CHAPITRE VII
ABOLITION DU SENS D'aCTIVITÉ MUSCULAIRE OU DE LA CONSCIENCE MUSCULAIRE OU ANESTHÉCINÉSIE.
Ainsi que Ch. Bell l'a établi, nous avons le sentiment d'activité de nos mou- . vements musculaires ou de l'effort. C'était pour lui le sem musculaire. Gerdy, qui de son côté avait étudié le même phénomène, lui avait donne le nom de sentiment d: activité musculaire. C'est l'état normal, et en effet, chacun a la conscience de ses mouvements, et les yeux fermés, il sait se diriger à droite ou à gauche.
Dans l'état pathologique, le sentiment d'activité musculaire peut être amoindri ou aboli, et la conscience de la direction des mouvements peut être nulle. . En 1855, Landry a publié sur ce point des observations qui montrent tout lee parti que la séméiologie peut tirer de cette constatation (2), car dans quelques 5 maladies du cerveau et de la moelle et surtout dans l'ataxie locomotrice, le, sentiment de l'effort musculaire et de sa direction est à peu près aboli. Dujar- din, Beaumetz (3) et Topinard (^i) l'ont démontré par des faits entièrement ,t nombreux et incontestables.
Voici alors ce qui arrive : , , . i
Chez le sujet dont le mouvement est affaibli ou désordonné et chancelant c'est-à-dire ataxique. le malade qui hésite avant de poser les peds sur e so et qui tremble pour donner la main, se dirige tant que sa vue le guide ; alo -s^^ marche tend le bras, serre les doigts, ouvre la main ; mais, lui ferme-t-onlM "eux. il' devient presque immobile et semble paralysé, n'a plus la conscience d ia direction de ses mouvements, il ne distingue plus la gauche ^^^^^'^^ ne sait plus ouvrir sa main fermée, ni fermer sa main ouverte. I lui faut ab lient le secours des yeux pour diriger ses membres, et. dès qu'on lui peiai. d'entr'ouvrir les paupières, il reprend la coordination de ses mouvements. Ch. Bell a raconté l'un des faits les plus curieux de ce genre : Une mère qui nourrissait son enfant est atteinte de paralysie .^^ P^^^ la l sance musculaire d'un côté du corps et en même temps la sens.bdit de a côté. Circonstance étrange! cette femme ne pouvait tenir son " ^lU se ^ avec le bras qui avait conservé la puissance musculaire, qu a la condition
(l^ E Bouchut. De l'étal nerveux. Paris, 1 vol. in-8. 18G0, p. 248.
S Landry, Mémoire sur les sensalions iacUles, sur la paralysie du scnU,nenU acU
Vilé musculaire.
(3) Beaumetz, Thèse inaugurale.
(û) Topinard, De l ataxic locomolrico. Paris. 1 vol. m-B,