TROUBLES DU MOUVEMENT. — PARALYSIE SYMPTOMATIQUE
qu'on appelle une paraplégie. Cette paralysie affecte presque toujours le mouvement et le sentiment, lorsque la substance médullaire blanche et grise est altérée ; mais, dans quelques circonstances, la sensibilité se conserve si toute la moelle n'est pas détruite et si la lésion a pour siège les cordons antérieurs. Elle existe toujours dans le côté correspondant à cette lésion, et une maladie du côté gauche de la moelle entraîne nécessairement une paralysie musculaire à gauche.
Un instant on avait cru pouvoir reconnaître et placer dans les cordons antérieurs de la moelle les altérations susceptibles de produire la paralysie du mouvement, et dans les cordons postérieurs celles qui déterminent les paralysies de la sensibilité. Tous ces faits ont été remis en question par les expériences conii adictoires de M. Brown-Séquard, et il paraît que les choses ne se passent pas (l'une manière aussi simple. Il est démontré que les paralysies du mouvement sont la conséquence des maladies des cordons antérieurs ; mais, pour les parailysies de la sensibilité, on ne sait au juste s'il faut les mettre sous la dépendance des cordons latéraux postérieurs, ou, au contraire sous l'influence des lésions de la substance grise de la moelle. De nouvelles expériences éclaireront peutêtre un jour ce point de la physiologie.
Quand la paraplégie affecte le mouvement sans amoindrir la sensibilité et n'est pas complète, les malades marchent avec peine et fauchent ou sautillent en marchant d'une manière significative et caractéristique. Quand elle est complète, la marche est impossible et tous les mouvements volontaires sont abolis dans les muscles des membres inférieurs. Les malades restent au lit sans pouvoir lever la jambe ni le genou; cependant, comme ils sentent la douleur, et qu'en chatouillant la plante des pieds ou en irritant la peau on détermine une sensation désagréable, il en résulte presque toujours un mouvement involontaire ou réflexe retrait de la jambe sur la cuisse. La persistance de ces mouvements a une très-grande importance pour la détermination du siège de la maladie, que l'on ne peut localiser dans les muscles, et qui doit être placé, au contraire, dans les cordons antérieurs. L'abolition de ces mouvements indique soit une paralysie myogénique avancée, soit plus ordinairement une lésion de la substance grise et des cordons postérieurs de la moelle.
La paraplégie ou la paralysie des membres et du tronc dépendent des altérations aiguës ou chroniques, primitives ou secondaires de la méninge spinale et du cordon môme de la moelle. La méningite spinale, les hémorrhagies de la moelle, la myélite aiguë ou chronique, les corps étrangers de la moelle, etc. , favorisent la production de cet accident. Il en est de même des tumenis du canal vertébral, des anévrysmes ayant usé une vertèbre, des abcès par carie vertébrale donnant lieu à une compression ou à une inflammation médullaire ou méningée spinale. Dans ces cas elle s'accopmagne presque toujours d'une congestion paralytique des membranes profondes de l'œil, due à un relâchement ^sympathique des nerfs vaso-moteurs de la choroïde et de la pupille (1).
Les paralysies qui dépendent d'une altération des nerfs moteurs du tronc et
I (1) Voyez CÉRÉBROSCOPiE, p. 913.
SfiMÉlOLOGIE.
des membres se rattachent de près aux jiaralysies symptomaiifjues des maladies de la moelle. Leur mécanisme est le même. Elles dépendent d'une interruption i. de l'inllux nerveux par interruption complète de la continuité des tubes ner- -i veux ou seulement par la compression de ces tubes. !
Les blessures et la section des nerfs, leur -compression et leur tiraillement i par une tumeur, les névroses, la névrite simple et rhumatismale produisent la a paralysie des muscles soumis 5 l'influence des nerfs altérés. Ce sont des paralysies partielles plus ou moins étendues, selon le nombre et le volume des filets s nerveux malades. On observe souvent cette paralysie dans le nerf facial malade r après sa sortie du trou stylo-maxillaire, dans le nerf radial ou cubital, dans le ? nerf sciatique, etc. C'est une paralysie généralement facile à reconnaître, lou- jours bornée à un certain nombre de muscles, et elle n'offre rien de parti- culier.
En résumé, la paralysie porte à la fois sur le mouvement et sur le seniimcnL . Mais le nom de paralysie employé tout seul s'applique exclusivement à l'aboli- tion du mouvement volontaire et de l'action des muscles de la vie animale. On i donne à la paralysie du sentiment le nom d'anesthésie. La paralysie du mouve- ■ ment volontaire est partielle, locale, hémiplégique, alterne et paraplégique, . ou au contraire générale, et elle détruit en totalité ou en partie les mouvements musculaires. Elle a pour causes : 1° les troubles essentiels ou sympathiques du système nerveux cérébro-spinal ; 2" les empoisonnements; 3° les maladies du sang et les maladies primitives des muscles, et k° les altérations matérielles des cordons nerveux, delà moelle rachidienne, de la substance cérébrale et de leurs enveloppes. Dans ce dernier cas, on peut en reconnaître sa nature par l'ophthalmoscope qui permet de constater l'existence d'une lésion du nerf optique, de la rétine ou de la choroïde. C'est à cette méthode d'exploration que j'ai donné le nom de cérébroscopie.