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CHAPITRE II

signes fournis par l'examen des yeux.

Les yeux perdent ordinairement leur éclat et deviennent ternes, ianguissanls, ■tlans la plupart des u)aladies chroniques et aux approches de la mort.

Volume. — Ils deviennent saillants et proéminents, avec rougeur de la con- |j<îBCtive, dans l'asphyxie, dans les maladies graves du larynx, du poumon, du cœur ; dans certaines maladies aiguës ou chroniques du cerveau produisant l'bydrophthalmie, et dans les cas où une tumeur poussant l'œil en avant profrfuit l'exophlhalmie.

(1) Boucliut, Traité des maladies des nouveau-nés, 5" édil. Paris, 1807 un vol "1-8, article Hydrocéphalie et Rachitisme.

950 SÉMÉIOLOGIE.

Ils s'enfoncent, au contraire, dans leurs orbites pendant les maladies adyiiamiques graves, et particulièrement dans les maladies comme le choléra, qui produisent d'abondantes évacuations intestinales.

Mouvements. — Les yeux sont fixes dans la catalepsie, convulsés ou alleclés de strabisme dans les maladies graves des méninges et du cerveau, dans la paralysie de la troisième paire, dans la rétraction d'un des muscles de l'œil, etc.

Ils sont toujours déviés du même côté qu'une lésion cérébrale et dans le côté opposé à l'hémiplégie (Vulpian). Cependant j'ai plusieurs fois vu des cas de déviation latéralisée des yeux avec hémiplégie et sans hémiplégie en l'absence de toute lésion cérébrale.

Ils sont agités de tremblement latéral ou nystarjmus dans cerlams cas d'hydrocéphalie chronique pu de paralysie générale et d'encéphalite diro-

Pupille — La pupille, ordinairement ronde, mobile et sensible h la lumière, est quelquefois très-large, insensible aux rayons lumineux et enlièrement immobile C'est le cas de l'amaurose et de la mydriase. Elle devient ovale, anguleuse, irrégulière dans l'iritis par suite des adhérences. Elle n'est pas toujours de même dimension a droite ou à gauche, et, dans cette inégalité, on a vu, prématurément peut-être, un signe de la paralysie générale progressive. Elle se conlracle dans l'agonie et pendant le sommeil pour se dilater au moment du réveil et ;i l'instant de la mort. Cette ouverture paraît noire dans l'état habituel, à cause la réline noirâtre qui tapisse le fond de l'œil; mais, dans la cataracte, elle paraît blanche par opacité du cristallin, et ailleurs, elle est rouge chez es peisonnes dont la rétine n'est pas colorée. Ce phénomène est tout a fau «ik cial k Valbinisme. La pupille est très-sensible à l'alropine ; elle se dilai sous son influence au bout de dix minutes, et te phénomène n a pas heu apnla mort, ce qui permet d'y voir un signe à utiliser pour le diagnostic de ai

^''si^lROTiQUE. - La sclérotique, ordinairement blanche, est jaune da.^ l'ictère, rouge dans les ophthalmies. dans l'apoplexie conjonclivale, d ns L méningite, et dans les maladies du cœur qui produisent la cpnose; elU; bleuâtfecUles sujets lymphatiques et sur la plupart des mdivKlus aiïec,

de nhihisie tuberculeuse. .

CORNÉE. - La cornée transparente oITre quelquefois des taches la.teu. plus ou moins étendues, produites par la guérison d'ulcères «"P'^'j';-'^;;"; par la kératite simple ou traumatique, par la kératite de la scroful , d J l,ctc. Elleseninollit sous l'influence de "^^^^^^^ ^t l cincmième paire. Son ramollissement s'accompagne alors Ue.-souv u t dc ;Sou 'et de la perte de l'œil, ainsi cpie l'ont ^j^^^ ^ !' • Chossat ^ur l'inanition, et les vivisections faites par - ; . ,

animaux. Elle change de forme et devient conique dans le slaphilome ,

(1) E. Bouchut, Mémoire sur plusieurs nouveaux signes de la ,nor/ fourni Vophlhalmoscopie. Paris, 1867, brochure in-1".

elle perd la transparence et se couvre d'un voile glaireux à la fin de l'agonie ou immédiatement après la mort. Alors, si l'on examine avec le réflecteur d'un ophthalmoscope, elle ressemble à une vitre mouillée, et le fond de l'œil, au lieu d'être rouge, est gris blanchâtre par suite de la décoloration de la choroïde. On n'y voit plus de papille, les artères rétiniennes ont disparu, et les veines interrompues sont à peine visibles (1).

Cristallin. — Le cristallin perd quelquefois sa transparence, et il en résulte un changemement notable dans l'aspect de l'œil. La pupille, au lieu de paraître noire, est grise, ou tout à fait blanche, si le cristallin est devenu opaque. C'est ce qu'on observe dans la cataracte. A ce changement de couleur des parties constitutives de l'œil se rapporte un phénomène découvert par Sanson et dont la connaissance importe au diagnostic de certaines maladies de l'œil. Ainsi, devant un œil dont les milieux sont transparents et dont la pupille a été dilatée parla belladone, la lumière d'une bougie produit trois images de flamme, les unes derrière les autres, l'une renversée entre les deux autres, qui sont droites. De ces trois images, l'antérieure, très-apparente, est produite par le mirage de la bougie sur la cornée ; la seconde, renversée, résulte du mirage sur la face postérieure de la capsule cristalline, et la troisième^ très-pàle, est produite par le mirage sur la face antérieure de cette même capsule. Les trois images manquent dans le cas d'opacité de la cornée. Une seule image indique l'opacité de la face antérieure Ae la capsule, et les deux images droites, en l'absence de l'image renversée, annoncent l'opacité de la face postérieure de la capsule. Ces phénomènes permettent de distinguer sûrement l'amaurose, avec conservation de la transparence des milieux de l'œil, d'avec la cataracte, qui a pour ell'et de les détruire.

Nerf optique et rétine. — Les parties profondes de l'œil, telles que le corps vitré, la papille du nerf optique, les artères et les veines de la rétine et la choroïde sont le siège de lésions nombreuses qu'on ne peut découvrir qu'à l'aide de l'ophthalmoscope et qui indiquent, soit une maladie de l'œil seul soit une maladie organique du système nerveux. Ce sont des signes de la plus grande importance.

Jusqu'à ce jour, l'ophthalmoscope n'avait été employé que par les oculistes ims leur spécialité, pour le diagnostic des maladies de l'œil et des difl"érentes ariétés de l'amaurose, mais la médecine devra maintenant l'utiliser à son profit arelle trouve dans son emploi le moyen de voir, dans la circulation rétinochoroïdicnne, l'état de la circulation et de la nutrition du cerveau, do la moelle t des méninges. Voir dans l'œil ce qui se passe dans le cerveau et dans la ^moelle, tel est le but de la nouvelle application de l'opliihalmoscope. On savait depuis longtemps ([ue difl'érenies amauroses pouvaient dépendre d'une lésion (le l'encéphale, et qu'elles étaient parfois accompagnées d'atrophie du nerf optique, mais ce n'est qu'avec l'ophthalmoscope qu'il a été possible de constater cette lésion pendant la vie. Frappé Je ce fait signalé par Sichel, par

(1) E. Bouchut, Mémoire sur de nouveaux signes de la mort, Paris, 1867.

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