ime dem,- T e !;ieo C e hermoiétre peut descendre, placé dans la main, ÏTs^ ë M d S Centigrades. On retrouve le pareU phénomène, m„s beauoùp moiÛs sensible 1, la surface des membres paralysés où la température est H„ ,m il deux degrés intérieure à celle des membres sains.
Jaii on se contentait d'apprécier la température de 1, peau a l'atde de la »i„ mat ce-procédé qui ne donne que des résultats approximatifs, souvent leu ou^u -s impossibles it transcrire, est abandonné. An po.nt de vue I a se ne c'est au moyen du thermomètre (f,g. 235) qu',1 faut etu ,er la
h rhalpur animale dans les maladies. Mf^ntio ou nd on se sert du thermomètre pour étudier la chaleur annnale, 1 tau e placeTdt e t tum, dans la bouche, sous la langue et, tttteu. dans a,s e 1. r roar ° te du défaut d'évaporation, la calorincation est sens.bletnem a 1 alm t qt. elîe subit h la sirface de la peau, et l'on a dans ^^^^ plainte profonde. Sous les -''^^ ^ '^'^^^ZZ::^^^
au même instant ^-'^ " ,ient employé le thermo-
Sanctorms ^"^^^^^2 corps dans l'état fébrile. Depuis lors on n'a
l'utilité clinique de ce moyen d'exploraiion f.jt incontestable, foi-
Uchaleuraugmen.^ ,u ,^a^^,^^^^^ U faut
mulé par H.ppocraie et Gai en, mais, \! , j^,^ d3„s ,a bouche sous