î::::e;rt';sr:i:r
2 degrés de plus.
De la température dans les maladies.
Quand ou étudie la chaleur morbide <^!"'-f^%::\::^^Z* ,rois périodes, l'une d'élévation, la seconde d état et 1 auue de dcclu..
(1) De Uaeii, lialio medondi, 1761-1778.
Première période. — La période est de trois à quatre jours et dure quaraute-huit lieures. C'est dans les maladies aiguës inflammatoires, pneumonie, érysipèle, fièvre éruptive et fièvre intermittente, qu'on l'observe et que l'élévation de température est le plus rapide. D'après Traube et Wunderlich, le thermomètre monte à 39 et 40 degrés- en quelques heures. Dans les fièvres typhoïdes, l'élévation est plus lente, n'a lieu qu'en trois ou quatre jours et est toujours plus marquée le matin que le soir. Dans quelques maladies, enfin, si la marche est irrégulière, comme la scarlatine ou la rougeole, l'élévation est irréguiière, saccadée, avec des alternatives d'accroissement et de chute jusqu'au moment de son apogée.
Deuxième période d'état — L'élévation de la température ne se conserve^ pas au même degré, elle varie un peu, s'abaissant, selon Thomas, de minuit à midi, c'est-à-dire le matin, et s'élevant de midi à minuit, c'est-à-dire le soir. C'est ce qu'on appelle la rémission du matin et l'exacerbât ion du soir depuis plusieurs centaines de siècles, mais ce fait, habillé à la moderne, passe pour une découverte importante au milieu de nous. Cette période est de courte durée quand l'élévation est très-rapide, comme dans les maladies inflammatoires et dans la fièvre intermittente, mais elle est assez longue au contraire dans la fièvre typhoïde et dans les maladies ou l'élévation assez lente met trois ou quatre jours à se produire.
Période de déclin. —Très-rapide dansquelques cas et caractérisée par la perte de là 2 degrés en douze à vingt-quatre heures, pleurésie, pneumonie, fièvre intermittente, érysipèle, elle est ailleurs traînante, fièvre typhoïde, ou bien oscillante en conservant toujours l'élévation du soir. Lorsque la chaleur baisse subitement par une sorte de collapsus, selon l'expression de Wunderlich, c'est qu'un danger très-grand menace le malade et que la maladie, par sa malianité va le faire périr. '
M. Hirtz, qui a étudié avec soin les modifications thermométriques de la chaleur morbide (1), range ces modifications d'après quatre types désignés sous les noms : 1" de type très-rapide lorsque la chaleur s'élève en deux heures reste stationnaire quatre à huit heures et tombe peu après. Exemple : la fièvre
r. TYPE TRÈS-RAPIDE. fièvres t'kccts.
FiG. 236.
950 SÉMÉIOLOGIE,
intcrmilteiile (fig. 236) et la fièvre éphémère. 2° De type rapide, avec élévation en vingt à vingt-six heures, état stationnaire de trois à neuf jours et déclin en vin^t-quatre ou quarante-huit heures. Exemple : la pneumonie, l'angine, la pleurésie, la scarlatine, la rougeole (fig. 237, 238, 239 et 2^10). 3° De type traînant lorsque la chaleur s'élève en trois h cinq jours, dure deux à trois septaines et tombe en trois à cinq jours. Exemple : la fièvre typhoïde (fig. Ihl). tx° Enfin de tijpe saccadé, lorsqu'après s'être élevé en deux à cinq jours, la chaleur dure deux à quatre septaines et elle tombe en trois h sept jours. Exemple : les rhumatismes, les fièvres éruptives et les fièvres typhoïdes dont la uiarche est anormale.
Au reste, ces types n'ont rien d'absolu; ils varient beaucoup, et se combinent les uns avec les autres sous l'influence des complications ou du traitement sans qu'il soit possible d'en tirer de conclusions rigoureuses.
Température des maladies aiguës.
Si, maintenant, on examine dans chaque maladie aiguë les variations de la température profonde, on voit que la chaleur s'élève au-dessus de la normale qui est de 37 ou 37 degrés 05.
Fièvre typhoïde. — Dans cette pyrexie, la chaleur s'élève pendant trois à cinq jours à 39 et k\ degrés avec exacerbation d'un 1/2 à 1 degré le soir; elle reste avec quelque variations pendant huit à quinze jours et elle diminue progressivement. Alors, au moment où se forment les ulcérations intestinales et l'absorption pyémique, la chaleur remonte un peu pendant huit à dix jours et elle s'abaisse ensuite définitivement lors de la convalescence (fig. 242).
Rhumatisme articulaire aigu. ~ La chaleur s'élève à 38, 39 et ZiO degrés, rarement au delà, et sa décroissance annonce le déclin de la maladie.
Pneumonie et inflammations franches. - Ici la chaleur s'élève très-rapidement à 39, ZiO et k\ degrés pour décroître assez vile dès le quatrième jour. Elle a atteint son maximum avant l'apparition des phénomènes locaux et il y a encore ici une exacerbation d'un demi-degré environ tous les soirs (fig. 23/). Il en est de même dans la bronchite, la pleurésie, l'érysipèle et même dans la méningite, bien que. dans cette dernière maladie, l'élévation de température soit en général moindre que dans la pneumonie. Quelquefois même dans la méningite granuleuse, la température est presque normale.
Fièvres éruptives. - En général, la chaleur s'élève vite à AO et 42 degrés au moment de l'invasion et de l'éruption, puis elle tombe comme dans la variole (fig 240), ou elle se tient un peu stationnaire et tombe lentement comme dans la scarlatine (fig. 239). Dans la rougeole, comme indiqi^ • Hirtz. la chaleur augmente vite, dure autant que l'érupi.on et io";I>y;P'- ; dément (fig. 240). Dans la variole, elle s'élève vite, tombe avec a fm de l'éruption, puis elle se relève au moment de la suppuration jusqu a 42 degrés et ne tombe qu'avec la dessiccation (fig. 241). , : Fièvre intermittente. - Ici la chaleur augmente deux on trois heures a>ant
le frisson, elle s'élève à la fm du froid à 40, U\ et aù°,05 (Hirtz), puis elle tombe au moment de la sueur (fig. 236).
Choléra. — Dans les cas légers, la chaleur s'éloigne à peine du chiffre normal, mais dans les cas graves, algides, le thermomètre indique dans l'aisselle 36, 37, 38, et, au moment de la mort, jusqu'à 40 degrés. Dans le rectum, d'après P. Lorain (1), la température est un peu plus élevée, mais à la peau elle est très-basse et tombe à 25 ou 30 degrés.
Tétanos. — Ici, bien que la maladie soit, pour beaucoup de médecins, une névrose, ce que je ne crois guère, car il y a toujours un certain degré de myélite, la chaleur, d'après Wunderlich, s'élève à kO ou 41 et, selon Erb, Leyden et Ladame, à 42 et 4'i degrés. Chez un de mes malades, j'ai trouvé + 42° (2).
Fièvre puerpérale. — Selon Leyden, dans cette maladie, la température s'élève douze à vingt-quatre heures avant le frisson, elle atteint 38 à 39 degrés et augmente pendant vingt-quatre à quarante-huit heures, puis elle reste stationnaire et s'abaisse plus ou moins selon la gravité des cas.
Du rapport entre l'élévation de la température profonde et l'accélération du pouls.
S'il y avait un rapport constant entre la fréquence du pouls et l'élévation de la température profonde, la thermométrie serait inutile pour apprécier la lièvre et la palpation du pouls devrait suffire. Il n'en est rien. Avec une fréquence très-grande du pouls, il n'y a quelquefois pas de fièvre et la chaleur de l'aisselle reste à l'état normal. D'une autre part, avec une augmentation de la température profonde restant à 39 ou 40 et 41 degrés, le pouls présente cliez le même individu des variations qui ne suivent pas celles de la chaleur et qui sont de 90 à 120 pulsations. Ainsi Aufrun (3) rapporte des cas de fièvre typhoïde (Obs. I.) où l'on voit avec une température de 40 degrés le pouls varier de 80 à 100^ 108 et même à 116 le dix- neuvième jour.
D'une autre part, chez un homme qui vient de courir, le pouls peut être à 120 et la température à 37 degrés.
En l'absence d'un rapport constant entre l'élévation du pouls et celle de la température axillaire, il faut donc n'accorder qu'une confiance médiocre à la fréquence du pouls lorsqu'il s'agit d'apprécier la fièvre et s'en tenir uniciuement à la thermométrie clinique qui ne saurait tromper.
Température dans les maladies chroniques.
Dans les maladies chroniques, telles que la tuberculose, le cancer, les épanchements purulents de la plèvre, etc. , la température augmente peu et cela se comprend, car elles ne sont pas accompagnées de fièvre. Dès que la température augmente, c'est qu'il y a une complication inllammatoire, mais en général cet
(IJ Lorain, Éludes de médecine clinique cl de physiologie pathologique. Le choléra observé àl'hôpilal Saint-Anloine. Paris, 1868.
(2) BuUcUn de Ihcrapeulique, 1868.
(3) Aufrun, llièse inaugurale. Paris, i8(57.
952 , SÉMÉIOLOGIE.
accroissement est peu considérable et offre toujours une exacerlialion du soir Il est d'ailleurs modifié par l'alimentation et la médication employées.
Diminution de la température dans les maladies ou algidité.
Dans quelques maladies, la température s'abaisse de 1/2 à 1 degré et pins. Par l'inanition prolongée elle tombe à 3/i, 32, 30 et même 29 degrés, mais la diminution est moindre, soit après l'usage de l'antimoine, de la quinine, de la vératrine et de la digitale, soit à la suite des saignées abondantes et de vomissements ou d'évacuations copieuses. Dans ces derniers cas, elle ne s'abaisse que de 1 à 3 degrés.
Il est une maladie cependant, le sclérème des nouveau-nés, appelé par Hervieux œdème algide, dans laquelle la température s'abaisse à + 22 ou + 25 degrés, mais à ce chiffre c'est la mort et l'on n'a jamais vu la température tomber à ce degré sans que l'enfant ne meure. On pourrait même utiliser ce fait pour le diagnostic de la mort apparente, car, en cas de doute, on pourrait attendre que la température soit tombée à + 21°, et alors on serait sûr que la mort est bien réelle.
On a également dit que le choléra abaissait la température (Baerenspi ung et Doyère), mais, d'après quelques auteurs, notamment Lorain, la chaleur serait au contraire plus grande. Cela peut être vrai pour la température profonde étudiée dans le rectum, ou de l'aisselle qui monte à + 37 ou 38 et ZiO, mais la température superficielle ou périphérique est ordinairement abaissée. Ainsi, dans les mains, elle est de + 22 à + 28 degrés dans les expériences que j'ai faites à l'Hôtel-Dieu, en 18Zi9, lors de la seconde épidémie de choléra qui a paru en France.
Des effets de la chaleur morbide.
Sous l'influence de la fièvre et de la chaleur exagérée qui en résulte, les globules du sang se détruisent, l'eau augmente, la fibrine et l'albumine s'accroissent, restent h leur chiiïre normal ou diminuent faiblement, mais il n'y a pas d'éléments certains et caractéristiques de l'état fébrile, car ces phénomènes varient dans les pyrexies et dans les inflammations.
Au contraire, dans les inflammations et dans les pyrexies, partout on il y a chaleur morbide, l'urée augmente de 0,016 pour 100 à 0,0236 (Picard), et, d'après Coze et Feltz, il y a augmentation proportionnelle de la chaleur et de la quantité d'urée. En même tenips, il y a dans les deux sangs dimnu.t.on d'oxygène et augmentation d'acide carbonique.
Il paraît, d'après Weikart, que l'excès de chaleur animale rend la vie nniwssiblc par excès de coagulabilité du sang, car ce li(iuidc se coagule 'J'^l versZi3 degrés chez les animaux qu'on amène artificiellement a ce clull.e ae
température. ,
Oisons enfin que, comme effet de la chaleur morbide, il faut indiquer la lougeur, la sécheresse et l'ulcération de la langue et de la muqueuse l'""aio^ pharyngée, la sécheresse de l'estomac et de l'intestin supprimant les sucs , .
triques et entraînant l'inappétence, par suite l'inanition, l'amaigrissement et la pâleur, les ulcérations cutanées, les régressions graisseuses des muscles et du cœur (Zcncker), la perte d'irritabilité du cœur, l'hyposthénie nerveuse produisant la courbature, l'atonie des vaisseaux amenant les hypostases viscérales et entravant le jeu des organes, de sorte que, si la fièvre est souvent un effet, à son tour, elle peut être la cause et l'origine de désordres plus ou moins graves.
Causes de l'augmentation de température dans les maladies.
L'école anatomique, niant l'existence de la fièvre essentielle, soutient que l'accroissement de la température profonde est le résultat de celle d'un organe enflammé et qu'elle n'est qu'un des symptômes de la lésion organique. Pour cette école, la fièvre, c'est-à-dire la chaleur morbide, est toujours symptomatique. Cela est faux, car Hunter et de nos jours Bilirolb, ont démontré que le ihermomètre, mis dans un organe enflammé, montait moins haut que dans l'anus, ce qui ne devrait pas être si l'organe malade était le foyer qui échauffe le sang et le rectum.
D'ailleurs, comme la chaleur morbide s'établit souvent avant l'apparition de la lésion locale et qu'elle cesse avant la disparition de ces lésions, comme il y a des maladies fébriles aiguës qui amènent la mort sans lésion qui puisse expliquer cette fin, comme le typhus, la scarlatine et la fièvre pernicieuse, uniquement par excès de chaleur morbide, on ne peut pas dire que les lésions organiques inflammatoires soient le point de départ de la chaleur.
Ce n'est pas la rapidité du pouls qui amène un frottement exagéré du sang sur les parois vasculaires, car la seule rapidité du pouls produite par l'exercice n'élève pas sensiblement la chaleur et la fréquence du pouls n'est pas en rapport avec la chaleur morbide.
Est-ce le résultat d'une fermentation du sang par la présence de matières putrides ou purulentes, de bactéries ou de vibrions? Cela est possible, car les expériences de Tigri, de Davaine, de Billroth, de Coze et Fellz prouvent que les nijections de ces matières engendrent la fièvre. Mais ces faits sont bien nouveaux pour être acceptés sans réserve.
D'après Traube et Hirtz, la chaleur augmente dans la fièvre, non-seulement parce qu'à côté de la production et de la rétention du calorique en excès il y a une déperdition insuffisante produite par un léision du système nerveux ; mais encore ces médecins pensent qu'une hyposlhénie des vaso-moteurs du grand sympathique trouble l'action des capillaires superficiels, refoule le sang et le calorique dans les profondeurs de façon à l'y accumuler. C'est encore là une théorie à vérifier. Quoi qu'il en soit, il est év ident que la fièvre et l'accroissement de chaleur ne sont qu'une seule et môme chose, que c'est là un phénomène initial dans les ii'aladies, qu'il est antérieur aux lésions locales, qu'il résulte d'une combustion plus '•'ctive des éléments du sang au sein des tissus, et que son apparition et ses modifi- ' ''lions indiquent l'existence d'une cause première ayant pour siège l'innervation.
I>e cette manière de voir résulte pour le médecin cette conséquence, que la
chaleur morbide est un phénomène qu'il faut combattre directement, sans trop se préoccuper de la lésion locale, présente ou à venir, et qu'en abaissant la chaleur on peut juguler les maladies. Comme elle a par elle-même un ellei destructeur sur les tissus et sur les humeurs, on ne saurait donc trop entreprendre pour l'amoindrir.
Tout ce qui peut abaisser la chaleur morbide est donc indispensable à employer dès le début de la lièvre.
Sous ce rapport, les antiphlogistiques, les tempérants et les contro-slimulants sont les premières armes dont le médecin doive se servir.
La diète, la saignée qui abaisse la température de 1 à 2 degrés, les sangsues, ventouses scarifiées, sont, selon l'occasion, la nature du mal à venir, l'âge et la force des malades, la durée probable de la convalescence, de très-bons moyens à employer.
tempérants , tels que boissons fraîches, lotions d'eau froide au vinaigre sur le corps, bains frais, affusions froides à 20 ou 25 degrés, sont d'utiles auxiliaires, soit au début, soit dans le cours de la fièvre et selon la nature du mal ei des complications.
Viennent ensuite les contro-stimulants et parmi eux les alcalins : le mercure, le plomb, l'antimoine, le quinquina et le sulfate de quinine, la vératnne. la
digitale, etc. . i r
Les alcalins affaiblissent le pouls, dont ils diminuent la fréquence, et Us d minuent la chaleur. Sous ce rapport, le nitrate et l'acétate de potasse le sdfa e de soude, le chlorate de soude et de potasse sont très-utiles contre 1 état fébrile
des phlegmasies. . .,,-„, ...rt^m
Les antimoniaux, tels que l'oxyde blanc d'antimoine, le kermès et surto t
l'émétique, sont de très-énergiques contro-stimulants, ^y=^"^P«"^/f^^\/^^^"; menler les sécrétions, de diminuer l'absorption, et, par suite, de ralentir pouls en même temps qu'ils abaissent la chaleur fébrile ,
De tous les tempérants et contro-stimulants, les meilleurs sont la vératr. la quinine et la digitale, car ils diminuent la fréquence du pouls et abaissent
température profonde. , , ,x u c-iirf.mp et
Au contraire, dans les maladies algides, telles que le chol ra, '«^ <^ ; dans le cas de chronicité ou de convalescence, dans lesquels a tempé-a ^ t^ à s'abaisser, les stimulants, tels que l'alcool, le vin, le cafe le mus les^ sons aromatiques chaudes sont les moyens dont l'état de la températuie du co.p indique le plus rationnellement l'emploi.
SECTION V