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CHAPITRE VI

PICOTEMENTS, ENGOURDISSEMENTS, CHATOUILLEMENTS ET BRULURES DE LA PEAU OU DE LA PARTIE PROFONDE DES MEMBRES.

Parmi les troubles de la sensibilité que produisent les maladies organiques ou sympathiques du système nerveux, il en est dont la signification n'a rien d'absolu, qui n'indiquent aucune maladie en particulier, mais qui n'en sont pas moins curieux à étudier.

Ce sont les picotements, les engourdissements, les fourmillements et les chatouillements des membres. Il y a là une fausse sensation, une véritable illusion sensoriale. Le malade éprouve la sensation idéale plutôt que réelle d'une multitude infinie de picotements qui simulent sur place le piétinement d'une armée de fourmis. — La sensation est forte ou faible, à peine appréciable ou très- incommode et même douloureuse; elle est limitée h quelques doigts ou à tout un membre et dure plus ou moins longtemps. Elle vient et disparaît sans que rien motive son retour. C'est quelque chose d'analogue à ce que tout le monde a éprouvé lorsque, par une fausse position comprimant les nerfs ou les gros vaisseaux d'un membre, il se produit un engourdissement de celte partie avec des fourmillements très-prononcés.

Les fourmillements et les picotements sont souvent accompagnés d'un engourdissement des membres, dans lesquels il y a lourdeur et obtusion de la sensibilité. — Chez quelques malades, il y a au contraire sensation prononcée de brûlure superficielle ou profonde.

Les engourdissements des membres sont symptomaliques d'une compression de^ nerfs ou sympathiques avec ou sans lésion connue.

Les engourdissements, picotements et engourdissements des înembres, sont quelquefois le résultat d'une simple compression des nerfs de la partie. C'est ce qni arrive quand on reste longtemps les jambes croisées, quand on s'endort la lête appuyée sur son coude, quand on reste longtemps assis dans une voiture dont les coussins sont mal garnis, dans un fauteuil de théâtre dont le fond est mal rembourré ou lorsqu'on est couché sur un lit trop dur.

.En outre de ces causes extérieures, il faut mentionner les causes locales intérieures de compression des nerfs, telles que les causes vertébrales comprimant la moelle, les tumeurs du ventre comprimant le plexus sacré, telles que la grossesse, la constipation et autres, les tumeurs des nerfs oii névromes qui détruisent les nerfs, les paraplégies par myélites chroniques, avec ou sans sclérose de la moelle, etc.

Comme cause interne, les engourdissements dépendent quelquefois des maladies nerveuses chloro-anémiques ou toxiques. Ainsi le tabac fumé à l'excès produit des paraplégies avec engourdissement des membres, et il en est de imême pour le sulfure de carbone, etc.

lOQg SÉMÉIOLOGIE. "

Les cngourdissemenls soiil aussi le symptôme de l'hyslérie, de l'hypocliondrie et de certaines formes de nervosisme (1). Dans ce cas, ce sont des phénomènes dont la cause est à peu près inconnue.

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