CHAPITRE PREMIER
SIGNES FOURNIS PAR L'eXAMEN DU CRANE ET DU FRONT.
A part les caractères imprimés à la peau du front par la joie, par la tristes^ et par la douleur, il en est d'autres qui, tout différents, appartiennent exclusU vement à l'état de maladie. j
VOLUME. — Le volume exagéré du crâne, l'élévation et l'élargissement dé^ mesurés du front, avec ou sans écarteraent des fontanelles, indiquent la prT sence d'un épanchement considérable de sérosité dans la cavité arachnoïdient ou dans les ventricules latéraux. C'est le signe certain de l'hydrocéphalie coaj génitale ou acquise. A un degré moindre, c'est un signe de rachitisme, et l'o? distingue la cause de ces deux déformations de la tête par l'ophthalmoscope q| " montre une lésion du nerf optique dans l'hydrocéphalie et qui n'en mont* pas dans le rachitisme. — La diminution de volume du crâne, au contrair coïncide avec la microcéphalie et l'idiotie.
CONSISTANCE. — La réunion tardive des fontanelles, encore inachevée a deux ans, est un signe certain de rachitisme, et, une fois, chez un enfant de trois ans atteint de cette maladie, j'ai vu le crâne, ayant son volume ordinaire, mou comme une vessie modérément remplie d'eau, ne présentant aucune trace d'ossification dans les parois crâniennes.
MOUVEMENTS. - Dans l'hémiplégie faciale, la moitié de la peau du front est paralysée et elle reste lisse, immobile, tandis que la moitié non paralysée offre des rides transversales à chaque mouvement des sourcils.
ÉRUPTIONS. — C'est au front que se montrent de préférence certaines éruptions de roséole avant une nature syphilitique, et il en est de même des exosioscs nue détermine ce"tte maladie. - Mais, sur le crâne, sont les éruptions d ec/.cnia d'impôiigo et d'herpès tonsurant ou de favus chez les enfants scrofuleux, de pityriasis, et d'érysipèle, au contraire, chez les adultes. ^
TUMEURS. - Chez les enfants existent différentes tumeui-s du crâne, son des tumeurs molles à la racine du nez et au niveau des sutures, ce sont ecncéphalocèles; soit des tumeurs n.olles situées sur les os et qu., «"fced^nt a la naissance, sont des bosses sanguines avec bourrelet dur a la circonférence ou
(SIGNES FOURNIS PAR L'EXAMEN DES YEUX. 959 des abcès succédant à ces bosses sanguines et ayant également un bourrelet résistant à la base. Chez l'adulte, ce sont des tumeurs d'une autre nature, mobiles sur la peau, généralement arrondies, indolentes, chroniques, formant des 1 loupes ou des tumeurs douloureuses d'abord dures, puis lluctuantes formant des abcès.
Bruits intérieurs. — Dans quelques cas le crâne est le siège de bruits intérieurs isochrones ou battements du pouls ou de la respiration, et qui ne sont autres que les bruits du cœur normaux ou le bruit respiratoire vésiculaire transmis par les parties solides du squelette. Il en est de même des bruits de déglutition de la salive qu'on entend sur la tête. Mais, à côté de ces bruits normaux, il y a chez les enfants, encore jeunes, des bruits de souffle qui se produisent quelquefois au niveau de la fontanelle antérieure et sur le pavillon de l'oreille. On a même dit à ce sujet que ces souffles n'existaient que dans certains étals pathologiques, et l'on a soutenu que l'auscultation du crâne pouvait être de quelque utilité dans le diagnostic des maladies du cerveau et des méninges; c'est un point très-controverse (1). || M. Fisher (de BQston) a prétendu qu'en auscultant la fontanelle antérieure chez des enfants atteints de Thydrocéphale, on entendait un bruit de souffle caractéristique de la maladie. Cela n'est pas exact, car M. Henning dit, au contraire, que dans l'état normal chez les enfants au-dessous de six ans, il y a dans la grande fontanelle un bruit de souffle dû au mouvement du sang dans les vaisseaux, et que ce bruit diminue ou cesse entièrement sous l'influence des maladies de l'encéphale. Cela se voit, dit-il, dans les hypérémies du cerveau, les épanchements, l'hydrocéphale aigu, la tuberculose, l'encéphahte, etc. -M. Wirthgen prétend avoir pu reconnaître ainsi la méningite tuberculeuse et même le côté malade où siégeait l'épanchenient séreux par l'absence du bruit de souffle. Il cite aussi un cas d'hypertrophie cérébrale dans lequel il a pu suivre la décroissance progressive de l'altération. Où est la vérité dans ces assertions contradictoires ? L'observation nous i'apfirendra un peu plus lard.